Disparition de l'Abbé Pierre
La voix, qui avait retenti sur les ondes de radio-Luxembourg au cours du terrible hiver 1954 pour défendre les sans logis, s’est éteinte hier matin à l’hôpital du Val-de-Grâce.
Je veux ici exprimer mon profond respect pour les actions menées par l’abbé Pierre depuis un demi-siècle en faveur des laissés pour compte. Notre République a perdu aujourd’hui l’un de ses justes. Fondateur de la première communauté Emmaüs en 1949, l’abbé Pierre a tout au long de sa vie porté haut les valeurs qui fondent notre pacte social. En luttant sans relâche contre les injustices et les souffrances humaines, il a donné tout son sens au beau mot de solidarité.
Au-delà de l’hommage légitime qui lui est dû, il faut poursuivre le combat qu’il avait engagé pour l’accès de tous à un logement décent. La mobilisation, depuis plusieurs semaines, des Enfants de Don Quichotte sur les bords du canal Saint-Martin prouve, s’il en est besoin, que la question du logement est au cœur du combat pour l’égalité réelle.
La seconde réflexion que m’inspire la disparition de l’abbé Pierre porte plus largement sur la place du mouvement associatif dans la transformation de notre pays.
Ma conviction est que ces acteurs ne peuvent plus être laissés à l’écart par les pouvoirs publics. Ils doivent être pleinement associés aux changements que nous voulons mettre en place dans la société française. C’est un problème de méthode.
C’est vrai dans le domaine environnemental comme l’a montré l’action constante de Nicolas Hulot en faveur d’une prise de conscience collective des dangers qui menacent la planète.
C’est vrai dans le domaine de l’action culturelle et sportive comme je peux l’observer chaque jour dans la collectivité où je suis élu.
C’est vrai pour l’éducation populaire, pour l’action sociale dans les quartiers, pour les missions humanitaires et pour tant d’autres domaines.
Tous ces corps intermédiaires sont le poumon de notre République, ses vigies. Ils alertent autant qu’ils agissent. Ils pointent du doigt les échecs des politiques conduites par les gouvernements de gauche comme de droite. J’en prends ma part de responsabilité et je formule un souhait en forme d’exigence. Nous devons, nous politiques, nous appuyer sur le savoir-faire et le ″savoir-être″ du monde associatif pour bâtir ensemble une France plus juste.
dsk
Libé de ce 23 janvier, extrait d'un portrait de l'abbé Pierre :
«Pour nous, cela reste une zone d'ombre, un élément douloureux...» Dix ans après, Richard Prasquier, chargé des relations judéo-chrétiennes au sein du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), n'a pas oublié. Le soutien d'abord inconditionnel de l'abbé Pierre aux thèses négationnistes de l'écrivain Roger Garaudy, puis ses excuses embarrassées. Fin 1995, Garaudy publie, aux éditions de la Vieille Taupe, un ouvrage intitulé les Mythes fondateurs de la politique israélienne, dans lequel il conteste «le mythe des six millions de juifs exterminés» et la qualification de «génocide» qui en a été faite. Stupéfaction, l'abbé Pierre apporte son soutien à Garaudy, dont il est l'ami. Dans une interview à Libération du 29 avril 1996, il s'enferre, affirmant que toutes les chambres à gaz projetées par les nazis n'ont pas été construites et s'insurgeant contre tous ceux qui déclarent «d'une manière absolument dogmatique que [la Shoah] est un sujet sacré et que toute recherche historique comme on pourrait chercher à mieux comprendre l'Inquisition ou les croisades n'est pas nécessaire». Propulsé sur le devant de la scène politique et médiatique, l'abbé Pierre persiste et signe, dénonçant dans le Corriere della Serra ces médias sous la pression du «lobby sioniste international» . En juillet, il demande finalement que son nom ne soit plus associé à l'ouvrage de Garaudy. «Ma confiance en ta sincérité reste totale», écrit-il toutefois à son ami.r
Rédigé par: Mazures | 23 janvier 2007 at 11:22
Rendre hommage au grand homme OK. Demander à ce que les associations et l'état travaillent mieux ensemble OK. Utiliser les médias pour alerter les politiques OK avec la réserve que la misère du monde s'étale sous nos yeux dans nos villes ce tend à prouver que les politiques sont aveugles ou vivent dans un autre monde.
