Halte à la démagogie et au populisme
Je voudrais réagir aujourd'hui à l’actualité récente, notamment après certaines déclarations du ministre de l’intérieur.
D’abord sur les élections au Conseil français du culte musulman, le 19 juin. Construire un dialogue régulier avec les représentants des musulmans de France était une nécessité et la République a mis plusieurs années pour le faire. Mais il est ici nécessaire de rappeler que tous les ministres de l’intérieur des dernières années s’y sont attelés, depuis Pierre Joxe, qui avait lancé l’idée, Jean-Pierre Chevènement et Daniel Vaillant, surtout, qui avait mis sur pied le système électoral. Alors que le ministre de l’intérieur se félicite, soit, qu’il récupère, non!
Dans le même ordre d’idées, je pense que l’on ne grandit pas la politique en utilisant des termes parfaitement excessifs et démagogiques. On peut être volontariste sans être caricatural et injurieux pour les habitants des quartiers, déjà suffisamment stigmatisés par ailleurs. « Nettoyer au karcher » n’est décidément pas une expression digne d’un ministre.
Il en va de même de son appel à « faire payer » le magistrat qui a libéré un des meurtriers présumés de Nelly Cremel. Il est bien clair que si des erreurs ou des fautes ont été commises, elles doivent être sanctionnées. Mais il y a des procédures cela et le Conseil supérieur de la magistrature prononce régulièrement des sanctions, parfois très lourdes. Ces procédures relèvent de l’autorité judiciaire et d’elle seule. Un ministre n’a pas à s’essuyer ainsi les pieds sur la séparation des pouvoirs. Je partage aujourd’hui l’émotion des magistrats devant cet accès de démagogie et de populisme.
dsk
PS : les commentaires pour cette note sont désactivés. Vous pouvez voir mon post de conclusion en cliquant ici : http://www.blogdsk.net/dsk/2005/06/halte_la_dmagog.html#comment-6625556
Personnelement je pense que Sarko a le syndrome de napoléon : plus on est petit en taille et plus on cherche à être agressif. Il n'aurait pas rapeticis ces derniers temps ?
Rédigé par: Vertacomicorien | 27 juin 2005 at 10:09
Il faut bien rappeler aux Français que les magistrats ne sont pas en position de se défendre, parce qu'ils n'y sont pas autorisés par la loi. L'avocat Sarkozy le sait fort bien. Facile, dès lors, de réduire l'opposition à ses propos à une réaction corporatiste des magistrats.
C'est la deuxième fois en quelques années que la droite piétine le principe de séparation des pouvoirs. Après la première condamnation d'Alain Juppé, toute la droite avait entonné le refrain : "sales juges", au plus grand mépris de la légalité d'une décision de justice. Et maintenant, Sarkozy remet ça.
Heureusement que Jacques Chirac a annoncé qu'il était le garant de l'indépendance de la justice (rires).
Rédigé par: Euthyphron | 27 juin 2005 at 10:46
Separation des pouvoirs... ? vaste illusion!!
Le président de la Republique est le chef de l'executif ms egalement le chef du judiciaire puisqu'il est le le president du conseil superieur de la magistrature, il me semble!!
Un juge décide de laisser libre un "monstre" multirecidiviste... c une faute grave. Lorsqu'un travailleur fais une faute grave, il est viré!! Il paie son erreur...
Qd a l'expression "nettoyer la cité au karcher" j'applaudis!! Bien sur je risque de me faire traiter de raciste par des gens qui ne connaisse rien de ma vie ni de mes idées ms je prends le risque. Ds les cités il ya le chomage, les aggressions, les viols, la drogue, les armes... il est tres facile de se procurer une arme (de veritables armes de guerre). J'ai habité ds une cité pdt de nombreuses années et j'ai encore aujourd'hui de nombreux liens ds celle-ci. Alors arretons de prendre des pincettes... il ya qques années, la petite soeur de mon meilleure amie qui avait 14 ans a été violée, tournée par une dizaine de jeunes... depuis elle en est deja a sa troisieme tentative de sucide et elle ne s'en sort pas... et ces parents ont du demenager puisque les jeunes qui l'ont violée les ont harcelés!! Ces jeunes n'ont rien eu ou presque, des peines dérisoires!! Et pk, parce qu'il venait de la cité, parce que les juges ont décidés qu'ayant deja eu de nombreuses difficultés ds la vie ils ne fallait pas les accabler... Ce genre de jugement, c'est ca le scandale!! Pas le fait qu'un ministre est declaré il faut nettoyer la cité... le jour ou vous aurez un couteau sous la gorge juste pr vous forcez de donner votre porte feuille et votre telephone... bah vous changerez d'avis et vous apllaudirez ce genre de declaration qui j'espère seront suivi de geste encore plus fort!!
