Black economic empowerment
Comme certains l'ont déjà noté sur mon blog, je représente la France au "Sommet des Progressistes", qui se déroule près de Pretoria. J'y reviendrai plus en détail dans un prochain post.
J'en ai profité pour organiser une visite auprès du gouvernement sud-africain. Un point clef de cette visite : mieux connaître sa réforme phare, le "black economic empowerment".
J'ai pu rencontrer trois acteurs centraux du B.E.E : Lionel October, en charge du dossier auprès du président ; Ronnie Ntuli, président du National Empowerment Fund et Bridgette Radebe, PDG de Mmakau, partenaire B.E.E de Total en Afrique du Sud.
L'objectif du B.E.E. est de corriger les inégalités économiques héritées de l'apartheid : les noirs n'avaient pas le droit de diriger une société ou d'être actionnaires ! La méthode : redistribuer 25 % des parts des sociétés sud-africaines aux noirs. Les communautés noires se structurent en sociétés et bénéficient de financements exceptionnels pour acheter les parts des groupes "blancs".
Trois bénéfices : l'émergence d'une élite économique noire, une redistribution massive du capital aux plus modestes et la création de nouvelles entreprises "noires".
C'est une réforme "révolutionnaire" et fondatrice d'une société solidaire. Elle peut certainement servir de modèle au reste de l'Afrique.
A plus tard !
dsk
DSK un trois points, Ségolène un point
Règle numéro 1 : un présidentiable doit montrer une aura dans les affaires internationales.
La prestation de Ségolène au Chili a une valeur symbolique mais reste dans l'ordre du spectacle et donc un point, somme d'un demi-point pour la coiffure et les escarpins assortis et un demi-point pour les phrases bredouillées en Espagnol (le général, c'était autre chose)
La black économie en Afrique et la présence de DSK dans les instances décisive lui vaudra trois points. Bien qu'un analyste puisse sourire à cette idée de redistribution des parts de société, on a vu ce que ça a donné en Russie
Et Lionel, si tu veux toi aussi devenir présidentiable, pense à gagner quelques points. Faut le sortir de l'île de Ré, notre Lionel, lui organiser une rencontre avec Poutine, là c'est carrément du six ou sept points !
Rédigé par: Fulcanelli | 13 février 2006 at 11:13
http://www.unesco.org/courier/2000_11/fr/dires.htm
Rédigé par: catherine | 13 février 2006 at 11:52
Monsieur Strauss-Kahn,
Les mesures prises en Afrique du sud pour le "Black economic empowerment" sont naturellement intéressantes et tout un chacun espère sans doute avec vous qu'elles auront les effets positifs que vous indiquez. Mais bien sûr ce n'est pas garanti, car il y a deux risques majeurs pour les nouveaux actionnaires:
1)que les entreprises dont ils sont les nouveaux co-actionnaires ne se développent pas comme on pourrait le souhaiter.
2)que poussés par la nécessité ou la perspective d'un gain rapide, ils se déssaisissent de leur bien et le vendent à plus riche qu'eux.
Dans l'une ou l'autre des hypothèses, la redistribution révolutionnaire et fondatrice d'une société solidaire risque de se réduire à peau de chagrin. Ce qu'à Dieu ne plaise...
Mais dire maintenant que cette réforme pourrait servir de modèle au reste de l'Afrique me parait relever d'une bonne dose d'angélisme, saupoudrée d'une absence de reconnaissance de la réalité. En effet, la République d'Afrique du Sud a deux caractéristiques qui la différencient profondément du reste de l'Afrique noire:
1) C'est de très loin le pays le plus riche d'Afrique, le PNB de l'Afrique du Sud est largement supérieur à celui cumulé de tous les autres pays du continent. C'est donc un pays où il y a effectivement matière à redistribution si le pays en décide ainsi.
