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27 mars 2007

Traité de Rome: 50 ans, et après?

Le temps est venu de relancer l'Europe.

Célébrant le cinquantenaire du Traité de Rome, les Européens nous ont rappelé dimanche les nombreux acquis de ces longues années passées en commun. Mais ils ont aussi fixé un rendez vous pour sortir le projet européen de l’ornière. L’objectif est simple : aboutir à un accord avant les élections européennes de 2009.

Cet anniversaire a une vertu. Il nous permet de mesurer le chemin parcouru. Berlin, où se sont retrouvés les 27 en est le plus beau des symboles.

Qui aurait pu croire en 1957 que Berlin serait la capitale d’une Allemagne réunifiée, qui non seulement ne fait plus peur à personne, mais qui surtout constitue un modèle de démocratie apaisée et pleinement engagée dans l’Europe ?

La paix, la capacité de vivre ensemble, les valeurs de démocratie partagées, les droits sociaux garantis, la croissance économique, l’emploi, l’euro, autant d’acquis que je voulais saluer en cet anniversaire.

Dans un monde troublé où montent les intolérances et les haines, il convenait de redire que l’Europe constitue un modèle, elle incarne le vivre ensemble, au-delà des différences. Cela n’est pas le fruit du hasard, mais bien de la volonté politique constante des peuples européens.

Nous avons pourtant que cela ne suffit plus à susciter l’adhésion des peuples au projet européen. Le référendum français de mai 2005 l’a démontré. Pour que l’anniversaire de Berlin soit autre chose qu’un anniversaire, pour qu il devienne le point de sortie de la crise et qu’il marque un nouveau départ, nous devons tous sans tarder nous remettre au travail. Car il nous reste peu de temps. La France devra y jouer un rôle central. Pas pour se faire pardonner son « non » de 2005. Mais parce qu’il est temps, à nouveau, que l’Europe redevienne notre perspective naturelle, notre ambition la plus évidente.

L’Europe doit cesser d’être un problème pour les Français. Elle doit être à nouveau, comme avec François Mitterrand, une solution. Un levier déterminant du retour de la confiance des Français en eux-mêmes, de leur envie de créer, d’échanger, d’accueillir, de connaître. Pour cela nous devons, nous Français, faire notre part du travail. L’élection présidentielle en est l’occasion. C’est pourquoi tous nos partenaires ont leurs yeux braqués sur nous et sur le résultat de notre vote du 6 mai prochain.

L’Europe doit redevenir le champ naturel d’expression de nos envies et de nos ambitions. De manière différente de ce qu elle fut, tant le nombre et la diversité de nos partenaires a grandi. Mais toujours en privilégiant l’entente avec l’Allemagne, désormais au coeur de l’Europe et avec laquelle il faut absolument et sans délai conjurer toute forme de divergence durable. Nous avons besoin d’un nouveau traité de l’Elysée, qui va plus loin dans l’intégration franco-allemande. Mais aussi avec nos voisins espagnols, italiens et belges, qui portent si haut le projet européen.

C'est du côté de ces partenaires là que nous devons à nouveau nous retrouver pour renouer avec le compagnonnage de ceux qui portent l'Europe politique. Nous mettrons alors devant leurs responsabilités les véritables eurosceptiques. Mais rien ne pourra se faire sans que ces partenaires ne prennent la mesure des attentes des Français et en fait de tous les Européens. Pour réussir d’ici à 2009, il ne suffira pas de procéder à un simple toilettage du projet de Constitution. Le mini traité proposé par Nicolas Sarkozy est une impasse, c’est une Europe a minima.

Il faut apporter des réponses concrètes aux doutes qui ont été exprimés. Les valeurs de l’Europe, l’approfondissement avant de nouveaux élargissements, la protection contre les dérives de la mondialisation et les excès du marché, l’Europe politique et sociale, le gouvernement économique européen, la capacité d’expression de l’Europe sur la scène internationale pour faire pièce à l’unilatéralisme américain.

C’est sur l’ensemble de ces sujets fondamentaux que la négociation devra s’engager dès le lendemain de l’élection de Ségolène Royal, le 6 mai prochain. Il nous faudra dire précisément ce que nous voulons dans tous ces domaines et être capables d’entraîner. Il reviendra à nos partenaires et amis de comprendre que ce n’est pas en se réunissant entre pays ayant ratifié le projet de traité constitutionnel que l’on fait avancer les choses. Tout d’ailleurs porte à croire que le gouvernement allemand, mais aussi nos amis et camarades espagnols et italiens l’ont bien compris.

