Trois ruptures pour une refondation à gauche
Retrouvez ci-dessous la tribune de Dominique Strauss-Kahn parue dans le journal Le Nouvel Observateur (semaine du 31 mai 2007).
Trois ruptures pour une refondation à gauche
Par Dominique Strauss-Kahn
Pour une société juste
« Nous venons de subir une troisième défaite consécutive à l’élection présidentielle. Manifeste au soir du 6 mai, elle était latente depuis le premier tour, le 22 avril : jamais le score de la gauche n’avait été aussi bas. La défaite vient de loin. Elle sanctionne un refus, celui de nous réformer. C’est à cela que je veux aujourd’hui m’attacher.
Rendre un avenir à la gauche : voilà l’enjeu. Il faut le faire en regardant le monde tel qu’il est, avec les Français tels qu’ils sont.
Le socialisme du réel doit être celui d’une gauche efficace au temps de la mondialisation. Trois principes l’animeront : une vraie compréhension des inégalités et non pas une grille de lecture dépassée, une efficacité sociale et non pas des slogans inopérants, une stratégie émancipatrice redonnant de la force à l’idée de progrès.
Osons le dire : notre lecture de la lutte des classes est totalement dépassée.
Il est devenu commun d’annoncer la "fin d’Epinay", c'est-à-dire l’épuisement du grand cycle historique de la gauche française, né en 1971 de l’unification des socialistes par François Mitterrand autour d’un mot d’ordre, la rupture avec la société capitaliste, et d’une stratégie politique, l’Union de la gauche. Nous devons tourner cette page pour ouvrir un cycle nouveau.
Nous devons le faire pour les raisons que chacun perçoit : parce qu’il est temps que les nouvelles générations de la gauche puissent écrire leur propre histoire ; parce que cette rhétorique révolutionnaire a depuis longtemps perdu tout rapport avec notre pratique du pouvoir ; parce que l’état actuel des forces à gauche pose la question de notre stratégie et de nos alliances.
Mais nous devons le faire pour une raison plus profonde : le cycle d’Epinay est achevé parce que la vision de la société sur laquelle il reposait est devenue caduque.
"La lutte des classes", la réduction "en dernière instance" de l’ensemble des inégalités au clivage capital / travail, l’illusion d’un prolétariat homogène et uni entraînant dans son sillage l’ensemble du salariat ne constituent certes plus les principaux leitmotivs du discours socialiste. Mais faute d’avoir réalisé lors des dix dernières années notre aggiornamento, notre analyse de la société continue de s’inspirer d’une vague lecture marxiste, héritée des années 1960, qui analyse les problèmes économiques et sociaux à partir du vieux triptyque couches populaires / couches moyennes / détenteurs du capital, sous l’angle exclusif de l’affrontement et de l’équilibre entre ces classes sociales.
C’est le décalage croissant entre les mutations, accélérées, de la société française et nos grilles de lecture, obsolètes, qui compose à mes yeux la toile de fond de nos revers électoraux. Pour le dire autrement, il me semble qu’en 2002 comme en 2007, nous avons d’abord buté sur notre inaptitude à analyser la nouvelle réalité sociologique française.
Cette nouvelle réalité, c’est celle de la fragmentation sociale.
Les inégalités traditionnelles n’ont pas disparu dans la société française des années 2000 : la mondialisation exacerbe la subordination du monde du travail aux détenteurs de capitaux. Les disparités de revenus et de patrimoine entre les cadres et l’ensemble des salariés d’exécution, qui agrége les ouvriers à la masse des employés du tertiaire aux salaires peu élevés, ne se réduisent guère.
Mais ces inégalités traditionnelles n’expliquent plus la dynamique sociale. Un puissant processus d’individualisation a fait imploser les anciennes "classes". Il n’est pas indifférent d’avoir un emploi ou de disposer de revenus de transfert, de bénéficier d’un CDI ou d’évoluer dans l’univers des CDD, de travailler dans une grande entreprise ou dans une PME, dans une zone tirée par la mondialisation ou frappée par la désindustrialisation, dans le secteur public ou dans le secteur privé. A cela s’ajoute tout ce qui ne relève pas du statut socio–professionnel mais joue un rôle décisif dans la distribution des richesses et des possibilités d’épanouissement personnel : les inégalités entre les sexes et entre les générations, ainsi que les discriminations raciales. Tout ceci se résume dans ce qui traduit une large part du malaise français : les inégalités territoriales.
Il n’y a pas deux France, "la France d’en haut" et "la France d’en bas", la France qui va bien et la France qui souffre, mais une France éclatée en mille univers : celui des jeunes de banlieues et celui des retraités des zones rurales, celui des nouveaux prolétaires des industries de l’Est, celui des travailleurs précaires maintenus aux marges de la société, celui des salariés qui ne jugent pas toujours légitime l’effort fait en direction de moins bien lotis qu’eux.