2)C'est une société multi-raciale où vit au milieu de populations noires une minorité importante de populations blanches. Ces populations blanches ne sont pas constituées de ressortissants étrangers à la mentalité coloniale, ce sont des citoyens sud-africains qui n'ont généralement plus de lien avec une hypothétique mère patrie en Europe. Ces détenteurs des richesses sont là dans plutôt dans une perspective de développement durable que dans une approche "prends l'oseille et tire toi". Même si une certaine vague d'émigration (et non de retour au pays) est apparue depuis quelque temps (développement d'une certaine insécurité physique et économique), ils sont là pour y rester et y vivre. Donc la redistribution et la poursuite du développement peut se faire entre concitoyens, sans avoir à se mettre d'accord avec des détenteurs étrangers en Europe ou ailleurs.
Reconnaissons que le tableau est très différents du reste de l'Afrique, où il y a d'une part moins à redistribuer, et d'autre part où la détention des richesses est encore très souvent étrangère, de type ex-colonial, ou post-colonial avec la présence complice d'intérêts locaux qui habillent plus ou moins adroitement la réalité. La redistribution serait beaucoup plus difficile du fait des intérêts étrangers à ne pas spolier, et ses résultats beaucoup plus aléatoires, du fait de l'absence d'une élite économique nationale en place. Mais il est permis de rêver...
Rédigé par: Jacques, en Rhône-Alpes | 13 février 2006 at 12:04
Les bloggueurs, notamment Jarnicoton et rebelle, sont priés de respecter davantage (entre autres éléments à respecter...) le thème du post de DSK. Merci de votre coopération.
Rédigé par: JPhT (equipe DSK) | 13 février 2006 at 12:22
Jarnicon a dit"C'est très bien de donner un coup de pouce au noirs d'Afrique du Sud mais sans compétences les noirs ne feront pas grand chose. Un peu comme si on confiait le sort des entreprises françaises, à des fonctionnaires socialistes français. Comme quoi, ce n'est pas toujours une question de couleur de peau !"
Quel racisme envers les Africains, ils ne sont pas capable de sortir de l'ornière parceque manquant de compétence, c'est scandaleux, nous devons justement nous Européens bien au chaud, malgré un certain nombre de problèmes, nous préocuper du dévelopement de l'Afrique par les Africains, de la prospérité de ce continent immense et si riche dépend aussi notre propre prostérité, il nous faut les aider à ce former sur place et aussi dans nos universités pour qu'ils rentrent au pays plus forts et plus performants afin de délivrer ce continent de son lot de corruption et de laisser-alller, l'Afrique est belle et riche d'une jeunesse que hélas nous n'avons plus, d'aileurs au dernier sommet de Bamako cette jeunesse africaine a lancé un ultimatum aux dirigeants du continent, ils ont raison et il faut les aider, dans cette perspective peut-être seront-ils moins nombreux à s'élancer sur des barbelés qui d'ailleurs ne les arrêteront pas longtemps.
Rédigé par: tatayoyo | 13 février 2006 at 15:00
Est-ce que ce genre de mesure serait applicable dans les îles d'outre-mer comme Tahiti par exemple?
Rédigé par: catherine | 14 février 2006 at 14:37
Catherine: je ne pense pas.
L'afrique du sud s'est édifiée sur une séparation raciale très forte qui visait à exclure les noirs de la société. Dans les DOM, il y'a bien entendu des problèmes entre noirs et blancs, mais ça n'a jamais eu la même intensité. Ce qu'on peut faire, par contre, c'est associer les collectivités publiques aux plus grosses entreprises, soit directement dans le cas des entreprises publiques, soit indirectement. Dans certains endroits, les collectivités publiques jouent un peu ce rôle de syndicat.
Rédigé par: Tonio | 14 février 2006 at 16:19
Acquérir la technique de l'appropriation collective de l'économie ( c'est mon essai de traduction du mot "empowerment"), bien evidemment, c'est le rêve que nosu poursuivons tous en soutenant DSK.
Le manque de succés de ce fil est il dû au fait que ce rêve n'est pas encore parvenu parvenu à un stade où la réalisation paraît possible en france?
