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05 février 2007

Europe: faire entendre notre voix

Bonjour à toutes et à tous,

Vous trouverez ci-dessous la tribune publiée par DSK dans le journal Le Monde daté du 6 février.

Vous pouvez également la télécharger en cliquant sur le lien qui suit:

Téléchargement dsk_tribune_europe_le_monde_06.02.07.pdf

Bonne lecture !

Equipe DSK

EUROPE: FAIRE ENTENDRE NOTRE VOIX

Il faut prendre la mesure de l'événement, considérable. Le 26 janvier, pour la première fois depuis cinquante ans, les principaux pays européens se sont réunis sans la France pour évoquer l'avenir de l'Europe.

Pendant ce temps, la France se tait. Après un accès de courroux, ou de mauvaise humeur, elle tente de minimiser la rencontre. De faire comme si l'Europe n'existait plus, comme si, dans un monde de plus en plus incertain et dangereux, le devenir de notre pays pouvait s'imaginer sans une Europe forte.

Cette politique de l'autruche ne peut plus durer.

Je comprends la volonté des pays réunis à Madrid de voir leur propre vote, différent du nôtre, respecté. Pourtant, la réunion de Madrid, sans la France, est un précédent désastreux. Laissera-t-on l'Allemagne penser qu'elle doit se tourner vers d'autres partenaires privilégiés pour avancer ? Laissera-t-on la dynamique Espagne se convaincre que le voisin du nord des Pyrénées est défaillant ? Laissera-t-on l'Italie que nous avons emmenée avec nous dans l'euro croire que décidément rien ne viendra plus de Paris ?

Il est plus que temps que la France parle. Il s'agit de rétablir la confiance des Français dans la marche de l'Union tout autant que de faire savoir à nos partenaires que la France a un projet d'avenir pour l'Europe qu'elle entend discuter, négocier, partager, dans la confiance due à ses partenaires européens, mais aussi dans l'exigence qu'imposent les attentes du peuple français.

La négociation sera rude, âpre, comme toujours. Ce sera du donnant-donnant. Mais rien n'est pire que l'absence et le silence, qui laissent s'installer le doute sur la volonté de vivre et de construire ensemble. Il ne s'agit pas de consentir à je ne sais quel reniement devant les dix-huit pays qui ont ratifié le projet de traité constitutionnel et qui se sont réunis le 26 janvier à Madrid, d'exprimer une nostalgie ou une volonté de revanche sur le vote du 29 mai 2005. La décision du peuple français rejetant ce projet de traité doit évidemment être pleinement assumée.

Elle comportait certes une forte composante nationale de rejet du président de la République, de son gouvernement et de sa majorité. Mais le vote des Français, de ceux qui ont voté non, portait aussi, fondamentalement, une profonde insatisfaction à l'égard de l'Europe telle qu'elle se construit aujourd'hui. Une Europe insuffisamment démocratique ; une Europe aux frontières trop floues ; une Europe trop molle face aux dérives de la mondialisation ; une Europe trop chiche face aux inégalités de développement économique et social ; une Europe trop silencieuse face aux désordres du monde. Une bonne partie de ceux qui ont voté oui, comme moi, n'ignoraient pas ces insuffisances.

Les partenaires européens qui ont ratifié le projet de traité constitutionnel doivent et devront entendre cela : le peuple français a rejeté ce projet. Rien ne pourra être fait comme si cette décision n'avait pas été prise. Nous ne pourrons pas accepter un nouveau vote de ce projet. Nous ne pourrons pas nous contenter de quelques habillages de circonstance. Cette aspiration à un autre cours européen doit être portée avec fierté, enthousiasme et rigueur, dans une négociation sérieuse et fondatrice avec nos partenaires. Mais pour que la négociation se noue, encore faudrait-il que nos partenaires sachent ce que nous voulons. C'est ce qu'attendent tout particulièrement nos amis allemands, qui tenteront dans les prochaines semaines, présidant l'Union européenne, de relancer le projet commun. Celles et ceux qui croient que le silence peut être fait sur le débat européen se trompent. Ni les Français, ni les autres Européens, ni même les peuples du Sud qui attendent de l'Europe qu'elle assume ses responsabilités, ne le pardonneraient.

Il nous faudra entendre, comprendre ce qui, dans le projet initial de traité, est le plus indispensable à nos partenaires et pourra être acceptable par le peuple français. Chacun sait bien par exemple qu'une clarification des compétences entre l'Union et les Etats membres est indispensable pour un Etat fédéral comme l'Allemagne ou fortement décentralisé comme l'Espagne. Cette démarche permettrait dans le même temps de répondre au souci des Français de voir respecter l'identité nationale.