Le temps n’est plus où la gauche pouvait se contenter d’être le porte-parole du seul prolétariat dans un monde injuste. Aujourd’hui, elle doit redéfinir ce qui fonde une société juste.
Nicolas Sarkozy a fait son miel des antagonismes que nourrit l’hétérogénéité sociale. En choisissant ses boucs émissaires, en épousant la méfiance spontanée qu’inspirent les "assistés" aux salariés "qui se lèvent tôt", en opposant la France des campagnes à celle des "racailles", il s’est donné les moyens de réunir une majorité. Il a joué sur les peurs et les rancoeurs, mais aussi sur l’espoir d’une énergie nouvelle. Je suis convaincu qu’il sera impossible pour la gauche de reconquérir le pouvoir et de l’exercer durablement si elle ne prend pas, elle aussi, la mesure de cette nouvelle société française. C’est cette mise à jour qu’il nous faut faire. C’est à ce socialisme du réel que je veux convier la gauche et les Français.
Pour retrouver une crédibilité politique, nous devons éviter trois écueils : ignorer la fragmentation sociale en imaginant qu’on peut encore construire un "front de classes" à l’ancienne autour de quelques mots d’ordre anticapitalistes et altermondialistes ; capituler devant la "société des individus" en courant après tous les mouvements sociaux et en se laissant disloquer par toutes les revendications ; contourner le problème en faisant de la démocratie participative ou du nécessaire dialogue social une fin en soi.
Pour moi, trois pistes mènent à notre rénovation idéologique.
D’abord, la promesse d’un Etat social à nouveau efficace.
Chacun constate combien il s’est dégradé depuis 2002. Je crains que les dégâts à venir ne soient comparables à ceux qu’infligea le thatchérisme au Royaume-Uni des années 1980. Mais je crois aussi que s’enfermer dans la seule défense des acquis condamne la gauche à n’être qu’un rempart vite contourné face au réformisme libéral. Pour rester fidèle à ses valeurs, la gauche doit reconnaître la nécessaire adaptation de notre modèle social aux défis de la mondialisation, du vieillissement démographique et de l’individualisation des situations. Rien n’est tabou : sur le financement des retraites, l’évolution du système de santé, la réforme du marché du travail, la reconfiguration territoriale des services publics, les électeurs potentiels de la gauche attendent de notre part un discours de vérité pour reconstituer notre crédibilité.
La gauche doit aussi répondre à la demande de protection face à la mondialisation : je continue de penser que la construction de l’unité politique de l’Europe est la seule réponse stratégique sérieuse que les socialistes puissent opposer aux contradictions du discours de Nicolas Sarkozy, qui a promis tout à la fois le libre marché au CAC 40 et le protectionisme aux salariés.
Enfin, cet Etat social renouvelé doit désormais promouvoir cette catégorie d’entrepreneurs qui inventent notre avenir. Nous devons les considérer comme d’authentiques acteurs du progrès social et non comme des "ennemis de classe" à vouer aux gémonies.
La deuxième piste est celle d’un nouveau compromis social.
Nous devons assumer plus clairement nos priorités politiques et définir le type de société que nous voulons bâtir : quel partage de la valeur ajoutée, quel arbitrage entre la progression du pouvoir d’achat des différentes catégories de salariés et le soutien à la lutte contre l'exclusion et au noyau dur du chômage ? Est-il concevable que nous revenions devant les électeurs sans avoir déterminé la répartition de l’effort fiscal qui nous semble souhaitable ?
La troisième piste enfin touche à l’utopie fédératrice de l’égalité réelle et d’une société juste.
Adopter le socialisme du réel que je préconise, ce n’est pas se résigner au pragmatisme et à l’ordre établi : il s’agit de faire face à la réalité pour pouvoir la changer. Je crois d’ailleurs que la gauche ne peut se passer, dans notre pays, de cet horizon d’une transformation radicale de la société qui, depuis la Révolution, donne sens à ses combats.
La "rupture avec le capitalisme" a cédé la place à un nouvel objectif tout aussi stimulant : la construction par l’égalité réelle d’une société juste.
L’égalité réelle, c’est d’abord l’égalité des droits, la lutte contre les discriminations sexistes, raciales, générationnelles, territoriales. Mais c’est aussi la lutte contre la reproduction sociale qui demeure, malgré la "massification" du système scolaire voulue par la gauche, une réalité structurante de la société française.