La crise française et la crise européenne sont soeurs. Elles résultent d’une même difficulté à penser et à mettre en oeuvre le changement social dans une économie de marché globalisée. En sortant de cette ambiguïté en France à l’occasion de l’élection présidentielle et grâce à une négociation avec des partenaires conscients de ces enjeux, nous aurons fait de la déclaration de Berlin le début d’une nouvelle histoire française et européenne.

dsk

21 mars 2007

Point presse de DSK

Bonjour à toutes et à tous,

Dominique Strauss-Kahn a aujourd’hui animé le point presse quotidien de campagne. Retrouvez ci-dessous l’interview de DSK suite à cette conférence de presse.

Bonne écoute !

Equipe dsk


19 mars 2007

DSK au Printemps de la République

Bonjour à toutes et à tous,


Dominique Strauss-Kahn est intervenu hier à la Porte de Versailles lors du grand rassemblement des élus socialistes et républicains autour de Ségolène Royal.

Retrouvez ci-dessous la vidéo de son intervention.

Bonne écoute !

Equipe dsk



15 mars 2007

Disparition de Lucie Aubrac

Bonjour à toutes et à tous,

Je serai demain en campagne aux côtés de Ségolène Royal à Charleville Mézières. Puis samedi, je me rendrai dans l'Oise avec Yves Rome, le Président du Conseil Général, avant de participer au grand rassemblement des élus socialistes et républicains dimanche à Paris. J'y reviendrai en début de semaine prochaine sur ce blog.

Aujourd'hui, je voudrai saluer une conscience. La République a perdu l’une de ses figures les plus illustres en la personne de Lucie Aubrac, décédée hier à l’âge de 94 ans. Ma première pensée va naturellement à son époux, Raymond Aubrac.

Je me joins à l’ensemble de la classe politique française pour honorer l’immense courage dont elle a fait preuve face à la barbarie nazie. Les mots ici ne suffisent pas, ou sont bien faibles, pour exprimer le respect qu’imposent de tels actes de bravoure.

Mais c’est un autre souvenir d’elle que je veux conserver. Lucie Aubrac était enseignante avant la guerre. Cette vocation première ne l’a jamais quittée. Je garderai longtemps en mémoire les images de cette femme multipliant les rencontres dans les collèges et les lycées pour témoigner, pour raconter son histoire aux jeunes générations. Cette transmission est essentielle pour faire vivre notre République. Aujourd’hui, c’est à chacun d’entre nous de reprendre le flambeau et de continuer à expliquer, à raconter, à ne jamais taire les actes ignobles perpétrés en France sous le régime de Vichy.

Notre premier devoir, pour Lucie et pour tous les autres, est un devoir de mémoire.

dsk

13 mars 2007

DSK sur Europe 1

Bonjour à toutes et à tous,

Demain, mercredi 14 mars, à 8h20, Dominique Strauss-Kahn sera l'invité de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1.

Bonne écoute !

Equipe dsk


11 mars 2007

DSK sur France 2

Bonjour à toutes et à tous,

DSK était l'invité du JT de France 2, vendredi dernier. Retrouvez l'interview ci-après.

Dominique Strauss-Kahn sera également l'invité de Christophe Barbier sur LCI, demain, lundi 12 mars. Prise d'antenne à 8h18.

Bonne écoute !

Equipe dsk


09 mars 2007

DSK dans Le Monde

Bonjour à toutes et à tous,

Vous trouverez ci-dessous l'entretien avec DSK dans le journal Le Monde daté du 10 mars.

Dominique Strauss-Kahn sera également l'invité du JT de France 2 ce soir à 20h.

Bonne lecture et bonne écoute !

Equipe dsk



Entretien avec DSK dans le journal Le Monde



Lorsque François Bayrou a fait de vous un premier ministre potentiel de sa majorité, vous avez laissé dire ... Pourquoi ?

Cette question ne se posera pas. Je suis un homme de gauche et l'union nationale, telle que la propose François Bayrou, ferait avant tout l'affaire des extrêmes. La France a besoin d'une majorité de gauche. Pour autant, je trouve que l'on est à la fois trop indulgent par rapport au flou du projet de François Bayrou et parfois trop excessif par rapport à sa démarche.

