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05 octobre 2005

Les négociations s'ouvrent avec la Turquie

L'Union européenne a décidé lundi soir d'ouvrir les négociations d'adhésion avec la Turquie. C'est un sujet délicat, qui suscite des 
réactions très épidermiques. Tentons de le regarder froidement.

Premier constat, il est bien clair que la Turquie a vocation à adhérer à l'Union. L'ouverture de la négociation ne crée certes juridiquement aucun 
droit à l'adhésion. Le mandat de négociation prévoit même d'autres formes d'association possibles. Mais malgré tous les garde-fous prévus,
les Turcs ont fait un pas de plus vers l'entrée dans l'Union.
Deuxième constat, les négociations seront longues. Elles n'ont pas de terme prévu. 
Compte tenu de l'état actuel de la société turque et des problèmes que posent par exemple la laïcité ou le rôle de l'armée, il est évident que les
discussions vont durer plus que les processus précédents (4 ans et demi pour les derniers pays entrés dans l'Union, 8 ans pour l'Espagne jadis),
alors même que la première candidature a été formellement déposée il y a près de 40 ans.
Troisième constat, une majorité d'Européens sont actuellement défavorables à cette adhésion. La Turquie n'adhèrera pas tant que l'opinion 
publique européenne en rejette le principe : au moins deux pays - la France et l'Autriche -devront se prononcer par referendum.

Je voudrais en un mot vous dire ma position sur ce sujet. Je crois que, sur le principe, l'ouverture des discussions est une bonne 
chose. C'est positif pour le monde : le rapprochement de l'Union et de la Turquie montre que le "clash des civilisations" n'est
pas inévitable. C'est positif pour la Turquie: le processus d'adhésion est un formidable vecteur de stabilisation politique et de
dynamisme économique, comme l'ont montré l'Irlande, l'Espagne ou le Portugal. C'est enfin positif pour l'Union. Nous allons
bénéficier du dynamisme économique d'un pays jeune en pleine croissance, de ses ressources énergétiques et de ses besoins en
infrastructures. Nous allons bénéficier de son influence stratégique au Moyen Orient et dans le monde musulman. L'Europe sera
plus puissante sur la scène mondiale avec la Turquie que sans.

Cela étant, il reste que les étapes pour que la Turquie devienne pleinement un pays européen sont encore nombreuses à franchir : plein respect 
de l'Etat de droit, des droits de l'homme et de la démocratie ; capacité à intégrer le grand marché européen ; reprise de l'acquis
communautaire. Il reste aussi que l'Union doit se mettre en mesure d'absorber ce nouvel adhérent majeur : l'approfondissement devra
précéder l'élargissement. Il reste enfin que, en tout état de cause, si les opinions publiques européennes ne sont pas convaincues in fine du
bénéfice de l'adhésion turque, cette adhésion n'aura pas lieu.

C'est cela ma conception de la politique : dire ce que je pense juste pour le pays et travailler à faire partager cette conviction aux Français.

dsk

PS : vendredi 12 octobre, j'ai conclu les échanges sur ce thème.

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Voici les sites qui parlent de Les négociations s'ouvrent avec la Turquie :

» Envers et contre nous de KoZtoujours... tu m'intéresses
Aux dernières nouvelles, lUE aurait trouvé un accord en vue de louverture des négociations dadhésion avec la Turquie, lAutriche ayant levé son opposition. Il resterait à convainc... [Lire la suite]

» UE/Turquie : Les pourparlers de la dernière chance de L'autre monde
En ce moment à Luxembourg, l'Union Européenne est lancée dans les pourparlers de la dernière chance avec la Turquie. En effet, si un accord sur le cadre des négociations pour l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne n'est pas trouvé, [Lire la suite]

Commentaires

Prems!

Franchement, je vois pas pourquoi nous ne pouvons pas évaluer la possibilité de la turquie de faire partie de l'UE.

sarko, le bras droit de lepen et l'autriche, le fief du nationalisme en europe sont les seuls a ne pas être d'accord pour que la turquie rentre dans l'europe.

La turquie a des efforts à faire, notamment sur les droits de l'homme. Pour le reste, c'est leur culture et j'ai rien à dire.

Au fait, les manifs d'hier étaient superbes. Elles montrent que la mobilisation contre ce gouvernement de droite et de merde est toujours présente....