Articulé autour de propositions audacieuses et d’engagements financiers précis en matière d’éducation, de santé et de logement, ce mot d’ordre peut, lui aussi, être fédérateur dans une France qui aspire profondément à relancer l’ascenseur social. Si la gauche ne se fixe pas cette nouvelle frontière comme horizon, on pourra légitimement se demander à quoi elle sert.
Le socialisme est d’abord une protestation contre l’ordre existant. Mais il exprime aussi une volonté d’émancipation concrète. C’est ce que je développerai dans ces colonnes lors des quinze jours à venir. »
N.B. : Le Nouvel Observateur a lancé sur son site Internet un débat autour de « La refondation de la gauche – Comment reconstruire une gauche qui gagne ? ». Pour y participer, cliquez ici.
Equipe dsk
Vous faites beaucoup de bla bla, "réformez ?" Vous avez eu le tps de le faire, nais vous avez preferé la jouer perso....
Continuez à parler dans le vide ou pour les trois-quatre dinosaures qui post sur ce blog, en attendant le gouvernement agit.
Les français ont bien compris et vont de nouveau vous sanctionner aux législatives. A la trappe les lang, montebourg et autres opportunistes..
Rédigé par: Olivier | 31 mai 2007 at 14:36
Blog avec Jogging
Une nouvelle tendance à gauche et au centre gauche consiste à afficher avec fierté (et non sans un certain humour pour certains) une posture anti-jogging. C'est cool. Parce que Nicolas Sarkozy fait du jogging et aime le montrer, alors le jogging c'est de droite et c'est démago. C'est aussi compliqué que cela.
Vous êtes anti-sarkozyste dans la vie, vous assumez les dérapages de la campagne, vous avez voté Ségolène Royal ou François Bayrou aux dernières élections ? Alors il y a de fortes chances que vous soyez aussi anti-jogging ! Rejoignez le mouvement !
Florilège des nos amis de gauche et de centre gauche qui s'en donnent à coeur joie :
Jules de chez Diner's Room s'amuse par exemple à se décerner "le prix du blog no-jogging"... Trop fun, c'est délire !
Guillermo, toujours prompt à insulter son prochain, en met aussi une couche.
Daniel Schneidermann, le militant de gauche qui exerce la profession de journaliste, vous explique que le jogging n'est en fait qu'une technique subliminale finement élaborée par les puissants pour vous faire oublier les vrais sujets importants. Trop finaud le Daniel, quelle vivacité d'esprit.
Son pote, Guy Birenbaum, nous sert exactement le même discours sur le ton "on nous cache tout, on nous dit rien". Le jogging, c'est une manipulation machiavélique de Sarkozy pour "occulter" les "sujets qui fachent". Hou la la, mais alors, ça y est Guy, c'est la dictature ?
A Cannes, c'est Jamel Debbouze (tiens, encore un soutien de Ségolène Royal), qui a fait marrer tout le monde en faisant une blague sur le jogging de Sarkozy.
Enfin, il y a une exception qui confirme la règle, avec Finki qui implorait récemment Sarkozy d'arrêter le jogging (Finki avait plus ou moins soutenu Sarkozy, il me semble).
C'est marrant, parce qu'au fond, l'archétype du blogueur qui jogge et qui vote Sarkozy, c'est évidemment Loic Le Meur. Ce pauvre Loic est d'ailleurs haï par l'ensemble des personnes nommées ci-dessus (les gars, je crois que je mets le doigt sur une tendance de fond là, continuez de lire !). Et qu'incarne Loic ? : le jeune successful entrepreneur qui a le goût de l'effort, le goût du risque, le goût du changement, qui aime dépasser ses limites, qui fait attention à sa santé, qui a récemment arrêté de fumer, et qui entretient sa virilité par le sport. Le genre de type que vous trouvez en millier d'exemplaires dans toutes les capitales occidentales.
C'est amusant, ce sont exactement le type de valeurs qui sont vomies par les anti-sarkozystes de tout poil (modérés ou hard-core). C'est à dire ceux qui souvent cultivent l'image de l'anti-virilité (le normalien super intelligent mais tout blanc et maigrelet; le jeune énarque type Giscard jouant au foot avec des grandes chaussettes et des jambes de sauterelle; l'universitaire barbu entouré de ses livres; le fumeur de clopes au comptoir d'un bar enfumé, en train de rouler sa prochaine clope, etc.
C'est amusant, parce que je pense avec délice à ce qu'écrivait récemment Guy Birenbaum :
Je ne suis pas fait pour gérer ou pour diriger une entreprise. Je suis éditeur, créatif, chasseur d'auteurs et de sujets, doué pour la communication mais certainement pas pour devenir sur le tard un gestionnaire. Ni un entrepreneur. Encore moins un "capitaliste". Pas mon truc.
On imagine assez facilement que le "créatif chasseur d'auteurs" n'aime pas vraiment le jogging, un truc de capitalistes en somme.
