Pour le socialisme de l'émancipation
DSK a signé une tribune pour le numéro de novembre de la Revue socialiste intitulée "La réponse à la crise du modèle social français : le socialisme de l'émancipation". Vous pourrez la lire en cliquant ici : en cliquant ici
DSK a aussi signé un article dans le numéro spécial de fin d'année de Newsweek. Vous pouvez le lire en cliquant ici : Download on_a_modern_path.doc
Equipe DSK
Je cite :
"Face à cette réalité, il y a trois réponses politiques devant nous. La première est celle de la droite : la rupture avec le modèle social français. Elle est inacceptable."
C'est trop court ! Pourquoi est-ce inacceptable ? Il me semble exister par ailleurs un quatrième chemin possible qui est la réinvention sur les mêmes valeurs d'origines remise à jour (évolution) mais avec des outils totalement réinventés (rupture sur ce point seulement).
""Au cœur de la crise, il y a l’explosion des inégalités."
Globalement d'accord mais pas sur ce qui est discriminant. Le problème n'est pas qu'aujourd'hui que l'écart de richesse grandisse entre riche et pauvre (le pauvre d'aujourd'hui est moins pauvre que celui d'hier), mais bien que malgré l'augmentation de cette richesse, le pauvre soit encore plus en état de désespérance et que la solidarité des riches envers les pauvres semble diminuer au fur et à mesure où grandissent les possibilités. Il s'agit plus d'une injustice "d'humanité" que de porte monnaie à mon sens.
"Par ailleurs, le capitalisme industriel est devenu financier."
Oui totalement, ce qui déshumanise encors plus l'entreprise en tuant les entrepreneurs : on ne gère plus des hommes pour bâtir un projet mais des ressources pour maximiser le profit.
"Aujourd’hui, avec l’affaiblissement des statuts collectifs, chacun tend à jouer sa carte personnelle : chaque salarié devient responsable de son parcours professionnel, de sa réussite ou de son échec."
Pas totalement d'accord : cela passe sous silence les réseaux, éléments structurants de notre société (d'abord par les écoles) mais aussi du capitalisme financier actuel (les groupes de pression). Sans réseau, notre société bénéficierait sans doute d'un plus grand niveau d'égalité des chances.
A part cela, je regrette qu'il n'y ait rien sur la structure de la maison collective : il est difficile de vivre dans une maison hantée par de mauvaises pratiques. Il me semble nécessaire de revisiter l'égalité collective au-delà des ZEP : revister le principe pour la nation et l'appliquer dans l'égalité réelle (ici pour l'éducation).
Voila pour mes commentaires un peu rapides. Il me semblerait également utile d'un faire une synthèse imagée et de le publier dans un coin du blog pour ceux qui se sentent peu à l'aise avec ce genre de texte.
Rédigé par: Bloggy Bag | 12 décembre 2005 at 18:02
Je ne dirais rien sur l'analyse des problemes car beaucoup en parle sans donner de reel solution. Il est plus facile de poser des questions que d'y repondre. Je m'interreserai donc uniquement a la derniere partie: à mon avis meme si c'est temps ci la notion a beaucoup ete devoyé la decentralissation peut etre largement utile pour permettre à des regions de mieux s'en sortir car on reste tres parisiens. il suffit de voire le tollé suscité par le depart de l'ENA pour Strasbourg. Meme si les moyens doivent suivre, une piste d'avenir c'est celle là, le principe de subsidiarité appliquer à la france. Je partage la meme analyse que vous sur les ZEP, n'oublions pas que l'une des causes de la revolution française c'est la fin du passage de la bourgeoisie à la noblesse c'est à dire la fin de l'ascenceur sociale. Il ne faut donc pas s'étonné que la plupart tourne mal quand il n'ont pour seul avenir que le macdo du coin ou encore un passage à la starac.
