« Commentaires sur l'Europe : du 3 au 12 mai. | Accueil | Euroblog AG2E : un nouvel outil pédagogique »

12 mai 2005

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/services/trackback/6a00d8341c610753ef00d834797a8869e2

Voici les sites qui parlent de Référendum : et l'Outre-mer? :

Commentaires

blogibloga

DSK,
concernant la banane à la guadeloupe, il me semble me souvenir que les ordres de grandeur sont les suivants:
Cout de production = Chiffre d'affaire + subvention du style 500 = 200 + 300 (je me trompe à coup sûr dans les chiffres (et j'ai la flemme de rechercher les bons... lol), mais le principe est bien celui la)

Et malgré ça, on trouve surtout de la banane africaine en vente en metropole...

Quelle est la cible?
La production de banane sera t'elle maintenue en guadeloupe?
Si on la remplace, par quoi?
Qu'apporte le "TC"?
Quid du principe de concurrence libre et non faussée?
Que feront les gens si pas de solution "publique" ou "privée"?

papounet

Bon c'est tres bien DSK soigne son image de présidentiable avec ce nouveau voyage en outre mer et son dvd.Markéting certainement nécéssaire pour gagner l'aternance mais très insufisant pour etre crédible.Car chers amis ne l'oublions pas l'avenir se gagnera avec des nouvelles idées et du courage.En effet apres le 29 mai il faudra bien affronter les défis franco français.
-n'est t-il pas temps de refonder et moderniser le cadre de la constitution et créer la 6eme.
-de simplifier les echelons des colectivitées locales
-de réorienté l'économie en prioritée vers les besoins primaires et vers un développement durable.
-de s'attaquer réellement au déficit bugétaire
Attention au marketing des idées médiocres ,n'escamotons plus les vrais débats sous prétexes qu'il ne sont pas dans la ligne markéting,cherchons et confrontons des idées nouvelles en associant toutes les gatégories socio profétionnelles.
A vos méninges .


Serge

DSK,

Pour que votre argumentation N°1 (un traité trop libéral) soit crédible, il faut d'abord convaincre les gens que le libéralisme n'est pas antisocial. Certes la notion de concurrence libre et non faussée était déjà dans le traité de Rome, mais si elle n'a pas été gênante pendant très longtemps, c'est qu'elle n'a jamais été appliquée avant. Vous le dites vous-même, elle n'a pas empêché les nationalisations, ce qui tend à prouver qu'elle n'était pas appliquée. Aujourd'hui, la nationalisation est assimilée à un vecteur de concurrence non libre et faussée. Résultat, on privatise à tout va!
Je dis non à cette idéologie qui devient gênante dès lors qu'on commence à sérieusement l'appliquer. On pouvait la reconduire de traité en traité tant qu'elle était ignorée, mais elle est aujourd'hui dangereuse.

Vous faites une conclusion, en forme d'avoeu: "En refusant ce traité, est-ce qu'on ne garde pas tout ce dont on ne voudrait pas - une Europe trop libérale - en refusant tout ce qui nous fait avancer vers une Europe plus sociale?"

Effectivement cette Europe est trop libérale. Ce faisant, je ne vois vraiment pas comment ce traité peut être plus social, sauf à ignorer l'un ou l'autre de ces aspects qui pour moi sont contradictoires. Vu la tournure que prennent les évènements ces dernières années, je sais déjà lequel sera privilégié.

bilou

Mais comment voulez vous que l'on applique un traité pareil, ça sort de l'entendement français, ils vont jamais y arriver

bernard1

"dans la défense de certains atouts de ces départements -et je pense aux aides accordées à nos producteurs de bananes - "

Il me semble que ce n'est pas nécessairement un cadeau que de contribuer, au travers d'une politique de subventions invraisemblables, à maintenir les producteurs des DOM dans des situations de productivité déficientes. Les cercles vicieux, celà existe, et c'est plus courant qu'on ne le pense ou le dit.

yves(paris)

Bonjour à tous, salut DSK

Je te soutiens dans ton action. Je suis pour le oui, j'ai acheté ton dvd et cela m'a confirmé dans ma position.

bravo à toute l'équipe !

yves

PS : j'ai vu que marie noelle lieneman a totalement refait son blog. Il est vraiment beau et fonctionnel. dommage qu'elle vote NON, c'est une femme passionnante !