Plus de solidarité, comme le demandait l'Abbé Pierre pour les accidentés de la vie sous-entend que l'état mette en place un système de solidarité (pas d'assistanat) ; celui-ci a un coût.
Que proposez-vous dans la loi de finance qui serait présentée par la PS si S. Royal gagnait l'élection pour passer à la vitesse supérieure par rapport au plan Borloo, relativement ambitieux et malheureusement insuffisant.
Rédigé par: Roland Leonardo | 23 janvier 2007 at 11:37
Organiser la production et la redistribution. Parce que cela correspond au ressentis profond de la population, tout comme la sympathie qui s'est dégagée vis à vis de l'abbé Pierre et de Coluche montre que le social ne sera jamais exclus de l'expérience politique. Nous partageons la même devise républicaine de « Liberté, Égalité, Fraternité ». Nous vivons dans le même pays réel, et ne devons exclure personne.
Il est difficile de faire campagne projet contre projet pour le moment, Ségolène Royal n'a pas encore indiqué la matière qu'elle avait extrait de l'expression des Français. J'ai pour ma part, présenté sur un plateau, la relance par le réel de l'Europe, un moyen de transport innovant, la méthodologie de la production pour insérer la France dans la mondialisation en synergie avec l'Europe. Le tout clairement indiqué avec tous les éléments permettant de comprendre et de se représenter la chose. Pour le moment, http://segolene57.blogg.org/ a repris le projet de Capitale Européenne, je verrais bien si Ségolène l'inscrit dans le marbre.
C'est effectivement le moment idéal pour définir le cheminement à suivre et à présenter le panel de solutions qui seront mises en oeuvre. Que les deux candidats présentent ce qui peut se faire de mieux pour les Français, et ces derniers choisiront. La démocratie, c'est au final respecter le choix qui sortira de l'urne.
Rédigé par: jpb | 23 janvier 2007 at 11:47
monsieur dsk
Vous êtes peut-etre derrière l'écran en ce moment précis : question : combien de milliards pour loger tous les sdf, comment donner du travail à tous... question basique...
Rédigé par: colette | 23 janvier 2007 at 12:04
Monsieur DSK
M.Bayrou s'est prononcé pour que les acteurs associatifs voient leurs anées d'engagement prises en compte pour leur retraite. Qu'en pensez-vous?
Rédigé par: mace | 23 janvier 2007 at 12:18
Il est des causes qui sont necessaires à la survie de l'humanité,si nous voulons pouvoir continuer à nous appeler des hommes,
la question du financement est moins prégnante en la matière que la necessité de la réalisation.
De même que 6000 000 d'hommes, de femmes et d'enfants ont été condamnés à mort par un régime politique nazi incomprehensible à nos yeux de laïcs et de démocrates,
de même, notre société condamne à une mort rapide (pas beaucoup de SDF vieux, n'est ce pas?) une quantité sans cesse plus importante de la population.
Ceci commence à nous paraître aussi aberrant que cela..
Merci à l'abbé pierre d'avoir été cet être de passion, malgré le "dérapage Garaudique" lié vraisemblablement à son état de santé du moment.
Pour lui, la passion devint la raison et la liberté. "c'était ce qu'on peut appeler un être humain" disait de lui l'un des SDF qui lui devait beaucoup.
Rédigé par: selene | 23 janvier 2007 at 12:26
Souhaitons que les idées ne meurent pas avec l'homme...
Au vu des actions entreprises par de nombreuses associations et dernièrement le coup de poing des enfants de Don Quichotte, je crois que l'Abbé Pierre peut partir en paix : le message est passé et plus que jamais est d'actualité... plus de 50 ans après.
Rédigé par: JaL | 23 janvier 2007 at 13:00
Un homme s'éteint, un enfant nait, la vie demeure, avec tout ce qui l'accompagne ...
Le boulot continue ...
Le SIDA est un des principaux fléaux des temps modernes, en particulier en Afrique.
