Bonjour à toutes et à tous,
Juste un bref post pour vous dire que j'ai publié ce matin une tribune dans Libération.
J’espère que les analyses et les propositions que j'y développe vous intéresseront et vous inciteront à poursuivre les échanges de ces derniers jours.
Bonne lecture, et bonne journée !
dsk
PS : j'ai conclu lundi 12 septembre les débats sur ce post.
Bravo. Meme s'il me semble que la sécurisation des parcours professionnelle a aussi été traitée par Elisabeth Guigou (comme l'indiquait d'ailleurs ce blog).
Rédigé par: Jules | 01 septembre 2005 at 13:11
Cher DSK,
Une fois n'est pas coutume, je dois dire qu'après avoir lu vos propositions je suis tout à fait d'accord avec vous! Les mécanismes que vous proposez sont simples et sont très certainement efficaces. En tout cas je suis rassuré de voir que vous ne vous résignez à accepter la montée du libéralisme comme beaucoup à gauche qui, aujourd'hui, ne proposent plus et demande aux gens d'être réalistes. Je pense que la politique c'est un combat de tous les jours, et que nous ne devons absolument pas abandonner l'idée d'un modèle social au profit de l'économie de marché. Nous devons en france être les leaders mondiaux d'une autre idée de l'économie, centré autour de l'homme et non du profit. Il faut dire que ce que j'ai entendu des personalités de gauche ces derniers temps ne me rassuraient pas vraiment sur ce point, bien au contraire.
Cependant je me demande si, aussi justes que peuvent être vos idées, tout ceci ne risque-t-il pas de se heurter à la "France d'en haut", celle pour qui la situation actuelle est profitable, et qui rêvent d'une France libérale? Je ne parle pas des politiques bien sûr, qui (à mon avis) sur ce point n'ont pas un très grand pouvoir, mais plutôt des grands patrons et de leurs surpuissant syndicat le MEDEF?
En tout cas, continuez de proposer "à gauche", il y a un grand besoin aujourd'hui de retour au vrai social. Il faut remonter le niveau de vie en France, il faut réduire les inégalités. En même temps, il faut des règles, il faut aider chacun à se responsabiliser. Il faut aussi aider à la formation tout au long de la vie pour permettre à tous ceux qui le désirent d'avoir une seconde chance d'apprendre. C'est ainsi que vous donnerez une chance à la France de se redynamiser...
Bon enfin je vais pas me permettre de vous donner de conseil (à part au sujet d'Hollande), je voulais juste émettre un avis.
Merci de m'avoir lu
Nicolas
Rédigé par: Nico de Strasbourg | 01 septembre 2005 at 13:35
Voila une belle ébauche de projet pour la France et un joli slogan de candidat à la Présidence : "développons nous !solidairement!"
Rédigé par: philippe c | 01 septembre 2005 at 13:59
Très bonne article.
Pour me convaincre, il me semble qu'il reste tout de même un point crucial à clarifier: il s'agit du financement. Est-ce que les prélèvements obligatoires vont augmenter de façon importante à court terme, sachant qu'une fois qu'ils augmentent, ils ne redescendent que très rarement?
Si la réponse est oui, qui va payer? Sachant qu'il y a un risque que tout ceci ne soit alors qu'une enième "réforme" qui, in fine, ne marchera pas (notamment car il diminuera la compétitivité de la France) et il ne restera que le mot "solidaire" au "développement solidaire". Cela a souvent été le problème des solutions mises en oeuvre depuis trente ans.
Si la réponse est non, alors comment vont être redistribuées les dépenses publics (où va-t-on faire des économies)?
Rédigé par: AB | 01 septembre 2005 at 14:02
LE DEVELOPPEMENT SOLIDAIRE, de bonnes propositions pour mettre ENFIN LE LIBERALISME AU SERVICE DE L'HOMME.
ENCORE UN EFFORT,ET DSK PORTERA ET POURRA FINANCER CET ESPOIR !!!