C'est certes un homme de droite, mais il a donné des signes de rupture par rapport à Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. Est-ce que ces signes de rupture en font une solution pour la France ? Je ne le crois pas : en mettant sur le même plan le PS et l'UMP, il est injuste sur le passé et inopérant pour l'avenir. Est-ce que cela en fait le meilleur candidat pour battre Nicolas Sarkozy ? Je ne le crois pas davantage. Il ne peut ni ne veut rassembler l'ensemble de la gauche, or c'est nécessaire pour battre Nicolas Sarkozy.

Ségolène Royal, parce qu'elle n'est pas centriste mais occupe une position centrale, est la mieux placée pour rassembler. François Bayrou devra finir par se déterminer. S'il va jusqu'au bout de sa logique - et je l'y encourage ! -, il se prononcera contre l'alliance avec Nicolas Sarkozy au second tour. Ce sera une belle majorité pour battre Sarkozy et pour changer la France.

Vous suggérez au candidat centriste de rallier Mme Royal ?

Ségolène Royal l'a dit : tous ceux qui rejoindront le "pacte présidentiel" auront vocation à rejoindre le gouvernement et la majorité présidentielle.

Le candidat centrsite est donc compatible avec la gauche ?

La ligne de François Bayrou n'est pas une solution, c'est une illusion. Sa progression dans les sondages est la manifestation la plus repérable de l'exaspération des Français devant l'absence de vrais débats sur leurs vrais problèmes. Je les comprends. Remettons les solutions - notamment économiques et sociales - au coeur de la campagne présidentielle : nous verrons si François Bayrou partage les nôtres et, j'en suis sûr, nous l'emporterons.

Vous faites une ouverture à l'électorat centriste ?

Il n'y a pas d'ouverture à faire. Il y a à montrer que la gauche que Ségolène Royal veut incarner, et moi aussi, offre un nouveau visage. J'ai plaidé pour une gauche social-démocrate. Je pense toujours que la solution est là.

La progression de M. Bayrou dans les sondages signifie-t-elle que le clivage droite-gauche a du mal à s'installer ?

La succession des alternances et les difficultés de la société française ont érodé les différences manichéennes qui existaient jusqu'en 1981. C'est plutôt une bonne chose. Pour autant, je continue de penser que les différences entre la droite et la gauche structurent notre pays. Qui ne voit aujourd'hui qu'il y a deux manières de faire évoluer la société française dans la mondialisation. La gauche moderne que représente Ségolène Royal, et que je défends, vise à concilier une nouvelle vision de la création de richesse et de la réduction des inégalités.

Cette campagne est beaucoup trop remplie d'anecdotes. Les Français sont dessaisis des débats. Nicolas Sarkozy organise le brouillage, en citant Jaurès et Blum, et se fait le champion du travail, "travailler plus pour gagner plus". Or, il a été rappelé mille fois que ce ne sont pas les salariés qui décident des heures supplémentaires, et que ça n'apporte aucune solution aux salariés en temps partiel subi. C'est une approche très différente, sur le pouvoir d'achat, de celle que propose la gauche avec l'ouverture d'une grande négociation avec les partenaires sociaux qui traite de la hausse du smic et de la revalorisation des petites retraites mais aussi de toute la revalorisation des carrières professionnelles ...

Sur la question fiscale, Nicolas Sarkozy dit qu'il faut baisser de 4 % les prélèvements obligatoires alors que chacun sait très bien que le problème central du pays, c'est celui de la dette, sur laquelle Ségolène Royal a mis l'accent, et que cela impose de stabiliser les prélèvements obligatoires. Dire, comme le fait Nicolas Sarkozy, qu'on veut faire passer le bouclier fiscal à 50 % revient en fait à supprimer l'ISF. Dans ces conditions, qu'il le dise clairement ! Que le débat commence enfin sur les objectifs, les priorités, les solutions, les modalités ... sous le regard des Français.

Quelle relance faut-il pour l'Europe ?

