Le long et raisonné dérèglement de toute l'Europe
Bonsoir à toutes et à tous,
Dans une lettre célèbre, Arthur Rimbaud écrivait que “le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens”.
Mais ce dérèglement, créateur pour Rimbaud, peut être destructeur pour l’Europe. La réalité présente de notre continent n’a rien de lyrique, et c’est plutôt à un long et raisonné dérèglement de toute l’Union que nous risquons aujourd’hui d’assister.
Le 29 mai marque la mort probable du traité constitutionnel, le report pour longtemps du mythe de l’Europe politique. Nous avions, hélas, raison lorsque nous dénoncions le leurre de la renégociation face aux partisans du « non » : il n’y a pas de plan B, pas de mandat de négociation, pas de partenaire prêt à engager avec nous un nouveau débat.
Mais le 29 mai a aussi libéré des forces centrifuges qui se conjuguent et attaquent ensemble les fondements de la construction européenne.
C’est d’abord le Premier ministre des Pays-Bas, Jan Peter Balkenende, qui remet en cause l’élargissement à la suite du « non » néerlandais.
C’est ensuite Roberto Maroni, membre de la Ligue du nord et ministre italien du travail et des politiques sociales, qui demande la sortie de l’euro et la ré-introduction de la lire. Puis Philippe de Villiers qui pronostique la mort de l’euro.
Ce sont enfin les replis nationalistes dans les négociations sur le budget communautaire.
L’Europe traverse sa crise la plus grave. Une crise existentielle : quelle est sa finalité ultime, quelles sont ses frontières ? Au Conseil européen qui débute, les chefs d’Etat et de gouvernement semblent paralysés. Il est urgent que des Européens se dressent et indiquent à nouveau la voie de l’avenir.
dsk
Il faut retourner à la charge et démontrer que l'Euro nous évite pas exemple marcher à pied parce que si nous avions encore le franc pour payer le pétrole en dollars vu le niveau du baril....L'euro plus fort que le dollars contient le prix de la hausse.
Et ce n'est qu'un exemple parmi d'autres !
Rédigé par: la gironde | 16 juin 2005 at 17:32
il faut faire preuve de pédagogie, même si cela peut paraitre décourageant parfois. il est tjs plus compliqué d'expliquer les mécanismes économiques qui font que l'euro est globalement une très bonne chose pour la france que de dire que tous nos maux viennent de l'euro... ce doit être tellement frustrant d'être homme politique.
j'ai confiance dans le parti socialiste à rester sur une ligne moderniste après le congrès de novembre. l'echec des partisans du non se fera sentir (pas de plan B, europe en crise, affaiblissement de la France) et leurs mensonges apparaitront au grand jour.
je vous fais confiance .
Rédigé par: L. | 16 juin 2005 at 17:39
Vive le NON, Vive l'europe et Vive le SOCIALISME.
Il faut un PS de gauche.
Rédigé par: France d'en bas | 16 juin 2005 at 17:46
avant de dire n'importe quoi
il faut que tu reflechisse à ce que ça veut dire être de gauche aujourd'hui. c'est pas juste un mot. buffet n'est pas plus à gauche que strauss kahn parce que ce qu'elle propose n'aiderait pas dans les faits les gens qu'elle défend.
Rédigé par: L. | 16 juin 2005 at 17:50
Ce "long et raisonné dérèglement", c'est bien ce que voulaient les partisans français pro-européens du "non", me semble t-il ?
Les Français ont la politique (poétique ai-je failli dire) lyrique, et les réalités concrètes des négociations et de la politique européennes du jour les intéressent peu, je le crains.
Et même les principaux dérèglements dont il est question dans votre texte : élargissement, remise en cause de l'euro ou au moins de la banque centrale, seraient à mon avis approuvés par beaucoup de nonistes français "pro-européens".
Rédigé par: duong | 16 juin 2005 at 18:02
Je vous propose de visiter mon blog, il traite des blogs des hommes politiques français (dont celui de DSK):
http://blogetic.over-blog.com/
Rédigé par: mahdi | 16 juin 2005 at 18:14
J'oubliais : les agriculteurs sont intéressés par les négociations d'aujourd'hui, même s'ils ont voté "non" en majorité...
Rédigé par: duong | 16 juin 2005 at 18:16
DSK,
Votre pladoyé pour sauver la construction européenne vous honnore mais il fait l'impasse sur quelque chose de plus profond et qui n'est pas seulement français.
Dans beaucoup de pays de l'union les décisions des citoyens français et néerlandais ont sorti les gens de la léthargie dans laquelle on les avait plongé.
