Des propositions pour relancer la gauche
Mon équipe sur le blog a déjà mis en ligne quelques éléments, qui ont fait de samedi dernier, 14 janvier, une journée particulièrement riche.
Le matin, à Lyon, j'ai participé à l'initiative nationale pour le respect du numerus clausus en prison, lancée par Bernard Bolze. C'était l'occasion de dénoncer la surpopulation massive de notre système carcéral. Indignité pour notre Etat de droit. Inefficacité pour notre République : la surpopulation, c'est la garantie que les prisons deviennent criminogènes. Les discussions ont permis d'esquisser des pistes pour l'avenir, autour de solutions alternatives à l'incarcération pour la petite délinquance, et autour d'une meilleure préparation des détenus à "l'après-prison", afin de diminuer le taux de récidive.
Dans l'après-midi, j'ai retrouvé à Bruxelles certains de mes amis de la gauche européenne, pour la toute première initiative de relance de la construction européenne après les "non" français et néerlandais. Huit think-tanks socialistes européens, dont mon club AG2E, ont élaboré un texte commun, remis au parti socialiste européen (PSE), dont voici la version, seulement en anglais pour l'instant (RelaunchCitizensEurope). La clef de l'analyse : nous avons voulu faire l'Europe sans les Européens et il nous faut nous atteler à l'émergence de la conscience européenne. Il y avait là, entre autres, le président du PSE et ancien Premier ministre danois Poul Nyrup Rasmussen, l'ancien Premier ministre italien Massimo d'Alema, le Commissaire européen Joaquin Almunia et l'ancienne Commissaire Anna Diamantopoulou, les ministres Kinga Göncz (Hongrie) et Diego Lopez Garrido (Espagne)... Prochaine étape : faire porter ces idées au plan politique, au premier chef par le PSE.
Enfin, le soir, à l'Haÿ-les-Roses, meeting pour les voeux de la fédération du Val de Marne, et aussi pour marquer les 70 ans du Front populaire. Petite parenthèse, j'en profite pour vous remercier pour vos réactions à ma carte de voeux, que j'avais choisie avec soin et dont je suis heureux qu'elle vous ait plu. A mes côtés, notamment, il y avait Jean-Paul Huchon, le président de la région, Catherine Tasca, Pierre Moscovici, Michèle Sabban, Patrick Sève, Jean-Christophe Cambadélis, Marison Touraine... Le discours que j'ai prononcé est déjà en ligne, plus bas sur le blog. L'essentiel tient en deux mots : propositions et union ! Pour les propositions, le travail que nous avons accompli au sein d'AG2E est opérationnel et les prochains mois me donneront l'occasion, thème par thème, de proposer mes solutions pour la France. Quant à la stratégie, elle est simple : l'union. Lorsque nous sommes audacieux, lorsque nous écoutons, lorsque nous savons imaginer pour dépasser les contraintes, la gauche sait se rassembler et contrer la droite.
Voilà. Pardon d'avoir été long... mais la journée de samedi aussi l'a été ! A très vite.
dsk
Cher Mr Strauss-Kahn, si tant est que vous lisiez vous meme les messages sur votre blog,
Je suis attriste, attriste par la multiplication des interventions socialistes anti-droite comme seul message adresse a tous. En fait, ces interventions ne sont pas que des critiques: Tous vos interventions sont un melange de: (1) generalites sur la situation de la France et du peuple francais, (2) critique quasi systematique du gouvernement et .... c'est tout ....
Lorsque je lis votre discours de voeux, ou lorsque j'ecoute votre intervention dans le grand journal, je ne peux m'empecher de ne pas y trouver de coprs.
Il est tres aise de sans cesse critiquer les tentatives du gouvernement et de les qualifier de liberales... Il est aise de ne pas essayer de voir les possibles implications sur le long terme; Il est aise de meme de faire le bilan des annees Jospin sur le court terme et de ne pas reconnaitre les implications aujourd'hui de la politique menee a ce moment.
J'avoue que j'ai du mal a comprendre votre demarche politique: Etablir un "pronostic" de la situation de la France est bien evidemmnent requis et vous le faites tres bien. Mais reconnaissez que le pronostic que vous faites est tres proche de celui que l'UMP etablit.