Chacun sait aussi que nombreux sont nos partenaires qui souhaitent disposer d'une véritable diplomatie européenne, avec un ministre européen des affaires étrangères doté de services propres. Cela correspond au souhait des Français de voir l'Europe porter, pacifiquement, les valeurs de paix, de développement et de démocratie, et contribuer à un monde plus équilibré, alors que menace le choc des civilisations, nourri à la fois par la montée du terrorisme et par l'unilatéralisme de l'administration Bush.

Il nous faudra surtout savoir, et faire savoir à nos partenaires, ce que le peuple français attend pour adhérer à nouveau au projet européen et, à terme rapproché, à un traité. J'ai la conviction, comme la chancelière Angela Merkel, que la réforme institutionnelle est indispensable, que le processus doit être achevé avant les élections européennes de 2009, et qu'un nouveau revers serait pour l'Europe un échec historique.

La France aurait dû être présente à Madrid le 26 janvier. Elle aurait pu y faire valoir cinq ambitions pour retrouver le chemin de la construction de l'Europe :

- plus de démocratie pour l'Europe, car la contradiction entre l'extension des compétences de l'Union, d'une part, et son fonctionnement largement encore technocratique, d'autre part, est devenue intenable. Le Parlement européen doit, avec des pouvoirs accrus, être au coeur d'une nouvelle démocratie européenne. En défaisant la directive Bolkestein sur les services, il a fait la démonstration de sa capacité à entendre les aspirations des Européens ;

- des moyens budgétaires sérieux pour réduire les inégalités de développement dans l'Europe élargie, lutter contre le dumping social, fiscal et environnemental, soutenir les politiques d'avenir pour la connaissance, l'énergie, le développement durable et le développement au sud de la Méditerranée, notamment pour maîtriser les flux migratoires ;

- un gouvernement économique de l'Europe permettant de remettre la croissance et l'emploi au coeur de la politique économique en accompagnement de la monnaie commune ;

- de nouveaux droits sociaux pour les Européens, à travers l'intégration de la Charte des droits fondamentaux, mais aussi la reconnaissance des services publics ou la création d'un salaire minimum dans chaque pays de l'Union. Le prochain traité devra être un traité social ;

- une clarification des frontières de l'Europe, les prochains élargissements devant être précédés par un approfondissement et une plus grande efficacité du projet européen. Avant de continuer à élargir - ce qui m'apparaît toujours souhaitable à terme pour les Balkans et la Turquie -, il faudra avoir retrouvé l'adhésion des Français et de tous les Européens au projet commun.

Tous ces éléments doivent être discutés, négociés avec nos partenaires, très rapidement. La France ne peut continuer à être silencieuse. Elle ne peut laisser faire sans elle. Ce n'est pas ce que les Français ont voulu. Pour la France, pour l'Europe, il est temps de parler et de se remettre au travail. Le temps des propositions précises pour la relance de l'Europe politique viendra, aujourd'hui j'en appelle au réveil des voix européennes en France.

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Voici les sites qui parlent de Europe: faire entendre notre voix :

Commentaires

MERCI BRAVO ENCORE
voilà quelques mots pour ce texte
j'attendais et je l'avais dit sur ce blog, que vous vous exprimiez sur l'Europe
Sasha, ravie d'être la 1ère sur ce sujet
et vivement qu on vous entende encore plus

La France doit inviter le concert des nations européennes à construire ce futur. Il faut agrandir la maison, il manque le salon. Construire un nouveau lieu spécifiquement dédié à la rencontre des citoyens, pour permettre un débat participatif de tous les européens en permanence. Entre Thionville et Luxembourg, au coeur de la Grande Région, l'endroit est idéal.

Excellent, il est temps que les choses soient dites et que de Chevènement ou de DSK on sache qui l'emporte dans le projet de la candidate des socialistes. A Toulouse, on fait le point avec Gilles Finchelstein le Jeudi 8 février à 20h30 à la salle Osete Duranti 6, rue du Lieutenant Colonel Pelissier. Venez nombreux !

DSK a raison de dire qu'il est nécessaire de faire entendre sa voix en Europe. Mais comment faire après une quasi disparition de notre position sur l'Union Européenne pour retourner dans le jeu européen? Comment revenir dans le jeu enfin de compte?

Oui excellent constat
Quid de l'apport de DSK sur ce sujet à notre candidate ?
Une réponse le 11 ? ou bien plus tard si l'orientation des propositions du programme de Ségolène dimanche prochain doit porter plus sur des questions nationales ??