Bien a vous, Alexandre...
Rédigé par: alex | 27 juin 2005 at 10:49
la radicalisation des discours est inquiétante. Mais l'opinion étant elle-même radicale et prête à faire sécession avec l'élite, n'est-il pas urgent de lui renvoyer des signaux concrets, au prix non du populisme, mais de ce que j'appelerais "l'empathie" ?
La frontière est floue entre les deux, mais les socialistes doivent la trouver...
Sinon plus aucun politique n'existera en face de Nicolas Sarkozy. Il disperse, ventile, il éparpille façon "puzzle". S'il devient président en 2007, on pourra l'appeler "tonton". Tonton flingueur.
Rédigé par: Laurent Javault | 27 juin 2005 at 10:55
En parlant de populisme, Henry Emmanuelli et Melanchon ont fais de meme pour saboter l'Europe non ?
Resultat, on se dirige droit vers une Europe a l'anglaise.
Rédigé par: Hakim | 27 juin 2005 at 10:57
Alex,
Le fait que le président de la république soit président du conseil supérieur de la magistrature ne l'autorise pas, par exemple, à commenter ou influer sur les décisions de justice. Le principe de la séparation de justice est réel mais complexe. Que l'on veuille changer la loi sur la récidive, très bien, mais que le ministre sort de son rôle quand il s'en prend vigoureusement à un magistrat qui ne peut pas légalement se défendre.
Quant à ce que vous dites sur "nettoyer au Karcher", ça me choque moins, en effet, que la remise en cause de la décision de justice. En effet, je ne crois pas que, malgré ce que dit Dominique Strauss-Kahn, les habitants du quartier aient trouvé l'expression injurieuse. Il y a quelque chose de vrai, hélas, dans cette nécessité de changer la langue de la politique.
D'ailleurs, en faisant les "choqués", on joue le jeu de Sarkozy, qui chercher à disqualifier ce qu'il considère être la bien-pensance de gauche.
Rédigé par: Euthyphron | 27 juin 2005 at 11:01
La politique de Sarkozy, c'est communiquer d'abord et travailler ensuite. Le discours vaut action. La communic'action !
Il faut une dépêche AFP par jour et, si possible, un passage télé quotidien. Toutes les raisons sont valables. Toutes les causes sont possibles. Une seule obligation : être suivi par les caméras. Ce qu'il faut, c'est qu'on parle de lui. Occuper l'espace.
Pour Sarkozy aussi, l'existence précède l'essence !
Sarkozy, ou le premier homme politique à se concevoir comme un produit de grande consommation. Il faut parler de la "marque" Sarkozy, pour la rendre incontournable.
La fermeture de Sangatte a laissé les prétendants au départ errer dans les villes proches du tunnel ? Sans importance. La loi sur la prostitution a déplacé celle-ci en banlieue, reproduisant là-bas ce qu'il se passait dans les beaux quartiers de la capitale ? Qui s'en soucie. La loi sur le droit au séjour des étrangers n'a eu aucun résultat, si bien qu'il paraît évident d'en faire une autre très vite ? Qu'importe.
Sarkozy avance, il est déjà ailleurs. L'actualité a ses droits que le recul critique ne saurait entraver. Parler d'hier, c'est prendre le risque d'ennuyer. Et ennuyer, c'est quitter la "une" pour les pages intérieures. Sarkozy, comme tout produit qui veut séduire, est pris dans la tyrannie de la nouveauté. Du neuf toujours : nouvelles propositions, nouvelles lois, nouvelles visites.
Les caméras et les micros courrent derrière, pris dans le tourbillon de cette Histoire en marche. Ces histoires comme la presse les aime, et qui la dissuade, aujourd'hui, de poser les questions qui fâchent.
Jusqu'à quand ?