La bataille presidentielle n'est peut pas etre sur ce plan. Les francais connaissent leur situation et cette guerre a "qui denoncera le plus d'injustice" est inutile. Ce n'est pas ca qui rapproche un homme politique du peuple. Ce qui le rapproche, c'est presenter des solutions. Les solutions ne peuvent etre presentees en termes de reformes, de methodes, mais en termes de resultats:
C'est en annoncant un objectif qui vienne d'un concensus d'experts que vous redonnerez espoir; ce n'est pas en "tapant" sur la politique de droite. Une fois que le concensus est determine, alors vous pouvez annoncer les reformes qui sont necessaires. Une fois que les objectifs sont CHIFFRES, alors vous pouvez commencer a essayer de convaincre qu'une alternance est possible.
Je vous en prie, Mr Strauss-Kahn, vous avez ete un bon ministre de l'economie, ne laissez pas vos conseillers vous berner... Pensez au travail accompli par l'UMP avec leur focus groups et l'image de marque de sarkosy qui en decoule.
Enfin, vous savez tres bien que l'ere chiraquienne comme vous l'appelez correspond a une ideologie pour la politique exterieure, mais pas pour la politique interieure. Attaquer Chirac pour une soit disant ideologie de politique interieure est denue de sens ... Pour preuve, il n'y a eu aucune continuite economique ces 10 dernieres annees.
J'espere Mr Strauss-Kahn, que vous prendrez ce message en consideration et que vous remplirez de contenu vos declaration a l'avenir, pour ne pas apparaitre vide en face des questions qui vous sont posees. (Je vous renvoie a faire une reflexion autocritique approfondie sur la reponse que vous avez apporte a Ariane dans le Grand Journal sur la question des propositions concretes).
Tres sinceremnt,
Jipe
Rédigé par: JP | 17 janvier 2006 at 23:26
LE CONSTAT DE LA DETTE FRANCAISE
Le rapport PEBEREAU qui vient d’être communiqué au public ne peut être taxé de parti pris. La constitution des autorités qui ont élaboré ce document est un gage de véracité comme cela avait été le cas avec Michel ROCCARD lors de la parution du livre blanc sur les retraites.
ce rapport met en lumière le constat du déficit que tous les hauts fonctionnaires connaissent depuis maintenant 25 ans.
Si les montants vertigineux sont aujourd’hui portés à la connaissance du grand public, même si ce rapport n’aborde que partiellement le paiement des retraites des fonctionnaires recrutés par les gouvernements socialistes entre 1982 et 1986, montants qui à ce jour ne sont pas provisionnés dans les budgets des trois fonctions publiques du pays, ce rapport n’explique en rien comment cette dette s’est constituée.
Les Français sont aujourd’hui en droit d’attendre de ceux que le peuple désignera pour le diriger qu’ils abordent les réalités sans détour.
Le recrutement de nouveaux fonctionnaires depuis 1982 et le taux impensable atteint de 25% de la population active de ce pays est un des paramètres de tous les blocages du pays.
"Lorsqu’un bateau coule avant même de donner une direction au navire il importe d’écoper mais surtout d’identifier les voies d’eau pour pouvoir y remédier en priorité".
Tant que nos dirigeants n’identifieront pas les raisons comptables de notre déficit structurel en clair tant qu’ils n’expliqueront pas aux français les raisons qui plombent le budget de l’Etat, toute mesure prise ne sera que superficielle car sans boucher les voies d’eau le navire continuera inexorablement à couler.
Peu importe de savoir si la gauche ou la droite porte la responsabilité de cette situation.
Même si la gauche est à l’origine de cette dérive initiée sous la présidence précédente, jamais la droite qui est revenue au pouvoir n’a eu le courage ou la volonté de prendre les mesures que le bon sens imposait.
Ce qui est primordial aujourd’hui c’est d’identifier les causes réelles de notre situation, 25% de déficit annuel du budget, de proposer un plan acceptable par tous les français pour redresser la situation sans alourdir les charges et les menaces sur les plus faibles du pays.
Les programmes de nos futurs candidats seront inévitablement compris par le peuple à partir de cette vérité.
http://projetpresidentielle07.over-blog.com/
Rédigé par: gilles | 17 janvier 2006 at 23:27
je partage tout à fait l'analyse faite par Jipe en premier commentaire, vous nous devez plus monsieur DSK, je vous livre quelques pistes de réflexions où nous souhaiterions vous voir prendre des positions originales mais surtout crédibles.