Rédigé par: POUEYSEGU jean-claude | 01 septembre 2005 at 15:20
Je me joins volontiers au concert d'applaudissements. DSK montre enfin sa "force de frappe".
Je suis en effet persuadé que c'est ce genre de texte - volontariste, réaliste, proposant une vraie vision - qui permettra, par la proposition, de sortir la gauche de sa nasse actuelle.
Déçu du résultat du référendum, je suis convaincu que cet échec, qui est celui du PS, provient de son manque de force de proposition. J'étais naturellement d'accord avec le réformisme de gauche : mais c'était quoi au fait ? [Je me demande à cet égard jusqu'à quel point c'est une bonne idée de la part de DSK de soutenir Hollande, alors que celui-ci, sans toutefois attirer les foudres des militants (ce qu'il ne mérite pas), est quand même un symbole de la déception de l'ensemble des socialistes. N'y avait-il aucune autre option ?]
Pas de proposition : pas de visibilité et pas de force de conviction. L'unité à gauche ne se fera donc qu'autour d'une force de proposition qui s'imposera sans diviser. Et DSK fait bien de rester au-dessus de la mêlée, tandis que tant d'autres jouent la défaite et la déconstruction du parti.
Rédigé par: DL | 01 septembre 2005 at 15:29
Tout autre chose...
Avec ce texte DSK montre son talent d'économiste, qu'il n'y avait plus besoin d'établir. Mais peut-être qu'une image "productiviste" lui reste collée à la peau. Or comme le démontre tous les sondages, l'environnement est une des priorités "prioritaires" des électeurs de gauche, que je rejoins sur ce point.
Le débat actuel sur l'énergie risque de s'imposer sur le long terme. Je crois que DSK devrait avoir une position sur ce point. Cette position reste inconnue à ce jour et le think tank AGEE ne propose pas même un groupe de travail sur le sujet ! Un oubli dommageable ?
Dans l'espoir de vous lire sur ce sujet cher DSK,
DL
Rédigé par: DL | 01 septembre 2005 at 15:42
C'est clair, c'est pas forcément innovant, mais au moins ca a de vraies chances de marcher et de convaincre... Espérons que toutes vos propostions vont convaincre en premier lieu les militants du PS, puis les français. En tout cas, je suis convaincu par toutes vos dernières déclarations sur tous les sujets.
Il manque peut-être un peu d'écologie et de constitutionnalisme...
Rédigé par: Clem | 01 septembre 2005 at 16:09
Désolé de démystifier...
1/ La forme
Ca commence par évoquer les 100 jours de Villepin afin d'exciter les hormones des militants (j'ai la naïveté de penser que DSK a une hauteur de vue supérieur à ces bassesses politicardes, mais je peux me tromper).
On sent le programme présidentiel. Cela reste flou, mais c'est normal, ça doit tenir dans les clous d'une page "Opinions" d'un quotidien national.
2/ Le fond
J'aime bien l'approche méthodologique qui consiste à vouloir repenser le programme politique en fonction de la situation présente.
Chez un citoyen de base, c'est du simple bon sens, mais chez des idéologues, cela passe pour un exploit.
Donc bravo...
L'analyse me paraît bonne, un peu trop macro économique, mais il faut commencer par là. Parce que ceoncernant le travail, je suis aller ouvrir mes droits assedic de nouveau chomeur ce matin, et vu le bordel et la débilité profonde du système (en vous pousse pas à travailler et à l'ANPE on vous démoli en vous faisant comprendre que vous êtes une merde parmi d'autre plutot que d'essayer de vous aider), je comprend qu'il y ait du chômage.
Mais j'en parlerai un autre jour...
Effectivement, la balance du commerce extérieur est négative depuis quelques temps. Je me souviens que ma PME dans laquelle j'ai fini mon contrat (précaire, évidemment. Mais formateur et très intéressant ;-) ) il y a peu souffrait beaucoup du prix de l'euro, et que le service marketing a(vait) les pires difficultés à justifier nos prix très élevés, malgré la très grande qualité de nos produits.