Il faut absolument que l'ensemble de la mécanique reparte. Le cadre principal doit être celui de l'entente étroite entre Français et Allemands. Il faut reprendre l'inspiration du traité de l'Elysée de 1963 et, avec un nouveau pacte, aller loin dans l'intégration franco-allemande, en dégageant une vision commune sur les frontières, l'économie et le social, le militaire et le diplomatique et l'environnement et l'énergie.

Avec la présidence allemande en 2007, la présidence française en 2008 et les élections européennes en 2009, la fenêtre est étroite, mais elle existe. Pour le reste, il faut écarter le "mini-traité" version Sarkozy parce qu'il manque d'ambition et heurte les dix-huit pays qui ont dit oui à la Constitution européenne. Nous n'avons pas besoin d'un traité "moins". Nous avons besoin d'un traité "plus", qui réponde aux attentes sur le social, l'environnement, la gouvernance économique, de ceux qui sont inquiets d'une Europe libérale.

Ce nouveau traité doit-il être soumis à un référendum ?

S'il n'est qu'un règlement intérieur de fonctionnement de l'Union, sous la pression des eurosceptiques, des Britanniques, des Polonais, des Tchèques auxquels Nicolas Sarkozy prête la main avec son mini-traité, il peut passer par la voie parlementaire. Si c'est le traité "plus", le parallélisme des formes impose un référendum mais, dans ce cas, il sera, j'en suis sûr, adopté.

La présence de l'Etat dans le capital d'EADS est-elle nécessaire ?

Oui. La spécificité d'EADS, c'est qu'il s'agit de la première entreprise créée de façon binationale - avec des actifs français et allemands - et avec une organisation bicéphale. La participation de l'Etat français a été un élément de discussion au départ, mais ce n'est plus une difficulté aujourd'hui. En revanche, l'organisation bicéphale, qui était indispensable pour créer EADS, n'était pas destinée à durer : il aurait fallu la faire évoluer. Je me souviens que dès 2002, j'avais rencontré le président de Daimler pour voir avec lui les modalités possibles d'évolution. Le décès de Jean-Luc Lagardère - qui appuyait cette démarche - a interrompu le processus. Il aurait fallu depuis bouger sur cette question. En cinq ans, le gouvernement n'a rien fait.

Cette gouvernance bicéphale, il faut y mettre fin ?

Oui. Bien des solutions peuvent être imaginées, comme une présidence à tour de rôle. Mais, pour pouvoir être adoptées, il faut recréer de la confiance.

Mais vous êtes d'accord avec la demande de Ségolène Royal d'une recapitalisation par les Etats et d'une participation des régions ?

Pourquoi pas ! Même si nous ne sommes pas dans le cas d'Alstom, et si la recapitalisation n'est pas le problème principal d'Airbus, elle peut être utile. Airbus connaît d'abord des difficultés d'organisation. Il y aurait beaucoup à gagner à discuter avec les organisations syndicales, sans oublier les sous-traitants, pour remettre à plat le plan Power 8. C'est un grand gâchis d'avoir construit ce plan sans les avoir suffisamment consultées.


Propos recueillis par Arnaud Leparmentier et Isabelle Mandraud.

08 mars 2007

Déplacement dans les Pyrénées-Orientales

Bonjour à toutes et à tous,

J’ai effectué les 2 et 3 mars derniers un déplacement à Perpignan pour marquer mon engagement dans la campagne de Ségolène Royal et pour soutenir Olivier Ferrand, ami et conseiller de longue date, aujourd’hui candidat socialiste aux élections législatives de la 4ème circonscription des Pyrénées-Orientales.

Dans ce département qui rencontre de grandes difficultés, l’économie, bien sûr, est au centre de tous les débats – de tous les espoirs.

Nous avons donc commencé par un débat à l’université de Perpignan en présence de 500 étudiants, pendant lequel j’ai pu m’exprimer sur la question « quel avenir pour l’économie française ? », avant qu’Olivier Ferrand ne développe plus particulièrement les enjeux du développement économique des Pyrénées-Orientales.

 

Dsk_et_olivier_ferrand_photo_jeanluc_mod

J’ai eu ensuite le plaisir de rencontrer les militants et les élus socialistes des Pyrénées-Orientales auprès de Christian Bourquin, président du Conseil Général, et de Jacques Cresta, premier secrétaire fédéral. J’ai pu souligner la nécessité, dans cette phase de la campagne, de populariser le pacte présidentiel de notre candidate. J’aime cette ambiance de campagne électorale, qui voit des hommes et des femmes s’engager et se rassembler autour d’un projet pour leur pays.

