Patrimoine de départ : mon retour sur le débat
Bonjour à toutes et à tous,
J’évoquais il y a quelques semaines la possibilité de
doter les jeunes d'un "patrimoine de départ" destiné à faciliter leur
entrée dans la vie adulte. Le constat est simple et je crois qu’il ne fait pas
débat : les jeunes sont ceux qui dans notre société cumulent le plus de
difficultés. C’est un facteur déterminant de la crise sociale que traverse la
France. C’est une priorité de mon combat.
Je vous ai proposé de débattre de cette proposition
ici, sur ce blog – comme souvent maintenant – et vous avez répondu présents,
donnant naissance à un débat riche et particulièrement fécond. Avec plus de 850
messages postés, vous avez été nombreux à proposer des pistes de réflexions ou
à donner simplement votre sentiment. Je vous en remercie !
Après lecture des commentaires, il me semble que le
principe même du patrimoine de départ a été largement accepté par les blogueurs,
Etienne, Steph, Ralph, Freddy, Lustat et bien d'autres, qui parlent d'un
"coup de pouce" bienvenu. La somme de 10 000 € ne semble pas non plus
faire vraiment débat. Les divergences ont donc naturellement porté sur la façon
de le mettre en pratique.
Fabrice Prigent, Raymond, Boulgakof... ont milité pour
que le patrimoine de départ soit destiné à tout le monde. Déposé à la naissance
sur un compte bloqué, il deviendrait disponible une fois la majorité atteinte,
intérêts compris. Il serait financé à la fois par la famille du bénéficiaire -
qui abonderait régulièrement le compte, même modestement - et par l'État.
Cette idée s’inscrit dans la lignée des "Child
Trusts Funds" mise en place au Royaume-Uni en 2005, basé sur le concept
d‘« Assets Based Welfare », comme le faisait notamment remarquer
Laurent Bouvet dans son commentaire. C’est une piste intéressante et
particulièrement novatrice.
Certains blogueurs ont aussi proposé la création d’un
Livret C « comme cohésion » pour accueillir ce patrimoine ; d’autres
la mise en place d’un institut bancaire spécialement voué à cette cause.
Pour d’autres encore, le patrimoine de départ devrait
prendre la forme d'un prêt à taux zéro. Plus facilement applicable, cette
solution s'inspirerait à la fois de la logique du micro-crédit et de la
méritocratie, les prêts étant alors accordés en fonction de la pertinence du
projet du candidat. Nathalie, Philippe Waldteufel, ont ainsi fait valoir la
nécessité d'un projet personnel solide, condition préalable à tout emprunt.
Reprendre un commerce de proximité, financer ses études, créer une entreprise,
autant de projets dont l'État pourrait se porter garant ou financer un premier
apport avec un prêt gratuit.
Enfin, une dernière idée me paraît largement
partagée : « donner un avenir ne se fait pas uniquement avec de
l’argent » car « le problème rencontré par une frange de la
jeunesse est plus un problème de perspective que d’argent » ai-je pu
lire parmi les commentaires. Expatrié, Framboise, Dominique, Aiglon... prônent donc un accompagnement du candidat
par des professionnels. Ainsi défini, le patrimoine de départ devrait combiner
une aide financière et un soutien personnalisé, tant pour veiller à la bonne
marche des projets que pour conseiller et orienter les jeunes qui les mènent.
Certains (Lubo Moravcik, Guillaume L, Kevin) vont plus
loin encore et proposent d’inscrire le patrimoine de départ dans une réforme
globale de l’aide aux étudiants, des aides au logement et des prêts d’honneur.
La création de « chèques services » sur le modèle du
« Voucher » aux États-Unis et en Angleterre est également évoquée, ce
qui est aussi une piste intéressante.
Le débat a donc été fécond.
Il a permis de valider le principe
du capital de départ pour les jeunes qui emporte assez largement votre
adhésion. Je retiens également qu’un montant aux alentours de 10 000 €
semble faire consensus.