Filip (anciennement philippe, mais pour différencier...)

Serge

Si je ne me trompe pas, la "concurrence libre et non faussée" inscrite dans les traités européens ne suppose pas la privatisation des entreprises publiques.

Les Etats ont la liberté, s'ils le souhaitent, de participer de manière minoritaire ou majoritaire au capital d'une entreprise.

Je pense que la proposition récente de DSK de nationaliser temporairement des entreprises rentables que leurs actionnaires lachent car "pas assez rentables" a été faite en cohérence avec le contenu de ce traité, et qu'une telle démarche serait donc compatible avec la "concurrence libre et non faussée".

Par rapport à des propos d'hier ou d'avant hier, je partage les analyses des partisans du NON lorsqu'ils pointent le fait que les très fortes différences sociales et fiscales au sein de l'Union sont des sources de concurrence faussée.

Ceci étant, je pense que les politiques structurelles de l'Union d'une part, et le codéveloppement généré par l'intégration au sein de l'union d'autre part, sont des facteurs qui ont historiquement fait la preuve de leur capacité à harmoniser par le haut les normes sociales et fiscales.

Le fait d'accepter les différence à un moment précis me semble relever d'une logique de solidarité et d'aide au développement. Ceci étant, il est indénable que nous ne sommes pas à la hauteur, notamment depuis trois ans (!!!) en matière de politiques d'accompagnement des personnes perdant leur emploi. Les démarches de formation, le développement d'activités nouvelles, les politiques sociales, l'investissement dans l'enseignement suppérieur et la recherche, etc., sont autant de démarches qui devraient être menées à l'échelle nationale pour nous permettre d'assumer au mieux certains de nos choix européens, dont nous aurrons les bénéfices dans plusieurs années.

Guillaume (Strasbourg)

Commentaire de l'article III-167 sur le site du Sénat :

Commentaire

Cet article reprend très largement, sous réserve de modifications de forme tenant compte de la création de nouveaux instruments juridiques, les dispositions de l'article 87 du traité instituant la Communauté européenne.

Deux ajouts sont apportés aux paragraphes 2 point c) et 3 point a) qui concernent le statut dérogatoire en matière d'aides d'État, d'une part, des Länder de l'ex-RDA, et d'autre part, des régions ultrapériphériques visées à l'article III-424.

Dans le premier cas, il est précisé que, cinq ans après l'entrée en vigueur de la Constitution, il peut être mis fin à la dérogation prévue en faveur des Länder est-allemands par une décision du Conseil prise sur l'initiative de la Commission.

La déclaration n° 16 annexée à la Constitution précise que les dispositions relatives à cette dérogation doivent être interprétées conformément à la jurisprudence existante de la Cour de Justice en matière d'aides accordées à certaines régions de la République fédérale d'Allemagne touchées par l'ancienne division de l'Allemagne.

Dans le second cas, le statut dérogatoire des régions ultrapériphériques se trouve confirmé.

Les régions ultrapériphériques bénéficient actuellement d'un traitement dérogatoire en matière d'aides d'État en vertu de l'article 87 paragraphe 3 point a) du TCE qui dispose que peuvent être considérées comme compatibles avec le marché commun « les aides destinées à favoriser le développement économique de régions dans lesquelles le niveau de vie est anormalement bas ou dans lesquelles sévit un grave sous emploi ».