Et bien moi qui ait voté non au TCE et qui le revendique haut et fort, je suis à 100% en accord avec ce qu'a exprimé DSK dans cette tribune.

DSK a visiblement parfaitement compris le sens des milions de votes identiques au mien, venant de gens profondément européens, mais voulant une Europe politique, une Europe sociale, pas un ersatz au service exclusif des puissances d'argent, ce qu'est l'Union Européenne d'aujourd'hui et qui aurait été renforcé par le TCE.

quidam lambda je ne peux vous laisser dire cela
si je suis satisfaite que le texte de DSK vous plaise
sachez quand même que c'est le Non qui nous a mis dans cette crise
j'assume pleinement la responsabilité de tous ceux qui n'ont pas été assez convainquant sur le OUI, je n'ai aucune intention de refaire le match
mais vous devez savoir que le TCE donnait davantage de bases sociales que ce que nous avons
et comme nous sommes 27 et qu il ne vous a pas échappé que les 18 plus 2 veulent le TCE et qu'en plus nombreux considèrent que le TCE était déjà bien assez social, il va falloir qu on soit TOUS raisonnable, qu'on défende l'Europe politique et sociale mais qu on soit aussi capable de compromis
c'est la condition d'un travail collectif
sinon, on reste seul, et seul, on pourra pas grande chose

voilà!

sasha

Vous n'avez pas à me laisser ou ne pas me laisser dire ce que je dis.

Mon opinion est que le TCE était un traité merdique et cette opinion a été largement partagé. Contrairement à vous, DSK, lui, a parfaitement compris le sens de mon opinion, partagé par des milions de français.

Je trouve votre attitude idiote, si vous vous étiez abstenue de mettre en cause ainsi l'opinion exprimée, vous m'auriez dispensé de qualifier ainsi votre réaction qui n'apporte rien au débat, puisque le TCE est mort et que DSK en prend acte.

Donc, je confirme, j'approuve à 100% la position exprimée par DSK dans sa tribune.

En complément, sasha, sachez que c'est dans les crises que les situations évoluent significativement, jamais dans le consensus mou ... Donc la crise actuelle de l'Europe est une excellente chose. Et comme le dit DSK, à nous maintenant de l'utiliser pour faire rebondir le projet européen.

quidam je maintiens ma position
je reconnais mes torts
mais n'oubliez surtout pas qu on n'est pas seul....

Un texte brillant, comme on en lit peu en ce moment. Ca vole un petit plus haut que le niveau de la campagne actuelle ou les attaques populistes contre la BCE entendues il y a peu.
Surtout, je constate avec bonheur que DSK est tout sauf un entêté. Il estime que l'on ne peut revenir sur le Non français, bien qu'ayant défendu le oui.
Belle preuve de finesse et d'intégrité.
Yannick, du Rhône

@Yannick69,
Il y a aussi d'autres bonnes lectures sur l'Europe :
http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=ceque&id=205

Reprendre la main sur les questions européennes est fondamental ; ayant assisté il y a quelques jours à une rencontre avec nos camarades allemands,ils ont nettement fait comprendre que c'est ce qu'ils attendent de nous pour que l'Europe ne s'enlise pas.

Dont acte sasha,

Un compromis est la recherche d'un terrain commun par concession mutuelle. Mais concession ne signifie pas renoncement. Et pour toute négociation il est nécessaire de fixer des limites et de s'y tenir lorsqu'elles sont atteintes. Il est préférable de ne pas avoir d'accord qu'un mauvais accord.

Le TCE avait franchi les limites des concessions tolérables pour le peuple de France. C'est ce qu'il a exprimé.

Remarque en passant, combien dans les pays ayant validé le TCE l'ont fait par consultation du peuple ? A méditer en matière de démocratie quand les enjeux sont aussi important pour les peuples que l'est le TCE.

C'est gonflé... Oserez-vous ?

Bon d'accord ma démarche n'est pas commune. Mais voilà : je suppose que vous êtes pour l'amélioration du pouvoir d'achat. Et bien c'est justement ce que je propose moi aussi ! Et j'ai lancé une campagne sur Les Influenceurs que vous pourrez découvrir à cette adresse :
http://influenceurs.net/news/marinamode

Oserez-vous la relayer sur votre blog ?
Claude Antelme (http://antelme.hautetfort.com/), François Desmaziere (http://www.desmaziere.com/blog/) et Jack-Yves Bohbot (http://bohbot.typepad.com/) l'ont déjà fait... Chiche ?

Cordialement

Marina


Je suis d'accord avec Sasha
Bravo à DSK pour cet texte excellent

Il faut maintenant que la Frane fasse des propositions sérieuses de relance. Elle doit montrer qu'elle veut une Europe plus politique et plus sociale. Elle doit dialoguer avec ses voisins. Faire comprendre aux 18 qu on est ouvert à la discussion, en entendant le Non qui a été signifié.