Vos nombreuses remarques ont enrichi
et fait avancer le débat sur deux points principaux. L’attribution du
patrimoine de départ devra obligatoirement être conditionnée à la réalisation
d’un projet, ce dernier pouvant cependant prendre des formes variées. A mon
sens, le deuxième apport important du débat a été de mettre en lumière la
souplesse dont il nous faudra faire preuve avec les modalités d’attribution de
ce capital.
Enfin, deux questions restent en
suspens.
Si l’idée d’un suivi des jeunes bénéficiaires
fait consensus, les modalités de son application demeurent à préciser. Vos
échanges ont démontré la difficulté à faire coexister l’universalisme de la
mesure qui, seule, peut permettre l’autonomisation des jeunes, et la nécessité
de réparer les inégalités de départ pour faire vivre le principe d’équité.
Je compte approfondir ces questions
dans les prochaines semaines et nous pourrons ainsi reprendre le débat autour
de propositions précises.
dsk
Camarade Dominique,
Voilà une de tes deux bonnes idées concrètes sorties d'un programme PS indigent.
C'est une idée géniale au sujet de laquelle il ne faut pas bouder son enthousiame.
L'autre est ton idée de TVA sociale comme au Danemark et en Allemagne
SolidaireEnSome
Rédigé par: Solidairenssome | 13 novembre 2006 at 18:02
Wow ! Honnêtement, je ne m'attendais pas à un retour sur cette idée, là, sur le blog. J'ai pu noter que notre débat avait apporté de nouvelles précisions sur ce projet, glanables deci-delà dans les différentes allocutions de DSK. Mais qu'il nous en fasse la synthèse, si "tôt", je ne m'y attendais vraiment pas.
Merci à l'équipe qui a passé du temps à lire, trier et décortiquer ces centaines de posts. Merci à vous d'avoir fait cette synthèse.
Finalement, une bonne idée et de bonnes méthodes, ça donne forcément de bons résultats ...
Rédigé par: Bruno | 13 novembre 2006 at 18:04
Bonjour Dominique,
Bravo pour tes propositions concernant les jeunes, et en particulier le patrimoine de départ. C'est parce que non seulement tu identifies les problèmes, mais aussi parce que tu les résoud que beaucoup de gens te soutiennent.
Bonne chance pour jeudi (je ne parle pas de ton cours d'éco bien sur, même s'il sera folklo je sens)
Etienne
http://ps-scpo.over-blog.com
--> Blog du PS Sciences Po (où DSK est prof!)
Rédigé par: Etienne Longueville | 13 novembre 2006 at 18:12
Et dire que d'autres s'auto-proclament chantres de la démocratie participative tout en veroullant toute expression sur leurs sites !
La démocratie participative il ne suffit pas d'en parler, il faut savoir la pratiquer et se l'imposer !
Merci pour l'exemple donné ici par DSK !
Rédigé par: fernand56 | 13 novembre 2006 at 18:22
Cà serait bien d'intégrer le permis de conduire dans le capital-jeune de départ.
Il y a tant d'argent dépensé pour élever le niveau d'éudes des français et si peu pour être sûr qu'un papier comme le permis soit accessible à tous :
la liberté, l'égalité, la fraternité, çà passe aussi par ce genre de mesure.
Ne pas disposer du permis de conduire, dans ce monde, c'est réduire considérablement les chances de trouver un boulo.
Rédigé par: béber | 13 novembre 2006 at 18:31
Une autre idée, pour l'égalité, étant de financer les études sous la forme d'un emprunt à rembourser, comme en Suède.
Ainsi, celui qui suit des études de médecine, HEC ou INgénieur, doit ensuite les rembourser tout au long de sa vie professionnelle. Ce système me parait très équitable. Faut voir les modalités d'application mais cela a deux avantages très intéressants:
1 - La suppression des inscriptions bidon qui coûtent une fortune
2 - La responsabilisation des étudiants dans les choix de filière
3 - Cela permet de générer des sommes très intéressantes pour financer les besoins essentiels des étudiants, à savoir logement et nourriture pour les boursiers.
Une autre idée que j'aimerais voir développer sur l'université serait de travailler par semestre en continu.