On a voulu aller trop vite en plaçant les idéaux avant le simple bien être des peuples.
La commission et les représentants politiques européens ont cru trop vite qu'un monde dans lequel on appelle un emploi une activité saisonnière et le barbecue du dimanche un sens à la vie suffisait à remplir de joie les citoyens.
Ce que revendiquent ces citoyens, c'est de débattre des formidables avancées sociales promises et jamais tenues.
C'est de voir leur représentant élus ne pas se contenter d'écouter MEDEF, UNICE et économiste réunis mais devenir des forces de création.
C'est de voir enfin de VRAIS projets d'avenir pour leur enfants.
Alors s'il vous plait ne nous la jouez pas morose mais proposez quelque chose qui a plus de portée qu'un traité qui de toute façon n'était un préalable à un autre.
Les français pour en revenir à eux attendent que les dirigeants du PS enflamment les tribunes publiques, lancent des débats concrets.
Saurez vous insuffler celà ?
Rédigé par: Jbenard | 16 juin 2005 at 18:19
Pour Jbenard :
"On a voulu aller trop vite en plaçant les idéaux avant le simple bien être des peuples."
"on a cru qu'appeler ... le barbecue du dimanche un sens à la vie suffisait à remplir de joie les citoyens."
"Les français pour en revenir à eux attendent que les dirigeants du PS enflamment les tribunes publiques"
"Ce que revendiquent ces citoyens, c'est de débattre des formidables avancées sociales"
"C'est de voir enfin de VRAIS projets d'avenir pour leur enfants."
"Saurez vous insuffler celà ?"
êtes-vous sûr que vous accordez plus de valeur au simple bien-être qu'aux idéaux ?
Rédigé par: duong | 16 juin 2005 at 18:25
Duong,
Mourir pour des idéaux avait encore un sens à la fin du 19 eme siècle. Il semblerait qu'aujourd'hui la gauche partique plus le suicide en se poignardant avec une laitue parce que c'est long et très douloureux.
Mon grand père militant fervent de la cause de gauche avait l'habitude de répèter que "s'occuper du bifteck de l'ouvrier c'était un bon début politique"
A quoi bon des discours de salon destiné à épater les journalistes ? A obtenir la réponse du 29.
Les français comme beaucoup d'européens ne sont pas des nantis et la grande majorité aspire à un mieux vivre. Celà n'en fait pas des monstres froids incapables de jauger la misère d'autrui.
Rédigé par: Jbenard | 16 juin 2005 at 18:34
la majorité des échanges européens sont intrazones, pourquoi ne pas organiser une vraie politique économique qui viendrait en contrepouvoir de l'hégémonie monétariste de la BCE? Il faut sortir des orthodoxies, un économiste qui prétend connaître la solution dans une seule théorie ne devrait pas pouvoir être entendu comme l'est Friedman ou comme l'a été Keynes, alors que l'on commence à voir les limites de leurs théories respectives.
En fait il faudrait une Europe politique. Mais nous avons voté non.
Rédigé par: Guillaume S. | 16 juin 2005 at 18:43
Ah bon OK, chez Jbenard, donc le bifteck pour garnir le barbecue, c'est quand même un bon début ?
Il me semblait bien que le chômage et la stagnation du pouvoir d'achat étaient les principales préoccupations des Français.
Cordialement.
(mon père est aussi un fervent militant de la cause de gauche et ne voit qu'une solution dans les problèmes actuels : la suppression de l'héritage ... ça pourrait résoudre nos problèmes, parait-il : je vous laisse cette idée d'un ancien votant socialiste jusque 95, mais s'étant abstenu en 2002 et ayant voté "non" en 2005 ... si ça vous donne des idées pour enflammer les tribunes)
Rédigé par: duong | 16 juin 2005 at 18:44
Vous êtes assez mauvais là, Monsieur Strauss Kahn, dans vos propos.
Que vient faire Rimbaud là dedans ?
Le dérèglement des sens cher aux poètes en quête de muses ne sied pas au problème européen. C'est justement parce que l'Europe qui existe aujourd'hui est vide de sens qu'elle provoque la crise que nous connaissons aujourd'hui.
Vous aviez raison ? Mais comment pouvez vous dire cela ? Comment osez vous même dire cela ?
La crise européenne n'est pas née du référendum : elle existait déjà.
Pensez vous que le référendum ait quelque chose à voir avec les difficultés du vote du budget ?
Avec le "chèque anglais" ?
Vous appelez à une Europe politique ?