Quidam,
on est pas d'accord sur le TCE
vous pensez qu il était mauvais et moi je pense qu il était bon. Point
maintenant il faut avancer
je respecte le Non, mais je redoute que les mensonges agités lors de la campagne en 2005 soient repris.

sur l'adoption par référendum, il y a l'Espagne et le Luxembourg

sur la démocratie, je crois qu il n'est pas sérieux de soumettre un texte aussi compliqué au peuple
je considère que Chirac s'est foutu de nous en nous soumettant 445 articles qui ont donné lieu à des interprétations tres opposées

est-ce bien sérieux

je suis contre un prochian référendum sur un texte compliqué

si le texte est etes vous favorable à une Constitution politique de l'Europe, pourquoi pas

mais pas sur un texte compliqué...

et dans l'ouverture d'esprit

y avait des "non" sérieux et de bonne foi et d'autres...
soyez vigilents pour la suite

pour info,
Sondage: hausse des indécis
17% des personnes se disant certaines d'aller voter n'ont pas exprimé d'intention de vote. 37% (-2) indiquent avoir définitivement fait leur choix, tandis que 34% (-1) peuvent encore changer d'avis malgré une préférence marquée pour un candidat et que 29% (+3) hésitent encore, selon un sondage LH2 pour RMC, BFM TV et 20 minutes.
Quant à ceux qui ont fait leur choix, ils placent en tête du premier tour Nicolas Sarkozy (33%, +2), Ségolène Royal (27%, -2), et François Bayrou (13%, -1). Au second tour, le candidat UMP l'emporterait sur Royal avec 52% contre 48%.

Démocratie = Pouvoir du Peuple,

Prétendre savoir mieux que le peuple ce qui bon pour le peuple, quelle outrecuidance ...

Pour mémoire, la constitution de la cinquième république en France a été approuvé par le peuple est c'est heureux.

Je m'interroge sur qui a été trompé par des arguments fallacieux, et qui en use aujourd'hui, ici ...

Parmi les deux pays qui ont approuvé le TCE par voix référendaire, l'un est minuscule et ne peux exister sur la scène internationale qu'à travers l'Europe, l'autre doit son expansion économique des vingt dernières années en grande partie au soutien des fonds européens. On est donc loin du compte en matière de démocratie (d'expression des peuples) ...

Il m'énerve ce sondage LH2.
Il a été réalisé vendredi et samedi dernier, donc après l'histoire du scooter du fils de Sarko, après toute une semaine sur les RG, la présence abusive de Sarko à l'Intérieur...

Et pourtant, il prend des points. Que Royal en perde, OK, elle "n'a pas encore d'actu", d'ici le fameux 11 février, jour de tous les espoirs et de toutes les craintes.
Mais que Sarko en gagne, ça devient pénible !

étonnant aussi que le sondage mette Le Pen à 9 seulement !!

Quidam,

oui effectivement, en Espagne, la tendance est à l'optimisme depuis 10 ans car économiquement et socialement, ils ont fait d'énormes avancées, et oui, ils ont vu directement et concrètement les bienfaits de l'Europe.

En France, c'est justement l'inverse.
Donc les résultats ne sont pas étonnants.

Maintenant, je comprends aussi Sasha, soumettre un texte aussi compliqué, désolé mais c'est toujours un peu risqué, surtout dans un pays qui n'est plus décidé à faire confiance.

Selene,Catherine,Pierrot,

je ne veux pas polluer ce fil en étant hors sujet,
alors je vous ai répondu sur le fil précédent.

pascal

mais quidam, il est aussi difficile de nier que les responsables/partis politiques qui ont fait campagne sur le non, se sont plus retrouvés en phase parce qu'ils véhiculaient justement ce besoin ou cette envie de ne plus faire confiance, plutôt que sur un vrai projet alternatif à l'Europe actuelle.

Car aujourd'hui, on entend très peu l'extrême gauche sur les réformes institutionnelles à apporter à l'Europe, quant à leurs réclamations sociales, on sait tous qu'il sera extrêmement difficile de les faire accepter en l'état aux autres pays membres et à leurs populations.

Les seuls qu'on entende sur l'Europe aujourd'hui, c'est l'extrême droite, avec un Villiers au taquet, reboosté par l'arrivée massive de militants du FN chez lui, un FN arquebouté sur l'Europe, reine de tous les complots.

Et d'un autre côté les sociaux-démocrates et l'UDF qui veulent aller de l'avant.

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