ANALYSE DES PROGRAMMES 2007
les prochaines échéances électorales verront s’affronter dans les mois qui viennent des programmes qui de toute manière devront tenir compte de l’aspiration de l’ensemble de la population mais plus encore des capacités réelles de financement du pays.
Toutes les surenchères électorales n’auront de sens qu’à partir du moment où une explication rationnelle aura été fournie au peuple français.
Il appartiendra aux candidats de nous éclairer sans détours sur les causes réelles de l’accroissement des déficits de l’état depuis 1981 enparticulier.
Sans chercher à savoir à quelle formation politique nous devons l’étouffement de nos gouvernements successifs qui sont aujourd’hui dans l’incapacité de répondre aux exigences du peuple face à l’injustice sociale.(conséquences perverses des mesures prises dès 1981)
Les candidats et les partis seront dans l’obligation morale vis-à-vis des citoyens de leur dire comment ils ont identifié les causes de notre déficit afin de nous proposer des solutions réalistes et acceptables par le peuple.
Une refondation sociale et citoyenne qui aurait pu se réaliser en 2002 devra sans doute inspirer nos responsables quelque soit leurs partis en 2007.
Ni la gauche seule ni la droite seront en mesure de faire accepter au peuple les projets et les réformes dures mais indispensables au pays.
L’exemple donné par nos grands voisins Européens devrait inspirer nos partis tant la situation de la France est dégradée. Un gouvernement de coalition nationale sera sans doute la seule solution de nature à permettre la mise en place des réformes très lourdes dont a besoin le pays pour faire face à l’avenir.
Les OBJECTIFS SOUHAITES
Réduire le décrochage de la société
Remettre à l’emploi la quasi-totalité de la population active
Réduire le nombre des chômeurs au strict minimum correspondant aux fermetures annuelles inéluctables des sociétés non adaptables.
Accompagner la création de nouvelles sociétés clés de l’adaptation de nos emplois de demain (fondations d’investissements)
Traiter humainement et avec beaucoup d’efficacité les chômeurs résiduels
Mettre systématiquement tous les jeunes au sein du monde du travail.dès leur entrée dans le monde actif.
Assurer un niveau de vie en adéquation avec les besoins actuels de la société
Assurer l’égalité des chances à tous les jeunes citoyens tout en privilégiant la promotion aux seuls mérites
Accroître les richesses du pays
Dynamiser les sociétés françaises, en modifiant et en adaptant notre politique fiscale sur celle de nos partenaires (transmission du patrimoine)(cible effectif 40 personnes minimum)
Injecter des cadres dans les PME (ex fonctionnaires, fonctionnaires détachés ou cadres chômeurs)
Conquérir les marchés à l’export avec les PME en nous structurant à l’identique de nos voisins. (Cible accompagnement de 20 000 PME par an) (moins de 300 à ce jour,10 000 en allemagne et en grande bretagne)
LE COMMENT REALISTE
Procéder à un état des lieux sans complaisance
Identifier les causes qui ont amené le pays aux déficits structurels que nous connaissons pour les corriger.
Mettre en œuvre des mesures acceptées par le peuple par referendum
Combiner des mesures sur 10 ans en menant de front les mesures sociales qui dans un premier temps se limiteront à tout faire pour trouver un emploi à chacun
Et les mesures structurelles de la réorganisation de l’état pour supprimer l’une des deux fonctions publiques redondante.
Mettre en œuvre une politique commerciale de conquête des marchés extérieurs (Détachement de 100 000 fonctionnaires par an auprès des PME (10 ans))
Placement d’office des cadres au chômage dès le troisième mois d’arrêt de travail au sein de PME accompagnées vers l’export
Obligation d’embauche de jeunes de moins de 25 ans après le placement d’un fonctionnaire ou d’un cadre au chômage dans une PME après 8 mois
Création d’une structure du MEDEF soutenue par les services de l’état pour parrainer les PME à l’export (à l’identique de nos partenaires européens)
Création d’un service national dont 150 000 postes de jeunes détachés auprès des PME en liaison avec les PEE de toutes les ambassades. (conquête des marchés à l’export)
SUPPRESSION des 35 heures à l’exception de certains métiers
SUPPRESSION de la retraite à 60 ans, qui de toute façon avec des jeunes qui débutent à 25 ans est déjà une hypocrisie sans nom.