Et vous croyez sincèrement qu'elle va se réaliser ?
Avec les anglais ?
Ou vous êtes naïf ou vous vous moquez de nous.
Rédigé par: Eugène | 16 juin 2005 at 18:49
Pour Eugène :
"Vous appelez à une Europe politique ?
Et vous croyez sincèrement qu'elle va se réaliser ?
Avec les anglais ?"
Je cite DSK :
"Le 29 mai marque la mort du traité constitutionnel, l’anéantissement pour longtemps du mythe de l’Europe politique."
Rédigé par: duong | 16 juin 2005 at 18:54
Pour Eugène, je crois que l'on peut être légitimement décu - "triste" a dit dsk le soir du 29 mai - d'avoir vu rejetées certaines avancées politiques contenues dans le traité. Peut-etre insuffisantes, mais des avancées quand même. Ne refaisons pas le débat.
Quand à l'absence de plan B, c'est sur ce point précis que les partisans du oui de gauche avaient raison. Où est la mobilisation promise pour "faire pression" dans le cadre d'une renégociation ? Qui en Europe s'est dit prêt à renégocier ? Ceux qui ont voté non dans cet objectif-là doivent se sentir, je pense, un peu marris.
Quand aux "forces centrifuges", on peut effectivement penser que le comportement de certains leaders européens aurait été différent si la France avait voté oui.
Rédigé par: JPhT (equipe DSK) | 16 juin 2005 at 19:00
ah la France qui vote oui, les Anglais et les Néerlandais qui votent non, les Anglais mis au pilori pour ne pas vouloir financer l'élargissement, l'Europe réunie autour du couple franco-allemand, Prodi au pouvoir en Italie, Zapatero en Espagne ...
Mince je rêve !
Rédigé par: duong | 16 juin 2005 at 19:07
J'ajouterai à ce que dit Duong
Qu'une pluie de sauterelles mangeuses d'hommes est annoncée
Que les enfants n'auront plus le droit de regarder la ferme célébrité.
Pendant ce temps là, la GCPME nouveau chouchou du gouvernement distille des mesures destinées à relancer l'emploi.
Copé vends le patrimoine de l'état (propriété de tous les français)
L'UNEDIC est au bord du gouffre
On a les priorités qu'on peut
Rédigé par: jbenard | 16 juin 2005 at 19:08
Oui, le contexte actuel est très difficile. Le référendum du 29 mai est une manifestation supplémentaire de cette crise européenne qui s'aggrave encore un peu plus. Les moteurs historiques et géopolitiques de la construction européenne sont en panne depuis plus de quinze ans. Indépendamment de ce contexte difficile, le franchissement par l'Europe de la "porte sacrée" du politique était déjà difficile auparavant. Aujourd'hui c'est la méthode communautaire qui a prévalu pendant 50 ans qui est remise en question.
Je doute en effet de plus en plus de notre capacité à passer de l'Europe économique à l'Europe politique. Le problème actuel c'est que l'Europe économique n'entraîne pas l'impulsion nécessaire à un basculement vers une dimension politique. Par exemple, l'euro nous a été présenté comme le début de l'Europe politique, or c'est davantage l'aboutissement de l'Europe économique et une conséquence de la réalisation Marché commun que le début d'un processus.
Il faut une impulsion exclusivement politique, des propositions institutionnelles audacieuses. Plus que jamais. Le risque le plus grave aujourd'hui ce n'est pas de voir les institutions disparaître mais qu'elles continuent de fonctionner sans perspective et sans cette dynamique continuelle de propositions de relance qui a permis la construction européenne. Il n'y a rien de pire que des institutions désincarnées et sans perspectives.
N'en doutons pas : faire l'Europe a toujours été difficile, il y a eu des échecs, des impasses, mais elle a avancé parce qu'il a toujours existé des hommes et des femmes animés par une foi européenne, capables de faire des propositions de relance. Aujourd'hui, les dirigeants des Etats membres ne sont pas en mesure de produire cette impulsion. C'est à mon avis au Parlement européen que revient la tâche officieuse d'élaborer, comme l'avait tenté Spinelli, un projet politique qui servira de base de négociation et permettra au moins, de démontrer que l'Europe n'est pas en panne d'inspiration, que l'idéal et la volonté de ses fondateurs sont intacts.
Tel est mon espoir.
Amicalement
Rédigé par: Bastien | 16 juin 2005 at 19:34
Je partage le constat de DSK. C'est clair que le plan B, j'avais déjà du mal à y croire avant le 29 mai, j'y crois encore moins aujourd'hui. Les gagnants dans cette histoire, ce sont les nonistes anti-européens, pas les nonistes qui défendaient l'Europe Sociale.
