Après les élections allemandes...
Entre mes déplacements (le Loiret, l'Oise et
Nîmes dernièrement) et les rendez-vous des instances
du parti, je
n'ai pas pu être aussi présent que je le
voulais sur le blog. Je voulais
revenir sur les élections
allemandes de dimanche,à propos desquelles plusieurs
d'entre vous m'ont interrogé.
Le résultat de la coalition SPD-Verts est une
bonne
surprise... surtout pour ceux qui ne connaissaient pas
la force de ce
formidable combattant qu'est Gerhard
Schröder. Il y a bien sûr beaucoup de leçons à tirer de
ce scrutin. L'une d'entre elles est que la Gauche
protestataire peut
(comme on l'a déjà vu en France)
faire échouer la gauche en créant la division
et favoriser
ainsi le maintien ou le retour de la droite. Parce que,
quand même,
il y a aujourd'hui une majorité de députés
au Bundestag qui sont à gauche ! Il
reste que les vrais
perdants sont Mme Merkel et son projet ultra-libéral.
La
meilleure preuve en est le retrait de la - brève - vie
politique de M.
Kirchhof, ministre des finances
pressenti par la présidente de la CDU.
Et c'est
une bonne nouvelle pour l'Allemagne et pour
l'Europe. Il faut maintenant
attendre le résultat des
consultations qui doivent dégager une majorité,
selon
les traditions démocratiques allemandes,
dans un contexte compliqué par
l'émiettement
des sièges.
La social-démocratie européenne s'est usée,
c'est clair, et
il faut réfléchir à sa rénovation. Mais l'Europe n'est pas
devenue le bastion ultra-libéral dont rêvent certains.
Après les récentes élections
norvégiennes, qui ont vu la
victoire du centre-gauche de Jens Stoltenberg,
l'Italie
donnera peut-être au printemps un nouveau signal positif,
en mettant
fin au triste gouvernement de Berlusconi et
de ses improbables alliés (au
passage, j'aimerais
beaucoup aller voir le documentaire satirique de
Sabina
Guzzanti "Viva Zapatero". Qu'en ont pensé
ceux qui l'ont vu ?).
Romano Prodi, avec lequel j'ai beaucoup travaillé,
est une chance pour
l'Italie, en piteux état. Je note
que dans son programme figureront des
"importations"
françaises, comme le PACS, qui fait hurler le Vatican
!
Il ne faudra pas manquer, dans la campagne, le film
très politique que
prépare Nani Moretti "Le caïman".
Mais je suis sûr qu'on en reparlera sur mon blog !
dsk
Bien sûr qu'Angela MERKEL a perdu, mais personne n'a gagné. En Avil 2002, Personne n'avait gagné non plus en France, et aujourd'hui, ce sont les français qui trinquent.
Comment vous rencontrer, Monsieur STRAUSS-KAHN ?
Rédigé par: ERIC 28 | 21 septembre 2005 at 12:05
Pour mon édification personnelle, j'aimerais qu'on m'explique en quoi le programme d'Angela Merkel est-il "ULTRA-LIBERAL" ?
(je pose la question de façon sincère).
Merci.
Rédigé par: Harmony | 21 septembre 2005 at 12:07
J'ai eu le plaisir d'assister à votre réunion d'hier soir et je partage complètement votre analyse de la situation en Allemagne. Une leçon supplémentaire que l'on peut tirer de ce scrutin - et que l'on pouvait déjà tirer de celui de 2002 - est que la gauche de la gauche n'est pas en mesure de gagner, tout au plus est-elle capable de nous faire perdre. J'espère que certains garderont cela en tête en 2007.
Un point que je n'ai pas beaucoup entendu évoquer hier est celui de l'Europe: après le vote sur le référendum, il me semble que seul le Président de la République nouvellement élu aura la légitimité nécessaire pour sortir de l'ornière. J'espère donc entendre votre plan B, haut et clair !
Amitiés,
Romain, de Versailles
Rédigé par: Romain Berrendonner | 21 septembre 2005 at 12:08
DSK,
Vous écrivez : "Il y a bien sûr beaucoup de leçons à tirer de ce scrutin. L'une d'entre elles est que la Gauche protestataire peut (comme on l'a déjà vu en France)faire échouer la gauche en créant la division et favoriser ainsi le maintien ou le retour de la droite"
S'il existe une gauche protestataire en allemagne, c'est parce que le "traitement" économique que le SPD a fait subir aux allemands est encore plus dur que ce que proposent les dirigeants de la droite parlementaire française.