AUTORISER tous les retraités à occuper un emploi sans cotisation sociale pour l’employeur à partir de 2008 (pour pallier aux manques de ressources disponibles dans de nombreux secteurs dès cette année)
CRITERES DE CHOIX A PROPOSER AU PEUPLE pour identifier les programmes réalistes.
Tout programme qui ne donnera pas un éclairage sur l’état des finances et la manière de résorber le déficit structurel de l’état ne sera qu’utopique et mensonger
Tout programme qui ne sera pas centré sur le plein emploi est illusoire
Tout programme qui ne visera pas au partage équitable des richesses du pays sera voué à l’échec et portera en germe des troubles sociaux aux conséquences très prévisibles
Tout programme qui n’aura pas pour objectif que le pays se réapproprie son destin par le contrôle (partiel et à moyen terme total) du capital de toutes les sociétés présentes sur le territoire ne visera pas aux intérêts légitimes du peuple
Tout programme qui ne réorganisera pas les 3 fonctions publiques en résorbant les sureffectifs (sur 10 ans) niera les réalités et sera mensonger.
Tout programme qui n’annoncera pas clairement les efforts considérables qui attendent le peuple au cours des 10 prochaines années sera mensonger.
Tout programme de réorganisation de l’état qui ne ferait pas supporter équitablement le coût à toutes les couches sociales du pays sera voué à l’échec
Tout programme devra préciser que le volume maximal du poids de toutes les fonctions publiques ne pourra excéder 10% de la population active.
Tout programme pour préserver l’avenir devra inscrire dans la loi ou mieux encore dans la constitution qu’aucun gouvernement ne pourra faire du déficit de fonctionnement. Seul le déficit en investissement pourra être envisagé car garantissant l’avenir des plus jeunes générations. Ce déficit ne pourra être accordé que par le parlement.
Tout programme qui ne donnera pas les procédures pour conquérir les marchés à l’export et ainsi créer des ressources supplémentaires pour régler les conséquences douloureuses du chômage sera utopique et mensonger.
Tout programme qui n’expliquera pas à qui a profité les déficits de l’état depuis 1981 masquera la réalité et s’interdira tout moyen d’action pour diminuer la dette colossale du pays. (Les banques françaises et les compagnies d’assurance sont propriétaires des actifs de l’état, avec une rente annuelle de près de 40 milliards d’euros par an.)
Rédigé par: gilles | 17 janvier 2006 at 23:58
Le texte européen est, je trouve, très bien, en particulier sur la proposition d'un RMI européen, et l'européanisation des élections européennes.
La partie économique, pourtant, va trop vite à mon goût: concrêtement, quel serait le pouvoir de l'eurogroupe face à ses membres? Comment relancer le processus de Lisbonne si personne ne l'a fait jusqu'ici? Peut-être que la généralisation des coopérations renforcées est une solution, car elle a un effet d'entraînement sur les autres pays?
JP: Sur les prisons, sur l'europe, DSK parle ici du fond. Par ailleurs, je suis fortement en désaccord avec toi sur l'idée que taper sur le gouvernement n'est pas primordial: Sarko le fait sans rien proposer en retour, et ça marche très bien pour lui. Le bilan de ce gouvernement est calamiteux, et il ne faut pas lui laisser mettre les choses sur le dos de la croissance, ni le laisser escamoter son échec sur l'insécurité. Pour incarner une alternative, la gauche doit non seulement disposer de pistes concretes, mais encore s'assurer que la droite ne peut usurper impunément une légitimité à gouverner qu'elle n'a plus en réalité.
Gilles, c'est sous Giscard que les fonctionnaires qui provoquent ton ire ont été embauchés. La fonction publique d'Etat est restée stable depuis les années 70. Et le seul gouvernement a avoir fait baisser la dette est le gouvernement Jospin...
Rédigé par: Tonio | 18 janvier 2006 at 00:01
Que le diagnostic d'une dette qui hypothèque nos marges de manoeuvres avenir (à venir ?) soit unanime, ca me semble évident.
Que les responsabilités soient partagées à gauche et à droite, je suis déjà moins sûr mais finalement ce n'est pas le problême... Il est devant nous le problême.
Mais que sous prétexte qu'il ne tape sur personne ou sur tout le monde, le rapport Pébereau "ne peut être taxé de parti-pris" c'est un peu court. Moi il y a quand même 2-3 trucs qui me font bondir...