Alors, on comprend enfin : le jogging, c'est un gadget d'affreux types de droite, capitalistes, de démagos. Parce que c'est trop éloigné des valeurs actuelles de la gauche française. Alors, c'est un truc de Sarkozyste. Et donc, c'est un truc dangereux pour la démocratie. CQFD.
Rédigé par: ONPP | 31 mai 2007 at 14:56
Ayant clairement compris les erreurs d'orientation du PS depuis des lustres, vous êtes personnellement responsable avec d'autres, de ne pas avoir tenu ce discours il y a dix ans ; quand tous les PS européens et occidentaux le faisaient (pour certains avant).
Ce que ne faisant pas, vous avez largement contribué vous aussi à la permanence de cette mentalité archaïque des électeurs de gauche en France, si longtemps bercés par le chant des sirènes néo-marxistes chez lesquels vous avez entretenu l'idéologie de l'Etat Roi, tout puissant et par voie de conséquences, entre autres, la haine des "salauds de patrons", petits et gros tous dans le même sac qui créent pourtant les richesses du pays sans lesquelles aucune redistribution sociale n'est possible, sauf à s'endetter!
Vous n'avez que ce que vous méritez, et les Français ont compris malgré vous et vos discours dépassés, que vos vieilles recettes ne pouvaient plus marcher.
Certains y croient encore sincèrement : ils ont donc des excuses à les défendre.
Vous n'en n'avez aucune. Vous avez continué à défendre ce à quoi vous ne croyiez pas par opportunisme politique, et pour éviter une scission avec la "gauche de la gauche", ce qui forcément dans un premier temps vous aurez affaibli.
Mais vous n'en seriez pas là aujourd'hui si vous aviez eu un peu de courage et...des convictions d'homme d'Etat oeuvrant pour le bien du pays.
Rédigé par: Laurent | 31 mai 2007 at 14:57
BRAVO Laurent !
Merci la vérité fait tellement de bien !
Rédigé par: ONPP | 31 mai 2007 at 15:00
Le jogging c'est juste faire du sport avec soi même en écoutant sur son ipod les podcast de Loïc Lemeur... c'est comme se shooter à l'héroïne... C'est un sport d'individualiste... :-)
Le sport de gôche pourrait être le rugby... et ses valeurs... mais les joueurs sont de plus en plus à droite car "ensemble tout est possible"... Tout fout le camp... Sarko avait un slogan de gôche et Royal un slogan de droite... :-)
Pour la drogue de gôche, je dirai le joint car tu peux le passer à ton voisin et c'est encore collectif... :-)
Finalement on se marre avec le jogging de sarko...
Rédigé par: lolo | 31 mai 2007 at 15:06
Le chômage poursuit sa décrue régulièreB. T.. Publié le 31 mai 2007Actualisé le 31 mai 2007 : 07h48
Les autres titres
Le chômage poursuit sa décrue régulière Bush a choisi le nouveau patron de la Banque Mondiale Microsoft va-t-il tuer les souris et les claviers ? Les comptes de l'État certifiés avec des réserves Sécurité alimentaire : la Chine réagit Dépenses maladie : l'alerte lancée déclenche les polémiques La revalorisation du travail en débat Les Russes découvrent les charmes de la vente par correspondance Heures supplémentaires : premiers arbitrages en vue Retour | Rubrique L'actualité économiqueEn baisse de 1,2 % en avril, le nombre de demandeurs d'emploi se situe juste au-dessus de deux millions.
LE CHÔMAGE a poursuivi sa décrue en avril, avec 25 300 demandeurs d'emploi de moins (- 1,2 %). À 2 011 300, leur nombre n'est pas encore repassé sous la barre symbolique des deux millions, mais on s'en approche. Sur un an, la baisse dans la catégorie de référence (catégorie 1, la plus stricte) atteint 11 %. Elle est de même ampleur si l'on prend l'indicateur international du BIT, et reste très significative (8,7 %) si on tient compte des chômeurs ayant exercé une activité de plus de 78 heures dans le mois (catégorie 1 + 6).
En avril, le taux de chômage a reculé de 8,3 % à 8,2 %, un chiffre « provisoire » qui ne tient pas compte des résultats jugés « incohérents » de l'enquête emploi de l'Insee. Pour Eurostat et l'OCDE, qui incluent cette enquête controversée, la baisse du chômage est également avérée mais le taux « provisoire » se situe plutôt à 8,6 % de la population contre 8,7 % en mars.
Quoi qu'il en soit, malgré les progrès enregistrés sur le front du chômage, la France reste en queue de peloton des grands pays, largement au-dessus de la moyenne OCDE (5,6 %) et de la zone euro (7,2 %). Particulièrement pour les moins de 25 ans.