Je m'explique:
Les années universitaires comptent actuellement entre 26 et 32 semaines de cours, très morcelées sur l'année. Les 20 à 26 semaines restantes de l'année sont tout aussi morcelées et ne permettent pas le développement aisé d'une activité alternative.
Imaginons 2 sessions universitaires par an 31 Janvier - 31 Jullet et 01Aout-31 Janvier
Cela permettrait de diviser par 2 le coût des locaux et équipements universitaires
Cela permettrait aux enseignants chercheurs de se consacrer alternativement pleinement à leurs cours, puis à leur recherche et vacances
Cela permettrait aux étudiants de choisir entre faire un bac + 5 en 2 ans et demi à fond ou 5 ans n alternant des vrais boulots ou projets personnels ou stages pendant 6 mois...
Ce serait peut-être un peu fatigant pendant 6 mois mais ça vaut le coup ....
Voilà, comme on est sur le blog de DSK, qu'on peut à la fois refléchir, rêver et s'exprimer sans censure, ben j'en ai profité ....
J'adore cet espace, pourvu que cet esprit puisse souffler sur tout notre pays ....
Rédigé par: Yann | 13 novembre 2006 at 18:37
Fred : "Une bonne formation, une bonne éducation, un bon métier"... Ca tout le monde est bien d'accord. Le problème est celui du comment..
Rédigé par: Marco | 13 novembre 2006 at 18:38
Ce que j'aime chez Fred, c'est la qualité des arguments .... ON sent toute la richesse constructive et la puissance théorique développée par SR. Y'a pas, c'est du lourd.
Rédigé par: Yann | 13 novembre 2006 at 18:40
Fred: Reuters est une agence de presse, pas un institut économique. Avec toute la rigueur intellectuelle d'une SR, tu vas donc pouvoir trouver la source exacte de tes affirmations
Rédigé par: Yann | 13 novembre 2006 at 18:42
Félicitation d'avoir tenu ta promesse de faire le bilan des contributions des internautes alors que tu es en pleine campagne dans toute la France à la rencontre des militants socialistes (35 000 militants en cinq semaines d'après ce que tu nous a dit hier à Cergy). Heureux egalement que tu puisses envisager la refoute complète des aides aux étudiants, des aides aux logements et des prêts d'honneurs. Je pense que c'est dans cette direction qu'il faudra aller dès 2007.
Rédigé par: martin | 13 novembre 2006 at 18:42
Dominique: je fais partie des nouveaux à 20 euros. J'ai ouvert grand mes yeux et mes oreilles au long de ces debats, et je dois dire que tu es celui dont l'argumentation m'a le plus convaincu. J'ai meme pris la peine de me deplacer à un de tes meetings. Cependant, voir les methodes nauseabondes qui sont utilisees à 3 jours du scrutin (suite des videos de "jules ferry" sur dailymotion), methodes attribuées à tes supporters, commence à me dégouter sévère au point que je me demande si mon premier et dernier geste en tant que militant à 20 balles ne sera pas de voter pour SR, avant de reprendre ma liberté.
Rédigé par: vingt_euros | 13 novembre 2006 at 18:46
Je le dis comme je le pense : je ne crois pas au patrimoine de départ.
Demandons aux gens qui, comme Mathilde, savent qu'il est déja extraordinairement difficile de trancher pour savoir si les allocations et bourses doivent tenir compte des revenus des parents ou non.
En plus si le patrimoine de départ n'est qu'un pret a taux zéro, je n'en vois pas l'utilité. Les organismes et associations de micro-crédit sont en place justement dans le but de favoriser les projets et de lutter contre les disparités de revenus.
Je continue de dire que le niveau d'expertise des assocs dans ce domaine est largement supérieur au niveau des fonctionnaires qui se verraient chargés de l'instruction des dossiers.
Sur ce point, je voudrais connaitre l'argumentation NON PARTISANE de Mathilde ou des travailleurs sociaux.
A ce soir !