J'avais cru comprendre que DSK devait conclure les débats...
Dur de ne pas avoir de retour d'un responsable sur ce qui se dit sur ce blog.

L'adhésion de la Turquie à l'Europe aurait entre autres avantages celui de clarifier la situation de la frontière chypriote.
Actuellement, cette frontière n'est reconnue que par... la Turquie et ce en partie parce que les grecs de Chypre ont majoritairement rejeté la réunification de l'île, contrairement aux chypriotes turcs.

Je lisais hier que Jacques Myard, souverainiste UMP, se réjouissait de l'ouverture de négociations avec la Turquie, en ce qu'elle sonnait la fin d'une "Europe intégrée"... La fin d'une Europe qui a du sens, en fin de compte.

La Turquie ne me semble pas chercher l'adhésion parce qu'elle se sent européenne, ni géographiquement, ni culturellement. Elle souhaite adhérer pour bénéficier du libre-échange et des retombées économiques.

Un marché, voilà ce à quoi risque de se résumer l'Europe et ce n'est pas la conception que j'en ai.

En tout cas, la manière dont ont été menées les négociations ce week-end a montré une fois de plus que ce sont les Anglais qui mènent plus que jamais le jeu en Europe et que les Français sont "out".
Avec en plus un pouvoir faible en Allemagne, on ne peut plus espérer aucun leadership en Europe.
Il va falloir négocier pied à pied avec tous.
Le problème de l'adhésion de la Turquie est quant à lui reporté en espérant que la situation s'améliore d'ici là pour l'Europe et en Turquie.

DSK,

Votre post est un peu "sommaire" pour traiter d'un problème au combien d'actualité qui se nomme : L'élargissement de l'Union.

Je crois qu'une fois de plus on fait au PS l'amalgame entre générosité et réalisme économique et politique.

La Roumanie et la Bulgarie ne sont pas encore arrivés que l'on pousse toujours plus loin les limites géographiques de la zone de libre échange chère à la majorité des gouvenements libéraux d'europe.

Lorsque vous écrivez "le
rapprochement de l'Union et de la Turquie
montre que le "clash des civilisations" n'est
pas inévitable. C'est positif pour la Turquie:
le processus d'adhésion est un formidable
vecteur de stabilisation politique et de
dynamisme économique ..."

De quel clash parlez vous ? Serions nous à la veille d'un conflit armé avec la Turquie ?

Sommes nous en train de négocier avec un pays laïc ou sommes nous à la recherche d'un adhérent "musulman" ? En ce cas, puisque la Croatie vient d'obtenir sa requalification, pourquoi ne pas avoir intégré la Bosnie ?

Quant au vecteur de stabilisation, vous savez parfaitement que c'est l'armée qui est depuis l'ère moderne le "régulateur" des tensions de ce pays.

"Nous allons bénéficier de
son influence stratégique au Moyen Orient
et dans le monde musulman."

Vous croyez sérieusement que d'avoir des frontières avec la SYrie et l'Irak soit soit une bonne chose. Je crois que les USA (fervents défenseurs de l'adhésion de la Turquie)souhaitent transformer l'Union en co- gestionnaires minoritaires de leurs incuries dans cette zone du monde.

Je crois également que la notion de monde musulman est théorique et que vous confondez religion et esprit des nations. Il n'y a aucun point commun entre un citoyen Turc et un citoyen Yemmenite ou Egyptien !!!

"Il reste enfin que, en
tout état de cause, si les opinions publiques
européennes ne sont pas convaincues in fine du
bénéfice de l'adhésion turque, cette adhésion
n'aura pas lieu."

Je crois que cette phrase permets à tous les dirigeants politiques de calmer le jeu auprès de leurs populations. En effet, il s'agit d'une attitude à la manière de Ponce Pillate.

Soit nous avons par le passé donné notre parole à la Turquie et il faut honnorer cette parole, soit après 10 à 15 ans de conditions qui ressemblent plus à "jeux sans frontière" on renvera ces gens à la case départ.

Intégrant cette deuxième hypothèse, il me semble qu'il aurait mieux valut ne commencer aucune négociation.

La tension que vous évoquiez va monter années après année et nul n'est à même de dire comment se traduira le ressentiment de la poulation turque en cas de rejet.