Que doit-on faire lorsqu'on n'accepte pas la "logique" économique ?
"La social-démocratie européenne s'est usée, c'est clair, et il faut réfléchir à sa rénovation"
Vous avez tout à fait raison. La social-démocratie n'est en fait qu'une autre manière d'administrer le libéralisme économique débridé.
Les électeurs allemands (comme bientôt les français) manifestent leur refus d'être gouverné par des partis aux idées intercheangeables. Le vote extrème deviendra en France sauf retournement une règle.
Rédigé par: Jbenard | 21 septembre 2005 at 12:31
Le fait d'avoir soit par manque de pédagogie, soit par manque d'ambition programatique laisser tomber l'organisation de la solidarité par l'Etat est pour moi la cause première du vote dit d'extrème gauche.
A vous, "tetes pensantes" du PS de reprendre la main. Votre avantage est que beaucoup savent dans leur coeur que ce que propose cette "gauche extrème" est irréalisable et/ou a échoué, cf l'expérience "socialiste" des pays de l'Est.
Donc ayez de l'ambition programmatique et faites preuve de pédagogie pour répondre à cette attente des Français et plus généralement des Européens.
Il est temps de reconstruire un appareil productif qui répondent aux besoins des gens : logement, nourriture, information, éducation, transport. Que le marché se charge du reste. Les moyens techniques permettent de réaliser cela sans demander 100% du temps de ceux qui y participeront et tous pourront donc y participer en fonction de leur capacités.
Seule une telle "rupture" pourra donner l'electrochoc suffisant pour sortir du marasm actuel.
Rédigé par: egdltp | 21 septembre 2005 at 12:58
On parle actuellement d'un alliance CDU/SPD, mais comment voulez vous que les gens déçus du SPD ne soit pas renfocrés dans leur conviction voyant une alliance sociaux-démocrates/ultra libéraux ? Je comprend cette "nouvelle gauche" voulant un peu taper du poing sur la table et je pense qu'une alliance aussi abérante ne fait que leur donner raison.
Rédigé par: Arnaud | 21 septembre 2005 at 13:37
Pas sur en effet que ce vote allemand soit forcemnt une tres bonne nouvelle. Heureusement, l'extreme droite n'est pas (encore) un gros probleme dans (toute) l'allemagne...
Que la gauche reste de gauche quand elle est au pouvoir, c'est ce qu'il faut pour la faire gagner. Et meme si l'on voit malgre tout la difference lorsque c'est la droite (qui pour le coup n'est pas de gauche) qui revient au pouvoir.
Enfin, tout ca ne nous dit pas en effet ce que vaut ce documentaire de Sabina Guzzanti, et n'enleve rien au plaisir que nous aurons a revoir Nanni Moretti
Rédigé par: Zatoichi (Philippe) | 21 septembre 2005 at 13:42
Toulouse, 21 septembre
Triste anniversaire pour notre belle ville rose.
Ce message pour témoigner de l'ambiance en section et de la surprise, pour ne pas dire plus, sucitée par l'accord Fabius-Mélanchon !
Quoiqu'il en soit, mes camarades de la 7e section de Toulouse, qu'ils aient été noniste ou ouiouisite, fabiusiens, Jospinistes, mitterandiens, etc, sont unanymes sur une chose : nous devons, et au plus vite, réaliser notre unité autour d'un projet socialiste pour dépenser notre énergie contre ce gouvernement.
http://christophe.cavailles.over-blog.com
cordialement,
Christophe Cavaillès
Rédigé par: Christophe Cavaillès | 21 septembre 2005 at 13:50
J'ai suivi d'un peu loin cette élection, mais il y a plusieurs choses qui me laissent songeur.
Tout d'abord le fait qu'un pur produit de l'éducation communiste puisse devenir un emblème du libéralisme. Soit l'un est facilement soluble dans l'autre, soit il s'agit d'une pure ambition opportuniste qui épouse un point de vue en fonction du "marché politique". Et j'aurais tendance à pencher pour la seconde hypothèse : devant le vide des idées, les politiques se rattachent facilement à un emblème et font mousser les slogans (de préférence économiques pour faire sérieux) sans s'attacher à la transformation de la société.