Rédigé par: Sabrina | 13 novembre 2006 at 18:49
Eh les DSK et autres saturés de la diva des médias,
Quand vous en aurez marre du n'importe quoi socialo, venez chez Bayrou. Cohérent, avec un vrai projet réaliste, progressiste, sans populisme! Et en plus, avec un peu de chance, on aura le plaisir de mettre dehors les caciques de l'UMPS qui me foutent les glandes depuis que je suis la politique... Tout ca sans voter extreme. Mais que demande le peupel!
A moins que vous preferiez voter utile plutot qu'intelligent evidemment...
Rédigé par: zero euros | 13 novembre 2006 at 18:54
Encore toutes mes félicitations pour ces propositions. Et surtout sur la manière de faire. Grande classe. Le coup de la vidéo sur les enseignants, c'est génial. En fait, j'ai enfin compris. Le seul but est juste de démolir assez Ségolène pour etre certain qu'au second tour, sarko soit élu. En fait, en me souvenant bien, DSK est bien le premier à avoir appelé à voter Chirac au second tour, en 2002.
(à 8 heures 2 pour être preci.
Bonne continuation.
Rédigé par: Nicolas S | 13 novembre 2006 at 18:55
Je pense que certains ont accès au crédit d'autre pas. C'est le problème de base du prolétariat qui ne peut jamais capitaliser et doit donc en permanence vendre sa force de travail pour subsister
L'augmentation des inégalités par l'héritage ne fait qu'accroitre ce fossé entre possédants et prolétaires. A cela s'ajoute aujourd'hui le fossé culturel qui lui est intimement lié. Les sources de connaissance s'étant énormément diversifiées, l'accès aisé à ces connaissance creuse un deuxième fossé, entre les ignorants et les sachants. Quitte à vexer deux trois internautes de passage, nous avons vu ce qu'a donné ce fossé lors du vote sur le référendum, entre d'un côté un discours construit sur une mise en perspective d'une évolution historique et de l'autre des arguments basiques anxiogènes ( turquie, avortement, perte des droits etc ....).
L'éducation ne permet pas seule de refaire fonctionnner l'ascenseur social, car il manquera souvent la confiance du prêteur à l'emprunteur.
Le deuxième aspect intéressant de ce projet est l'espoir.
Le jeune sait qu'un jour, à 18 ans, il aura sa chance. Et il a du temps pour y réfléchir, murir son projet et réfléchir à des pistes.
Et l'espoir, ça rend plus constrtuctif que la déprime.
Rédigé par: Yann | 13 novembre 2006 at 18:55
vingt euros je crois que Dominique Strauss-Khan n'a absolument rien à voir avec quelquonques interventions des militants, cela ne doit pas altérer ton vote.
Seules les idées, les propositions doivent comptées.
Rédigé par: Martin Colomer Diez | 13 novembre 2006 at 18:56
L'idée de Yann, à savoir que les étudiants remboursent au cours de leur vie les couts d'enseignement qu'ils ont généré me semble assez bonne.
Ca me parait en tout cas équitable et évite des situations type grandes écoles où ce que coute en formation un élève est bcp plus élevé qu'en fac, sans que pour autant par la suite ceux qui sortent de ces ecoles ne paient plus que les autres pour l'éducation.
Rédigé par: Marco | 13 novembre 2006 at 18:56
Bravo à DSK !
Il donne l'exemple de ce qu'est la démocratie participative dans les faits...
Rédigé par: Aurel | 13 novembre 2006 at 19:03
Rappel :
extrait d'un interview de JM Bockel (la vraie gauche reformiste):
"totor: Comment conciliez vous le "programme" du Parti socialiste, avec vos propositions ? M. Strauss-Kahn, dont vous soutenez la ligne, n'est-il pas en porte-à-faux entre un programme « gauchiste » inapplicable mais permettant de se vendre auprès des militants, et les réalités socio-économiques, qui imposent les réformes proposées par la gauche dite moderne ?
Jean-Marie Bockel: Bien sûr que oui. Mais il faut faire avec. On n'a jamais raison tout seul. Tout le monde sait que le projet socialiste ne peut constituer un projet présidentiel applicable. Dominique Strauss-Kahn le sait comme les autres candidats. En s'affichant social-démocrate, et en voulant inscrire sa démarche dans la durée, il est simplement un peu plus franc que les autres.