L'impact d'une politique d'austérité sur la croissance et donc les recettes fiscales n'est pas étudié, et même balayé en une phrase, qui dit (en gros de mémoire) "on peut craindre un impact de court-terme sur la demande qui compresserait les recettes fiscale, mais il est logique de penser que les consommateurs anticiperont rationnellement que c'est une bonne politique, et donc continueront à consommer".
En contrepartie, on a le droit à 5-6 pages pour étudier l'impact sur les recettes fiscales de la taxation des hauts revenus. Et la conclusion c'est en gros : "les plus riches qui sont également les plus mobiles vont partir et ne rapporteront donc plus rien si on augmente leur impôt. Il faut donc maintenir le niveau général de l'impôt, mais en reportant vers les classes moyennes l'impôt des riches qui doit continuer à baisser, parce qu'il est trop élevé." Les riches sont peut-être mobiles, mais n'ont pas eux d'anticipations rationnelles...
Franchement il y a certaines pages, je ne savais pas si je devais rire ou pleurer tellement sur le volet "solutions", c'est caricatural.
Rédigé par: Fred | 18 janvier 2006 at 01:23
en réponse à TONIO, c'est à partir de 1982 avec la mise en place de la décentralisation qu'une seconde fonction publique a été mise en place en france. je me souviens parfaitement de la réponse de monsieur DEFERRE lors d'une séance de travail affirmant que cette décentralisation s'effectuerait sous enveloppe budgétaire c'est à dire sans création de nouveaux postes. ce qui n'a pas été le cas, les conseils généraux qui étaient hébergés au sein des préfectures en sont sortis, avec la création de nouvelles structures et la mise en place de nouveaux fonctionnaires pour armer ces nouvelles structures, aujourd'hui peu importe de savoir à qui incombe cette faute qui avait été prise dans un contexte autre et sans doute dans des perspective vertueuses.
Rédigé par: gilles | 18 janvier 2006 at 02:33
Bonjour,
en dehors de la conférence sur le salaires que tu as plusieurs fois évoquée, Dominique, est-il possible d'envisager la réindexation des salaires sur l'inflation ? Jacques Delors se vantait d'avoir supprimé naguère la dite indextation "sans une grève"...
Pour le logement, uen proposition intéressante consisterait à indexer les loyers non plus sur l'indice de la construction mais sur l'inflation. Qu'en pensez-vous ?
Rédigé par: Guillaume, Strasbourg | 18 janvier 2006 at 09:32
Je ne vois pas comment on pourrait dans le cadre des traités actuels établir un salaire minimum européen. L'art. 137 du traité instituant la Communauté européenne et que reprenait d'ailleurs l'art III-210 du TCE ne s'applique pas aux rémunérations.
Il n'y a, à ma connaissance (mais je peux me tromper, je ne suis pas expert en droit européen), aucune base juridique pour la mise en oeuvre d'un tel dispositif. Si quelqu'un a la solution, je suis preneur.
Rédigé par: Guillaume, Strasbourg | 18 janvier 2006 at 09:42
Que font les socialistes ? Pendant que la droite résolue à l'action entamme joyeusement notre politique sociale, les socialistes sont noyés dans leur petite tambouille. Je suis navré de la politique que mène la droite en ce momment mais j'admire leur détermination et leur sens de l'action. Les socialistes devraient en prendre de la graine. Mon coeur est a gauche mais je ne peux pas me résoudre à me rallier a une telle bande de mou. Les socialistes devraient se trouver un vrai leader résolu dans l'action qui monte au front et qui s'expose. La gauche n'est pas à relancer elle est à réanimer... d'urgence svp.
Rédigé par: Sylvain | 18 janvier 2006 at 10:17
Chers bloggueurs, je veux réagir en quelques mots aux interrogations de certains, dont JP plus haut sur ce fil, pour vous dire que, si je ne peux matériellement répondre à toutes vos interventions, je passe, tous les jours, lire vos échanges, que je trouve instructifs ! Merci de votre fidélité... même quand vous exprimez vos désaccords.
dsk
Rédigé par: dsk | 18 janvier 2006 at 10:26
bonjour Mr Strauss-Kahn et bonjour à tous les lecteurs
à JP notamment
Lecteur régulier depuis plus d'un an de ce blog, je peux témoigner que cet outil est un réel lieu d'échange, régulièrement actualisé par dsk (même si on l'imagine un député, candidat à la présidentielle, memebre du bureau politique du PS ne peux pas passer ses journées devant).