Jusqu'au moment où l'intérêt du spectacle deviendra moindre, où le scénario, à force de se répéter, finira par lasser et où, les nécessités du commerce se faisant sentir, il sera bon de faire monter en flèche une nouvelle marque, de lancer un nouveau produit.
De Sarkozy ou de la presse, qui mène le bal ? Pas forcément celui que l'on croit.
Rédigé par: sébastien | 27 juin 2005 at 11:04
Prendre vite la vague de tout ce que semble aller dans le sens de l'opinion, et en utilisant un vocabulaire qui fait "popu": la stratégie de Nicolas Sarkozy est claire. Il s'agit non pas de décrire ou d'expliquer les choses telles qu'elles sont, mais d'utiliser l'ignorance des gens pour faire croire qu'il est le seul à vouloir bousculer les choses et être efficace. Et quand je dis ignorance, cela n'a rien de péjoratif de ne pas connaître l'exacte réalité des procédures et règlements en matière de liberté conditionnelle, leur origine, leurs conditions d'application !
Ce faisant, M. Sarkozy, qui n'est pas énarque, va aussi dans le sens du "rejet des élites", décriées comme si éloignées du quotidien: la preuve, dit M. Sarkozy.
Seul problème: il reste qu'on voit Sarkozy à 20h dans le journal, où en dix secondes (ce qui lui permet d'être assurément diffusé) il va dire des choses simples qui flattent le "bon sens" (!). C'est tout ce que l'immense majorité va retenir. Que le nettoyage au Kärcher n'ait strictement rien donné, personne ne va le remarquer...
Rédigé par: Arnaud | 27 juin 2005 at 11:05
Je ne suis pas d'accord, il y a des limites à l'utilisation des mots. Ceux ci ont un sens, un poids et une symbolique.
Nettoyer au Karcher m'a profondément choqué, bientot on va utiliser le terme nettoyer, et pourquoi pas dératiser ou encore épurer ! Ou est la limite ? denoncer et agir n'autorise pas un ministre républicain a utiliser n'importe quel terme. Et cela est d'autant plus vrai lorsque l'on a beaucoup de pouvoir et que l'on prétend être chef de l'etat et garant je le rappelle des institutions et de la constitution.
A quand les nuits de cristal dans les cités ?
Ce n'est pas simpliste ce que je dis, n'oublions pas que si on laisse franchir certaines limites, il n'y en a plus !
Rédigé par: prevalli | 27 juin 2005 at 11:10
Je ne partage pas cette indignation partisane et rive-gauchienne.
La façon d'exprimer les choses interpelle, c'est certain. "Payer sa faute", ce n'est pas neutre, mais je me demandais comment les français auraient perçu la réaction de Nicolas Sarkozy s'il s'était contenté d'employer le vocabulaire politique usuel, du genre : "ce magistrat devra assumer la responsabilité de sa décision".
Pour les personnes habituées, cela revient presque au même. Mais je regardais hier "immersion totale", une émission qui a lieu à Roubaix, une équipe de journalistes étant présent dans un commissariat pendant un mois.
Ces français-là, qui ne maîtrisent "peut-être" pas les subtilités du droit constitutionnel, n'auraient-ils pas encore une réaction du genre : "politiques, juges, ils sont tous copains, de toutes façons, ils se soutiennent toujours" ?
On reproche à Sarkozy de porter atteinte à la séparation des pouvoirs. Pour commencer, depuis quand la séparation des pouvoirs interdit la critique ? Et pour finir, la séparation des pouvoirs n'est-elle pas respectée également dans le cadre d'une vigilance réciproque ?
Par ailleurs, les français, le 29 mai, ont semble-t-il, rejeté les élites... Veut-on continuer à faire le jeu des extrèmes ? On taxe sarkozy de vouloir récupérer les électeurs du FN. Cette notion d' "électeurs du FN" me fait toujours un peu sourire, car elle me semble bien maladroitement utilisée pour les stigmatiser. Comme si ce "bloc" en était un, et n'était pas très certainement mouvant.
Alors, oui, Sarko emploie un langage qui choque. Mais tout le monde devrait se réjouir de voir certains électeurs susceptibles de revenir dans le giron de la République, non ?
Il est certain qu'un calcul purement partisan s'accomoderait d'une droite affaiblie par un FN fort (un petit air connu, d'ailleurs). Mais quid d'une analyse républicaine ?