Le Bénin est 188ème sur 224 en PIB par habitant.
Notre association, APTAA, petite ONG humanitaire, assure actuellement, sur place, la prise en charge du coût financier du suivi clinique et biologique de 600 patients béninois touchés par le VIH (virus du SIDA). Ce nombre augmente tous les mois.
La prise en charge d’un patient coûte 100 € par ans.
En adhérant et en faisant un don de 100 € à notre association, grâce à la déduction fiscale de 75 %, vous soignerez un patient béninois pendant un an pour un coût de 25 €.
Etant tous bénévoles, n’ayant pas de frais de structure, et des coûts de fonctionnement extrêmement faibles, le taux d’affectations des dons aux soins des patients béninois est supérieur à 99%.
Pour adhérer et faire un don, connectez vous sur http://www.aptaa.fr/
En vous remerciant.
(Je m'adresse naturellement à mes amis et aux gens de passage qui ont la chance de pouvoir payer des impots)
http://quidamlambda.hautetfort.com/archive/2006/10/20/soignez-un-patient-beninois-victime-du-sida.html
Rédigé par: Quidam LAMBDA | 23 janvier 2007 at 13:24
fort bien après le déces de l'abbe pierre d'etre tous d'accord avec ses actions mes les paroles c'est pas suffisant les actes doivent suivre or depuis les années 50 meme evec la gauche avons nous fait assez pour le logement social!!!! et quel espoir de voir une amelioration ds l'avenir puisque les soi-disant elephants du ps passent leur temps à savonner la planche de segolène unndes principes meme de la democratie c'est d'accepter les resultats des votes je suis de plus en plus dégoutée de ces francs-tireurs qui en plus veulent ns faire croire qu'une femme c'est forcement idiot etc etc.... coté positif ils me renforcent chaque jour ds mon vote en faveir de segolene.nv
Rédigé par: nicole vinel | 23 janvier 2007 at 13:27
Nicole, un peu de retenue. Vous venez souffler sur des braises alors que Dominique Strauss-Kahn ne savonne en aucun la planche de Ségolène Royal. Lui et une très grande majorité de ceux qui ont voté pour lui lors du vote interne participent activement à la campagne. En tous cas, dans mon département, le travail s'effectue en bonne entente et tout le monde y met du sien pour la victoire de la gauche au printemps.
Piur en revenir au sujet du post, il faut effectivement reconnaître le rôle important d'alerte et de prise en charge des plus déminus par les associations. Des hommes comme Coluche et l'Abbé Pierre se relaient pour assurer le minimum vital à beaucoup de gens laissés sur le carreau.
Le risque à long terme est d'institutionaliser les associations. Les restaurants du coeur ont 20 ans, l'action publique s'est détournée de ses responsabilités. Prendre les problèmes à la sources pour éviter le recours aux associations, voila le rôle des politiques. Et j'espère que le prochain gouvernement de gauche prendra ses responsabilités. N'en venons pas comme aux Etats-Unis, à développer un charity business.
Je trouve que l'idée de Bayrou mérite d'être écoutée et appronfondie, même si cela risque de pérenniser le rôle des associations.
Rédigé par: Alice | 23 janvier 2007 at 13:46
écoutez un peu attentivement le message de l'Abbé Pierre de 1954:
il parlait de ....2000 SDF............
aujourd'hui,on en dénombre 100 000.
les associations sont présentes,chaque SDF coûte 900 euros par mois à l'ensemble de la société.
argent distribué aux associations mais redistribué à QUI?
et il y a pourtant plein de gens qui vont encore dormir cette nuit sous la neige..........
alors monsieur DSK,
EN QUOI VOTRE proposition APPORTE T ELLE UNE SOLUTION AU PROBLEME?
combien de gens qui ont froid vous soutiennent quand vous sortez ce genre d'INEPTIES?
c'est trop facile de sortir ce genre de CONNERIES quand on est assis bien au chaud dans un hotel particulier.
ce n'est même plus de la colère,c'est du dégout
pascal caradec
Rédigé par: paysan bio | 23 janvier 2007 at 14:06
http://f3e.asso.fr/IMG/pdf/Rap_cap-concertation-2.pdf
Rédigé par: catherine | 23 janvier 2007 at 14:15
Libération de ce jour : en première page : Saint domicile fixe - L'abbé Pierre s'est éteint hier, à l'âge de 94 ans. Numéro spécial.
