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07 mars 2007

La vérité sur EADS

Tribune de Lionel Jospin et Dominique Strauss-Kahn parue dans Le Monde du 8 mars.

La crise que traverse Airbus constitue un enjeu majeur pour l'Europe et pour la France. C'est vrai du point de vue industriel comme du point de vue social, territorial et même symbolique. C'est pourquoi Ségolène Royal a eu raison de prendre l'initiative en lançant, dès le 3 mars, un débat public sur l'avenir d'Airbus. De même, était-il opportun d'aller discuter avec Angela Merkel, notre partenaire allemand.

Nicolas Sarkozy s'évertue, lui, à obscurcir le débat. Il a changé de position sur le rôle de l'Etat, prônant d'abord son désengagement, acceptant ensuite son intervention. Il a aussi tenté de se décharger de ses responsabilités, mettant en cause, avec son collègue ministre des finances Thierry Breton, pour seule explication de la crise actuelle le "pacte d'actionnaires" à l'origine de la création d'EADS.

La déformation de la réalité devenant insupportable, et ayant été dans nos fonctions gouvernementales à l'origine de la création d'EADS, nous voulons rétablir la vérité. En 1999, la question qui était posée était de savoir s'il fallait ou non faire EADS. Nous avons considéré que tel était l'intérêt stratégique de la France et de l'Europe. Pourquoi ? Parce que la dispersion et la division de l'industrie aéronautique étaient telles que nous encourrions le risque de sa marginalisation, voire, à terme, de sa disparition.

Il a donc fallu rassembler. Rassembler le public et le privé. Rassembler la France et l'Allemagne, mais aussi le Royaume-Uni et l'Espagne. Et pour ce faire, il a fallu rassurer, notamment nos partenaires allemands qui imaginaient mal participer à un ensemble où l'Etat français serait présent. Ils ont fini par l'accepter. Tel était l'objet du "pacte d'actionnaires", qui instaurait un équilibre entre les différentes parties, que la majorité d'alors, mais aussi le président Jacques Chirac et l'opposition de l'époque ont approuvé, et sans lequel il n'y aurait tout simplement jamais eu d'EADS ni évidemment, dans ces conditions, d'A380.

Par contre, on peut légitimement se demander si, depuis 2002, l'Etat a correctement rempli le rôle d'actionnaire qui est le sien. La réponse est non, et même doublement non : il n'a pas fait ce qu'il devait faire et il a fait ce qu'il ne devait pas faire. D'abord, l'Etat n'a pas exercé sa mission de contrôle. Il est resté inerte face aux erreurs de gestion - les retards de l'A380, les difficultés de l'A350. La responsabilité du pouvoir est lourde.

Ensuite, et c'est sans doute pire encore, l'Etat a contribué à déstabiliser le groupe. Au plus haut niveau de l'Etat, on a alimenté une guerre franco-française entre les dirigeants d'Airbus et d'EADS, contre l'avis même du groupe Lagardère. On en paie aujourd'hui la facture.

On nous dit que le pacte d'actionnaires initial ne pouvait durer toujours. Sans doute ! Et ce n'est pas une grande découverte. Mais alors pourquoi, en cinq ans, les gouvernements de droite successifs n'ont-ils pas entrepris de modifier ce pacte que le candidat de l'UMP fustige aujourd'hui ?

Incapable dans le contrôle de la gestion courante, immobile dans la stratégie, seulement préoccupée de questions de personnes, sans parler des scandaleuses stock-options, la majorité sortante n'a pas servi l'intérêt de la France.

Aujourd'hui un plan de redressement est nécessaire. Mais il faut qu'il soit remis à plat et discuté dans un dialogue franc avec les organisations syndicales.

Et demain ? Rien ne se fera sans une grande négociation, et d'abord entre Français et Allemands, car il faut, bien sûr, faire évoluer la question de l'actionnariat. C'est vrai de l'actionnariat public, au centre des débats de ces derniers jours. Mais il existe aussi, et peut-être même d'abord, une crise de l'actionnariat privé qu'il est urgent de résoudre, soit par un réengagement des actionnaires actuels, soit par l'arrivée de nouveaux actionnaires.