Au fait, un sondage IPSOS indique que 65% des français juge Nicolas Sarkozy à l'écoute des problèmes des français. C'est certain, ce n'est aps au PS que l'on va s'en réjouir. Mais je préfère ça plutôt que des français qui ne sentent pas représentés et qui nous collent des 2 avril et des 29 mai ! ! !
Rédigé par: koz | 27 juin 2005 at 11:43
Le PS doit demander immédiatement qu'un enquête sur les média complaisants soit lancée.
Il n'y a plus un seul moyen de communication qui ne fasse l'éloge de Sarkozy ou qui invite ses lieutenants pour en faire de même.
C'est insupportable.
Exigez des droits de réponse à RTL, Europe1, France Inter et les télévions nationales.
Rédigé par: Jbenard | 27 juin 2005 at 11:43
Ce qui est fascinant dans le cas de Sarkozy c'est qu'il est en train de fondre les plombs sous les pression conjuguées de ses déboires conjugaux, familiaux (la rivalité avec son frère guillaume) et politique (la haine que lui voue les Chiraquiens).
A cet état de tension il va arriver lessivé en 2007...
Mais le plus inquiétant en ce qui le concerne est son entourage. Que Balkany lui soit acquis, on le sait depuis 1995...Mais qu'il amène dans ses bagages au gouvernements un brillant ancien médeciniste comme Estrosi qui traine avec lui une sombre histoire de golf, ça me sidère !
Je dois l'avouer j'ai été et suis encore séduit par le coté de Sakozy à mettre les pieds dans le plat pour faire avancer la discussion. Son activisme aussi me sied.
Maintenant, je me pose des questions sur ses capacités à vraiment conduire le changement quand je regarde l'influence qu'à l'état de son entourage sur lui.
DSK, je vous remercie dans votre message de souligner l'excellent travail qu'avait fait Daniel Vaillant.
Voilà un homme qui, bien que peu à l'aise dans sa fonction de ministre de l'intérieur, avait posé tous les jalons qui ont permis à Sarkozy d'encaisser les succès qu'il a connu.
En revanche, je pense qu'il faut que vous commenciez sérieusement a user comme Sarkozy de formules chocs. De César à De Gaulle en passant par Napoléon, ils ont tous laissé derrière eux des citations souvent démagos et violentes mais...
Cessez donc d'être le gentil garçon. Musclez votre discours, c'est aussi celà qui plait.
Rédigé par: a2lbd | 27 juin 2005 at 11:44
ps : le populisme, c'est quand le peuple vous comprend, c'est ça ?
Rédigé par: KoZ | 27 juin 2005 at 11:45
Depuis une semaine SARKOSZY est dans tous ses états, atteinte à la dignité humaine des quartiers, atteinte au principe de la séparation des pouvoirs, populisme exarcerbé, démagogie criante, depuis une semaine on re-découvre le vrai SARKO, un homme qui a soif de pouvoir et qui est prêt à tout pour acquérir le pouvoir suprême, la présidence de la République.
Dans les faits quels sont les résultats de SARKO depuis qu'il est dans la vie politique!
S'être fait élire à NEUILLY, quel courage!
Avoir fait baisser la délinquance, nullement sauf dans les beaux quartiers!
Avoir permis le redémarrage del'économie française pendant qu'il était à Bercy, un endettement excessif, une croissance molle, un taux chomage exponentiel!!
En réalité, depuis que SARKO fait de la politique, il n'a cessé de faire de le gesticulation médiatique, des effets d'annonces et voilà qu'il nous fait du populisme!
Après CHIRAC, le démagogue pragmatique, la France va t-elle élire un SARKO démago populiste et ultralibéral!
Que fait le parti socialiste pendant ce temps là à part ouvrir un grand boulevard pour SARKO!!
Nous attendons l'homme providentiel qui fera bouger la France et luttera contre les inégalités dans le cadre d'une économie forte, solidaire et écologique!
DSK à vous d'agir!!!