Un cahier de 6 pages intérieures sur sa vie exemplaire et son combat, c'est bien, la une est nulle. C'est irrespectueux, on ne plaisante ni avec les Saints, ni avec les sans-logis.
Rédigé par: topaz | 23 janvier 2007 at 14:17
ALICE,NICOLE,la meilleure façon d'apporter sa pierre au parti socialiste,ne consisterait pas pour "les éléphants"de développer leurs idées en participant activement aux débats participatifs proposés par notre représentante démocratiquement élue ?
Seulement après ces débats,et suivant ce qui sera proposé dans le projet,la critique pourra être envisagée.
En attendant,il est évident que les idées de DSK sur les associations sont excellentes,comme d'habitude et méritent une fois de plus d'être reprises par ségolène.
DANS L'IMMEDIAT CE N'EST PAS SEGOLENE OU DSK; MAIS BIEN EVIDEMMENT SEGOLENE OU SARKOZY
Rédigé par: PINCHO 09 | 23 janvier 2007 at 14:22
Pincho, tu oublies que DSK participe en rédigeant une note sur la fiscalité à la demande de Ségolène Royal. Quant aux "éléphants" que je connais, ils animent et/ou participent aux débats participatifs. Les candidats aux législatives sont les clés de voute de la campagne sur le terrain.
Rédigé par: Alice | 23 janvier 2007 at 15:15
CHAQUE FOIS QUE ROYAL OUVRE LA BOUCHE, C'EST POUR DIRE UN PONCIF OU UNE CONNERIE RETENTISSANTE. LA VACUITE DE CE CANDIDAT RIDICULE QUI NE SE LASSE PAS DE FAIRE DES EFFETS D'ELEGANCE EST EVIDENTE. CECI TERMINERA DANS LA FARCE. PAUVRE FRANCE...
Rédigé par: VERA | 23 janvier 2007 at 15:36
Que l'abbé Pierre repose en paix. Espérons que plus personne ne cherchera à l'instrumentaliser.
Vos remarques, DSK, sur le tissu associatif de la France ne doivent pas conduire à dissoudre un peu plus la légitimité politique, puisée dans le suffrage populaire. A priori, une association ne représente qu'elle-même. Il faut se garder, du point de vue politique, de masquer son impuissance ou son manque de volonté d'agir derrière un paravent associatif, important à l'évidence, mais moins facilement contrôlable que les élus qui doivent périodiquement rendre des comptes.
En bref, la souveraineté provient du peuple et est indivisible.
http://francelatine.over-blog.com
Rédigé par: phiconvers | 23 janvier 2007 at 15:44
Sarkozy craignait d'être un candidat "single" à la présidentielle. Ségolène alimente les rumeurs sur sa vie publique qui dérape, sur sa vie privée qui est privée, mais jusqu'à quel point lorsque l'on devient un personnage public, et pas n'importe lequel, la Présidente des Français en puissance ? La presse s'en fait l'écho, les internautes aussi. Attaquons-les en justice dit Me Mignard. Si les électeurs en parlent comment va-t-on les réduire au silence ? Si les amants fantaisistes sont à l'image des propos fantasques tenus en voyage officiel à l'étranger, la fantaisie devient hypocrisie, l'officiel officieux, et le fantasque entre dans la vie privée. Royal § Hollande : le programme commun ou le règlement de comptes des amants désunis ?
Rédigé par: topaz | 23 janvier 2007 at 16:11
Phiconvers,
je pense que tu n'as pas bien saisi le sens du dernier post de DSK. Il indique tout simplement qu'au lieu d'aller chercher une inspiration dans des "jurys populaires" dont la représentativite pourrait laisser à désirer, il serait souhaitable de tendre parfois une oreille un peu plus attentive vers ce que disent les associations, car elles sont constituées en général de personnes engagées dans la vie de la cité (la Politique avec un grand P). Il n'est bien sur pas question comme tu l'indiques de diluer une responsabilité évidente de la politique (avec un petit p) dans l'émergence des difficultés actuelles derrière le paravant associatif. Les associations ont des choses à dire... Encore faut-il les entendre.