"
C'est pourtant clair, a moins d'etre limité a un nombre suffisamment restreint de jeunes, cette proposition ne verra pas le jour...
Rédigé par: totor | 13 novembre 2006 at 19:04
20 Euros: Réfléchis bien à qui profite le crime ... Qui passe pour le méchant et qui pour la victime ?
Parle-t-on aujourd'hui des propositions de DSK ou de Ségo? Comme depuis le début de la campagne, on ne parle que des bourdes, donc des propos de SR. Rien de construit mais c'est toujours aussi cohérent avec la stratégie de l'agnelle-qui-est-martyrisée-par-les-vilains-éléphants.
Connaissant le milieu, je ne serais pas étonné que le coup vienne de Ségolistes.
Rédigé par: Yann | 13 novembre 2006 at 19:05
Bravo Dominique, c'est une idée formidable. Personnellement, je suis étudiant dans les Conservatoires Municipaux de Paris et je prépares le CNSM, mais il n'existe aucune aide ou bourse qui puisse m'aider. Je dois me battre entre petits boulots, intérim et baby-sit pour pouvoir manger toutes les semaines. Un patrimoine commun aux jeunes m'aiderait considérablement ainsi que les milliers d'autres jeunes Français dans le même cas. C'est courageux de soutenir une idée pareille, mais continues, dans quatre jours, c'est toi qui sera désigné candidat !
Rédigé par: François Frémeau | 13 novembre 2006 at 19:06
A Sabrina,
Ci-joint un article intéressant du Monde. Il illustre parfaitement selon moi la différence entre Fabius et DSK. D'un côté, un Fabius qui n'ose pas dire que de fait, il reconnait l'économie de marché (non comme l'alfa et l'oméga de l'économie, mais comme un mode économique devant coexister avec l'Etat). De l'autre DSK, qui lui la reconnait, et se pose en réformiste non honteux.
Tu peux certes argumenter que l'auteur de l'article est de parti-pris, puisqu'il est directeur de Sciences Po, endroit où DSK donne des cours...
Gérard Grunberg, directeur adjoint de Sciences Po
"Le PS attribue ses échecs à la trahison de la pureté doctrinale"
A quels moments de son histoire les débats internes au Parti socialiste français ont-ils été le plus influencés par des expériences menées à l'étranger ?
Le fil conducteur des débats internes à la SFIO puis au Parti socialiste est celui du choix, jamais réellement tranché, entre rupture révolutionnaire et réformisme face au capitalisme. Or ce débat est posé dès la fin du XIXe siècle, au sein du Parti socialiste allemand, par la fameuse controverse entre Karl Kautsky, tenant de la ligne "dure", et Eduard Bernstein. Jaurès tranche clairement, en 1900, en faveur de Kautsky contre le "révisionnisme" de Bernstein. Face à la révolution russe, une polémique oppose en 1919 dans les colonnes de L'Humanité Albert Thomas à Léon Blum. Pour le premier, les valeurs de la démocratie américaine défendues par le président Wilson, héritières de la Révolution française, sont préférables à celles du léninisme. Le second, tenant d'une ligne plus révolutionnaire, écrit : "Ni Lénine ni Wilson, Jaurès."
Entre 1933 et 1936, le débat porte sur les formes intermédiaires entre capitalisme et socialisme, car le Parti socialiste suédois est arrivé au pouvoir et y restera des décennies en appliquant un programme réformiste. Blum et Paul Faure refusent cette troisième voie, estimant même que les nationalisations sont un "compromis avec le capitalisme" ! De l'autre côté, les néosocialistes, puis les planificateurs, comme Marcel Déat, Pierre Renaudel, Adrien Marquet, sont mis en minorité et seront d'autant plus disqualifiés que certains d'entre eux rejoindront le régime de Vichy. Après l'échec du Front populaire, Blum défendra des positions plus réformistes, mais, en 1946, sa ligne est battue par Guy Mollet, partisan d'un retour au marxisme pur et dur.
La guerre froide change-t-elle ces orientations ?