Rédigé par: Jeremy | 12 décembre 2005 at 18:25
Je vous suis dans cette démarche consistant à mettre + de moyens au service des ZEP. cependant je pense qu'il faut diversifier ces aides entre l'école et l'après-classe. En effet, les enfants, confinés dans un logement exigüe ne peuvent pas se concentrer sur leur travail, ils perdent pied et démissionent. Ils n'ont pas de devoirs à la maison me dira-t-on, mais ils peuvent avoir envie de lire; dès le secondaire ils ont du travail perso à la maison, besoin de revoir des cours qu'ils n'ont pas bien compris, c'est là une attitude à cultiver dès la prime enfance. Il serait donc interressant de prévoir de "maisons d'études" dans les quartiers, annimées par des enseignants, par exemple les vacataires qui n'ont pas de poste qui pourraient arrondir leurs indemnités de chômage. Les éducateurs pourraient également aider dans ce cadre. Les assos y auraient une place privilégiée. L'important c'est d'offrire à ces gosses un lieu propice à la concentration pour qu'ils ne se décourragent pas de leurs echecs.
Rédigé par: octave | 12 décembre 2005 at 20:57
Très bonne analyse. Mais on sent, sur la fin, que les réponses commencent à s'élaborer et que le programme n'est pas encore complètement établi : il manque notamment un large passage sur l'économie sociale, qui pourrait incarner efficacement le "socialisme de l'émancipation" dont vous parlez. Ce fut une des grandes réussites de la gauche plurielle. C'est l'héritage qu'il faut assumer à gauche, vers ce socialisme plus girondin, plus 'utopique', qui fait le pari du développement local, qui redistribue en direction d'un modèle alternatif et crédible, qui peut faire changer les choses : sous la pression du commerce équitable (et malgré ce qu'on peut dire de ce système), les grandes entreprises se portent aussi sur ce créneau : la solidarité. L'enseignement peut aussi jouer un rôle : on apprend l'économie à l'école, on n'apprend pas l'histoire de l'économie sociale ! Si on nous apprend l'inquiétude face à l'horreur économique, on nous conditionne aussi à adopter cette mentalité individualiste, celui du parcours personnel, des carrières individuelles. Vous l'avez dit, la France ne fait plus société et qu'est-ce qui, à l'heure actuelle fait plus société que le monde associatif ? A l'époque des emplois-jeunes, d'incroyables projets ont pu voir le jour, en même temps que le chômage régressait, c'est l'héritage socialiste qu'il faut revendiquer ! Et ce projet sera très facile à 'vendre' à une gauche élargie (avec les Verts et même une partie de l'électorat communiste et de la LCR).
Monsieur Strauss-Kahn, je sens bien que vous cherchez encore une force de proposition, alors que votre grille d'analyse est maintenant bien rôdée. Il faut que vous parliez plus de l'économie sociale, de l'alternative qu'elle représente, du modèle qu'elle porte, de ce que l'Etat peut mettre en oeuvre pour redistribuer en sa faveur ! Car autant que l'emploi, la France a besoin de se poser la question du sens, de tisser à nouveau du lien social, d'avoir le sentiment de conduire un grand projet collectif !
Remontons à la source du socialisme que l'on disait utopique à une époque et qui pèse maintenant entre 10 et 15% sur le marché de l'emploi.
Il y a d'autres pistes à explorer, bien sûr, mais il faut que le PS soit plus clair avec ses propositions, qu'il réussisse à les synthétiser sous un angle particulier, qui semble englober tous les autres et apporter des solutions. Vous le savez, en politique il faut parfois résumer sa vision des choses et appuyer sur une formule, sur ce qui sera l'idée directrice du nouveau socialisme, de l'action du socialisme en France et même en Europe. Par exemple, une phrase telle que : "l'économie sociale, s'associer pour entreprendre autrement" dit tout en très peu de mots : le programme et la rénovation !
Pensez-y, l'histoire pourrait bien s'en souvenir et prendre une nouvelle direction, un second souffle (l'Europe serait fidèle à son humanisme, elle pourrait entraîner avec elle l'Amérique du Sud, l'Afrique, au travers de la coopération décentralisée) !
Effectivement, vous avez encore raison, les conditions sont réunies pour proposer un renouveau de l'action politique, il ne faut pas passer à côté de cette occasion ! Agissons maintenant !
Rédigé par: Praxis | 12 décembre 2005 at 21:07
Ad. : s'il vous manque un conseiller spécialisé dans ce secteur, pour dresser une carte de l'économie sociale aujourd'hui et sur les possibles de demain, j'en connais un de très talentueux !