Cette boite, où en tant qu'informaticien j'ai écris un logiciel lui permettant de connaître les marges faîtes sur les produits vendus (entre 5000 et 300000€), est comme la plupart des PME française assez mal organisé (dixit ma chef contrôleur de gestion dont ce n'est pas la première, "c'est parfois pire ailleurs. Seul l'agro alimentaire et l'automobile est rationnelement organisé" ). Elle n'a que peu d'outils d'analyse de données lui permettant de posséder des tableaux de bords.
Je pense qu'inciter fortement les entreprises à améliorer ce point améliorerait fortement nos performances, en particulier à l'exportation où la qualité de nos produits et notre capacité à coller aux besoins des clients est très appréciée.
Je suis donc d'accord avec les trois orientations tout en les trouvant insuffisantes.
3/ Les manques, dans l'approche (économiques)
Comme je le relevais plus haut dans les deux exemples issu de ma vie.com, il y a un problème d'organisation dans ce pays.
- Pas mal d'entreprises, principalement les plus petites sont mal organisées, les gens faisant avec ce qu'ils ont sous la main, la productivité nationale est fortement touchée et compenser avec le "génie français" (parce qu'il y a un certain géni dans la désorganisation !) ne suffit plus à l'heure de la compétition mondiale. Il faudrait les inciter à se réorganiser
- L'administration est désorganisé. DSK le sait bien, en ayant voulu réorganiser la collecte des impôts, réforme dirigé par un énarque et qui est tombé dans les mains de sautter... Paquet qui lui a explosé au visage.
Le principe selon lequel une administration doit dépenser tous les crédit alloué sous peine de ne pas les voir totalement rezconduit l'année suivante est stupide : il faudrait un contrat de mission, avec affichage des objectifs, évaluation des besoins. L'évaluation des crédits consommés ne devrait servir qu'à comparer les objectifs réalisés avec les objectifs proclammés chaque année.
- Continuer à informatiser. C'est bien parti, en tant qu'informaticien, je constate que c'est assez bien foutu. Et pour avoir rencontré certains DSI, l'admin à des dirigeants compétents.
- Repenser pas mal de formalité administrative, comme en 1997, où DSK avait demandé de simplifier la création d'entreprise. A ce propos, ce serait bien que l'on puisse créer une entreprise en pouvant travailler à quart temps (des services vendus par des étudiants par exemple), il ya plein d'idées qui s'exprimerai..
Bref j'en oubli, mais l'idée général de mon post est de défendre le point de vue selon lequel un ensemble de politiques macro, c'est bien, mais c'est le micro qui désespère les français, parce que c'est ce qu'ils constatent devant leur nez (le flic dans la cité, l'employé et l'usager des assedics, de l'anpe, de la sécu, etc...), et le macro qui génère les conditions néfastes.
Rédigé par: Pierre-Alexandre | 01 septembre 2005 at 16:10
Toujours de la hauteur de vue quand on lit DSK et si par hasard on ne comprenait pas bien, le message est résumé dans le chapeau de l'article montrant la portée "universelle" de la solidarité.
Maintenant ("entre nous""), Demain ("avec les générations à venir"), Partout et pour Tous ("avec toute la planète") ...
De la belle ouvrage. Et des idées pas forcément nouvelles mais bien revisitées sur la nécessité pour les politiques de se doter de nouvealles marges de manoeuvre. Par l'emprunt européen par exemple. Un discours positif dans un moment où les français doutent. Pourquoi réfléchir en effet seulement à l'échelle de nos économies nationales à l'heure de l'Union Européenne ? On voit bien que DSK se place dans une optique résolument européenne, ce n'est pas une découverte mais j'aime sa façon d'explorer le champ des possibles.