Je ne supporte pas non plus l'idée -facilement répétée- qu'il n'y a pas d'idées au PS. La radicalisation des débats amène de plus en plus l'opinion publique à penser que côté majorité c'est l'action ou rien du tout, et côté opposition c'est l'opposition systématique et aucune proposition.
Ce blog est -entre autres- la preuve que, à travers DSK, la gauche a bcp à opposer, proposer, reconstruire et avancer. encore faut-il l'écouter et ne pas s'enfermer dans le poncif "ils ne font que dénigrer".
DSK a eu le courage de reconnaître les bonnes mesures (lutte contre l'insécurité routière), et contre-argumenter les mauvaises (TVA adaptées, privatisation temporaires, service de la petite enfance etc) et les présente via ce blog qui ses interventions TV/radio/journaux où ils les détaille.
Alors arrêtons l'auto-flagelation du 'il ne se passe ien, ils ne proposent rien, ils ne nous écoutent pas...etc" Rien que ce blog -et ce n'est pas grand chose- va à l'opposé de ces fausses- idées !
Rédigé par: cuzco | 18 janvier 2006 at 11:04
Gilles, autant pour moi. J'ai cru dans ton premier post que tu te concentrais sur la fonction publique d'Etat comme tant d'autres... Je ne suis pas certain que l'on puisse rogner des masses sur la fonction publique hospitalière, à moins de "privatiser" une partie des services de santé, mais le coût social restera le même (pas le même canal de financement). Nous sommes d'accord, c'est sur la décentralisation qu'il y'a énormément à faire! Elle a été impulsée, maintenant il faudrait la rationaliser.
Guillaume, il m'a semblé à lire le texte que c'était plutôt un RMI qu'un SMIC. Et s'il n'y a pas de texte, il suffit d'en créer un. Une coopération renforcée, par exemple?
Rédigé par: Tonio | 18 janvier 2006 at 11:22
Il faut en effet s'opposer à cette intoxication droitière sur le vide des idées à gauche.
C'est d'ailleurs parfaitement contradictoire avec ce qu'on entend ici ou là sur le fait que la droite emprunte des idées à la gauche, comme la sécurisation des parcours professionnels, la taxation des cotisations assise sur la valeur ajoutée, la parité, l'application plus stricte de la loi SRU, ...
On n'emprunte que ce qu'on ne possède pas.
Qui plus est, comment pourrait-on critiquer ce qui n'existe pas ? Or le Club de la Boussole vient de commettre un article sur l’incohérence supposée du programme socialiste :
http://www.lefigaro.fr/politique/20060117.FIG0067.html
C’est donc bien qu’il y a un programme, reflétant une ligne politique générale.
La vraie critique pourrait reposer sur la multiplicité des propositions et leur diversité mais pas sur l’absence d’une direction politique qui s’est gauchie du fait :
1. De la droitisation de la politique du gouvernement.
2. De la volonté d’entendre les attentes du peuple de gauche.
Il ne faut quand même pas oublier que le projet sera présenté en juin prochain, et que nous aurons de nombreux mois pour en débattre. Tout ce qu’on peut souhaiter, c’est que le projet final soit « lisible » par l’opinion. Le débat sur le TCE a montré que les pavés jargonnesques suscitent le rejet. On attend de DSK qu’il présente un projet alternatif à la droite, réformiste, audacieux et réaliste à la fois, tout à fait ce qu’il a commencé à dessiner le week-end dernier.
On attend aussi qu'il continue à afficher une détermination sans faille dans la course. Pour dire un mot sur Jospin, je trouve en effet dommage qu'il ait "calé" en 2002. Les échecs font partie de la vie politique et de la vie tout court. La capacité à remonter en selle est pour moi une qualité primordiale. J'aurai préféré qu'il continue mais par caractère et conviction éthique il a préféré se retirer. De l'eau a coulé sous les ponts, et nous savons aujourd'hui qui a été de tous les combats et qui n'en a pas été.
Rédigé par: Aiglon | 18 janvier 2006 at 12:10
Mr Strauss Khan,
Comme en 1981, ce pays a besoin d'un grand bon en avant. Nous avons tout pour le réaliser rapidement: Qu'attendez-vous pour le faire?
Je m'étais éloigné de la politique volontairement, grâce à vous, je ressens l'envie et le besoin de m'investir de nouveau dans la culture et la politique mais vous êtes encore trop timide, pourquoi?
Christophe.