Rédigé par: Praxis | 12 décembre 2005 at 21:13
Cette idée d'"ouverture de capital" dans l'encadrement de grands projets (pour le bien de la collectivité ou de la nation) me turlupine car c'est là que les choses peuvent prendre forme, d'un côté ça pourrait booster "la réforme" du service public et de l'autre redonner du sens et une certaine légitimité au service privé, mais il s'agit de construire de solides fondations afin de se mettre confortablement en accord sur le(s) projet(s) ...
Rédigé par: bilou | 12 décembre 2005 at 21:48
la "refonte" me plait +, mais c'est comme avec une femme ces choses là, il faut un sentiment de confiance donc de sécurité et surtout ne pas négliger nos pratiques fraternelles, d'égalité même si elles peuvent parfois paraître un peu lubrique de prime abord
Rédigé par: bilou | 12 décembre 2005 at 21:53
Octave a indiqué les bons chemins à developper..
une idée forte serait de décider que l'état aiderait, au travers d'une "coopérative de requalification", ou autre nom, permettant à ce type d'entreprise de s'intégrer dans le tissu économique sans s'attirer les foudres des entreprises voisines, et celles de la commission européenne, l'ensemble des salariés licenciés d'une entreprise.
ceux ci possèdent toujours les compétences, la volonté, le nombre pour recréer, ensemble, quelque chose de nécessaire à la collectivité.
aidons cette coopérative à survivre, à créer, à former les personnels, dans le domaine de leur ancienne entreprise ou tout autre domaine intéressant localement même si ce n'est pas "rentable".
cela ne coûterait pas plus cher que d'envoyer les gens à l'ANPE, et leur permettrait de se sentir encore partie prenante dans la vie économique locale, et non d'être des assistés "jetés" à la rue après des années et des années d'investissement personnel.
le licenciement ne doit être que la fin d'une étape, et le début d'une nouvelle entreprise, de forme coopérative, soutenue par l'état durant une période identique à la durée actuelle des prestations chomage.
Les sociétés privées qui sont subventionnées par les fonds publics doivent, quand elles acceptent ces financements, renoncer à toute clause de non concurrence si elles décident de licencier..
vous allez constater que, très rapidement, elles vont y réfléchir à 2 fois.
actuellement, elles ont les subventions, et l'assurance de l'impunité. elles jettent, et ensuite, nul ne peut les concurrencer dans leur domaine...trop facile..
Rédigé par: selene | 12 décembre 2005 at 22:09
tu penses bien si demain chacun qui travaille le fait pour lui ou elle mais aussi pour le bien de la collectivité, c'est une mini révolution ...
Rédigé par: bilou | 12 décembre 2005 at 22:16
Et pourquoi ne pourrait il pas y avoir des tas de nouveaux riches avec la gauche ?
Rédigé par: bilou | 12 décembre 2005 at 22:21
car j'ai le sentiment que la gauche va en brasser du pognon
Rédigé par: bilou | 12 décembre 2005 at 22:25
Ce texte est un bon début qui a le grand mérite de proposer une démarche alternative et positive à l'idée de rupture de la Droite. Il manque un point important le FINANCEMENT. Comment finance t'on toutes les mesures d'emancipation sachant que l'impot rapporte de moins en moins ? Il nous faut des réponses claires sur ce sujet et pas de "on prendra l'argent ou il est" parce que justement on ne sait plus ou il est ou trop bien dans les paradis fiscaux. A l'heure du capitalisme financier l'impot sur le revenue est dépassé car il touche uniquement les classes moyennes.
Au passage comment cette droite a t'elle pu devenir reformiste et la gauche reactionnaire en quelques années. Quelle ironie de l'histoire quand meme !
Rédigé par: Guillaume à Grenoble | 12 décembre 2005 at 22:58
Sarkozy, la star de la connerie. Un blog contre Nicolas Sarkozy
http://www.u-blog.net/election2007
Rédigé par: Chris | 12 décembre 2005 at 23:59
J'étais tranquillement en train de lire l'introduction. Bien troussée, synthétique, bonne problématisation, très bonne initiative de remettre en perspective la conception socialiste au cours des temps, qui permet de comprendre sans trop de douleur le tabou ambient.