Un détail de l'actualité économique qui m'a surpris aujourd'hui. Les américains ont un taux d'épargne négatif : ce qui signifie qu'ils piochent dans leur patrimoine pour se payer des voitures neuves et autres biens de consommation ... Les français eux épargnent encore et toujours 12 à 13% de leurs revenus ... Qui a tort, qui a raison ? L'économie US vit à crédit, mais elle vit bien, et le levier de l'emprunt crée de nouvelles richesses (et de nouveaux riches). Beau sujet de réflexion aussi pour la France qui se cherche des relais de croissance. Faut-il s'endetter pour consommer ?
Rédigé par: Aiglon | 01 septembre 2005 at 16:40
Aiglon, tu as raison, le système américain vit à crédit, et elle est obligée de maintenir ce système d'endettement, au risque de s'écrouler. Les revenus des foyers américains sont composés à 50% d'actions. Ils jouent sur ce que l'économiste Friedman puis Tobin ont appelé l'effet richesse, ils escomptent qu'à l'avenir le prix des actions va monter, donc ils sont prêts à emprunter et à s'endetter pour acheter des actions, et espérer faire des plus-values à moyen et long terme. Ceci est à double tranchant, on l'a vu lors du krach boursier, il y a une bulle spéculative. Le risque aujourd'hui vient du prix de l'immobilier au USA qui risque d'aboutir à l'écaltement du bulle immobilière.
La France a moins confiance dans son dynamisme économique, culturellement, les gens prennent moins de risques, ceci explique le taux d'épargne qui frole les 17% du revenu disponible.
Rédigé par: jerome | 01 septembre 2005 at 17:08
Bonjour Mr DSK, cela fait toujours plaisir de vous lire, mais si je suis d'accord avec vous, je tenais à vous faire part de quelques manques, même si je sais très bien qu'on n'a pas la place pour tout développer dans un article de journal.
- le développement solidaire au niveau international est fondamental: toutes les questions économiquues, notamment les problèmes liés aux délocalisations, et à la concurrence sociale et fiscale doivent prendre en compte la solidarité envers les peuples les moins développés; cela passe par une action forte au niveau international du syndicalisme, de manière à implanter des syndicats dans des zones de non-droits. Les partis de gauche européen, les syndiats européens, ainsi que l'appui de gouvernements de gauche (Lula au Brésil, organisations dissidentes en Chine, ....) doivent mener une pression plus forte pour faire respecter les normes sociales et environnementales, partout elles font défaut. Cela nécessite une réforme de l'OIT s'inscrivant dans une action non plus seulement préventive, de recommandations, mais aussi coercitive, de sanctions pour les employeurs qui ne respecteraient pas les règles.
- la question du chômage doit être traitée au niveau national, et européen, mais tant que l'on n'aura pas agi au niveau mondial, en laissant persister un chômage de masse, il y aura toujours la question de la pression à la,baisse des salaires et du cout du travail.
- au niveau local, les relations donneurs d'ordre et sous-traitants qui participent au developpement local, doivent être mieux structurées, notamment par un partenariat plus dense avec les collectivités locales. Lors d'une délocalisations d'une grande entreprise, on s'intéresse à juste titre sur le sort des salariés immédiatement licenciés, mais quid des effets sur les sous-traitants qui subissent de plein fouet ce drame. Il faut être également solidaire de ces salariés et PME. Chaque région pourrait être équipée d'une structure spéciale en charge de la prospective économique et industrielle, et ainsi être en capacité de prendre le relais momentanément des désastres économiques et sociaux (je pourrais rentrer dans le détail prochainement).