Une fois de plus, un dossier magnifiquement préparé par nos responsable européens !!


Un peu hors sujet, mais je rejoins Fred :
Pourquoi n'y a-t-il pas d'analyse de la mobilisation d'hier ?
DSK serait-il contrarié par la réussite du mouvement ? (provocation gratuite !)

M Strauss-Kahn,
L'enjeu de l'entrée dans l'UE de la Turquie ouvre la perspective de la création d'une double Europe. Je me vois mal, en effet, vivre dans le pays Europe ayant pour région la Pologne, la Turquie ou le Royaume-Uni.
Il est certain que cette possible adhésion sera le vecteur à la création d'une Europe Fédérale réduite aux pays désirant s'unir encore plus entouré de pays ne désirant qu'échanger. J'attend beaucoup de cette entrée afin de booster l'intégration européenne à plusieurs vitesse.

On a quand meme l'impression d'une fuite en avant. Est ce que l'approfondissement n'est pas un préalable à l'elargissement ?

Certes, élargissement et approfondissement sont deux dossiers différents, mais il y a tant à faire pour faire de l'UE à 25 une zone economiquement et culturellement coherente.

Sinon, à l'attention de Fred, qui dit "sarko, le bras droit de lepen et l'autriche, le fief du nationalisme en europe sont les seuls a ne pas être d'accord pour que la turquie rentre dans l'europe", je ne savais pas que Manuel Valls, que Jean-Luc Melenchon ou meme VGE etaient des national-fascites averés...

L'approfondissement, c'est ce qui était cherché avec la constitution... c'était ça le projet que la France avait poussé, sans évidemment pouvoir faire valoir tous ses souhaits. Mais c'était la France qui était largement porteuse de ce projet, avec Joschka Fischer en Allemagne.
Maintenant, il n'y a plus personne qui en veut de l'approfondissement en Europe ... sauf quelques irréductibles rêveurs.
Dans ces conditions, si la principale crainte des "nonistes" du PS est effectivement la mondialisation et le "dumping social" comme ils le rabâchent à longueurs de discours, il serait peut-être bon que l'élargissement à la Roumanie (pays aussi peuplé que la Pologne, mais bien plus pauvre), à la Bulgarie et à la Turquie (je n'en parle pas) soit effectivement remis en cause.
A aucun moment il n'en est question dans la motion NPS-Emmanuelli, qui, après avoir torpillé ou s'être réjoui de l'échec de la constitution, préfèrent embrayer dans des rêves d'approfondissement que de se soucier des risques bien plus grands de ces "autres" élargissements.

Si l'on avait raisonné à l'époque en termes de menaces vis-à-vis de la démocratie, l'Espagne, qui sortait de l'ère franquiste, et le Portugal, qui avait connu cinquante ans de dictature colonialiste sous Salazar, Caetano et consorts, eussent-ils bénéficié du droit d'entrée dans ce qui était encore la Communauté européenne ?

Au contraire, c'est l'Europe qui a conforté la démocratie mais aussi permis le développement économique avec les fonds structurels. À l'époque, on parlait plus de l'ouvrier espagnol sous-payé que du plombier polonais.

On peut penser d'ailleurs que c'est l'hypothèse de l'élargissement qui a conduit -- insuffisamment peut-être, mais qui a conduit tout de même de manière appréciable -- à des progrès (la peine de mort eût été appliquée, sinon, à Ocalan -- personnage fort condamnable au demeurant).

Deux remarques :

1) Considérons les ensembles mondiaux pour le demi-siècle qui s'ouvre. États-Unis (et Aléna), Brésil, Chine, Inde pour les « mastodontes » (les U.S.A. seront forcés de prendre en compte une nouvelle multipolarité). L'Europe aura besoin à la fois d'une taille critique minimale (qui n'est pas celle de l'Europe des 15) pour peser, et d'une plus forte intégration (et il faudra bien reposer, malgré l'échec du traité constitutionnel, la question des coopérations renforcées). Istambul, c'est Constantinople -- qui fut la capitale de l'Empire romain d'Orient (Autant le dire en partie : la Turquie, c'est Byzance... ;-)).
Ouvrir des perspectives de développement durable en faisant reculer la misère et l'exploitation impliquera peut-être aussi qu'on renforce des coopérations en directions de l'ensemble Maghreb-Machrek. L'Europe, en effet, est à la fois continentale et méditerranéenne. Cela, sous des formes naturellement différentes de l'élargissement, la limite étant posée (avant ou après) avec la Turquie.
S'agissant de ce dernier pays, on verra bien au terme du processus qui prendra une dizaine d'années au moins où l'on se trouve et, à ce moment-là mais à ce moment-là seulement, si l'appréciation finale du dossier autorise une intégration au sein de l'Union européenne ou au contraire fait pencher la balance vers un accord d'association-coopération.