On vient à parler d'éducation.
Et tout d'un coup la conclusion de l'article...
Dommage, j'étais bien parti, pour une fois j'ai réussi de tout lire. Pas gavé au bout de deux paragraphes de la phraséologie militante et insipide habituelle.
En attendant, espérons que les militants PS comprennent. Mais au vu de leur psychologie un peu détraquée, c'est même pas ur, le poids des tabous étant si fort.
A part cela, je pense qu la problématique étant posé, il serait intéressant que DSK et son équipe nous gratifient de travaux similaires (je sais, il y a les contributions thématiques).
Autre message personnel : attention aux déconvenues en voulant trop axer la politique d'"émanicpation" en fonction de zones géographiques. En gros ça marchera, mais ça risque de laisser certaines personnes sur le carreau, particularisme locaux aidant.
Prendre la situation social des familles seraient plus intelligent, et au vu de ce que possède les bases de données des différents services, il est infomationnelement possible de faire le tri.
Rédigé par: Pierre-Alexandre | 13 décembre 2005 at 02:09
Ce texte est plus percutant que ceux que j'avais lus jusqu'à présent.
Il fournit un bon cadre pour un discours, mais il est essentiel que ça soit plus concret pour pouvoir le présenter dans des publications plus "grand public" et devant les médias. Notamment, il est nécessaire d'appuyer, de détailler les points de politique concrète sur lesquels vous, la gauche, entend porter l'effort. Il faut aller bien au-delà des ZEP qui sont nécessaires, mais qui ont été galvaudées. A mon avis, pour être plus percutant sur cette notion, il faudrait aussi insister sur d'autres spécificités de ces "nouvelles écoles" que le simple effectif d'élèves par prof. Y compris sur la nécessité de maintenir l'"ordre républicain" dans ces écoles.
Un point nécessaire sera de bien savoir comparer et même différencier la politique de "concentration des moyens" de la notion de "discrimination positive". Cette notion de "discrimination positive" de Sarko a fait "tilt" dans les esprits, mais concrètement, il semble bien embarrassé pour lui donner un contenu concret, et ça finira bien par se remarquer un jour : il est important de montrer que pour la gauche, il y a un contenu concret.
La politique du logement est évidemment essentielle, et elle a aussi l'avantage de concerner un peu tout le monde. L'idée d'inciter/imposer un quota de logements sociaux dans chaque nouveau programme de construction me semble une idée à creuser.
Je pense aussi qu'il serait bon d'insister sur la politique d'insertion et d'emploi des jeunes sur le marché du travail : il y a pas mal d'idées là-dessus dans la motion du PS, et je pense qu'on peut faire rentrer ça dans le socialisme d'émancipation : "que chacun puisse donner le meilleur de lui-même".
Concernant le financement, je sais que c'est toujours difficile à porter comme politique, mais je souhaite que tout en soulignant l'importance de la croissance (vos réussites passées dans ce domaine et la manière dont vous entendez la promouvoir dans le futur), vous n'hésitiez pas à dire que si la croissance n'est pas suffisante, vous allez revenir, dans le cadre d'une grande réforme fiscale, sur les réductions d'impôt sur le revenu non seulement prévues pour 2007, mais aussi accordées depuis 2002 (voire 2001). En précisant qu'en fusionnant IR et CSG, tout le monde ou presque paiera l'impôt, mais que les plus aisés seront plus mis à contribution, et que la progressivité de l'impôt sera rétablie.
Je crois que vous avez envisagé une hausse de l'impôt sur les sociétés décidée au niveau européen, mais je crois que pour bien comprendre la différence entre la droite et la gauche, il est nécessaire d'insister sur la différence entre l'impôt sur le revenu et la fiscalité sur les entreprises, les baisses de l'impôt sur le revenu ayant servi essentiellement une politique de classes, sans avoir d'effet réel sur le maintien d'entreprises sur le territoire : là-dessus, les arguments de la droite sont faciles à contrer.