Toutefois, la dérogation prévue à cet article a fait l'objet d'une interprétation stricte par la Cour de Justice des Communautés européennes (arrêt du 14 octobre 1987, Allemagne c/ Commission, aff. 248/84, Rec. p 4013). Comme la Commission européenne a eu l'occasion de le préciser dans ses lignes directrices concernant les aides à finalité régionale du 10 mars 1998, c'est seulement en vertu de leur niveau de PIB par habitant, qui est inférieur à 75 % de la moyenne communautaire, que les régions ultrapériphériques bénéficient d'un traitement dérogatoire en matière d'aides d'État. Or, du fait de l'élargissement, certaines régions ultrapériphériques pourraient être touchées par un effet statistique, dans la mesure où leur niveau de PIB par habitant, qui aurait été inférieur à 75 % de la moyenne communautaire des quinze, pourrait être supérieur à la moyenne de l'Union élargie à vingt-cinq.

La mention des régions ultrapériphériques à l'article III-167 vise donc à corriger cet effet statistique en accordant une dérogation permanente à ces régions en raison de leur spécificité indépendamment de leur situation socio-économique.

Nobod

Overdose de discussions sur ce référendum. Votons et taisons-nous, qu'on en finisse !!!

Loïc

Bonjour à tous,

Juste un entretien paru dans libé de ce jour comme contribution à nos débats.

A+

Loïc

Référendum 29 mai. Toni Negri, figure altermondialiste, appelle à approuver la Constitution : «Oui, pour faire disparaître cette merde d'Etat-nation»

Par Vittorio de FILIPPIS et Christian LOSSON

vendredi 13 mai 2005 (Liberation - 06:00)

'Italien Toni Negri, 71 ans, est un penseur de la contestation du capitalisme et une figure de l'altermondialisme. Il a inspiré les «désobéissants» italiens lors des manifestations du G8 de Gênes et a notamment écrit Multitude avec l'Américain Michael Hardt, en 2004. Il participera ce soir à un meeting pour le oui à Saint-Michel-sur-Orge (Essonne) aux côtés du socialiste Julien Dray et du Vert Daniel Cohn-Bendit.

Comment un contestataire radical tel que vous peut-il appeler à voter oui ?

Parce que la Constitution est un moyen de combattre l'Empire, cette nouvelle société capitaliste mondialisée. L'Europe a la possibilité d'être un garde-fou contre la pensée unique de l'unilatéralisme économique : capitaliste, conservateur et réactionnaire. Mais l'Europe peut aussi s'ériger en contre-pouvoir contre l'unilatéralisme américain, sa domination impériale, sa croisade en Irak pour dominer le pétrole. Les Etats-Unis l'ont bien compris, qui, depuis les années 50, luttent comme des fous contre la construction européenne. Ils y voient un verrou à l'extension de leur pouvoir. De la même manière, ils s'opposent à l'émergence de la Chine ou à une alliance régionale en Amérique latine...

Les proeuropéens du non reprochent justement à la Constitution de ne pas porter un modèle assez alternatif à celui des Etats-Unis...

Je suis d'accord. Mais ils se trompent de rendez-vous. Ils mythifient une Constitution qui n'est qu'un passage. Elle fait du bien, et fera du bien tout de suite ! Car la vraie question c'est qui va réguler le marché mondial ? La résistance nationale n'est plus un rempart. Seule la poursuite de la construction européenne peut permettre de bâtir des alternatives globales pour ce que j'appelle les multitudes, les mouvements de résistance à l'Empire. Des changements qui délimitent un nouvel espace politique dans lequel cette merde d'Etat-nation va disparaître. La Constitution introduit une nouvelle étape vers plus de fédéralisme, même si elle n'est pas assez fédéraliste.

Comment un pourfendeur des marchés peut-il appuyer un texte qui sanctuarise le libéralisme ?

Ce n'est pas la question ! On sait que l'esprit de la Constitution a un fond de sauce libérale... Et alors ? Oui, elle est bourrée de défauts, de manques, mais elle introduit de nouveaux droits via la charte des droits fondamentaux. Il faut être pragmatique. C'est quoi être de gauche aujourd'hui ? Quelle alternative propose le non ? Il n'y a pas un seul projet de réorganisation sociale portée par les syndicats ou la société civile qui ait abouti à de réelles avancées depuis une génération... Que veulent-ils ? Une Constitution européenne ou une Constitution d'un modèle communiste ?