Nous sommes revenus sur le pacte présidentiel le soir, en participant tous deux à Thuir, sur l’invitation de René Olive, maire de la ville et suppléant d’Olivier Ferrand, à une réunion publique de soutien à Ségolène Royal qui a réuni 800 personnes.

L’économie était aussi au menu de la seconde journée ! Le samedi matin a débuté par une table ronde réunissant les acteurs socio-professionnels et les forces économiques du département – notamment plus d’une centaine de chefs d’entreprise – à Villelongue-dels-Monts pour étudier les perspectives de développement économique des Pyrénées-Orientales. La présence du président de la chambre de commerce, du président du « G16 » (qui regroupe les 16 plus grandes entreprises des Pyrénées-Orientales), et du président du pôle de compétitivité Derbi a grandement contribué à la qualité des échanges.

Enfin, en début d’après-midi, Olivier Ferrand et moi-même avons participé à un dernier débat participatif avec 500 personnes à Arles-sur-Tech, sur l’invitation de René Ala, maire de la ville, qui nous a permis de traiter la question du développement durable du Vallespir, une zone rurale d’arrière-pays. Je me suis notamment prononcé contre la ligne électrique THT (Très Haute Tension) dont le tracé prévoit la traversée de cette zone. C’est une aberration environnementale, qui conduira à défigurer un paysage exceptionnel. C’est une aberration démocratique, puisque des milliers d’habitants se sont prononcés contre le projet. C’est, enfin, une aberration identitaire, puisque la vallée est le piémont du Canigou, lieu cher au cœur des Catalans.

Cette ligne doit donc soit passer ailleurs, soit être enterrée.

dsk

07 mars 2007

La vérité sur EADS

Tribune de Lionel Jospin et Dominique Strauss-Kahn parue dans Le Monde du 8 mars.

La crise que traverse Airbus constitue un enjeu majeur pour l'Europe et pour la France. C'est vrai du point de vue industriel comme du point de vue social, territorial et même symbolique. C'est pourquoi Ségolène Royal a eu raison de prendre l'initiative en lançant, dès le 3 mars, un débat public sur l'avenir d'Airbus. De même, était-il opportun d'aller discuter avec Angela Merkel, notre partenaire allemand.

Nicolas Sarkozy s'évertue, lui, à obscurcir le débat. Il a changé de position sur le rôle de l'Etat, prônant d'abord son désengagement, acceptant ensuite son intervention. Il a aussi tenté de se décharger de ses responsabilités, mettant en cause, avec son collègue ministre des finances Thierry Breton, pour seule explication de la crise actuelle le "pacte d'actionnaires" à l'origine de la création d'EADS.

La déformation de la réalité devenant insupportable, et ayant été dans nos fonctions gouvernementales à l'origine de la création d'EADS, nous voulons rétablir la vérité. En 1999, la question qui était posée était de savoir s'il fallait ou non faire EADS. Nous avons considéré que tel était l'intérêt stratégique de la France et de l'Europe. Pourquoi ? Parce que la dispersion et la division de l'industrie aéronautique étaient telles que nous encourrions le risque de sa marginalisation, voire, à terme, de sa disparition.

Il a donc fallu rassembler. Rassembler le public et le privé. Rassembler la France et l'Allemagne, mais aussi le Royaume-Uni et l'Espagne. Et pour ce faire, il a fallu rassurer, notamment nos partenaires allemands qui imaginaient mal participer à un ensemble où l'Etat français serait présent. Ils ont fini par l'accepter. Tel était l'objet du "pacte d'actionnaires", qui instaurait un équilibre entre les différentes parties, que la majorité d'alors, mais aussi le président Jacques Chirac et l'opposition de l'époque ont approuvé, et sans lequel il n'y aurait tout simplement jamais eu d'EADS ni évidemment, dans ces conditions, d'A380.

Par contre, on peut légitimement se demander si, depuis 2002, l'Etat a correctement rempli le rôle d'actionnaire qui est le sien. La réponse est non, et même doublement non : il n'a pas fait ce qu'il devait faire et il a fait ce qu'il ne devait pas faire. D'abord, l'Etat n'a pas exercé sa mission de contrôle. Il est resté inerte face aux erreurs de gestion - les retards de l'A380, les difficultés de l'A350. La responsabilité du pouvoir est lourde.