Evidemment, il faudra aussi régler la question de la direction de l'entreprise. Le montage bicéphale, indispensable pour commencer, n'a sans doute pas vocation à durer. Encore faut-il créer les conditions pour en sortir. Cela passe par une relation de confiance à rebâtir entre tous les acteurs.

Le bilan est simple. La gauche a fait EADS. Depuis 2002, la droite n'a rien fait avancer. Ce sera à la gauche, demain, de veiller à ce grand projet européen pour relancer une magnifique industrie et recréer des emplois. Tel est aussi l'un des enjeux du scrutin présidentiel.

Lionel Jospin est ancien premier ministre.

Dominique Strauss-Kahn est ancien ministre de l'économie.

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Voici les sites qui parlent de La vérité sur EADS :

Commentaires

le personnel a aussi son mot à dire.
Je pense qu'il faut développer et dépasser la participation et l'intéressement tels que "consentis" par le Général de Gaulle.

Le personnel a fait de gros efforts notamment dans les cadences A380. C'est l'éternelle variable d'ajustement.
Il faut qu'un point d'inflexion soit donné sur l'émancipation des salariés. Le personnel a le premier droit, le premier pouvoir de relancer l'entreprise.

Je lis que la proposition de Nicolas Sarkozy ait critiquée mais que dit on de celle de Francois Bayrou ?...

Merci Dominique pour cette mise au point.

Elle nous permettra de remettre les choses à leurs justes places et de répondre à toutes les questions insidieuses dont nous sommes les objets.

... il t'appartiendra alors peut être de penser à une suite à "365 jours", qui nous puissons nous tenir à jour.

Merci

Frédéric "Rolex 55-13 "

Merci à LJ et DSK qui nous apportent des précisions utiles sur le dossier Airbus.

Toutefois, je me demande :
- si c'est bien le rôle des régions d'intervenir ?
- si oui, comment feront elles financièrement ?
- l'aide régionale sera-t-elle suffisante ? Sans doute non... Il nous faudrait trouver de nouveaux actionnaires ?

Il est impératif que l'Etat rattrape ses errements et que l'Allemagne prenne aussi sa part dans ce déluge.

Aux Etats-Unis, C'est bien l'Etat qui a soutenu Boeing ?


L'actionnariat public est bien évidemment insuffisant, c'est la raison pour laquelle LJ et DSK disent qu'il faut résoudre la crise de l'actionnariat privé dans cette affaire.

Très bonne mise au point de la part de LJ et DSK.

L'histoire de la participation des Régions est du pipeau (d'ailleurs la tribune de DSK-Jospin la balaie gentiment de la main). Elle est purement politique !
Cette idée a été introduite par Martin Malvy, président de la Région Midi-Pyrénées qui vise la mairie de Toulouse en 2008 aussi, sur un sujet aussi sensible qu'Airbus dans la région toulousaine, il se devait d'intervenir pour dénoncer l'inertie de la droite.

Merci à DSK et LJ d'être intervenus.

Je constate une fois de plus que la candidate manque à son devoir de défense du bilan de la gauche.

Devant ce constat, il est normal que LJ et DSK montent au créneau pour se défendre et défendre leurs actions passées.

Quand on ne défend pas le bilan de son propre camp c'est soit parce que l'on ne sait pas, soit cela relève d'une tactique politicienne du genre "chacun sa merde".

ça confirme le niveau.

Je trouve excellente la réponse de DSK et Jospin. Comme je le pensais dans une note, les tontons snipers de l'UMP ont voulu balafrer les éléphants et vont juste réussir à fédérer notre camp.

Il n'y a que les désillusionnés à courte vue pour ne pas mesurer l'occasion magnifique que celà représente pour notre camp.

Royal a bien compris l'intérêt de voir LJ et DSK monter en première ligne sur ce dossier. On ne réveille pas les éléphants brutalement impunément. Ils peuvent faire mal et tuer les snipers imprudents qui se sont aventurés sur leur chemin.

Royal voulait diluer le poids de DSK dans l'équipe de campagne en faisant appeler Jospin. Elle a réussi malgré elle à les rassembler.

Trop forte royal.

Sondage BVA-Orange-Presse Régionale à paraître demain: Bayrou 21% et Royal 24%. Ce que je disais hier soir se confirme. Le croisement des courbes n'est plus qu'une affaire de jours.

Salut martin,

A combien est sarko ?