En avril, on comptait encore plus de 21 % (21,1 % exactement) de jeunes à la recherche d'un emploi parmi ceux qui ne poursuivent pas leurs études, près de deux fois plus qu'en Grande-Bretagne, au Canada ou aux États-Unis. Chez les 25-49 ans, le chômage français a reflué à 7,4 % et chez les seniors de 50 ans et plus à 5,5 %. Le nombre de chômeurs de longue durée décroît également même si on en compte encore 555 000.
Hausse de la masse salariale
Le décollage de la création d'emplois au premier trimestre devrait permettre d'accélérer la tendance. Au premier trimestre, la France a en effet créé 93 600 emplois selon une estimation encore provisoire, un record inédit depuis 2001. L'amélioration se lit également dans la hausse de la masse salariale, un peu plus importante que prévu (4,8 % contre 4,6 %) selon l'Acoss, qui enregistre les cotisations de Sécurité sociale. Des faits qui, sans éteindre la polémique sur la réalité de la baisse, forment un faisceau positif.
Autres indicateurs encourageants : si les inscriptions à l'ANPE augmentent légèrement sur trois mois, les licenciements, quelle qu'en soit la cause, économique ou non, sont en baisse. Et les sorties de l'Agence pour reprise d'emploi sont en hausse (1 %).
Des chiffres communiqués pour la première fois par Bercy puisque dans la répartition des tâches entre le nouveau ministre de l'Économie et de l'Emploi, Jean-Louis Borloo, et celui du Travail, Xavier Bertrand, c'est le premier qui désormais publiera les chiffres, selon les décrets d'attribution examinés hier en Conseil des ministres (voir en page 6). Sauf accident, c'est donc le mois prochain que Jean-Louis Borloo devrait pouvoir annoncer le franchissement sous les deux millions. Mais pour passer à 5 % de chômage d'ici à 2012, objectif de Nicolas Sarkozy, il faudra mettre en cause certains tabous. C'est l'objet des négociations qui vont commencer.
Rédigé par: ONPP | 31 mai 2007 at 15:06
st trop a droite, ile de re a gauche
Rédigé par: ONPP | 31 mai 2007 at 15:08
Pour ma part, je crois qu'il serait utile de clarifier les courants d'idees qui animent le PS.
Tout d'abord par la creation d'une Confederation des Partis de Gauche qui regrouperaient les verts, les RG, le PC, etc.
Ensuite la creation d'un courant de Sociale Democratie (ou tout autre appelation dans laquelle vous vous reconnaitrez).
Ensuite encore, par la designation au sein de ces courants, d'un leader pour l'incarner.
Une fois cela fait, il sera plus simple de voir des accords de courants et l'elaboration de majoritees.
Ainsi, on pourrait voir le rapprochement du courant de DSK avec celui de Bayrou tout en autorisant a chacun de garder son identite. Car ces accords inter-courant se feraient sur la base de points de convergences et pas sur la validation de toutes les theses d'un courant ou de l'autre.
Cette constitution, plus souple, permettrait plus de combinaisons et clarifiraient bcp les choses.
Rédigé par: FH | 31 mai 2007 at 15:14
Laurent, ce qu'on n'a pas pu, su ou voulu faire hier est une chose mais l'urgence et l'important est de pouvoir, savoir et faire aujourd'hui pour prendre enfin un nouveau départ.
Certains ne peuvent, ne savent ou ne veulent toujours pas faire aujourd'hui.
Dominique, et toute la socdem avec lui affirment et veulent le changement.
Nous achevons notre travail sur notre savoir avec le manifeste et DSK donne ici des orientations fortes sur nos combats à venir.
Nous pouvons mener à bien ce changement. Il nous reste juste à décider une fois pour toute, si ce sera au sein du PS ou à l'extérieur. Nous voulons essayer de convaincre une fois encore, une dernière fois, nos camarades, mais la rupture avec une idéologie dépassée est pour nous un fait acquis, et DSK l'affirme ici de façon claire et forte.
Nous pouvons, savons et voulons redonner un sens idéologique à notre combat, des outils rénovés, une utopie vers laquelle nous diriger.
Rédigé par: Bloggy Bag | 31 mai 2007 at 15:20
Bravo Dominique ,
Merci de sortir ainsi désormais du bois, et du « PS-ment » correct, pour montrer la voie et l’avenir, malgré les assauts de critiques inévitables de ceux qui vont jusqu’à refuser de se confronter à la réalité de la défaite, sans parler même de commencer à en tirer des conclusions, ou de ceux qui comme Laurent, dans son post, sont dans l’incohérence et la mauvaise foi de vous reprocher tout à la fois de vous exprimer et de ne pas l’avoir fait plus tôt !