Rédigé par: christophe A. | 18 janvier 2006 at 12:18
je croise les doigts pour que le PSE se saississe de cette possibilité et de ce texte
Rédigé par: brigetoun | 18 janvier 2006 at 12:40
L'indexation des salaires (hors SMIC) sur l'inflation a malheureusement des effets inflationnistes colossaux : les salaires perdent dans les faits tout ce qu'ils y gagnent, et tous les revenus non indexés y perdent énormément. C'est l'exemple même de la fausse bonne idée. Tant pis.
Rédigé par: Adrien | 18 janvier 2006 at 12:48
En effet, les effets pernicieux de l'échelle mobile des salaires ne sont plus à démontrer.
Mieux vaudrait, sans doute, et je ne sais sous quelle forme, qu'une plus grande part des résultat d'une entreprise soit obligatoirement consacrée à l'augmentation des salaires, avant rétribution des actionnaires.
Un système de retraite en partie axée sur la capitalisation obligatoire, non pas dans l'entreprise, mais dans un fonds français qui prendrait plus de poids dans LES entreprises françaises et ne serait pas tenu à une rentabilité supérieure à 2,5 à 5% l'an, comme c'est le cas en Suisse?
Mieux utiliser le système d'obligations convertibles?
La tendance actuelle de laisser les investisseurs réclamer un retour de 15% est mortifère à terme.
Rédigé par: JC Genoud-Prachex | 18 janvier 2006 at 13:28
une plus grande part des résultatS.
Navré pour la faute d'inattention
Rédigé par: JC Genoud-Prachex | 18 janvier 2006 at 13:37
Bonjour a tous
Je voudrais tout d abord remercier l ensemble des bloggers, j apprend beaucoup de chose sur la politique en France. Je n ai pas la pretention d une telle connaissance.
Clin d oeil d un citoyen expatrie quelques mois dans un pays dont le taux de chomage est de 70% (le Perou), cela donne du recul.
Je pense que Mr Strauss Khan est l homme de la situation, mais j ai bien peur que les querelles de son parti ne profitent encore aux gens en place, et dont la mediatisation a outrance me font douter sur la liberte de la presse et de la television.
Je trouve que notre situation economique est nombriliste, et bien française, et cela depuis des annees. Le gouvernement actuel,soi disant liberal mais plutot nationaliste voir ultra nationaliste, n arrange rien et cela devient effrayant.
Je tairais le nom d un ministre de l interieur, avant aux finances, dont la seule croissance vient des effectifs policiers et de nouvelles lois qui sont a la limite d une democratie.
Mais ou va mon pays???
Nous avons pris un retard considerable sur nos concurrents europeens. A part quelques grosses cylindrees, nous vendons tres peu, et cela essouffle notre economie.D autant plus que nos charges sont bien lourdes a porter.
Comment entreprendre en France a l heure acutelle???
Il faut etre fou pour prendre un tel risque¡¡¡
Donnons nous les moyens d entreprendre et d exporter, d etre competitif au niveau mondial. Nous sommes en tete dans beaucoup de domaines, mais malheureusement pas dans les ventes, et surtout bien peu.
Nous avons 5 milions de personnes au chomage, sacree entreprise de savoir faire qui ne fait rien¡¡¡
L echange international est le moteur le plus important pour faire avancer un pays, je pense que la politique sociale est une bonne chose, mais elle va mourir si nous n avons plus les moyens de la financer.
Rédigé par: nicolas | 18 janvier 2006 at 13:45
Bonjour,
Certains critiquent la croissance des effectifs despoliciers !!
Et alors !!
1 - ça fait des chomeurs en moins
2 - si certains "français" ne sont pas capable de se tenir tranquille, il faut
bien des forces de l'ordre pour justement rétablir l'ordre.
Lorsque vous aurez été agressés ou insultés dans un train, dans la rue ou
ailleur, vous aurez peut-être une vue un peu plus réelle de la situation.
Je ne suis ni de gauche ni de droite, simplement un français qui observe
la situation telle qu'elle est.