Encore un point : en tant que Français moyen, je vois beaucoup de gens qui disent "non" au communautarisme, mais je ne comprends pas bien ce que c'est que le "communautarisme". Si ça n'est pas plus clair dans la tête des autres gens que dans la mienne, il me semble nécessaire de développer plus que de simplement dire "non au communautarisme" (je suis peut-être un cas spécial, mais même la notion de "laïcité" ne me parle pas trop, sachant que je suis athée et sans éducation chrétienne, c'est peut-être ce qui explique que ce thème ne me parle pas : la loi sur le voile m'a semblé bien futile).
Je n'aime pas trop aussi la phrase "la gauche refuse l'abandon du modèle social français ... pour des raisons éthiques ... pour des raisons politiques" : dire "pour des raisons de justice et d'égalité" ça me parlerait beaucoup plus, c'est plus concret.
Un dernier point : 1er paragraphe après "le chemin de la rénovation" : "la constatation libérale du traité constitutionnel" : ne serait-ce pas plutôt "la contestation" ? je comprends mal cette expression.
Rédigé par: duong | 13 décembre 2005 at 04:04
La péréquation entre régions riches et pauvres me semble aussi importante à insérer dans ce cadre.
Là aussi, Sarko essaie de se positionner sur ce thème, mais il n'y est pas du tout crédible : c'est bien qu'il alimente comme ça des thèmes de gauche, mais il faut savoir l'utiliser !
Rédigé par: duong | 13 décembre 2005 at 04:10
Passionnant ! C'est exactement ça qu'il faut proposer : un nouveau "logiciel", une nouvelle grille de lecture de notre pays et un nouveau code politique. Bonne chance pour l'édification d'un programme dans cette veine. Fini la politique des rustines, les Français ont besoin de croire qu'un projet les attend en 2007, un projet construit, qui "se tient" et qui apporte des solution lucides aux problèmes concrets. Mais pour l'instant l'éventail des propositions tourne un peu court...
Rédigé par: Guillaume | 13 décembre 2005 at 04:13
Ce qui me frappe, c'est qu'en fait, dans certaines lectures j'ai l'impression que Sarkozy essaie de se placer sur tous ces thèmes qu'il me semble, vous avez développés avant lui
... et sur lesquels la gauche est beaucoup plus crédible, si ses idées sont bien diffusées dans les médias, et avec suffisamment de conviction.
J'ai l'impression aussi que toutes ces idées, vous les aviez développées avant, mais que Sarko a un discours plus concret sur ces thèmes.
Je dois dire que j'ai été un peu déçu dans l'émission de jeudi, par votre ton un peu trop généraliste et "philosophique" ou technique (économie) : il me semble qu'avec un discours plus concret, et plus d'exemples, votre discours serait mieux passé (parfois, jeme surprenais à penser que Voynet ou Besancenot avaient été plus percutants et emportaient l'adhésion, alors que votre idée sur le fond avait été plus juste). Mais bon, on a déjà dû vous le dire...
Rédigé par: duong | 13 décembre 2005 at 04:21
J'ai l'impression qu'une bonne partie des propositions de la motion du PS peuvent rentrer dans ce cadre.
Rédigé par: duong | 13 décembre 2005 at 04:22
Votre diagnostic des maux de notre societe est exact, mais ce n'est pas cela qui est difficile a accomplir (la preuve: chirac le fait si bien), c'est plutot les solutions.
Celles ci aussi ont du merite. Votre approche utilitarienne semble avoir beaucoup de qualites. L'idee d'une veritable egalite des chances, qui ne serait pas juste une utopie, mais qui se traduirait concretement par une redistribution acceleree est tres seduisante. Bien sur cette redistribution, dans la tradition republicaine francaise, serait basee sur des considerations economiques et sociales et non pas sur des criteres raciaux ou religieux.
Mais la question qui se pose est celle de la provenance des fonds qui seraient utilises pour assurer cette egalite de "capital public". La seule solution serait d'augmenter l'IR et l'ISF, des reformes qui contribueraient a la fuite du "capital" auquel vous attachez une telle importance. D'ailleurs ce n'est pas en suggerant une augmentation des impots que les socialistes arriveront au pouvoir en 2007...