Nous sommes nombreux avec vous et derrière vous.
Continuez.
Rédigé par: Tim | 31 mai 2007 at 15:26
@ Laurent : si DSK avait été opportuniste lors de cette élection, et non fidèle au PS qu’il veut rénover, il aurait rejoint Bayrou qui aurait alors été élu devant Sarkozy. DSK serait actuellement 1er ministre, les opportunistes UDF n’auraient pas quitté leur camp, et les opportunistes PS seraient venu le rejoindre au lieu d’être aujourd’hui chez Sarko. Royal, quant à elle déprimerait actuellement de ne pas avoir passé le 1er tour, et le PS et la gauche seraient durablement en lambeaux...!
Rédigé par: Tim | 31 mai 2007 at 15:27
Analyse de la situation par Yves Mény (Président de l'Institut universitaire européen de Florence)
Bien que les résultats obtenus par SR aient été plus qu’honorables, la gauche en général et le parti socialiste en particulier sortent KO de la joute présidentielle. L’état d’esprit au parti socialiste rappelle celui des législatives de 1986 lorsque, sur fond d’imagerie populaire (le grand méchant loup), les socialistes affichaient le slogan : « au secours la droite revient ».
Le conteste est pourtant différent : François Mitterrand était aux commandes et la présidentielle se profilait à l’horizon de 1988. Aujourd’hui, la gauche émiettée, divisée, abasourdie, part battue au combat et n’adresse aux électeurs qu’une modeste supplique : que la victoire de NS ne soit pas trop belle !
L’échec des deux derniers candidats socialistes cache un malaise beaucoup plus profond, celui du parti socialiste en particulier et de la gauche en général. Ni les uns ni les autres n’ont su tirer les leçons des trois échecs de 1995,2002, 2007, auxquels s’ajoute la calamiteuse gestion du référendum sur le TCE. Les succès aux élections municipales, régionales ou européennes, ces dernières années, n’ont pas été interprétés pour ce qu’ils étaient : pour partie le résultat des mécanismes électoraux et la division de la droite pour partie l’expression du mécontentement à l’égard de J Chirac et de ses gouvernements, mais pas l’adhésion à un programme.
Car tel est bien le cœur du problème : le PS n’a pas eu le courage de se rénover, alors que le contexte économique, social et idéologique mondial se modifiait radicalement. Pour ne mécontenter personne, le PS s’est contenté de se faire le porte-parole de toutes les revendications sectorielles et des droits acquis, sans proposer une « vision du monde » capable d’offrir une alternative à la droite.
Sans s’en rendre compte, le PS est devenu un parti conservateur. Abandonné par les classes populaires, peu convaincant pour les classes moyennes, il n’a échappé à la débâcle que grâce au remords de la gauche extrême qui, par crainte d’un retour de Le Pen s’est précipités dans le vote utile. Le premier tour de la présidentielle a été une journée de dupes : les extrêmes se sont ralliés à SR et une partie des modérés, qui auraient dû être séduits par le candidate socialiste, lui ont préféré Bayrou.
Le PS ne peut plus prétendre gouverner comme un parti social-démocrate, et tenir un discours vaguement anticapitaliste et antimondialiste quand il est dans l’opposition. Il doit faire sienne l’idée que les gouvernements ne peuvent plus gérer l’économie comme une armée, mais qu’il reste d’amples marges de manœuvre, pourvu qu’on le fasse avec intelligence. Il doit en finir avec la démagogie consistant à considérer que toute revendication, même la plus corporative, est toujours bonne à prendre…
Cette remise en cause radicale ne se fera pas sans crise, mais ce serait une erreur historique que de se voiler la face en prétendant que les vieilles ont toujours cours ou en se contentant d’attendre que montent les inévitables mécontentements liés aux réformes du gouvernement Fillon.
Il est essentiel que se construise en France une opposition moderne, capable de gouverner. La recette est simple, même si le chemin est rude : il faut que le PS fasse à gauche ce que NS a su faire à droite, c'est-à-dire regarder le monde en face, en tirer les conclusions et redevenir ce que qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être, c'est-à-dire une parti réformateur.
Rédigé par: vox | 31 mai 2007 at 15:30
Assez d'accord avec Bloggy... On ne peut pas refaire le passé et se gargariser de ce que les uns ou les autres n'ont pas fait...
Jusqu'à il y a peu DSK n'était le chef de file de rien, c'était un jospiniste... donc, on peut lui faire certains reproches assez juste mais Laurent, il faudrait peut-être réviser ta petite histoire du PS...
La socdem au PS qui s'assume... ça a toujours représenté bon an mal an, une vingtaine de pourcent... Après tu ne peux pas reprocher à des personnes comme Rocard de ne pas être cohérent depuis des années...