En 1959, le SPD allemand fait sa mutation au congrès de Bad Godesberg, en se ralliant à l'économie de marché. Trois ans après, la SFIO crée un groupe d'études doctrinales, animé entre autres par Roger Quillot, qui évoque une évolution du parti vers le modèle scandinave. Mais Guy Mollet repoussera l'idée par ces mots : "Nous ne sommes pas des révisionnistes." En 1971, la prise de contrôle du PS par François Mitterrand au congrès d'Epinay se traduit par une radicalisation anti-social-démocrate, destinée à rallier, en particulier, le Ceres de Jean-Pierre Chevènement. En 1976, Mitterrand renvoie dos à dos la Suède, qui ne s'est pas attaquée à la propriété privée, "coeur du capitalisme", et l'URSS, qui "ne respecte pas la démocratie". Au congrès de Metz (1979), Laurent Fabius affirme : "Entre le plan et le marché, il y a le socialisme." L'expérience du pouvoir n'infléchit pas ce discours : la rigueur de 1983 est considérée comme une parenthèse sur le chemin du socialisme. En 1991, le congrès doctrinal de l'Arche de la Défense accouche, sous l'impulsion de Pierre Mauroy, d'une maigre concession : la motion de clôture ne parle plus de rupture, mais de "rapport critique au capitalisme"...
Enfin, les prises de position théoriques de Tony Blair, arrivé au pouvoir en même temps que Lionel Jospin, en 1997, trouvent une trace dans la formule de ce dernier : "Oui à l'économie de marché, non à la société de marché" (1999), aussitôt amendée par : "La politique doit avoir la primauté sur l'économie." Après l'échec de 2002, l'antilibéralisme est devenu le mot d'ordre, et ne laisse plus aucune chance à un aggiornamento doctrinal.
Pourtant, à chaque fois qu'il arrive au pouvoir, le PS n'a-t-il pas pratiqué une politique plus réformiste que révolutionnaire ?
En effet, mais de façon honteuse. Alors qu'à l'étranger les échecs des partis sont l'occasion de révisions doctrinales, ceux du PS sont mis sur le compte d'une trahison de la pureté des origines, qu'il faut dès lors réaffirmer. Contrairement à Tony Blair, qui a conquis le Parti travailliste, avant le pouvoir, par une révolution idéologique, le PS se conquiert par l'affirmation de la tradition du socialisme français. Le PS se considère comme l'héritier légitime de la Révolution française et de la République démocratique. Il n'entend pas laisser une partie de cette légitimité révolutionnaire aux communistes et estime ne pas avoir de leçons à recevoir d'expériences étrangères.
Rédigé par: Aurel | 13 novembre 2006 at 19:10
J'étais sceptique au départ mais ce patrimoine de départ me semble vraiment intéressant. Comme tu le dis toi-même « le problème rencontré par une frange de la jeunesse est plus un problème de perspective que d’argent ». Mais une voit la perspective fixée, ce patrimoine de départ permettra à ceux qui n'ont pas de patrimoine privé de se démarrer dans la vie professionnelle ou poursuivre des études avec un vrai projet.
Tout reste possible !
Rédigé par: Axel | 13 novembre 2006 at 19:15
Pourquoi les segoliens viennent ils sur ce blog alors qu'ils savent très bien qu'ils ne convaincront personne ici (surtout en se contentant d'un niveau d'argument en général limité)?
Critiquer ici les arguments de Strauss Kahn de manière constructive pas de problème, il faut de la contradiction pour faire avancer le débat, mais dire par exemple que SK est "l'usurpateur de la place normalement dévolu à JOSPIN dans cette campagne :" montre bien qu'il s'agit juste de foutre le bordel sur le blog.
Rédigé par: Marco | 13 novembre 2006 at 19:18
Bon fredd, si tu passes ton temps ici à insulter DSK et les gens, tu t'en vas.
Tu as posté quasiment 10 messages en quelques minutes, tous agressifs et insultants, n'apportant rien au sujet de l'article.
Ca s'appelle de la pollution gratuite !
Donc équipe DSK, à vous de juger !
Rédigé par: Nicolas (Nantes) | 13 novembre 2006 at 19:19