Ce qui m'amène au second point : tout résultat qui est de l'ordre du 50/50 me fait invariablement penser à un pile ou face. D'où l'hypothèse que lorsque l'on pose une question qui n'est pas compréhensible à l'électeur, il répond globalement au hasard (même si son impression est autre). Or la politique se focalisant sur des envolées économiques peu compréhensibles, on aurait une raison logique d'arriver à ce résultat, surtout si aucun autre élément ne vient perturber ce pile ou face (Schröder a réussi à annuler le vote sanction, Merkel n'avait aucun attrait particulier). Je pense que le résultat aurait été tout autre si l'argument nataliste avait été plus présent, ou l'avenir écologique par exemple.
Ma conclusion (et cela n'engage que moi) et qu'une campagne basée sur des arguments dont l'électeur ne peut s'imprégner réellement, conduit à un vote pile ou face. La balance penchant en fonction de la petite partie de l'électorat pour qui ces arguements prennent vraiment un sens.
Rédigé par: Bloggy Bag | 21 septembre 2005 at 14:06
Voyez les effets du régime actuel ! Le bas prix et par conséquent l'abondance des denrées sont tenus pour une calamité, qui ruine les producteurs, met aux abois l'industrie et le commerce.
L'économie politique consacre ouvertement ce blasphème par ses définitions. Elle dénomme utilité la richesse naturelle, et valeur la richesse sociale.
Or, l'utilité, c'est l'abondance, et la valeur c'est la rareté. Plus il y a de valeur utile, moins il y a de valeur vénale.
O démence! comment ce qui est un bienfait par soi-même peut devenir un fléau ?
Par l'avidité du capital, qui exige la part du lion et se retire dès que les prix la lui refusent.
Sa retraite renchérit les produits, et il revient pêcher en eau trouble.
Auguste Blanqui
Rédigé par: Jbenard | 21 septembre 2005 at 14:19
Cher Dominique Strauss-Kahn,
Pensez-vous que les sociaux-démocrates allemands ont fait une politique dite "de gauche" depuis leur arrivée au pouvoir ?????? !!!!! Il est vrai qu'il est préférable d'avoir Schröder que Merkel à la chancellerie, le SPD et les Verts plutôt que la CDU. Mais sincèrement, auriez-vous applaudi les réformes brutales de Schröder contre les chômeurs et les immigrés (entre autres) si elles avaient été mises en place en France par... la droite ?
Je suis un de vos admirateurs et partisans M. Strauss-Kahn, mais je m'insurge contre l'idée consistant à dire que puisqu'il s'agit de sociaux-démocrates, alors c'est une politique sociale qui a été appliquée. Non.
Bien à vous et cordialement.
Rédigé par: Pitou | 21 septembre 2005 at 14:31
Harmony, tu te demandes en quoi le programme d'Angela Merkel est-il "ULTRA-LIBERAL". Il l'est, par exemple, par la volonté d'instaurer une "flat tax" à 25 %.
Enfin, quand je lis que "le vote extrème deviendra en France une règle", je m'inquiète.
Peut-être faut-il rappeler que, par essence, le vote extrême n'est _pas_ un vote démocratique. C'est un peu se tirer une balle dans le pied...
Rédigé par: Florent | 21 septembre 2005 at 14:59
Il est un peu simpliste d'assimiler la CDU/CSU à un parti ultra-libéral (ce que n'est certainement pas le parti travailliste de T.Blair) de type anglo-saxon, car c'est d'abord un grand parti chrétien populaire dont la référence reste, de même que pour le SPD, l'économie sociale de marché; de plus la société allemande est dans ses structures profondément social-démocrate; Deux aspects très importants en témoignent:
1) le rôle de soutien très important par les banques locales et semies publiques que sont les Caisses d'Epargne et les banques des lander, des entreprises allemandes, en particulier des PME-PMI qui sont une des forces de l'économie allemande.
2) La cogestion salariés-direction et capital dans les entreprises de plus de 2000 employés.