Rédigé par: Nafsi | 27 juin 2005 at 11:45
Bon lundi à tous,
Il me semble qu'il y a au moins deux sujets dans le post de Dominique :
- les agitations de Sarko
- la justice de la république
Pour ce qui est de Sarko, je ne résiste pas à la tentation de faire de la psychologie de comptoire. C'est effectivement un grand risque, lorsque l'on est physiquement petit et que l'on se choisit un destin de leader, de faire beaucoup de bruit et de mouvements pour compenser ce qui est implicitement perçu comme une faiblesse. Tout l'art pour le concerné, consiste alors à faire juste ce qu'il faut. En ce qui concerne Sarko, je parie qu'il en fera de plus en plus au fur et à mesure qu'il se sentira de plus en plus fort. C'est un bon thermomètre pour mesurer l'état de santé de ce gouvernement...
Inversement, c'est un bon angle d'attaque dans une confrontation avec ce genre de personne, il suffit de les chatouiller un peu pour qu'elles partent en vrille et passent pour des agités ou des Napoléon (dixit le blogueur du vercors). Sarko a une intuition relativement bonne pour ce qui est de se choisir un sujet porteur, mais sa réthorique est faiblarde et cela n'a pas de suite au-delà de l'actualité immédiate ; elle se limite à "Monsieur X, pensez-vous vraiment que les français..." et "Ce n'est pas la peine de m'engueuler, moi qui vient vous voir pour traiter vos problèmes" (il le fait à chaque coup).
Sur les banlieues, ses propos sont outranciés parce pour se poser en monsieur sécurité, il est nécessaire de faire monter le sentiment d'insécurité (cela vous rappelle des choses ?). Mais sur le coup, il a été maladroit car il attaque sur l'angle de la justice, institution que la chiraquie a foulée au pied, et qu'il devra lui aussi assumer même s'il rêve de remplacer Chichi 1er.
La justice donc. C'est d'abord une faiblesse constitutionnelle de la Vème république, qui a abouti à mettre de facto l'égalité des citoyens devant la loi à la trappe. Ensuite, la justice souffre d'une déliquescence des principes au profit d'une législation par cas particulier. Sarko s'en est d'ailleurs fait une spécialité (cf. la loi sur les entrées d'immeuble ou les prostituées). Au lieu d'avoir quelques lois définissant les interdits et de laisser les juges statuer sur les aspects particuliers (circonstances agravantes), on essaie d'avoir une loi sur chaque pouième de problème. Au final, on a des codes inextricables et contradictoires, ce qui représente une atteinte directe à la liberté du citoyen, puisque c'est la qualité de l'avocat ou du juge qui peut déterminer le sort de chacun. Par ailleurs, il est frappant de constater combien la notion même de justice a disparu des jugements : le dernier procès récent où j'ai eu l'impression que justice avait été rendue (i.e. que les victimes se jugaient comprises et que les coupables se jugeaient responsables) est peut-être celui du tunnel du Mont Blanc.
Il faut également constater que le système pousse à produire de plus en plus de lois : le bon peuple pourrait se demander à quoi sert son député si aucune loi ne porte jamais son nom.
Une façon de repartir dans le bon sens (et de le retrouver peut-être), serait sans doute d'obliger, à chaque fois qu'une loi doit être faite, de la fusionner avec des lois connexes existant déjà. J'écarte par avance la solution qui consisterait à récrire des codes simples et cohérents, cela modifierait trop les petites habitudes des concernés. Ca c'est pour les textes.
En ce qui concerne le fonctionnement, l'introduction récente des juges de proximité me semble la meilleure chose qui soit arrivée à la justice depuis longtemps. Pour ce qui est du fonctionnement actuel, je ne peux que regarder avec effarement ces "suspicions" de main mise politique et en contre partie, la dérive vers une politisation inévitable des juges (juges "de gauche" vs "de droite").
Rédigé par: Bloggy Bag | 27 juin 2005 at 11:59
François Hollande annonce qu'il ne se rendra pas à l'invitation de Villepin en raison de la présence de Le Pen.
Qu'est-ce qu'il espère ? La médaille 2005 du meilleur antifsciste ? Hypocrisie, démagogie, besoin d'exister. Bravo les socialistes, faites comme si les électeurs du FN n'existaient pas, perdez les élections présidentielles, ils vous restera toujours la ressource de dire que ce sera de la faute à Chevènement (ou Fabius, Taubira etc.).