2) S'agissant de l'Europe orientale (PECO de l'ex-bloc soviétique), si l'on veut avancer réellement -- et notamment limiter les effets de dumping --, il faudra à la fois des contraintes et des incitations, ce qui suppose que l'Europe dispose d'un budget plus conséquent. Les grands États portent à cet égard une responsabilité directe : rien ne servira de pleurnicher après.

1) A mon avis, la puissance de l'Europe n'a rien à voir avec la taille, c'est avant tout une question de cohésion. Or, le pays d'Europe le plus puissant sur la scène internationale, et principal allié de la Turquie, -le Royaume-Uni- est lui-même hostile à ce que l'Europe prenne trop de positions communes, et aucune contraire à l'intérêt des Etats-Unis.

2) Faisons de beaux rêves d'une augmentation considérable du budget de l'Europe et surtotu d'incitations suffisamment contraignantes et acceptables sur les PECO pour limiter le dumping social ... par exemple, imposer un processus menant à un SMIC européen aux Roumains !

"Si l'on avait raisonné à l'époque en termes de menaces vis-à-vis de la démocratie, l'Espagne, qui sortait de l'ère franquiste, et le Portugal, qui avait connu cinquante ans de dictature colonialiste sous Salazar, Caetano et consorts, eussent-ils bénéficié du droit d'entrée dans ce qui était encore la Communauté européenne ?"

Comme vous le dites, ils en étaient sortis. Précisément.

L'Espagne et Juan Carlos le premier avaient notamment montré leur capacité à contenir un coup d'Etat.

Luc,

Tu écris "Au contraire, c'est l'Europe qui a conforté la démocratie mais aussi permis le développement économique avec les fonds structurels. À l'époque, on parlait plus de l'ouvrier espagnol sous-payé que du plombier polonais"

Il s'agit bien du coeur du problème. L'Union ne disposera jamais plus des mêmes fonds pour les adhésions à venir et c'est exclusivement au travers de la concurrence fiscale et salariale que les nouveaux adhérents feront leur place.

Je rejoins DSK sur une contribution fiscale européenne afin d'éviter que le dumping soit une règle de gestion.

Le rêve européen ne peut exister que s'il est porteur de progrès et de meilleur niveau de vie.

DSK, juste un question comme ça, dans combien de siècles le parti socialiste compte-t-il revenir à l'Elysée ? Parce qu'entre le charisme que vous et les autres dirigeants du PS n'avez pas, et les oppositions à l'intérieur même du PS, je crois qu'il va falloir attendre un bon bout de temps.

Bonjour dsk,

La décision de l'union d'ouvrir les négociations avec la Turquie est a mon avis un signal positif. J'adhère au même point de vue que vous a ce sujet: c'est un signal fort d'ouverture entre les peuples d'Europe.

Je trouve par contre regrettable la façon dont cette décision a été prise. N'oublions pas le génocide Arméniens et autre invasion de Chypre. Les droits de l’homme sont loin d'être respectés en Turquie.
Alors qu'il y a quelques mois encore, le gouvernement annonçait fièrement sa fermeté en ce qui concernerai les droits de l'homme et le génocide, tout c’est passé comme si de rien… Question signal, la Turquie n’as pas eu le bon a mon avis.
Dans le contexte Français actuel, je trouve que cette approbation très rapide montre bien que le premier ministre ne porte aucune attention à ce que le peuple français peut bien penser, quoi qu’il en dise, et quelques soit ses beaux discours face à l’assemblée.
J’espère que le sujet des droits de l’homme en Turquie sera rapidement pris en mains. Il faut souhaiter que le début des négociations fasse accélérer les choses et tire la Turquie vers le haut ce dont je suis persuadé.