Comme d'autres ex-révolutionnaires, vous êtes devenu «libéral-réaliste» ?

Je ne suis pas soudainement devenu un vieux con libéral. Je suis un révolutionnaire réaliste. Pourquoi la France est-elle aussi butée ? En Italie, en Allemagne ou en Espagne, même dans les milieux altermondialistes, mon message est audible. Ils ont bien compris l'enjeu du oui. En France, le débat est renversé. Je passe pour un obscur, mais ce sont les autres qui le sont. Moi, je suis clair : il faut être imbécile pour croire qu'on peut construire l'égalité à partir d'une Constitution. Si la France dit non alors qu'elle est le moteur de l'Europe avec l'Allemagne, elle passe à côté d'un cap historique.

Vous rejouez le «oui ou le chaos» ?

C'est oui ou la politique du pire. C'est oui ou la disparition d'un nouvel espace de lutte contre l'hégémonisme de l'Empire. C'est oui ou abdiquer face aux néoconservateurs américains. On ne peut pas être anti-impérialiste, altermondialiste, et ne pas avoir conscience de ce rapport de force ! Le non détruit cet équilibre ; il détruit tout ; le danger sera énorme. Quel que soit le résultat, il y aura une crise. Si la Constitution est recalée, la crise sera européenne. On vivra le retour des déchirures familiales, en France, mais aussi entre la France et l'Allemagne. Si le oui l'emporte, il y a aura crise, inéluctablement. Mais celle-là sera internationale. Ce sera celle qui opposera deux modèles : l'européen et l'américain.


Loïc

Et le Rebond aussi dans Libé...

Bonne lecture,
Bon week-end aussi,
A mardi :-)

Loïc


La France, terre d'antilibéralisme

La méfiance des politiques français à l'égard des mécanismes de marché est sans équivalent chez nos voisins européens.

Par David SPECTOR

David Spector
économiste
et chercheur
au CNRS.


vendredi 13 mai 2005





ans les débats sur la Constitution européenne, un point fait l'unanimité de la classe politique, extrêmes inclus : il s'agit de la nécessité de combattre le «libéralisme». Cet impératif étant posé, les désaccords portent sur le meilleur moyen d'atteindre cet objectif : selon ses partisans, la Constitution faciliterait la résistance au libéralisme ; elle l'entraverait selon ses adversaires.

Pour appréhender le lien entre la construction européenne et le libéralisme, il faut partir d'une réalité simple : que la gauche ou la droite soit au pouvoir, la France est, depuis plusieurs années, la grande puissance antilibérale de l'Union européenne. Dans beaucoup de domaines, ses positions traduisent une méfiance générale, et sans équivalent chez nos voisins, à l'égard des mécanismes de marché. Contrairement à ce que l'on croit souvent, ces divergences entre la France et le reste de l'Europe ne portent pas sur le «modèle social français» ou les services publics, mais sur des sujets apparemment techniques, peu débattus en France malgré leur importance. Cinq exemples tirés de domaines très différents illustrent cette exception française.

L'attribution des licences UMTS. En 2000 et 2001, les gouvernements européens ont dû définir des procédures pour attribuer les licences d'utilisation du spectre hertzien dans le cadre de la norme de téléphonie mobile UMTS. Huit pays, dont la Grande-Bretagne, l'Allemagne et l'Italie, ont choisi de procéder à une vente aux enchères, c'est-à-dire de laisser au marché le soin de répartir ces licences, selon des règles préalablement définies par l'Etat. Faisant jouer la concurrence, ce mécanisme permet, s'il est bien conçu, de ponctionner lourdement les entreprises : il a rapporté près de 40 milliards d'euros en Grande-Bretagne, et près de 50 milliards en Allemagne. Pour des raisons complexes, mais dues en partie à la volonté de faire prévaloir le pouvoir discrétionnaire du régulateur public sur la logique de marché, la France a choisi de ne pas effectuer d'enchères. Cette décision a conduit à un rapport de forces favorable aux entreprises et à un manque à gagner de plusieurs milliards d'euros pour les caisses de l'Etat.