Rédigé par: Axel | 13 décembre 2005 at 06:56
Le grand merite de votre initiative semble en effet etre celui que nous fait remarquer Guillaume: en donnant a la France un veritable "projet social", un climat de confiance sera reetablie et la France sortira de son "malaise" (psychologique d'une certaine maniere) ce qui contribuera a la croissance et replacera la nation dans le cercle vertueux que vous decrivez si bien.
Rédigé par: Axel | 13 décembre 2005 at 06:59
Peréquation entre régions riches et pauvres ? Je ne vois pas pourquoi. Les gens qui décident de s'installer dans des endroits réculés ne payent pas plus d'impôt que les autres en revanche ils achètent maison et terrain moins cher. Cette moins-value est consécutive du moindre confort. Si on veut un bureau de poste au coin de sa rue, alors on va en ville où le logement est plus cher...Ras-le-bol de cette culture de l'assistanat généralisé qui est devenue un encouragement à se laisser porter par la collectivité bienveillante.
Rédigé par: Boniface | 13 décembre 2005 at 10:30
voici quelques nouvelles des tensions raciales en Australie puisqu'apparemment même Le Monde ou France 2 pour ne citer qu'eux ne sont pas capables de nous informer de cela...
http://www.smh.com.au/news/national/emergency-powers-to-stop-riots/2005/12/13/1134236033030.html
lien vers le site du Sydney Morning Herald, "Le Monde" local...
"An emergency session of parliament on Thursday will give police powers not seen since the 2000 Sydney Olympics
Under the new measures, police will have the power to:
- declare lock-down zones
- confiscate vehicles
- shut down licensed premises
- impose temporary alcohol-free zones
- remove the presumption of bail for the offences of riot and disorder
- increase the penalty for riot by five years to 15 years in jail
- double the penalty for affray to 10 years in jail."
bref, tout cela consiste en nombre de pouvoirs discrétionnaires pour la police qui pourra confisquer des véhicules, boucler des zones, fermer des débits de boissons, interdire la vente d'alcool sur certaines zones, dénier aux présumés coupables d'émeutes certains droits de la défense, et la politique sécuritaire va aller jusqu'à 10 ans de prison pour bagarre et 15 ans pour émeutes...
je dis cela pour relativiser une fois de plus ce qui s'est passé en France, car là-bas dans ce pays ultramajoritairement blanc, c'est à une véritable "chasse au basané" que certains éléments "hooligans" se livrent, par centaines, et le gouvernement prend la situation très au sérieux...
c'est toute l'image "idyllique" du multiculturalisme façonné par le gouvernement australien qui en prend un coup...
on peut d'ailleurs remarquer que CNN ou BBC World qui faisaient la une sur ce qui se passait en France n'accordent guère d'attention à ces derniers événements,en tout cas pour l'instant...en effet pour ces media c'était intéressant de critiquer la France, par contre les limites d'un modèle d'intégration anglo-saxon qui pourtant supporte tellement moins d'immigration que le modèle français dont les rigidités économpiques ne permettent pas d'employer facilement les immigrés, ces limites là gênent ces media mondiaux...leur modèle multiculturel est carrément remis en cause...il y a véritablement de la haine entre certaines communautés...
je trouve surréaliste que les media n'en parlent pas, les tensions couvrent peu à peu tout le pays, jusqu'aux paisibles Adelaide et Perth...qui pour être des zones urbaines de 1/1.5 millions d'habitants ont beaucoup moins d'immigration que vais-je dire Montpellier, une aire urbaine de 500.000 habitants...
tous ceux qui sont habitués à lire l'anglais devraient consulter www.smh.com.au pour en savoir plus...
pour finir, je trouve que c'est tout à l'honneur de la France de se remettre en question et débattre autour de son Histoire comme hier dans Mots Croisés avec Yves Calvi j'ai trouvé le débat d'excellente qualité...
regarder son passé désormais lucidement c'est une exception française dont on peut être fier...
et manifestement ce qui se passe en France a une certaine influence, même si on décrit la France comme un pays en déclin...
je pense en effet que les interrogations sur le communautarisme qui ont lieu en France se déplacent dans ces pays de tradition et d'essence anglo-saxonne...
enfin, il faut croire que si le peuple australien, à l'instar du peuple anglais, s'est manifesté contre la guerre en Irak faite par leurs dirigeants, ce n'était manifestement pas par amour des moyen-orientaux...