Rédigé par: jerome | 01 septembre 2005 at 17:26
De nombreux commentaires fort intéressants. J'en ajouterai deux :
- je trouve que le principe, voulu par DSK, d'accompagner tout programme d'un financement précis est une sage mais aussi maligne décision. Sage, car il apparaît nécessaire, si l'on souhaite développer une politique honnête et faisable, de ne pas bercer de promesses les Français. Maligne aussi, car dans la perspective du débat public, "financer" d'emblée les mesures permet d'éviter aux adversaires de lancer les sempiternelles accusations du genre : "Cela va vous obliger à augmenter les impôts !" ou "Vous ne trouverez jamais l'argent !", tout en mettant la pression sur eux et les obligeant à faire de même. On sait que Chirac, par exemple, a fait toute sa carrière sur des programmes "abracadabrantesques", sans aucun financement, ce qui lui permettait d'esquisser des projets infaisables mais séduisants. Sarkozy, je trouve, glisse un peu sur la même pente ; et je ne parle pas du nouveau "projet" de Bayrou, qui a le mérite mais aussi le démérite d'être parfaitement utopique - au sens propre du terme.
- Je pense que DSK, s'il est choisi comme candidat du PS, pourrait aller plus loin dans la démarche d'honnêteté et de programmation. Il pourrait, en accord avec la gauche plurielle, esquisser les contours de ce que serait son gouvernement, ses principaux acteurs, son mode de fonctionnement. Plutôt que de perdre des semaines en palabres, cette démarche pourrait être à la fois la source d'un gain de temps non négligeable, mais aussi une autre façon de montrer aux Français que son programme vise à être appliqué et non à avoir une durée de péremption limitée aux élections...
Rédigé par: Jan | 01 septembre 2005 at 17:46
A noter, sur cette question du "réalisme" des propositions, le commentaire de Nicolas Tenzer dans le Figaro :
http://www.lefigaro.fr/debats/20050901.FIG0311.html?073849
Verbatim :
" Pour bâtir l'avenir, il faut porter un regard critique sur son histoire. Il est une tradition de gauche, comme il en est une de droite. La gauche n'est rien sans l'idéal d'éga lisation et d'amélioration des conditions et la prime donnée au mérite et au travail sur la situation acquise sans effort. Pour le reste, elle doit être libre si elle entend s'affronter à la dureté des temps. Si son idéal demeure constant, être plus à gauche ou moins à gauche n'a pas de sens, pas plus que, pour une droite de gouvernement, être plus ou moins à droite.
Reste l'incarnation, puisqu'il nous faut penser à 2007. À gauche, Dominique Strauss-Kahn est le mieux à même de représenter ce qu'il a appelé le «réformisme radical». Il s'est donné les moyens de construire un projet et à regarder la France à partir d'un point de vue européen et international plus qu'hexagonal. Son mode de pensée l'encourage à rechercher des solutions concrètes et possibles et non la conformité à l'idéologie. Il raisonne en termes d'équilibre et non de catégories.
À droite, Dominique de Villepin est le plus libre à l'égard de son parti, le plus enclin à regarder la France avec empathie et distanciation, le plus soucieux d'inscrire une méthode d'action dans le temps long avec des échéances, même s'il ne dispose pas de toutes les clés. Il sait que le pur pragmatisme, pour nécessaire qu'il soit, allié à une communication fragmentée et réactive masque souvent l'absence de représentation d'un idéal et traduit l'acceptation d'une société divisée en groupes d'intérêts, en clientèles et en communautés. Ce duel digne aurait une valeur pédagogique sur le plan politique. Gauche et droite doivent s'opposer, car elles traduisent des sensibilités puissamment enracinées et des priorités dissemblables.
Ce n'est pas se faire l'apôtre de la dépolitisation et attiser les extrêmes que de penser que, sur les défis et les dangers fondamentaux, non certes sur toutes les solutions, l'analyse puisse être en partie convergente. C'est seulement agir en homme d'État."