Pour FH et sa magnifique tour de babel de gôche, franchement je n'y vois aucun intérêt... une confédération qui fera quoi ? partager les ressources financières ? :-)
Rédigé par: lolo | 31 mai 2007 at 15:34
@ Laurent
Il y a 10 ans DSK prenait en charge Bercy pour y conduire une politique économique bien différente du néo-marxisme. Depuis il a toujours affirmé clairement son positionnement social-démocrate. Je ne comprends pas bien ce procès que tu lui fais. A la limite ce qu'on peut lui reprocher, c'est de ne pas avoir su convaincre suffisamment de monde dans son parti pendant les 10 dernières années et/ou d'avoir été trop loyal envers ce parti, qui me paraît bien ingrat aujourd'hui.
Rédigé par: Damien | 31 mai 2007 at 15:36
Il serait peut etre temps d'arreter les critiques sur Sarkozy, sa politique, sa vie et ses amours...
Il faudra surement une seconde giffle pour faire comprendre que la critique du camp opposé n'a jamais fait gagner.
DSK et Fabius en ont fait les fraits durant la campagne interne, et évidement l'erreur a été reproduite par l'equipe de Sego...
Arretez de parler de votre adversaire, et contentez vous de défendre vos idées. Dire des méchancetés sur Sarkozy ne fait plaisir qu'aux "militants socialistes".
Vous savez ? les fameux "militants socialistes" completement en décalage face à la population française...
Ils ont dit OUI à la constitution européenne, les français ont dit NON.
Ils ont dit OUI à Ségo, les français ont dit NON.
Ils continuent à pébliciter Ségo, alors que les sondages montrent bien que les français aimeraient bien un nouveau visage pour représenter la gauche.
Ils sifflent DSK, alors qu'il s'est contenté de dire qu'il faut changer de méthode, de logiciel et de facon de penser...
Vous voulez quoi messieurs les "militants" ? réélire Hollande, garder Ségo/Montebourg/Bianco/Rebsamen ?
Super ! Sarkozy peut refaire la tappiserie, il est là pour 10ans grâce à vous.
Je résume ma pitoyable pensée : faites comme Sarkozy, faites vous élire à la tête du parti par tous les moyens politiques possibles (...) et modelez ces "militants socialistes" afin qu'ils soient un peu plus en phase avec la population française, la vraie.
Ainsi faire des discours qui feraient plaisir aux militants feraient également plaisir aux français.
Car il faut bien que vous prennez conscience que le dernier meeting du PS n'a interessé que les "militants socialistes", les blagues lancées n'ont fait rire que les "militants socialistes" et les critiques n'ont fait mouche que chez les "militants socialistes"...
Le jour ou les mentalités changeront tant à la base qu'a la tête, la France aura peut etre une chance de retrouver un président sinon socialiste, mais au moins de gauche.
Rédigé par: Dominique(A) | 31 mai 2007 at 15:38
Bravo à DSK pour son texte.
Tout est dit, c'est nickel et tout. Du grand DSK !
...et pourtant une question me taraude le ciboulot. Pourquoi ? Pourquoi cette prise de conscience MAINTENANT, et pas il y a 4 ou 5 ans ? Pourquoi avoir attendu 2007, et ne pas avoir dit la même chose, et aussi fort en 2002 ? La situation était identique me semble-t-il...
Deuxième interrogation. DSK parle de la gauche...mais curieusement pas du PS ! Que devient le PS dans cette affaire ? Le PS est-il soluble dans le socialisme du réel ? Ou DSK le considère-t-il déjà comme dépassé, absent de cette affaire ?
et enfin, juste un doute, une intuition... ne serait-on pas en train d'assister au départ d'une course de fond opposant Sociale-démocratie à Sociale-économie, DSK à Bayrou, la Gauche du réel au Modem ? Avec peut-être pour le moment un avantage à Bayrou, non par son score, mais parce que lui a déjà rompu ses amarres tandis que DSK n'en est encore qu'à relever l'échelle de coupée et lancer les machines.
Eh, les matelots, si au lieu de vous tirer dans les pattes, vous envisagiez de faire un bout de route commune. Qui sait, après les législatives peut-être...
Rédigé par: Bertrand | 31 mai 2007 at 15:49
Bien, un propos sensé de DSK, une analyse, des question et une ligne directrice claire auxquelles j'adhère pour ma part.
Dommage de voir ce billet si rapidement salit par une bande de malpropres qui profite de façon éhontée de la largesse d'esprit et du sens de l'ouverture au dialogue de l'hôte de ce blog.