Or la CDU-CSU ne propose en aucun cas de revenir sur la cogestion et le système de la banque-industrie. Disons que ce(s) parti(s) sont plutôt des partis sociaux conservateurs qu'ultra-libéraux à la mode anglo-saxonne. Du reste la position aujourd'hui fragilisée de Merkel montre en effet qu'une évolution de son parti vers une position plus ultra-libérale a été sanctonnée par les électeurs et sa défaite relative obligera la CDU-CSU à en revenir à ses fondamentaux chrétiens-sociaux. Or ceux-ci ne sont donc pas incompatibles avec une alliance et un compromis (grande coalition) provisoires avec le SPD pour gouverner l'Allemagne.
Rédigé par: Sylvain Reboul | 21 septembre 2005 at 15:05
Florent,
En toute amitié, je te ferai remarquer que la notion de vote extrême est très relative.
A l'intérieur même du PS il existe des notions d'extrême quelque chose !!!
Le vote extrème ne serait pas démocratique ? Mais c'est l'essence même de la démocratie que de permettre toutes les expressions.
N'oublions jamais que l'ancêtre du Parti Socialiste fut considéré comme un parti de dangereux activistes et que plusieurs de ses dirigeants furent mis en prison.
Je crois surtout que ce que craignent les partis politiques "établis" c'est que, n'ayant plus d'espoir à proposer, les électeurs se tournent vers ceux qui leur proposent de continuer la lutte pour un avenir meilleur.
Une grande majorité des citoyens ne veut pas être "raisonnable" et accepter que de la gauche à la droite classique leur promettent un sort quasi identique.
Il existe dans l'electorat de gauche la même tentation que celle de celui de droite. Reveiller les élus en transformant leur bulletin de vote en arme de destruction massive.
Les dirigeants du PS devront anticiper celà, ...Vite
Rédigé par: Jbenard | 21 septembre 2005 at 15:21
Merci Florent pour cet élément de réponse. Toutefois, je ne pense pas que "Libéral" soit un parfait synonyme pour "politique injuste" (car taux unique de 25% est injuste).
Jbenard : "Les dirigeants du PS devront anticiper celà, ...Vite" : pas vraiment anticipé la chose depuis 1983, hein ?
Rédigé par: Harmony | 21 septembre 2005 at 15:41
S'il s'agit de faire de la "destruction massive", il vaudrait peut-être mieux qu'ils n'anticipent pas !
En tout cas, il y a beaucoup plus de différences entre le PS et la droite en France qu'entre le SPD et la droite en Allemagne ... et pourtant en France les "tous pareil" fleurissent, alors imaginez en Allemagne ! Schröder se rapproche plus de Chirac que du PS français à mon avis, le même chantre des réductions d'impôt par exemple ...
Il est temps que le PS fasse valoir des vraies propositions de réformes ... et j'entends par là ni les réformes des apôtres de la "destruction massive" ni celles des "dogmatiques du libéralisme" ... qui sont malheureusement les deux catégories qu'on entend le plus maintenant sur ce blog.
La contribution Hollande était celle pour moi qui se rapprochait le plus de ça mais tout en restant un peu trop limitée à mon goût, manquant de réformes fortes en matière d'éducation et d'enseignement supérieur notamment, de service public de l'emploi aussi.
On peut faire des réformes fortes sans succomber au dogmatisme des chantres de "la destruction constructive" ou de la "religion libérale" !
Rédigé par: duong | 21 septembre 2005 at 16:27
Harmony,
Comme aiment à le répeter nombreux politiques, il n'y a que les imbéciles ....
mon propos correspond à une tout autre réalité que celle des années 80.
Aujourd'hui, le manque d'activité économique et le faible emploi qui en découle font que les français ne manifestent plus publiquement leur mécontentement.
Le régime social auquel sont soumis les salriés des entreprises de 2 à 30 personnes provoque une frustration qui ne peut s'évacuer.
Autrefois, la rumeur de la rue était une bonne indication.
Aujourd'hui, les syndicats en sont à compter les postulants au défilé et le gouvernement à les compter pour savoir s'il irra plus loin !!!
L'envie d'envoyer des "missiles électoraux" est grande lorsque chaque jour, le salarié du privé se fait traiter de vacancier, celui du public de parasite, et le chômeur de profiteur.
Cette envie est encore plus grande lorqu'on entend que l'ISF est obstacle à la création d'emploi ?????