Rédigé par: Emmanuel | 27 juin 2005 at 12:03
Les propos de Sarko ("nettoyer au Karcher"), s'ils ne me plaisent pas, ne me choquent en tout cas pas. Il n'aurait pas du les prononcer, mais je n'aime pas cette mentalité qui vise à suivre rigoureusement l'indignation médiatique. Oscar Wilde écrivait "l'opinion publique n'existe que là où il n'y a pas d'idées". Je crains que l'on soit en plein dedans.
En revanche, les actions et paroles envers les magistrats de Sarko m'inquiètent davantage. Je comprends tout à fait que cela n'est que la suite de sa politique-marketting, qui depuis 2002 vise à le mettre sur tous les fronts, c'est un fait. Son sacre napoléonien à l'UMP apparaît aujourd'hui comme une prémice à cette dérive vers une pseudo-démocratie, brassant culte de l'image, remise en cause de principes fondamentaux de la démocratie (séparation des pouvoirs, indépendance de la justice, le gouvernement n'agit plus dans et pour l'intérêt général mais pour un intérêt particulier...) et action de façade (c'est bien de mettre plein de policier et de journalistes dans un loft, euh... quartier, mais il faudrait peut-être penser au long terme, aux gens qui y vivent et arrêter un peu le spectacle).
D'accord, Napoléon I joué par Sarko était "comique" mais Napoléon II a comme un air de déjà vu. J'espère simplement que cette super-démagogie ne nous mènera pas à un Napoléon III. Pour cela, gardons notre calme et ne faisons pas son jeu ;-)
Rédigé par: Jarc | 27 juin 2005 at 12:07
Ce n'est pas un juge, mais trois magistrats sur la base d'avis d'experts (psychiatres etc.) qui prennent la décision lors d'une remise en liberté conditionnelle.
Dès qu'une décision de Justice est rendue, elle implique de fait le risque d'une erreur, qu'il s'agisse d'un innocent condamné, d'un coupable acquitté ou remis en liberté prématurément.
Que l'on s'interroge sur l'application effective des peines, sur le rôle de la Justice (prévenir? Réparer? Punir?), ou sur les sanctions des fautes des magistrats, soit.
De là à jeter l'opprobre sur des magistrats qui ont appliqué la loi au regard des éléments d'informations dont ils disposaient et des pratiques habituelles, il y a une très grande différence.
Jusqu'à preuve du contraire, les magistrats sont des êtres humains, pas des voyants!
Il me semblait que critiquer un jugement était un délit. Une insulte à Mr Sarkozy vaut 3 mois (6?) d'emprisonnement (cf. Sarkozy à l'intérieur version 1).
Et quand Mr Sarkozy critique un jugement c'est... les félicitations de ses pairs?
Que la tolérance Zéro s'applique... A TOUS !
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Quant à nettoyer les cités, il est payé pour ça!
Quand un travailleur lambda fait son travail, y a-t-il 200caméras pour le féliciter?
Que Mrs Villepin ou Vaillant aient été payés à ne rien faire (emploi fictif?!), c'est à cela que les """journalistes""" (notez les guillemets) auraient dû s'attacher...
Rédigé par: Zorba | 27 juin 2005 at 12:10
Moi je préfère Napo III à Napo I. Certes, il était un brin neuneu, mais comme il n'était pas doué pour faire la guerre, il nous a laissé une période de l'histoire plutôt florissante en architecture et en art.
Rédigé par: Bloggy Bag | 27 juin 2005 at 12:13
Sarkozy droitise son discours pour prendre des parts de l'extrême droite. On lui resortira toutes ses phrases en 2007 !
Rédigé par: jonathan | 27 juin 2005 at 12:18
En parlant de Sarkozy, je voulais savoir, Monsieur DSK, si vous connaissiez comme lui le banquier français assassiné en Suisse, Edouard Stern?
J'attends votre réponse avec impatience!
Rédigé par: Typhoon | 27 juin 2005 at 12:29
Suggestion à DSK et à son équipe (pas de rapport direct avec le sujet du jour).
Les blogueurs ont demandé plusieurs fois une plus grande "présence" de DSK. Je n'ai pas de mal à comprendre que cela puisque être techniquement et intellectuellement difficile, et que les réactions "à chaud" induisent un risque d'image.
Il n'en demeure pas moins qu'il est un peu frustrant d'avoir "la bonne parole du jour" et puis d'échanger "entre nous", sans retour ou presque.