Rédigé par: Arthur | 18 janvier 2006 at 14:48
Cher monsieur Strauss-Kahn (dont je me souviens des cours d'économie à Nancy, à la fin des années 70),
je crois sincèrement qu'au-delà de toutes les idées que vous pourrez exposer afin de nous convaincre de vous confier les clés de la Maison France, il est une valeur que vous vous devez de promouvoir comme condition sine qua non si vous souhaitez retrouver notre confiance : l'exemplarité. Car si nous sommes nombreux à être conscients que cette époque est particulièrement difficile pour un grand nombre de nos concitoyens (pendant qu'une minorité mène grand train), il serait bon, sans démagogie inutile, que vous vous engagiez à réduire de façon drastique le train de vie de l'ensemble du personnel politique. Halte au cumul des mandats, halte aux passe-droit, halte aux grosses cylindrées et autres voyages en avion, halte aux comportements de voyous (sur la route notamment), halte aux villégiatures dans certains pays voisins. Engagez-vous à redevenir, dans votre quotidien, de simples citoyens, présentez-vous comme des hussards de la politique, intègres, qui proscrivent la langue de bois et qui mettent en accord paroles et actes. Passez au karcher la gauche caviar qui fait tant de mal à la gauche. Et surtout, épargnez-nous vos lendemains meilleurs, car nous savons qu'ils ne sont qu'un leurre. Ainsi, peut-être, serez-vous plus crédibles, quels que soient vos talents.
Rédigé par: Denis | 18 janvier 2006 at 15:51
Merci Arthur pour ton intervention.
Mais en aucun cas je ne critique les effectifs policiers, n y n approuve le comportement de certains individus.
Je ne fais que constater que nous centralisons ces problemes et que les partis politiques en font leur embleme de campagne electorale. Ajouter a cela une publicite televisuelle sur les metiers de la police, entre reportages et telefilms. Le recrutement ne manquera pas...
Et tout cela nous ecarte des vrais problemes de notre societe.
Ce n est pas avec des armes qu on stoppe une guerre...
Rédigé par: nicolas | 18 janvier 2006 at 16:06
A lire sur le site du Nouvel Obs :
http://permanent.nouvelobs.com/politique/20060118.OBS2580.html
Une idée originale et audacieuse de DSK : l'accès à la nationalité par l'inscription sur les listes électorales !
Néanmoins, je ferai juste deux remarques : DSK parle d'acquisition de la nationalité par "le vote". Or le dispositif imaginé prévoit en réalité , si j'ai bien compris, l'acquisition de la nationalité par l'inscription sur les listes électorales q(ui se ferait selon les mêmes conditions que pour la naturalisation). Mais s'inscrire sur les listes, ce n'est pas voter... On ne le sait que trop bien en ces temps où l'abstentionnisme se banalise. Faudrait-il alors prouver que l'on a voté avant d'acquérir la nationalité ou considérera-t-on que l'inscription sur les listes suffit.
Autre question : les citoyens européens qui s'inscrivent sur les listes électorales complémentaires (en vue des élections municipales et européennes) pourraient -il bénéficier de cette mesure ?
Rédigé par: Guillaume, Strasbourg | 18 janvier 2006 at 16:15
Merci à l'équipe de DSK de mettre rapidement en ligne toutes les propositions de DSK !
Rédigé par: Guillaume, Strasbourg | 18 janvier 2006 at 16:17
à Denis:
Magnifique, cette idée, et cette expression "les Hussards de la politique"
Que de reminiscences, que de nostalgies, que d'espoirs peut contenir cette expression, dans sa référence aux "hussards de la république".
Une idée de pureté, d'idéal, de probité, d'intelligence, de réalisme quant on pense à tout ce qu'ont réalisés les "hussards de la République", qui ont su donner à la France entière une éducation, une morale, un esprit civique qui nous font tellement défaut actuellement.
Chacun des français d'un "certain âge" a en mémoire ce ou ces instituteurs pour lesquels le "code soleil" était une vraie religion, et qui ont tellement marqué les jeunes esprits quils étaient chargés de former.
Et puis, ils ont construit cette économie solidaire et coopérative dont les vestiges actuels peuvent encore être cités en exemple, même si, parfois, on ironise (mal) à leur propos.
Il n'empêche que ces structures ont su évoluer, et qu'elles affrontent victorieusement l'épreuve de la durée, grâce aux valeurs qu'elles ont su transmettre d'une generation à l'autre.
Il ne s'agit pas de s'en moquer, mais d'étudier comment un idéal laïque, républicain, associatif et solidaire est arrivé intact juqu'à la 3ème ou 4ème génération, comme c'est le cas actuellement.
Et d'en tirer les leçons?
Rédigé par: selene | 18 janvier 2006 at 16:20