Pendant ce temps des millions de français rêvent au pactole du LOTO pour foutre le camps de ce champs de bataille ou les généraux politiques n'ont plus aucun souffle.
Alors, tant qu'à faire tout pêter !!
Rédigé par: Jbenard | 21 septembre 2005 at 16:31
JBenard, je ne suis pas sûr que le "tant qu'à faire tout pêter" dépasse le stade des mots ou de l'urne dans l'esprit des français. Ne constate-t-on pas une grogne schizophrène qui exige de changer dans la continuité, qui veut tout remettre en cause sauf ce qui nous touche. N'y a-t-il pas là l'expression d'une forme de désespoir entre le constat que les choses ne peuvent continuer ainsi (chomage, déficit et maintenant climat et énergie) et que personne ne veut abandonner un pouce de son "confort social".
La crise politique existe dans le déficit d'idées, mais aussi largement dans la capacité à convaincre et à susciter l'adhésion au changement.
Rédigé par: Bloggy Bag | 21 septembre 2005 at 16:43
Bloggy,
D'accord seulement en partie avec ton analyse. La notion de confort social me semble aller dans le même sens que "le salarié du privé se fait traiter de vacancier, celui du public de parasite, et le chômeur de profiteur."
Car en fin de compte, qui veut on faire payer ?
Certainement pas les lobbies économiques qui tiennent le monde politique par la barbichette.
Pas la clientèle des rentiers qui sont un assez joli fond de commerce électoral.
Il ne reste que les salariés qui n'ont plus aucun pouvoir de nuisance à l'exception du "bordel" électoral.
La France comme l'allemagne font partie des pays les plus riches du monde et cette richesse est le fruit du travail de chaque salarié.
Que la logique de la mondialisation soit de réduire de façon drastique les quelques avantages glanés pour continuer à fonctionner suivant un rendement des capitaux à deux chiffres est une chose. Que nous l'acceptions en est une autre !!!
Les citoyens et contribuables sont les propriétaires et actionnaires de l'économie de leurs pays. Les élus n'en sont que des gestionnaires en CDD.
Rédigé par: Jbenard | 21 septembre 2005 at 16:58
Un des problèmes aujourd'hui est que le fait que le PS se considère comme "réformiste" fait qu'il est considéré d'office comme partie prenante aux propos de plus en plus extrêmes tenus par la droite :
"le salarié du privé se fait traiter de vacancier, celui du public de parasite, et le chômeur de profiteur."
"l'ISF est obstacle à la création d'emploi "
Donc plus la droite tient des propos extrêmes, plus un certain nombre de gens de gauche se défient du PS et vont à l'extrême inverse ... et aboutissent parfois à la stupidité la plus grande à laquelle mène l'extrêmisme : préférer la victoire de ses plus féroces adversaires pour être conforté dans ses idées propres et sa volonté de révolution (l'extrême-gauche se nourrit de ça).
Au lieu de garder leur calme et se rassembler ...
Un pays où on vote systématiquement "contre" et où on aboutit à de telles extrêmités n'est plus un pays démocratique, quelle que soit la poésie de la liberté d'expression et du vote révolutionnaire...
Rédigé par: duong | 21 septembre 2005 at 16:58
Cher DSK
D'abord, je partage une très grande partie de vos idées, telles que définies dans votre dernier message.
Ensuite, avec un note book et un modem, en train ou en voiture, vous auriez plus de temps pour intervenir plus souvent. Ce n'est qu'une suggestion
Ah! J'allais oublier : Bezancenot, (TOUT arrive) fait une proposition pas bête : augmenter fortement la taxe foncière des appartements non occupés. Est-ce le fait du maire, ou de l'état, de fixer pareille taxe?
Une incitation qui ne couterait rien au pays, voilà une bonne idée. J'aimerais connaître votre opinion sur la question.
Rédigé par: JC Genoud-Prachex | 21 septembre 2005 at 17:05
Le résultat des élections en Allemagne est relativement l'expression d'un certain consensus.
D'une part, la propagande sur la nécessité des "réformes" a fini par s'imposer, puisque les partis qui les promeuvent ont une majorité écrasante, et que les sondages indiquent que 70% des allemands jugent les réformes nécessaires. De fait, le seul parti à réellement s'opposer aux réformes a fait 8%, dont la moitié correspond à l'étiage du parti néocommuniste... on est loin d'une vague de fond. C'est un peu comme si le PC, Chevênement et la gauche du PS après scission s'alliaient pour faire 8-9%. Donc quand l'Huma interprète le résultat comme un refus majeur des réformes, c'est quand même solliciter beaucoup la réalité.