EADS et les Régions dans le Nouvel Obs de demain :

"Faire entrer les régions au capital d'EADS pour peser sur les choix stratégiques de l'avionneur : c'est l'idée avancée la semaine dernière par huit présidents de conseils régionaux socialistes et reprise à son compte par Ségolène Royal. Le projet ne manquera pas de faire sourire ceux qui se souviennent que c'est au gouvernement de Lionel Jospin que l'on doit la dernière refonte capitalistique du géant de l'aéronautique, qui fit la part belle au groupe Lagardère... Mais il paraît surtout irréaliste. « Nous ne parlons pas d'une participation symbolique mais significative, c'est-à-dire entre 5% et 10% », a prévenu Martin Malvy, président PS de Midi-Pyrénées, avant de préciser que les régions étaient capables de réunir jusqu'à 150 millions d'euros. Problème de calculatrice ? Pour atteindre de tels seuils, les régions devraient en fait débourser dix fois plus, c'est-à-dire entre 1 et 2 milliards d'euros ! Cela en vaut-il le coup ? En Allemagne, les trois Länder (Hambourg, Basse-Saxe et Brême) qui possèdent 1,28% du capital d'EADS n'ont guère pesé sur le plan de restructuration."

http://hebdo.nouvelobs.com/p2209/articles/telephonerouge.html

Même source.
Confirmation de ce que l'on disait plus haut concernant le peu de cas que Royal accorde à ses "amis" socialistes. Mme Royal est une femme seule et tient à le rester :

"Royal : allô ! Rocard ?

Ségolène Royal a longuement téléphoné, mardi dernier, à Michel Rocard pour lui proposer une place de choix dans sa campagne, notamment sur les dossiers économiques. A l'ex-Premier ministre qui lui disait, un brin marri, avoir été déçu de ne pas être dans le comité stratégique récemment créé par la candidate, elle a répondu que ce comité avait une importance qu'il ne fallait pas exagérer : «Tu as sans doute remarqué qu'il se réunira à sa convenance. C'est-à-dire très rarement!»"

La branche industrielle qu'est l'aviation requiert une intensité capitalistique très importante.
Pour faire face aux investissements que requiert l'utilisation de nouvelles technologies comme le carbone qui sera majoritaire dans les avions de demain, des investissements très lourds sont nécessaires.
Qui peut les faire ?
l'autofinancement EADS n'est pas suffisant.
Les régions, c'est sympa, mais financièrement c'est une plaisanterie.
Les capitaux plutôt spéculatifs ne sont pas intéressés car le retour sur investissement est très très long dans cette industrie.
Restent les états (français, allemands, russes indirectement ) ou moyen-orientaux. Certains de ces investisseurs soi-disant privés recherchent une position stratégique et sont dangereux pour l'indépendance de l'aviation européenne. L'idéal serait d'en trouver dont les intérêts ne sont pas contraires aux intérêts européens.
Restent les états français et allemands : je vois mal comment on pourrait l'éviter, l'enjeu est de trop grosse taille.

Ben voyons. On paye déja le salaire des fonctionaires à crédit. Y'a qu'a continuer. Faire payer le contribuable pour les erreurs politiques des derniers gouvernements. On n'est pas encore assez endetté?. Non à une augmentation à deux chiffres des impots locaux. Mon entreprise de quelques personnes a des soucis financiers, si je demande à la région croyez vous qu'elle va investir dans mon entreprise?. Une TPE, ils vont m'éluger de documents pour finir par me dire d'aller me faire foutre. Chaque fois que je vois la litanie des aides régionales, c'est jamais pour moi. Jamais dans la bonne case. Les décisions d'aggrément des aides savez vous qu'il n'y a jamais un chef d'entreprise dans les commissions d'attribution. Icroyable. Non. Mes impots ne sont pas faits pour cela. Votre solution =2/20 peut mieux faire. J'ai une autre idée: faire un bel emprunt cautionné par les parlementaires qui payent l'impot sur la fortune. En faire des responsables. Pourquoi pas, les chef d'entreprise le sont bien eux sur leurs décisions.

Les 18 à 29 ans préféreraient Ségolène Royal, selon Opinion way

PLes jeunes de 18 à 29 ans éliraient Ségolène Royal de peu (51% contre 49%) devant Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle, selon un sondage Opinion way pour Métro et Radioclassique.