Rédigé par: Quidam LAMBDA | 31 mai 2007 at 15:50
Je voulais répondre à Laurent et à ONPP, mais Damien l'a déjà fait. Cette analyse, DSK la professe depuis plusieurs années, notamment dans son livre "la flamme et la cendre" parue en 2001. Comme quoi ça ne date pas d'aujourd'hui.
Le seul reproche qu'on peut lui faire est de n'avoir pas convaincu assez de monde au PS.
Rédigé par: jls74 | 31 mai 2007 at 15:50
"tour de babel de gôche, franchement je n'y vois aucun intérêt... une confédération qui fera quoi ? partager les ressources financières ? :-)"
Marrant comme expression. Je ne suis pas sur qu'elle soit adaptee au contexte etant donne la division prealable (presente au PS) a la construction de cette fameuse tour mais bon..
La confederation aurait surtout pour objectif de clarifier les choses et permettre, par la suite, des alliances entre des courants comme le modem et sortir ainsi, par la definition d'un programme commun, du traditionnel Gauche Droite.
Par exemple, lors des europeennes, on pourrait assister a des alliances ponctuelles SD-Modem car sur l'Europe, le SD est plus proche du Modem que du courant incarne, par exemple, par Fabius et consort.
Je parlais d'une confederation pour garder une unite tout en validant positivement les divisions qui existent au sein du PS.
Rédigé par: FH | 31 mai 2007 at 15:57
Erreur mon post précédent s'adressait à Olivier.
Rédigé par: jls74 | 31 mai 2007 at 16:03
FH : "Par exemple, lors des europeennes, on pourrait assister a des alliances ponctuelles SD-Modem"
Et pourquoi pas un échange de bons procédés aux législatives sur des circonscriptions emblématiques comme celles de nos ministres. Des triangulaires sont à prévoir : sur ces circonscriptions, que le 3ème se désiste pour le 2ème.
Le triste couple Hollande / Royal se montre trop pour que l'on puisse renverser la vapeur, mais rien n'interdit de remporter quelques victoires emblématiques.
Rédigé par: Bloggy Bag | 31 mai 2007 at 16:04
FH,
En l'état actuel du financement des partis politiques, ça me semble très complexe comme fonctionnement cette confédération... Elle fonctionnerait selon quel principe... tu voterais pour qui à l'arrivée ? La confédération "alliance soc-dem mo-dem" pour les européennes ? qui se verrait opposer outre un candidat UMP, un nouveau centre et un ancier LCR ou PT et un autre candidat de la confédération "socialiste de gôche - antilibéral - anti ogm ?
Si l'idée est de dissoudre le PS, y'a pas mieux... Le PS doit se réformer en interne... et refonder son identité ! On ne va pas le changer d'identité en faisant des alliances confédérales en fonction des échéances démocratiques... Que se passerait-il aux législatives ? Chacun pour soi pour récupérer les 1 euros et quelques par voix ?
Ton système ne peut malheureusement marcher qu'à partir d'une mutualisation des ressources afin d'atteindre un objectif commun ou des objectifs communs... C'est peu pensable à moins de faire partie de l'association tartampion pour un bénéfice personnel...
Rédigé par: lolo | 31 mai 2007 at 16:08
Heu... si cette idee de confederation doit etre un remake de la FGDS (Federation de Gauche Democrate et Socialistes) des annees 60, non merci.
Si cela peut etre un lieu de debat d'idees sincere entre les familles de gauche et de centre, pourquoi pas...
Rédigé par: Pablo | 31 mai 2007 at 16:08
Je faisais plus etat d'un espoir, celui de voir, sereinement, se clarifier les positions car j'en ai marre d'un parti "unitaire" ou il y a DSK, Fazabius, Mellenchon, etc sans que l'on sache clairement comment ce systeme peut tenir.
Une conferation car je veux malgre tout l'unite des partis de gauche.
Je veux que chaque courant soit bien definis pour savoir qui l'on soutient reellement.
C'est plus la description d'une "utopie" ou d'un "reve" qu'autre chose. Je n'ai pas reflechis au mode de financement...
Mais si c'est pour nous refaire le programme commun, je dis tres peu pour moi.
A la limite, je preferai un courant SD autonome qu'une refonte illusoire du PS.
Rédigé par: FH | 31 mai 2007 at 16:18
Merci à Dominique A, moi Catherine A suis totalement d'accord et n'aurait pu dire mieux.
quand le PS arretera de taper sur Sarkozy et à se moquer et de son physique et de son jogging, et commencera à s'occuper de son programme et des français, peut etre pourra t il espérer regagner la confiance de l'électorat. Pour l'instant c'est nul de chez nul. Et desespérant de la gauche française dans son ensemble.
Rédigé par: catherine A | 31 mai 2007 at 16:34