Bonne journée
Mlrs slts
matthias

M. Strauss-Kahn,

Permettez moi de ne pas partager votre enthousiasme quant à l'ouverture de négociations avec la Turquie.

Bien qu'européen convaincu et partisan in fine d'un état fédéral, j'ai voté NON au traité constitutionnel et je m'en félicite, car s'est produit exactement ce que je craignais : nous ouvrons finalement la porte à la Turquie. Mieux valait en effet s'en tenir à une zone de libre échange qu'à un embryon d'état fédéral dans le cadre d'un tel élargissement.

La Turquie n'a pas sa place, pour les raisons que vous connaissez, qui sont moins économiques que géographiques, démographiques, culturelles, et religieuses (les deux dernières étant liées, bien que personne n'ose le dire en public). A tous les partisans de l'entrée de la Turquie en Europe (dont vous), j'ai envie de demander : avez-vous déjà mis les pieds dans ce pays (à part à Antalya et à Bodrum qui ressemblent en effet à des ilots d'Europe perdus dans ce pays) ?
Eh bien, moi oui, à 4 reprises. Et permettez-moi de vous dire que je ne vous conseille pas de vous promener seul ou pire, avec une amie, dans un certain nombre de quartiers de la corne d'or. Non, nous ne sommes pas les bienvenus, nous européens. C'est un fait. (Cela m'a d'ailleurs frappé de voir cette semaine, en toute fin de soirée évidemment, un reportage sur France 2 qui montrait cette réalité jusqu'à présent bien dissimulée)

Pire encore, nous nous humilions en acceptant un pays qui ne reconnaît même pas l'un des notres et tient des propos menaçants à notre égard. Que sommes nous donc devenus pour avaler de telles couleuvres. Aucun des 25 pays de l'union n'a donc de courage politique, le 25e ayant préféré se coucher devant un minable marchandage ? Est-ce donc cela le projet européen des pères fondateurs : un immense marché de troc ou chacun tire la couverture à soi (la France n'étant pas la dernière avec sa politique agricole commune).

Je vous accuse, vous les politiques, de mépriser non seulement la volonté du peuple (indiscutable sur ce sujet), mais également, ce qui est pire, l'intérêt général. Ne venez plus pleurer lors des prochains scrutins des conséquences qu'auront entrainées vos actes irresponsables.

Salutations

CPM

Cette affaire turque n'a rien de simple, mais montre au moins que c'est bien le Royaume-Uni qui a pris le gouvernail de l'Europe: merci aux vainqueurs du NON !La France paralysée par son vote et entâchée de suspicion ne peut plus faire entendre les réticences de certaines de ses plus hautes autorités (Giscard ou Badinter, par exemple, qui n'ont rien de fanatiques ou de dangereux idéologues). La petite Autriche n'a pas fait le poids, et les coups de teléphone de Madame Rice ont pesé lourd dans la balance. A voir la virulence avec laquelle les Turcs se sont arc-boutés sur leur refus de faire la moindre avancée sur Chypre, les Kurdes ou le génocide arménien, on imagine qu'ils se sentent largement soutenus. Il est quand même gênant de penser que ce sont les Britanniques et les Américains (et leurs alliés déjà eurosceptiques, regardez la Pologne et voyez comme elle vote) qui vont décider de l'Europe future quand on sait à quel point l'idée d'une Europe politique les révulse et à quel point la construction européenne leur doit finalement peu. Le couple franco-allemand est à réiventer (et à enrichir, peut-être avec l'Italie, l'Espagne, et plus largement la zone euro), mais il est évident que beaucoup de pays en Europe auront à coeur désormais de lutter contre cette perspective.

lA VERITE c'est que le projet européen n'est plus européen car la Turquie n'est pas européenne. Cette vision n'est pas avouée par nos élites car elle ne serait pas admise par l'opinion. Nous sommes en fait dans un projet de civilisation qui a pour idéal d'attirer tout pays motivé désirant s'y identifier et d'adopter ses valeurs. L'ambition est immense, peut-être idéaliste et folle....l'avenir le dira. Attendons-nous à voir adhérer d'autres pays comme le Maroc,la Tunisie etc....Il faudra évacuer le mot Europe de cette union car le terme est réducteur. L'uniformisation du monde est en marche...