Rédigé par: Jan | 01 septembre 2005 at 17:50
Autre contribution importante, qui montre qu'en-dehors de Lipietz, il y a d'autres voix, chez les Verts, qui peuvent se rapprocher du "réformisme radical" de DSK : celle de Mamère, dans Le Monde :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-684569@51-682708,0.html
"Pour moi, si la gauche se contente d'accompagner le libéralisme en le régulant par les marges, elle ne sera pas dans son rôle et ne répondra pas à l'attente des Français exprimée le 21 avril 2002, puis lors du référendum du 29 mai et aussi dans un certain nombre de grèves. Il faut apporter des réponses précises aux fragilités de la société française et prévoir des réformes radicales. On ne veut plus d'une gauche plurielle qui a montré ses limites. C'est la gauche de 1997 qui a ouvert le lit sécuritaire de Sarkozy, qui a renoncé au moratoire sur les OGM, qui n'a pas accordé le droit de vote aux étrangers, qui a la première diminué les impôts sur les revenus, privatisé les autoroutes et institué la TIPP flottante. Il faut trouver les conditions d'une gauche qui s'inscrive dans la rupture, qui fixe des lignes vertes au-delà desquelles on ne reculera pas. C'est le sens de ma candidature."
Des "réformes radicales" ? Cela me rappelle certaines expressions...
Tout cela montre l'intérêt de fédérer toute la gauche autour d'un projet cohérent qui soit à la fois réformiste - il faut changer les choses, et ne pas croire que l'on peut tout renverser - et radical - il faut que les changements ne soient pas seulement homéopathiques, mais qu'ils aient une portée et une visibilité remarquables... C'est à ce prix que la gauche peut gagner en 2007 !
Rédigé par: Jan | 01 septembre 2005 at 17:55
Je suppose que tout le monde a reçu son avis d'imposition. Guillaume, dans la précédente rubrique, nous a fait un cours magistral sur les effets redistributifs de l'impôt selon qu'il s'agit de l'IR, de la CSG ou de la TVA.
Moi, je voudrais vous parler de son effet confiscatoire. Ayant le plus grand de mes 3 enfants qui travaille, cela représente une part en moins qui se traduit cette année par un doublement de mon IR. Je n'ai pas encore reçu la taxe foncière, mais je crains le pire étant donné que d'une part les régions n'y vont pas de main morte et que d'autre part son calcul tient aussi compte du nombre de personnes à charge.
Tout ça côté contribution. Maintenant côté revenus, que se passe-t-il? Plus d'allocations familiales et stagnation des salaires.
Autre élément de réflexion: le fait d'avoir un enfant en moins revient-il moins cher? Pour cela il faudrait qu'il soit autonome ou alors qu'il contribue à l'effort collectif! Mais le prix à payer aujourd'hui pour voler de ses propres ailes (gîte, couvert et, de plus en plus, carburant) incite davantage à donner qu'à recevoir afin de mettre "le pied à l'étrier".
Alors quel est le bilan? Mon pouvoir d'achat s'est-il accru depuis l'année dernière? Non, loin de là, il a fondu comme neige au soleil. Ne comptez donc pas sur moi pour relancer l'économie par ma consommation, celle-ci a pris du plomb dans l'aile!
Mon histoire est banale, beaucoup pourraient s'y reconnaître. Elle n'a d'autre but que rappeler la réalité du terrain à nos décideurs qui bien souvent perdent le sens commun.
A bon entendeur
Rédigé par: Serge | 01 septembre 2005 at 18:15
Extrait de la tribune de DSK:
"...mais aussi utilisation de la TVA pour protéger les citoyens contre les conséquences dommageables de certains produits en matière de santé.."
S'il s'agit de faire comme pour la cigarette, je suis d'accord. Mais il y a toujours cette incohérence: si certains produits sont reconnus dommageables pour la santé des gens, ne vaut-il pas mieux les interdir pour protéger les gens d'eux-mêmes?
Sinon, je serais très contrarié de découvrir une augmentation générale de la TVA.