Ensuite, quand je lis :" Il est urgent que des Européens se dressent et indiquent à nouveau la voie de l’avenir. ", ma réaction c'est : qui ? quand ? quelle voie ? Ca sera serait bien que vous alliez plus loin sur ces questions monsieur DSK. Un homme politique de votre dimension ne peut se contenter de dire "on est dans la merde, il faut que quelqun se bouge"... Bonne chance.
Rédigé par: Damien | 16 juin 2005 at 19:49
Je suis d'accord avec Damien. Vos propos sont incantatoires.
Vous appelez les européens à "se dresser". Qu'est-ce à dire ?
Cela fleure sa vague conférence en bras de chemise et au ton grave.
Mais comme Rimbaud vous agrée, vous goûterez ces quelques vers :
"Ce Charme ! il prit âme et corps,
Et dispersa tous efforts.
Que comprendre à ma parole ?
Il fait qu'elle fuie et vole !"
Rédigé par: jules | 16 juin 2005 at 20:13
Vive l'euro ! Vive l'Europe !
Le traité de Constitution européenne est mort. Vive le traité de Constitution européenne !
Avec le NON, on n'est pas dans la m... !
Rédigé par: ratatouille | 16 juin 2005 at 20:58
Les tenants du oui sont vexés, car apparaît désormais très clairement l'aspect artificiel de certains aspects de l'europe, en particulier de sa capacité d'"absorbtion" des 10 nouveaux sans casse, ainsi, et c'est flagrant, des désaccords fondamentaux avec la vision Anglaise...
Alors, heureusement qu'il y a eu ce non!
Que les choses s'eclaircissent. Que les masques tombent!
Si on ne peut cohabiter avec l'angleterre, qu'on fasse sans elle...
Ce qui est flagrant également, c'est que Chirac ne peut plus gérer. Comme tout le monde y a intérêt, je pense qu'il dégagera assez prochainement. Printemps?
Eh bien, tout ça, c'est du temps de gagné!
Mais à une condition:
Que nos responsables de gauche s'unissent sur leur projet
Vraiment insurmontable?
Messieurs les promoteurs de "compromis"... à vous de jouer.
Rédigé par: blogibloga | 16 juin 2005 at 21:07
EURO = 1.209921 USD
11% de compétitivité gagnée / au cours de 1.36!
en quelques semaines!
Ca vaut des années de "baisse des charges" et impôts!
Et ça fera déja quelques chômeurs en moins en europe...
Rédigé par: blogibloga | 16 juin 2005 at 21:13
j'en reviens toujours à ma position du 29 au soir : je ne vois pas d'autre voie pour l'Europe que de se "séparer" pour un temps de la France et des Pays-Bas.
Le délitement que nous prévoyions est en train de céder la place à l'explosion. Tout ce que certains (dont je fais partie) avaient prévu (et non "prédit", car l'incantation n'est pas de notre côté), est en train de se réaliser. Un peu plus vite, c'est tout.
Il faut que l'Europe lache la France, qu'elle se stabilise et qu'elle propose ensuite à la France de reprendre "sa" place.
Dans l'intervalle, on peut espérer que la France aura repris ses esprits et redécouvert qu'un bulletin de vote a un sens (ceci semble avoir été oublié depuis 2002, puisque apparemment les électeurs considèrent que la question à laquelle ils répondent -qui ferait un bon président ? approuvez-vous un traité plus social que le traité de Nice ?"...- n'a pas d'importance et votent en espérant qu'on lira le fond de leur pensée dans chaque bulletin).
Je ne vois pas comment un pays qui représente 13% de la population, qui monopolise les subventions de la PAC et qui vote non à un traité qui lui donne plus de pouvoir (tout en se permettant de donner des leçons sur la suite à donner au processus de ratification), je ne vois pas comment un tel pays donc, peut constituer une base solide pour une "refondation" de l'Europe.
A moins que les arguments xénophobes, voire racistes développés pendant la campagne soient une nouvelle piste pour une Europe politique : l'Europe des tranchées !
Rédigé par: Fabrice N | 16 juin 2005 at 21:43
Cher Fabrice,
il faudrait aussi que l'europe se sépare des anglais, qui auraient voté non...
Ce texte était mauvais, exprime ta rancoeur contre les gens qui ont osé le proposer à des citoyens qui ne sont ni des imbéciles, ni des enfants!
Rédigé par: blogibloga | 16 juin 2005 at 21:52