Par contre, la CDU fait un des plus mauvais scores de son histoire, face à un SPD pas en grande forme. Il y'a donc bien eu un rejet net de Merkel et de la politique ultralibérale allant avec (Flat tax, etc...).
Le SPD, de son côté, a souffert de certaines choses qui sont passées avec les réformes (en plus de l'effet global de ces réformes), en particulier le contrôle des chômeurs. Il a donc subi l'usure du pouvoir de manière particulièrement forte, mais ne s'est maintenu que parce que les allemands ont voulu barrer la route à Merkel.
En conséquence, le scrutin allemand n'est pas si illisible que ça, mais il arrive à l'équilibre parce que l'équation touche à la quadrature du cercle: On accepte les réformes parce qu'elles sont nécessaire (le poids du Linkspartei est marginal), on veut quand même sanctionner Schröder parce que sa politique a été trop dure socialement, mais on ne veut surtout pas de Merkel avec sa version de droite des réformes. Résultat: une majorité introuvable.
Il y'a donc un piège démocratique: on ne peut pas mettre Schröder en accusation sur ses réformes, qui sont globalement considérées par les allemands comme nécessaires (sans doute à tort). On peut dire ce que l'on veut, on doit constater que démocratiquement, il obtient globalement le soutient du peuple allemand sur ce point. Mais avec la radicalisation d'une partie de la gauche, on risque de se retrouver avec la CDU au pouvoir, alors que le sens premier et manifeste de cette élection, c'est que les allemands n'en veulent pas. Une partie de la gauche joue donc la politique du pire, comme en France.
Le problème réside pour la gauche, en France en particulier, chez ceux qui s'apprêtent à "tout faire pêter", sur l'air de "pas un partisan du oui" (le candidat de droite élu aura soutenu le oui) ou "seulement de la vraie gauche" (comme le candidat de droite qui sera élu). La question doit vraiment être posée, si Chirac et Jospin c'était pareil, si Sarko et DSK ce sera idem. Je ne plaisante pas, beaucoup me disent "c'est la même chose" (pas des militants endoctrinés) et en torpillant la gauche, c'est eux qui feront l'élection. Il est vital d'attaquer systématiquement la droite et que ça se voit, de revenir sur le bilan de Jospin contre Juppé-Raffarin-Villepin, et de labourer la-dessus. Sinon j'ai très peur...
Rédigé par: Tonio | 21 septembre 2005 at 17:08
Ca relève de l'Etat d'augmenter la base d'imposition du foncier pour ces bâtiments mais il faudrait voir la méthode de recensement des logements inoccupés.
C'est une proposition constructive et pas bête pour une fois ! (d'autant que ces logements ne produisent pas de revenus les revenus et donc ne sont pas taxés à l'IRPP). J'encourage Besancenot à continuer dans une voie constructive !
Rédigé par: duong | 21 septembre 2005 at 17:13
Sinon, une très bonne opinion dans Libé, sur la différence entre Blair (icône libérale) et Schröder. Je suis très d'accord avec ça, et c'est pourquoi j'admire Blair, bien qu'anti-blairiste :-)
http://www.liberation.fr/page.php?Article=325161
Rédigé par: Tonio | 21 septembre 2005 at 17:14
Tout à fait d'accord sur les immeubles vides! Ca relève largement d'un phénomène spéculatif: quand on fait de l'achat pour revente, on s'emmerde pas à gérer les locations individuelles. Il faudrait pour être efficace que la taxe augmente avec la durée de vacance de l'appartement. Elle devrait également toucher les bureaux vides pour éviter son détournement, et parce que le phénomène de spéculation est identique: quitte à ne pas les louer, les aménager comme bureaux revient moins cher au maître d'oeuvre. C'est rare que Besancenot pousse des idées utilisables, donc pour le coup bravo! C'est beaucoup mieux que la réquisition qui n'est en pratique pas mise en oeuvre, c'est général et c'est automatique!
Rédigé par: Tonio | 21 septembre 2005 at 17:20