Rédigé par: CDH | 23 janvier 2007 at 16:20
Euh, sinon les couacs, bourdes, bévues, maladresses, méprises, impairs, étourderies, incidents etc… ca s’arrête quand ? A-t-il été prévu que la campagne présidentielle soit synonyme de victoire pour la gauche cette année? J'ai peut-être loupé une étape... Mais il est vrai que pour moi le coeur n'y est plus vraiment depuis le 16 novembre dernier. Pourvu qu'on s'en sorte quand même!
Rédigé par: CDH | 23 janvier 2007 at 16:26
RESF info de ce 23 janvier :
Le Blis de la nouvelle année est arrivé. Il est consultable ou téléchargeable à l'adresse : http://www.educationsansfrontieres.org/article.php3?id_article=3944>
Au sommaire :
P. 1 Sarkozy braconne sur les battues de Le Pen
PP.2-3 Tableau de chasse ministériel n°4
* Quand la police vient chercher les papas à la maison (Bouches du Rhône)
* Descente de police dans la famille Tiemtore (Joigny 89)
* Lettre à M. l'ambassadeur de France à Rabat (RESF Maroc)
* Année de l'Arménie ? Un père arménien, opposant politique, en rétention (Paris)
* Trois enfants au tableau de chasse du ministre... finalement sauvés (Haute Savoie)
P.4 Ici Londres : campagne pour Blessing OGBIBOR. Après avoir expulsé le père au Nigéria, la Grande-Bretagne veut expulser la mère et ses deux enfants en Sierre Leone
P. 5 Fax à expédier à l'Ambassadeur de Grande- Bretagne à Paris.
P. 6 Meurthe et Moselle : Temur, 12 ans expulsé en Géorgie avec ses parents, David, 19 ans reste seul à Nancy
P.7 Mélanie, 30 ans, mère de Winnie, 3 ans, expulsée vers Madagascar sans sa fille.
P.8 Des victoires quand même :
* Jasmina et ses enfants finalement libérés (suite de la p.3) (Haute Savoie)
* Kémal Omérovic, 32 jours de rétention mais libre tout de même ! (Paris 77)
* Adjo (Orléans) Deux années de mobilisation intense et...une fin heureuse !
Rédigé par: Mazures | 23 janvier 2007 at 16:28
DSK dit des choses éminemment sensées. L'approche social-démocrate repose entièrement sur la coordination entre les corps intermédiaires organisés (les associations, les syndicats, les collectifs, ...) et les institutions nationales ou locales.
Loin de penser que l'Etat doit tout faire et tout décider tout seul, la démarche participative véritable est celle là. Que ceux qui ont envie de s'engager le fassent dans des structures reconnues d'intérêt publiques. Quoi de plus simple que de cotiser à une association pour s'exprimer et agir ?
L'abbé Pierre en fondant la communauté Emmaüs avait compris qu'en s'organisant et en se prenant en charge, le cri de colère des pauvres s'entendrait au delà des quartiers en difficulté.
Rédigé par: Aiglon | 23 janvier 2007 at 16:38
S. Royal, « coup de tonnerre annoncé » ?
Par Le Hérisson
http://www.agoravox.fr/auteur.php3?id_auteur=8811
S. Royal n'a pas « qu'un défaut » pour paraphraser Arnaud Montebourg. Elle en a deux : d'une part, elle n'a pas de conviction véritablement enracinée, d'autre part elle est autoritaire. Plusieurs ouvrages dont « La dame aux deux visages » étaient pourtant lumineux quant à la personnalité de S. Royal. Las. Aveuglés par les sondages, les socialistes l'ont tout de même élu candidate, y compris ceux de Poitou-Charentes qui n'ignoraient rien de ses errements. On commence à en voir le résultat.