Rédigé par: Serge | 01 septembre 2005 at 19:10
Mr DSK,
vous qui proposez une réforme de la fiscalité, pourriez-vous faire ces jours prochains une analyse du projet gouvernemental sur la politique fiscale, et notamment la réforme de l'IR? Cela va t-il être plus juste et équitable? Y aura t-il un impact sur le pouvoir d'achat?
Merci
Rédigé par: jerome | 01 septembre 2005 at 19:15
Je renvoie Jérôme à l'excellente analyse proposée le 1er septembre, dans la rubrique suivante, sur les mérites comparés des propositions de réforme fiscale de DSK et de Villepin (un aperçu, bien sûr...) :
http://www.blogdsk.net/dsk/2005/08/proposer_gauche.html
Rédigé par: Jan | 01 septembre 2005 at 20:42
J'ai oublié de préciser l'auteur de cette contribution : Guillaume.
Rédigé par: Jan | 01 septembre 2005 at 20:42
Plusieurs propositions sont sur la table :
création d'un impôt européen sur les sociétés,
rééquilibrage de l'impôt sur le travail et de celui sur les plus-values,
mais aussi utilisation de la TVA pour protéger les citoyens contre les conséquences dommageables de certains produits en matière de santé (junk food) ou d'emploi (délocalisations).
Je suis foncièrement contre ce que vous dites ici plus haut. Vous transférez les problèmes de financement par de l'impot. Des impots, il y en a bien assez pour ne pas en rajouter au niveau européen.
Impots européen sur les sociétés : peut être que vous ne savez pas qu'il existe déjà un impots sur les sociétés qui est déjà bien lourd et entre autre, générent pas mal de lourdeurs dans la création d'emploi en France et vous proposez un impot supplémentaire. Le cout du travail en France est tellement important qu'il génère des délocalisations, des restrictions budgétaires dans les entreprises, etc... je vous laisse méditer.
D'autre part, le mot rééquilibrage me fait peur dans votre bouche, car il ne sont jamais au bénéfice du citoyens. Il suffit de regarder l'historique des réformes qui ont été faites. Je sais, je suis défaitiste mais vous m'avez habitué à vivre comme cela.
Et la protection du citoyens contre les conséquences dommageables de certains produits en matière de santé. Excusez-moi mais je vais être encore très pessimiste sur cela car aujourd'hui, nous avons subi les conséquences de vos négligences (les politiques) sur le sang contaminé, l'ESB, le Sida, et le futur fléau : OGM. Mais il y a aussi la sécurité des avions, des transports en général.
Vous voulez vous dire que vous maitrisez les choses mais en réalité vous ne maitrisez rien. (peut être que vous maitrisez tout au plus votre destin)
Merci de me lire.
Rédigé par: Fred | 01 septembre 2005 at 21:02
OK sur le diagnostic concernant
chômage
précarité
pouvoir d'achat
inégalités
Mais rien de tout ceci n'est nouveau, et c'est bien la raison fondamentale des échecs de 2002 (car le sentiment d'insécurité prend mieux dans une population précarisée) et du TCE (la , la même a clairement dit: STOP)
Certes la phase Jospin a été moins inégalitaire, a réduit le chômage...
Mais il y a bien eu développement de la précarité et la valeur ajoutée a plus été vers le capital que vers le travail!
Par ailleurs, croissance (même comparée aux autres...),dynamisme etc... sont des moyens, pas l'objectif en soi! Ce qui compte au final pour les électeurs, c'est les résultats...
Je pense comme vous que la France est depuis 3 ans très très mal gouvernée.
Mais sans doute l'était elle déja un peu précedemment...
Maladie différente... peut-être...
Sur la première raison (economie plus profondément atteinte,offre des entreprises touchée):
OK, mais à condition que le niveau de l'euro ne rende pas les produits made in CEE totalement inabordables par rapport au presque même de Corée!
Deuxième raison: politique économique européenne défaillante
Mille fois OK, mais pourquoi avoir soutenu un TCE qui n'instituait pas cette politique!
