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31 décembre 2006

L'Europe comme devoir

Saddam Hussein a été exécuté hier, peu avant 6 heures du matin. Nous ne le regretterons pas, mais  certains commentaires sur sa mort me laissent pantois. Tout d'abord, parce qu'on ne saurait faire de la mort d'un homme un jour de joie, quel que fut son passé. Robert Badinter, citant Jaurès le jour de l'abolition de la peine capitale en France, disait : « La peine de mort est contraire à ce que l'humanité depuis deux mille ans a pensé de plus haut et rêve de plus noble ». Le sang du tyran ne lavera pas celui de ses victimes.

Ensuite, parce que sa mort ne résout rien. Je ne peux m'empêcher de sourire lorsque Georges Bush déclare que c'est « une étape importante sur la route de l'Irak vers une démocratie ». Sans évoquer le fameux rapport Baker, un autre rapport, fourni par le Pentagone lui-même et daté du 18 décembre , évalue à 22% la hausse du nombre d'attaques sur un an en Irak. La mort de Saddam Hussein ne peut qu'entraîner ses partisans à plus de représailles et plus de violence, faisant encore gonfler ce chiffre.

Qui plus est, sa disparition ouvre la voie à d'autres dictatures en devenir, pour la plupart liées à l'intégrisme religieux. Elles sauront mieux que personne se nourrir de la haine anti-américains que Washington a été si efficace à attiser.

L'Irak aurait depuis longtemps dû sonner le glas de la méthode unilatérale d'intervention des Etats-Unis. Et pourtant, l'entêtement et l'aveuglement semblent les seuls recours envisagés. Une question me taraude : Où est l'Europe ? Je suis convaincu qu'il n'y a pas de fatalité au terrorisme. Mais on le combattra plus efficacement par l'encouragement au développement économique que par l'occupation militaire. L'Europe aurait pu, aurait dû, être le messager de cette troisième voie. Son silence et ses déchirements n'en sont que plus assourdissants. La relance de l'Europe n'est pas seulement  indispensable pour les européens dans la mondialisation. C'est aussi un devoir pour le Monde.

 
dsk

12 décembre 2006

Notre société est en péril

Bonjour à toutes et à tous,

La lutte contre les inégalités est constitutive de l’identité social-démocrate. Dès 2004, je soulignais dans un ouvrage publié à la Fondation Jean-Jaurès, Pour l’Egalité Réelle, l’accroissement rapide des inégalités dans notre pays et l’inefficacité de notre modèle à mettre un terme à ce que j’appelle les inégalités de destin. Dans 365 Jours, Journal contre le renoncement (2006), je rappelais la nécessité de combler les écarts de revenus grandissants entre les Français et l’urgence à remettre en marche l’ascenseur social. Tous les jours, à Val-de-France, la communauté d’agglomération que je préside et qui est la plus pauvre de France, la montée des inégalités est une réalité contre laquelle je me bats.

Quelques semaines avant la fin de l’année, différents éléments viennent corroborer ce constat.

Une récente étude de testing menée dans six villes du Val-de-Marne est parvenue à la conclusion qu’en moyenne 14% des médecins refusent de recevoir des patients parce qu’ils sont bénéficiaires de la Couverture Maladie Universelle (CMU). Ce chiffre grimpe jusqu’à 39% pour les dentistes. Ils refusent ainsi de se soumettre à une double obligation, à la fois déontologique et légale.

La Halde (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité) a statué : ce refus de soin est une discrimination. Elle en appelle aux instances disciplinaires de l’ordre des médecins pour faire respecter aussi bien le code de déontologie que la loi. C’est une urgence absolue : encore une fois, ce sont ceux qui en ont le plus besoin qui sont privés de soins.

Je tiens aussi à saluer ici le travail des Restos du Cœur : c’est le deuxième élément. Ils ont lancé lundi dernier leur 22ème campagne. Ils sont devenus indispensables pour des centaines de milliers de démunis et de sans-abris, qu’ils aident à survivre pendant les mois d’hiver. Mais leur action ne doit pas conduire à nous voiler la face : ceux qui ont besoin des Restos du Cœur pour survivre sont chaque année plus nombreux. Ils ont ainsi augmenté de 6% entre 2004 et 2005.

Enfin, plus récemment encore, un sondage commandé par Emmaüs a révélé que 48% des Français pensent qu’ils pourraient devenir un jour SDF (62% des 35-49 ans et 74% des ouvriers !). C’est un chiffre lourd de sens. Il en dit long sur le fait que l’avenir, pour beaucoup de nos concitoyens, n’est plus rien d’autre qu’un facteur d’inquiétude.

J’ai voulu parler dans le même post du problème de l’accès aux soins des bénéficiaires de la CMU, des Restos du Cœur et de l’étude d’Emmaüs pour une raison simple. Ce sont trois facettes d’une même réalité : après cinq années de gouvernements de droite qui n’ont pas su enrayer la machine à fabriquer des inégalités, notre société se fragmente sous nos yeux.

Je veux le réaffirmer ici avec la plus grande force : la lutte contre les inégalités est au cœur de mon engagement politique. C’est le premier des combats pour les socialistes. C’est un défi pour la gauche.

dsk

Manifeste de Socialisme et Démocratie

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