Journaliste en Poitou-Charentes, j'ai pu observer à loisir les différents « faits d'arme » de S. Royal. Sa première bévue fut de vouloir être maire de Niort contre... un socialiste. Résultat, elle mit la gauche à feu et à sang. Mieux encore : deux de ces collaboratrices ne furent pas payés totalement. Elles ont gagné une première fois aux tribunal des Prud'hommes mais ont fait appel ces jours-ci (la Nouvelle République de jeudi 18/1/2007) jugeant qu'elles pouvaient demander davantage.
Chabichou, pédophilie et charentaises...
Autre fait marquant, S. Royal s'empara de la cause du chabichou (Elle avait voulu essayer aussi naguère de s'emparer du thème de l'heure d'été, mais ça n'avait pas marché : l'Europe venait d'imiter les Français) . Rappelons que le chabichou est un fromage de chèvre qui aurait été importé par les Arabes. S. Royal a voulu défendre une appellation d'origine contrôlée sans en informer... la fédération officielle des producteurs de chabichou. Le président n'a guère goûté la plaisanterie... Je ne reviens pas sur l'épisode Cabrilia que j'ai expliquée ici, S. Royal ayant décidé d'imposer le fond régional d'art contemporain dans un ancien musée dédié aux chèvres (décidément !) en pleine rase campagne à Linazay. Quand elle était ministre déléguée à l'Education, rappelons également que S. Royal a condamné Bernard Hanse, professeur d'EPS à Montmirail, accusé par un élève d'attouchements sans même que la justice n'ait été saisie. Le professeur s'est suicidé. La justice a reconnu ensuite que l'élève avait affabulé car le professeur lui avait fait une remontrance. Avec S. Royal, ce sont des dizaines d'Outreau qui se préparent... Elle s'est même fendue d'une lettre abjecte à la famille, après le décès de B. Hanse. Enfin, savez-vous ce qu'on découvert les lycéens internes de la région Poitou-Charentes juste avant de partir en vacances de Noël ? Une magnifique paire de pantoufles « charentaises » pour chacun d'eux, payées par les impôts... Il paraît que c'était une idée pour venir en aide aux entreprises de pantoufles de Charente, qui en réalité, se portent comme un charme !
Où sont les socialistes ?
Dans la région Poitou-Charentes, tous les socialistes connaissent ces épisodes. Mieux. Ils savent tous que la dame est insupportable au quotidien. Elle s'est fâchée avec une bonne partie des personnels et surtout des élus de sa Région, à commencer par Jacques Santrot, maire de Poitiers ou M. Fountaine, industriel à la Rochelle, tous deux vice-présidents. Il y a deux ans, la plupart des socialistes faisaient la confidence que Ségolène était invivable, dure à vivre, commandait toute seule tout en étant indécise, autoritaire et caractérielle. Cela dit, sa communication a toujours été plutôt efficace et n'a rien laissé transparaître. Curieusement, lorsque les sondages sont devenus ce que vous savez, à partir d'octobre 2005, les socialistes ont commencé à changer d'avis sur la dame et au printemps dernier, la cause était entendue : les socialistes en majorité trouvaient qu'elle était la meilleure candidate...parce qu'elle était la mieux à même, croyaient-ils, de battre Sarkozy. Ah ! Sondage quand tu nous tiens.
Pourtant, les diverses prises de position de S. Royal, comme on l'a vu, n'ont pas grand-chose à voir avec le socialisme, lequel, jusqu'à preuve du contraire, a pour objectif revendiqué l'amélioration de la condition sociale, culturelle, économique du citoyen. Contrairement à cette belle générosité, S. Royal veut faire garder les délinquants par l'armée. Or, l'armée, c'est tout de même la force à laquelle s'opposent l'éducation et l'élévation par l'esprit.
« L'ordre juste »
Plutôt que la « justice sociale », S. Royal défend « l'ordre juste » y compris quand elle « vire » Montebourg. Elle était déjà défenseur de la famille « comme il faut » et sans string visible ! Elle veut aussi défendre le travail, ce qui est assez noble, il est vrai. Dans un discours, elle évoquait la nation... Bref, qu'elle ose encore un peu et le « travail, famille, patrie » n'est pas loin. En défendant « l'ordre », fut-il « juste », elle oublie que l'ordre a toujours été au service de « l'ordre établi » et n'a jamais été source de progression. Toutes les avancées sociales, toutes les améliorations humaines, se sont toujours faites par le désordre. Que cela plaise ou non.