Rédigé par: julien | 13 décembre 2005 at 10:34
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3216,36-720503@51-720078,0.html
désolé, apparemment Le Monde mentionne cette actualité citée ci dessus, là
Rédigé par: julien | 13 décembre 2005 at 11:01
Vous avez entammé une reflexion interressante, il faut maintenant la nourir et la faire grandir. Je vous propose donc des pistes, certes imparfaites et peut-être utopiques, mais, je le pense, suffisemment généreuses pour que l'on y réfléchisse. Car la bonne politique n'est-elle pas l'art de conduire harmonieusement et généreusement un peuple vers son destin?
Vous dites :
« le partage de la valeur ajoutée se déforme en faveur du capital au détriment du travail » puis
« les investissements dépendent de la compétitivité des entreprises et de l’attractivité du territoire, or les prélèvements fiscaux et sociaux les handicapent »
Deux pistes d’études fort intéressantes à suivre.
Il faut donc favoriser le travail et donc les travailleurs. Plutôt qu’actionnariat populaire, je pense plus judicieux d’intéresser au bénéfice. Le créateur d’entreprise ne peut envisager de partager ce qu’il a crée après 25 ans d’activité au détriment de sa famille… Il faut que le salarié de l’artisanat ou de PME soit traité sur un pied d’égalité avec celui des grands groupes. Cet intéressement, qui ne constitue pas une charge,important (de 10% à 15% du bénéfice redistribué) doit être disponible, soit immédiatement (il rentre alors dans le revenu annuel du salarié), soit sous forme de capitalisation d’entreprise inaliénable (portant intérêts annuels) totalement défiscalisé au terme de 8 ans ; les retraits intermédiaires étant imposés par péréquation. Ainsi le salarié participe à la prospérité de l’entreprise et aux fruits de cette prospérité.
Il faut favoriser la création d’entreprises pour la création d’emplois. La compétitivité repose sur deux piliers, la productivité et la concurrence. Si la productivité est un atout pour la France, la concurrence est une faiblesse. Faiblesse parce que le Commercial est tenu dans un cadre rigide et ne dispose pas de grandes marges de manœuvre d’où une réactivité limitée. Mais faiblesse surtout parce que le coût de production ne supporte pas de variable. Outre la matière première qui se négocie, ce coût est soumis à la charge salariale, aux impôts, taxes et contributions. C’est sur ces dernières que l’Etat peut influer. Dans un Etat égalitaire, il faut des mesures égalitaires et plutôt qu’une exonération généreuse sur certains secteurs géographiques ne serait-il pas plus productif de baisser uniformément la charge sur les salaires, premier handicap à l’embauche par l’artisanat que l’on dit « premier employeur de France ». Deuxième axe, baisse des impôts et taxes sur les sociétés donc baisse des charges, compensées par une imposition plus forte sur les bénéfices redistribués (sauf redistribution salariale) ainsi n’agit-on plus par des charges mais sur la richesse produite, donc sur une répartition de cette richesse. L’emploie crée du PIB, des rentrées de cotisations sociales, de la consommation donc de la recette fiscale,des économies de dépenses sociales. L’ensemble permet des économies budgétaires et donc autorise une baisse de TVA impliquant un gain de pouvoir d’achat… et nous rentrons dans un cercle vertueux.
Mais l’addition de toutes les vertus du monde ne supprimera pas la délinquance, et il faudra aussi lutter contre elle, ou avec elle ce qui serait encore plus généreux. Cette délinquance est avant tout associable parce que née dans une société discriminante. Il faut donc agir avec fermeté et pédagogie, punir, sociabiliser, former, insérer.
Que doit espérer un écolier prénommé Mouloud ou Rachid, lorsqu’il voit des grands frères avec bac+3 au chômage parce que leur nom ou leur prénom ne correspond pas au profil ?
Si une forte proportion de ces jeunes, qu’ils s’appellent Moukoud, Rachid, Christophe ou François, sort du système scolaire sans formation, il importe d’en trouver les causes et d’y pallier.