Il y a un mois, selon le même baromètre, les deux candidats étaient à égalité.


Dans une hypothèse Royal-Bayrou, le candidat centriste l'emporterait sur sa concurrente socialiste (54% contre 46%) et dans celle d'un duel Sarkozy-Bayrou, il en sortirait encore vainqueur (55% contre 45%).

Au premier tour, le candidat de l'UMP arrive en tête (30%), devant sa rivale socialiste (28%) et François Bayrou (20%), un résultat proche des sondages effectués auprès de toutes les tranches d'âge.

En revanche, le président du Front national Jean-Marie Le Pen n'est crédité que de 8% des intentions de vote et le candidat de la Ligue communiste révolutionnaire Olivier Besancenot est au-dessus de son score habituel (5%).

Les autres candidats ne dépassent pas 2%.

Ce sondage a été réalisé du 5 au 7 mars auprès d'un échantillon de 982 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 à 29 ans. L'échantillon a été interrogé en ligne sur système Cawi.

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-30034376@7-354,0.html

Ce qui est plaisant avec ces derniers sondages, c'est que Bayrou est le vote utile pour contrer Sarkozy (l'argument royaliste débile "Il faut voter Royal car elle est la seule capable de battre le candidat UMP" se retourne contre eux).

Avec le sondage à paraitre demain BVA donnant donne Bayrou à 21 % et Royal à 24 %, les sondeurs vont être contraints de mettre en confrontation plusieurs cas de figure pour le 2nd tour :
NS vs SR
NR vs FB
FB vs SR

Cela va conforter le candidat centriste donné vainqueur dans tous les face-à-face. Ainsi, l'électeur lambda qui ne souhaite surtout pas voir arriver Sarkozy à l'Elysée votera utile dès le 1er tour en votant Bayrou.

A lire dans l'Obs de demain.

Debré : Sarko est facho !
Stupéfaction de la députée socialiste de Paris Annick Lepetit en entendant Jean-Louis Debré lui expliquer au sortir de sa dernière séance à l'Assemblée nationale il y a deux semaines, qu'il était ravi d'entrer au Conseil constitutionnel notamment parce que, soumis au devoir de réserve, il n'aurait pas à se prononcer pour Sarkozy, qu'il a qualifié de « fasciste », à la présidentielle.

Si c'est Debré qui le dit...

Si le sondage BVA annoncé pour demain est confirmé, à savoir Bayrou à 21 et Royal à 24%, il faudrait sérieusement commencer à arrêter de se voiler la face, car y'a très clairement le feu à la barraque !
Ne serait-il pas temps que les militants qui se refusent à assister impuissant à une deuxième éviction consécutive du PS pour le 2d tour de l'élection se manifestent enfin massivement, pour exiger du parti d'en tirer toutes les conséquences utiles, et de prendre TOUTES les mesures nécessaires pour tenter d'enrayer ce fiasco annoncé, même si cela devait passer le cas échéant par une totale remise en cause de la stratégie actuelle, ou même éventuellement de la candidate ?

Voila donc la nouvelle orientation du PS: devant les révélations du Canard Enchainé sur la sous-évaluation de leur patrimoine par les 2 candidats avec pour conséquence la sous-évaluation de l'ISF, motus et bouche cousue. Surtout pas de vague, je te tiens, tu me tiens.....
Ou sont donc passées les valeurs socialistes? courage? honnêteté? sincérité? respect de la loi? égalité de traitement? solidarité?
on a élu le plus gros tricheur en 95 et 2002, on veut maintenant élire une(un) autre tricheuse?
Dans un pays démocratique, où les contrepouvoirs joueraient réellement leur rôle, les révélations du Canard suffiraient à renvoyer dans leur belle maison ces 2 tricheurs. Ici en France, en 2007, yc dans le parti censé représenter l'alternance, la justice, que voit-on? des consignes pour ne rien dénoncer. Etre élu est le plus important et on doit sacrifier ses valeurs pour cela.
He bien je parie que les Français ne seront pas dupes. Ils ont été cocus en 2002, ont voté pour le plus gros tricheurs, et ne sont pas prêt à recommencer. Bayrou va en profiter.
DSK, ne vous fourvoyez pas, restez en retrait jusqu'à ce que la situation se décante. Il sera temps de prendre position .

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