Cher DSK,
Je suis globalement d'accord avec votre position de principe (même s'il ne me semble pas que la Turquie soit nécessairement un atout vis-à-vis du monde arabe, la Turquie étant un allié traditionnel des Etats-Unis).
Néanmoins, je voudrais revenir sur le contexte dans lequel cette ouverture des négociations entre l'UE et la Turquie. L'opposition de l'Autriche a obligé à céder sur une ouverture anticipée des négociations avec la Croatie. Autrement dit, alors qu'une forte ncertitude pèse sur l'avenir de la construction européenne (non-ratification du traité constitutionnel par la France et les Pays-Bas, difficilé négociation sur le budget de l'UE...), la course effrénée à l'élargissement reprend de plus bel alors que rien ne permet de penser que nous aboutirons prochainement un approfondissement des institutions. L'histoire semble se répéter. N'y voyez-vous pas un obstacle de plus à la construction d'une Europe politique ? Certes, les négociations vont durer plusieurs années mais je reste sceptique sur le chances d'un intégration politique et sociale, d'autant plus les PECO risquent bien de passer dans le camp des europhobes si les fonds structurels sont sacrifiés dans la négociation du budget pour la période 2007-2013. Notre chance serait de relancer la zone Euro en instituant hors des textes des traités un Conseil de la zone Euro ayant de réels pouvoirs de coordination économique, monétaire et budgétaire. Après tout le Conseil européen (représentant les chefs d'Etat et de gouvernement) est né de la seule volonté politique, sans qu'un traité ne l'ait institué...

Amitiés socialistes et européennes

OUI A LA TURQUIE DANS L'UNION, OUI A L'EUROPE !!

Lothaire,

c'est quoi "être européen" selon toi ?
La Turquie, membre du Conseil de l'Europe, de l'OSCE... n'est pas moins européenne que l'Andalousie, la Sicile, le sud de l'Italie ou la Grèce... L'histoire et la géographie de l'Europe sont mouvantes. L'Europe n'est pas une entité géo-historique figée. Regardons les bouleversements politiques qu'elle a connu depuis 1989 ! Il faut envisager la construction européenne à l'échelle du monde qui se construit autour de "nous", et non avec la seule vision d'un passé révolu. Bien entendu, on ne construira pas l'Europe sans regarder le passé, l'Histoire, mais cela ne doit pas être un prétexte pour faire resurgir dans le présent des antagonismes anciens (telle l'opposition entre l'Empire ottoman, fer de lance d'un Islam conquérant, et les Etats chrétiens occidentaux). Sans cela, jamais la France n'aurait pu "faire l'Europe" avec l'Allemagne, "ennemi héréditaire", ou l'Angleterre, "perfide Albion".

"Maintenant, il n'y a plus personne qui en veut de l'approfondissement en Europe ... sauf quelques irréductibles rêveurs."

Je ne suis pas DU TOUT d'accord avec cette affirmation.
Hors de France, il s'en trouve plus que vous ne l'estimez qui sont pour cet approfondissement. Par delà les jérémiades parfois totalement infondées sur la vie chère qui découlerait de la création de l'Euro (qui nous permet de payer le pétrole 20% moins cher que les USA), on l'a bien vu hier dans le documentaire, sur Arte.

Les Irlandais, par exemple, sont bien mieux dans leurs baskets que les Français, vis à vis de l'Europe.

Sans doute sont-ils moins aveuglés par ces adeptes du sectarisme idéologique qui bloquent encore le progrès, au PS. Sans doute aussi l'Europe leur a-t-elle permis de bien mieux vivre que leurs voisins de l'Ulster, et leur a apporté une autonomie bien plus grande vis-à-vis des britanniques.

A terme, je suis partisan de l'adhésion de la Turquie, de la Macédoine et de l'Ukraine, avant même la Bosnie et la Serbie.
L'Albanie? Il y a du boulot, là.

Lothaire, on devient raisonné? Tout arrive.

Mon cher DSK : à quelles ressources énergétiques turques faites-vous allusion? Question sans arrière pensée, mais la Turquie me semble pauvre en ressources énergétiques, du moins fossiles. Par contre, elle nous facilitera grandement l'acheminement vers l'UE des ressources fossiles des républiques caucasiennes, de l'Irak ou de l'Iran. Il est vrai qu'elle a aussi un fort potentiel d'énergie hydro-électrique.

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