Si S. Royal défend l'ordre, aucune proposition, en revanche, sur la rénovation du service public, qui en aurait pourtant bien besoin. Rien sur la financiarisation de l'économie. Ses propos sur la précarité restent au stade de vœux pieux tandis que, voulant revaloriser le travail, elle semble ignorer qu'il est cent ou cent cinquante fois plus taxé que les spéculations financières. Là où on lui demande de se prononcer, elle répond, après moult hésitations, « référendum » sur l'Europe ou bien « on demandera l'avis des français » ou encore « démocratie participative ».Quant à son livre, on en attend toujours la publication... J'ai assisté à l'un de ces fameux forums de la démocratie participative. La recette est simple : on réunit tous les acteurs concernés par une question, on les laisse débattre gentiment pendant deux heures et à la fin, Ségolène Royal, en vraie « maîtresse de maison » leur annonce les décisions qui ont été décidées bien avant le fameux forum. En réalité, comme « démocratie participative », Ségolène Royal préfère regarder les sondages, les vrais, comme celui qui avait été fait par la SOFRES à propos des attentes des Français, il y a quelques semaines, et qui n'était destiné qu'à l'élite politique. Résultat : dès le lendemain, S. Royal fit un discours remarqué où elle reprenait, presque mot pour mot, les termes du dit sondage, notamment sur la question du pouvoir d'achat et de la « valeur travail ».
Malgré ce vide sidéral, ses contradictions, ses approximations, sans parler de sa façon si particulière d'utiliser la langue française en Chine, les socialistes l'ont tout de même désignée comme candidate. J'en ai discuté avec des élus à l'époque. Ceux-ci disaient « Strauss-Kahn est sans doute meilleur, y compris François Hollande... Mais S. Royal est la plus capable de battre Sarkozy. » Et pourquoi donc ? Alors que les socialistes, ou du moins certains d'eux, connaissaient ses manques et ses imprécisions ? A cause des sondages, pardi. Mais pas seulement. Coincés entre les altermondialistes, d'un côté, et Bayrou et Sarkozy de l'autre, les socialistes sont en panne d'idées, de convictions, même de connaissances économiques pour réaliser une véritable critique constructive du néolibéralisme. Il suffit de lire le projet socialiste pour voir à quel point le débat est sans consistance. D'ailleurs, tout comme en 2002, après avoir travaillé sur ce projet pendant des mois, voté pour lui, ils trouvent tout à fait normal que S. Royal s'en affranchisse. Finalement, elle n'est que l'illustration du vide idéologique de son parti et de sa volonté de gagner le pouvoir, et ceci, uniquement pour son usage. Il paraît que, jadis, le frère de Ségolène Royal était poseur de bombes pour le comte de l'Etat français. Il se pourrait bien, en 2007, que sa sœur soit encore plus expéditive et que la bombinette participative qu'elle mijote expédie tout le PS au cimetière des éléphants.
Rédigé par: Robert | 23 janvier 2007 at 16:47
On vous attend sur http://stassin.ublog.com
Venez partager des réflexions, des informations autrement sur Arrête ton cinéma !
Stassin
Rédigé par: Stassin | 23 janvier 2007 at 17:11
SR doit s'en tenir aux questions sociales et sociétales. Cette course à "l'envergure" internationale est plus pénalisante que bénéfique. Non seulement les milieux populaires sont surpris qu'elle préfère le monde aux problèmes concrets et nationaux mais en plus elle effraie les électeurs un peu plus "haut de gamme" par ces bourdes (ou supposées). Qu'elle remette vite en selle DSK, Védrine ou Moscovici qui savent traiter l'économie et l'international et qu'elle se concentre sur les sujets qu'elle connait. C'est le seul moyen d'attirer les uns sans effrayer les autres.
Rédigé par: VB | 23 janvier 2007 at 17:25