Ensuite, et c'est sans doute pire encore, l'Etat a contribué à déstabiliser le groupe. Au plus haut niveau de l'Etat, on a alimenté une guerre franco-française entre les dirigeants d'Airbus et d'EADS, contre l'avis même du groupe Lagardère. On en paie aujourd'hui la facture.

On nous dit que le pacte d'actionnaires initial ne pouvait durer toujours. Sans doute ! Et ce n'est pas une grande découverte. Mais alors pourquoi, en cinq ans, les gouvernements de droite successifs n'ont-ils pas entrepris de modifier ce pacte que le candidat de l'UMP fustige aujourd'hui ?

Incapable dans le contrôle de la gestion courante, immobile dans la stratégie, seulement préoccupée de questions de personnes, sans parler des scandaleuses stock-options, la majorité sortante n'a pas servi l'intérêt de la France.

Aujourd'hui un plan de redressement est nécessaire. Mais il faut qu'il soit remis à plat et discuté dans un dialogue franc avec les organisations syndicales.

Et demain ? Rien ne se fera sans une grande négociation, et d'abord entre Français et Allemands, car il faut, bien sûr, faire évoluer la question de l'actionnariat. C'est vrai de l'actionnariat public, au centre des débats de ces derniers jours. Mais il existe aussi, et peut-être même d'abord, une crise de l'actionnariat privé qu'il est urgent de résoudre, soit par un réengagement des actionnaires actuels, soit par l'arrivée de nouveaux actionnaires.

Evidemment, il faudra aussi régler la question de la direction de l'entreprise. Le montage bicéphale, indispensable pour commencer, n'a sans doute pas vocation à durer. Encore faut-il créer les conditions pour en sortir. Cela passe par une relation de confiance à rebâtir entre tous les acteurs.

Le bilan est simple. La gauche a fait EADS. Depuis 2002, la droite n'a rien fait avancer. Ce sera à la gauche, demain, de veiller à ce grand projet européen pour relancer une magnifique industrie et recréer des emplois. Tel est aussi l'un des enjeux du scrutin présidentiel.

Lionel Jospin est ancien premier ministre.

Dominique Strauss-Kahn est ancien ministre de l'économie.

05 mars 2007

Bonjour à toutes et à tous,

Cela fait trois ans que le blog de Dominique Strauss-Kahn fait figure d’exception sur la Toile, en raison de la qualité des discussions et du nombre d’intervenants. La raison, outre la personnalité de dsk lui-même ? Une modération a posteriori des commentaires.

Elle offre les conditions d’une liberté d’expression unique en son genre. Elle laisse la possibilité à chacun, quelque soit son bord politique, d’exprimer des idées, des opinions, voire des jugements. Seuls sont effacés les commentaires qui contreviennent à la Netiquette : messages insultants, diffamatoires, racistes, antisémites, etc. Nous n’accepterons pas que quiconque, blogueur, personnalité, homme politique de gauche ou de droite soit insulté sur ce blog.

Cette liberté n’est pas inconditionnelle : la lisibilité des fils de discussion dépend de la capacité des intervenants à s’auto-modérer, à accepter la contradiction sans tomber dans une confrontation stérile, qui dégénère rapidement en échange de noms d’oiseaux divers et variés. Les commentaires du dernier post nous conduisent à nous interroger sur cette capacité. Sur votre volonté de continuer à faire de ce blog le premier des espaces de débat politique du Web français. Nous avons donc décidé de tous les effacer.

Il n’appartient plus qu’à vous, sur ce nouveau post, de faire la preuve de votre résolution à ne pas tomber à nouveau dans des échanges qui n’ont pas leur place ici. La première des disciplines est d’ignorer totalement ceux qui contreviennent aux règles indispensables au bon déroulement des échanges. Nous n’hésiterons pas à leur interdire l’accès du blog.

Par ailleurs, nous souhaitons attirer votre attention sur le Blog du Manifeste Social-démocrate. De nouvelles contributions seront mises en ligne dans la journée, qui viendront compléter une réflexion très riche : vous avez déjà posté plus de 200 commentaires de fond. Nous vous en remercions.

Equipe dsk

Manifeste de Socialisme et Démocratie

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