Rédigé par: selene | 14 février 2006 at 22:03
ça tient 1) à ce qu'il n'est pas le dernier en date
2) à ce qu'il remue moins les tripes que le SIDA. Pourtant c'est vrai que c'est un problème de redistribution intéressant. Mais en France, à part efffectivement certains problèmes dans les DOM (et encore, la lutte contre la corruption, le népotisme et les monopoles locaux "devrait" suffire), je ne pense pas que ça ait un intérêt.
Rédigé par: Tonio | 14 février 2006 at 23:39
C'est en quelques sorte l'Etat qui rachète un quart des sociétés d'Afrique du Sud pour les revendre à des sociétés noires ... Et bien, c'est vraiment un effort massif ! Finalement le concept de "renationalisation temporaire" (même si les objectifs sont complètement différents) est assez "ptits-bras" à côté d'un tel exemple ! Depuis quand est-ce mis en place ?
En tout cas un bel exemple de courage politique ...
Rédigé par: alice.fo | 15 février 2006 at 11:04
Alice, c'est ce genre de "courage politique" qui nous a conduit au chaos chez nous. On en reparlera dans quelques années.
Rédigé par: rebelle | 15 février 2006 at 11:14
rebelle, je vois pas le rapport, en tout cas avant de dire que cela va conduire l'Afrique du Sud au chaos, il faudrait peut-être voir ce que ça va donner, à moins que tu ne penses que seuls les blancs ne soient capables de tenir une entreprise ?? Avoue quand même que c'est bien la première fois qu'on donne aux noirs une chance de réussir dans ce pays, puisque tout leur était fermé auparavant.
Rédigé par: alice.fo | 15 février 2006 at 11:25
Alice , le rapport c'est que les mauvaises décisions ont toujours de répercussions.
La vrai chance pour les noirs, c'est qu'ils créent eux-meme leur entreprise, plu tot que de prendre à ceux qui ont déja réussi. Le soleil est levé pour tout le monde.
Cette mesure va certainement fréner les investissements étrangers dans le pays si les entrepreneurs sonr obligés de céder des parts aux noirs.
Rédigé par: rebelle | 15 février 2006 at 13:24
Rebelle,
"prendre à ceux qui ont réussi" !!
c'est la meilleure, on leur a rien pris aux noirs peut-être ? L'appartheid et la logique qui consistait encore jusqu'à maintenant à stopper leur progression sociale, leur participation aux entreprises ... Mais c'est vrai, c'était tellement "sympa" le colonialisme ... Ce que vous refusez c'est de donner une chance équitable à tout le monde ... dans la situation actuelle, ça prendrait des siècles pour parvenir à un rééquilibrage des chances ... mais ça vous est sûrement égal, vous êtes du "bon" côté ...
C'est sûr que si tout n'est pas bien planifié, que cette idée généreuse de re-répartition de la richesse est menée sans assez de précautions (évaluation des entreprises qui postulent ...) ça peut donner un petit coup de frein à l'économie sud-africaine, lAllemagne de l'Ouest n'a telle pas subit un contrecoup lors de sa réunification ? Mais peut-être fallait-il maintenir le mur ?
L'Afrique du sud a décider de se réconcilier avec elle-même, avec la majorité de la population, je lui souhaite bonne chance !!
Rédigé par: alice.fo | 15 février 2006 at 13:50
Oui Alice, moi aussi bonne chance.
Rédigé par: rebelle | 15 février 2006 at 14:33
"Prendre à ceux qui ont réussi"? Moi aussi la phrase me semble un peu bizarre. Peut-on comparer les sociétés à des entreprises individuelles montées à la force du poignet? L'enjeu, c'est la formation d'une classe moyenne noire pour combler le fossé racial actuel, ce qui est un peu moins révolutionnaire qu'affiché. Mais plus réaliste.
Rédigé par: Tonio | 15 février 2006 at 21:30
Je suis assez sceptique sur ce type de réforme. Celà me fait aussi penser à ce qui s'est passé en Russie et l'apparition des oligarques.
Celà n'a pas réussi aux russes celà ne réussira surement pas aux sud-africains...
C'est dommage car l'idée de départ était bonne...
Rédigé par: abadinte | 17 février 2006 at 02:50