S’ils font des « conneries » pour sortir du lot commun, et pourquoi pas vivre mieux que leurs parents, faut-il systématiquement les mettre dans la cage aux fauves d’où ils ne sortiront que plus sauvages et plus désespérés.
Les hors la loi doivent être puni, soit, mais que la punition soit relative à la faute et à ses conséquences. Les voleurs de pommes sont-ils plus coupables que le maire de Neuilly qui préfère payer pour concentrer ces voleurs de pommes loin de chez lui ?
Ces jeunes sont des voyous, ils sont sans formation, sans travail, sans esprit civique. Fort bien, donnons leur tout cela en guise de sanction.
Les camps militaires du Larzac, ou de Mourmelon, ou du Poteau (dans les Landes) n’ont plus l’utilité qu’ils avaient du temps du service obligatoire, utilisons les. Imaginons y créer une structure militaro-diciplinaire qui puisse offrir une porte de sortie dans la dignité.
Installons y un régiment de la Légion Etrangère, corps d’élite ou le respect de chacun est le maître mot, où le respect du régiment est une doctrine, où le commandant est un père sévère et aimant, où l’autodiscipline est un réflexe. Chargeons ces soldats de former, dans le plus pur respect des règles régimentaires et sans acrimonie aucune, les jeunes délinquants punis par la justice.
Ces jeunes, entre 16 et 25 ans, purgeront leur peine en 3 étapes.
-La première année ils ont une solde militaire réduite comme au temps de appelés soit 2 euros par jour ; ils restent consignés sur le régiment ; ils commencent une formation à un CAP (même s’ils ont déjà une formation autre par ailleurs). S’ils sont puni par l’autorité militaire, tours de consigne, salle de police ou emprisonnement, ils prorogent cette première année pécuniaire d’autant de jours à compter du 5ème tour de consigne, d’autant X 2 jours pour la salle de police, d’autant X4 jours pour l’emprisonnement.
-La deuxième année ils poursuivent leur formation militaire et scolaire. Ils sont rémunérés sur la base du RMI, bénéficient de 15 jours de congé par an et d’une permission de 48h par mois Le système de sanctions disciplinaire est applicable comme précédemment évoqué et leur solde est de 2 euros par jour de punition enregistré.
-La troisième année ils aboutissent leur spécialisation militaire et termine leur formation scolaire. Ils sont rémunérés comme des hommes du rang engagés, bénéficient des mêmes droits que les autres militaires. Cependant en cas de sanctions disciplinaires, leur solde est calculée sur la base du RMI par jour de punition enregistré.
A la fin des trois années ils doivent faire autant de jours supplémentaires qu’il y a eu de jours de punition, rémunéré sur la base du RMI.
Leur temps terminé, il doit leur être proposé un engagement prioritaire dans un régiment de l’armée de terre compte tenu de leurs aptitudes. Ils peuvent opter pour une formation supplémentaire afin d’intégrer l’armée de l’air ou la marine si tel est leur souhait. Ils doivent pouvoir intégrer prioritairement la Police si leur formation initiale permet leur intégration, ainsi leur origine leur permettra un meilleur contact avec les jeunes des quartiers défavorisés dont en général ils sont issus.
Ainsi ont-ils purgé leur peine, ils ont été sociabilisé, ils ont été formés, ils ont été traité dignement dans un régiment prestigieux et peut-on penser qu’ils auront découvert les vertus d’une société attentive à leur avenir et exempte de toute rancœur. Cette condamnation ne fait pas l’objet d’une inscription au casier judiciaire ; conformément aux règles de la Légion ils peuvent changer d’identité et la conserver.
L’état aurait tout à y gagner et ces « condamnés » ne coûteraient globalement pas plus cher que de les garder dans ses prisons.
De même il faut lutter avec conviction et acharnement contre toutes les discriminations et surtout contre la discrimination à caractère racial ou idéologique, avant tout dans le secteur public puis dans le privé. L’exemplarité doit être totale et sans nuance. Il ne faut plus voir le voleur de pommes condamné à 6 mois ferme quand le haut fonctionnaire, dirigeant une banque nationale, ayant dilapidé des milliards, bénéficie de la même peine avec sursit.
Rédigé par: octave | 13 décembre 2005 at 14:48