L'idée serait que chaque note soit close par une synthèse de ce que Dominique en retient, quitte à ce que ce soit "z'auriez mieux fait de bosser aujourd'hui, c'est pas avec vous que le PIB va croître de 3% cette année' :-)
C'est faisable ?
Rédigé par: Bloggy Bag | 27 juin 2005 at 12:35
Je suis d'accord avec DSK, "nettoyer au karcher" ne devrait pas être employé par un ministre , cela insinue le fait que la population de banlieue serait comme de la vermine qu'il faudrait nettoyer. Est-ce vraiment comme ça que M.Sarkozy compte régler les problèmes des cités? Ne sait-il pas demander si tous les problèmes économiques et sociaux n'avaient-il pas une influence sur le comportement de ces jeunes à sa place j'essayerai d'améliorer leur condition de vie , d'augmenter le budget de la culture pour leur permettre une ouverture sur le monde , et d'entamer le dialogue. Je sais que M.Sarkozy veut sinspirer du modèle étasunien mais pourquoi en prendre les mauvais côtés tel que la répression zéro, qui à mon humble avis peut donner des résultats sur le moment donné , mais qui sur le long terme donne des résultats plutôt mitigés.
Le pire c'est que quand on parle à nos voisins européens , on entend que Sarkozy est notre sauveur , grâce à toute cette médiatisation M.Sarkozy à en plus une bonne image dans le monde! A mon avis nous n'avons pas fini d'entendre ces phrases populistes et démagogues qui par définition plaisent mais tous ça ne sont que des paroles, paroles , paroles ...
Rédigé par: sistersoul | 27 juin 2005 at 12:42
"le juge qui a fait une errreur doit payer pour sa faute"
Tout est faux dans cette phrase.
1. Ce n'est pas 1 juge qui a pris 1 décision, mais un collège de trois magistrats, et psychiatres qui a étudié le cas et le comportement du condamné.
2. Il n'y a pas eu de "faute" proprement dite. la procédure exigée par la loi votée par l'actuelle majorité a été respecte. Les conséquences sont regrettables, mais qui à l'époque de la décision les a prédites ?
3. Un juge ne "paye" pas pour une faute, mais une procédure respectant la loi est engagée si manquements il y a eu et le Conseil Supérieur de la Magistrature est là pour y veiller.
4. Ce n'est pas au Ministre de l'Intérieur de s'occuper de cette affaire, il piétinne le domaine de comptétence de son collègue, le Ministre de la Justice.
Tout est faux dans cette déclaration de Sarkosy, et le pire c'est qu'il le sait très bien.
Elle est digne d'un dialogue de cow-boy, pas d'un Ministre de l'Intérieur.
Son but était de faire du bruit, d'agiter un chiffon rouge pour attirer les caméras. Résultat garanti : vendredi, il est invité au 20h de France 2.
Et qu'a-t-il dit ? Il n'était plus question d'"un juge" mais "des magistrats". Il n'était plus question de "payer" mais de "sanctions éventuelles", etc...On enlève le costume du démago, on sort celui du politicien responsable : pendant 15 minutes il n'a parlé qu'à la 1ère personne !!!!
Une fois le buzzz médiatique enclenché, il déroule son discours sans écouter les questions de Françoise Laborde.
Tout ça pour quoi ?
Faire oublier que depuis 3 ans, c'est bien sa politique qui est en place, et qu'elle marche mal... et qu'il ne peut plus nous servir le discours type "c'est l'héritage du gouvernement précédent".
Sarkozy a appris une chose essentielle de Chirac. Jamais faire de bilan, il pourrait vous revenir à la figure mais promettre toujours plus, et faire une surenchère électoraliste, en imposant le débat sur son terrain de prédilection.
Rédigé par: cuzco | 27 juin 2005 at 12:47
Au secours! Help! Help!(allusion)
Le vocabulaire de Sarkozy
cachez ces mots que je ne saurais "voir"
La taille de Sarkozy
les petits agressifs et les grands cons sans doute
La psychologie de Sarkozy
les agités et les cools.
Bon je vais faire un break de deux mois et je reviendrai voir en septembre si les questions réelles auront pris le pas sur les problèmes de vocabulaire et d'image médiatique.
Un électeur de gauche (de toujours )très déstabilisé par les problématiques de ses congénères politiques.
Rédigé par: bernard3 | 27 juin 2005 at 12:52