Troisième raison: mondialisation
Dix mille fois OK, et que proposait le TCE? quelle réforme de l'OMC? Car comment un pays seul, voire une Europe, pourrait elle "aider" ,même temporairement, les victimes si nombreuses (entreprises,salariés,fournisseurs etc...) de cette concurrence déloyale?
OK pour définir des indicateurs de "développement" élargis , et donc valoriser santé,éducation...
OK pour la SOLIDARITE
Pour l'emploi, comme je l'ai dit plus haut, je crains que la puissance publique ne puisse contrecarrer la concurrence déloyale généralisée promise par l'OMC tant qu'un petit chinois n'aura pas les mêmes "chances" sociales qu'un petit européen... On risque d'attendre longtemps.
Pour la deuxième politique (investir dans recherche,education,innovation), OK, mais c'est nécessaire, pas suffisant.
D'accord il faut créer des richesses grâce aux hautes et nouvelles technologies...
Mais,et je me répête,j'insiste, mais c'est fondamental car il me semble qu'on est pas d'accord la dessus,et que ça m'embête beaucoup car ce qui me semble être une très grave ERREUR me semble très répandu (Lamy etc...):
on doit pouvoir avoir un emploi peu qualifié ET pouvoir vivre, même dans une société moderne. (tout le monde ne fera pas polytechnique, et nous n'avons pas le monopole de l'intelligence)
donc je suis totalement opposé,par exemple, au deal "textile contre airbus" (la prise de conscience semble avancer (vive le NON au TCE ,lol), mais c'est un peu tard et tant de dégats déja faits...!!!!)
OK pour la troisième politique si cela se traduit bien par: la BCE sous le contrôle des CITOYENS
Au final, on voit bien l'importance CAPITALE d'une EUROPE (nécessairement démocratiquement instituée)POLITIQUEMENT,PUBLIQUEMENT PUISSANTE, pour défendre les intérêts de ses CITOYENS... face à la libéralisation du monde.
Pour moi, un bon PROGRAMME pour 2007, c'est , au dela de la valorisation des valeurs telles que la SOLIDARITE, du toilettage de nos institutions permettant d'interdire l'incrustation de voyous au plus haut niveau de l'état et de leurs amis parasites, bref de ce qu'on peut déja faire en FRANCE,
un bon PROGRAMME c'est AUSSI la constitution d'une FORCE de transformation d'une partie suffisante de l'Europe apte à renégocier les conditions des échanges économiques mondiaux, aujourdhui DESTRUCTEURS de nos sociétés démocratiques.
Cette renégociation, bien sûr, doit être solidaire... Donc pas de "protectionnisme". Juste laisser un peu de chances aux "petits" d'une Europe dite "riche".
Rédigé par: blogibloga | 01 septembre 2005 at 22:45
blogibloga,
tu dis :"OK pour la troisième politique si cela se traduit bien par: la BCE sous le contrôle des CITOYENS"
je dis démago et fourre-tout.
J'ai voté non au TCE, mais pas pour que la BCE soit sous controle des citoyens, mais pour qu'il y ait un contre-pouvoir, un gouvernement économique européen, institutionnellement stable pour coordonner la politique économique, en ayant un oeil sur la politique de change, dans un objectif de dynamisation de la croissance économique.
Même aux USA la Fed n'est pas sous le controle des citoyens. C'est une phrase vide de sens que le PCF n'a cessé de sortir pendant la campagne. Comment les citoyens peuvent-ils décider de fixer le niveau des taux d'interet!!!
Un peu de sérieux!
Rédigé par: jerome | 01 septembre 2005 at 23:05
OK jerôme,
contrôle "indirect" des citoyens, ca te va?
Rédigé par: blogibloga | 01 septembre 2005 at 23:23
Je me pose une question : sur quels critères définit-on ce qu'est de la junk food et comment dire que certains produits sont, en eux-mêmes, dommageables pour la santé ?
Rédigé par: adam kesher | 01 septembre 2005 at 23:39