Le marché des droits à polluer. Lors des négociations relatives à l'application en Europe des accords de Kyoto, la France était le pays le moins favorable à la mise en place d'un marché des droits à polluer. Soutenue par la ministre de l'Environnement du gouvernement Jospin et finalement adoptée, cette solution a longtemps rencontré une forte opposition au sein du Parti socialiste, qui récusait comme immoral le recours au marché.

La réforme de la politique agricole commune. Seule contre les quatorze autres pays de l'Union, la France s'est opposée jusqu'au dernier moment à la refonte de la politique agricole commune dans un sens plus conforme à une logique de marché, consistant à remplacer le soutien aux prix agricoles par une politique des revenus. La position française heurtait de plein fouet les intérêts des exportateurs du Sud, comme l'Inde ou le Brésil, mais aussi ceux des consommateurs européens.

A la suite du tsunami, la France a proposé d'annuler la dette des pays touchés ­ mesure hautement inefficace, certains de ces pays étant faiblement endettés. En revanche, la France est à la pointe du combat contre la proposition récente de la Commission européenne visant à diminuer les droits de douane appliqués aux produits textiles fabriqués dans ces pays.

La loi Galland. Votée en 1996, cette loi sans équivalent au monde gèle la concurrence dans la grande distribution et a provoqué une augmentation importante des prix. Elle favorise les entreprises (producteurs, petits commerçants, grands distributeurs) au détriment des ménages les plus pauvres, contraints de payer plus cher leur alimentation.

Selon les sujets, la France est plus ou moins isolée en Europe : elle ne l'est pas sur la question des enchères UMTS ou du protectionnisme textile. Mais la France se distingue de tous ses partenaires par le caractère systématique, et quasiment réflexe, de ses réticences à l'égard des mécanismes de marché, quel que soit le domaine considéré.

Les politiques antilibérales de la France n'ont pas le moindre rapport avec un quelconque souci de justice sociale : la plupart d'entre elles profitent à quelques entreprises, au détriment des consommateurs, des finances publiques, ou des pays pauvres. Inversement, les pays européens les plus soucieux d'égalité (les pays scandinaves) adoptent en général des positions plus libérales que la France.

Les politiques antilibérales sont dues avant tout à la puissance des intérêts corporatistes, mais ce facteur, qui joue aussi à l'étranger, ne saurait les expliquer à lui seul. L'absence de toute contestation à leur endroit, même lorsque ces politiques sont évidemment contraires à l'intérêt général et à l'équité, s'explique aussi par la présence, dans la culture politique et administrative française, d'une profonde méfiance à l'égard des marchés.

Parce qu'il constitue une exception française, l'antilibéralisme systématique n'est pas compatible avec le projet européen : le non souverainiste et le non antilibéral se rejoignent. Inversement, l'argumentaire actuel des partisans du oui est souvent ambigu, parce qu'il flatte les tendances antilibérales de l'opinion, dont l'aboutissement logique est le refus de l'Europe.


ben mout mouf 42

Bonjour à tous,

Filip à écrit :
« Je pense que la proposition récente de DSK de nationaliser temporairement des entreprises rentables que leurs actionnaires lâchent car "pas assez rentables" a été faite en cohérence avec le contenu de ce traité, et qu'une telle démarche serait donc compatible avec la "concurrence libre et non faussée". »

Je crois savoir que cela fait plusieurs années que DSK préconise cette méthode dynamique du rôle d’un état dans une économie nationale (et pourquoi pas une telle application à l’échelle Européenné ? – mais les barons de la finance et de l’industrie y perdraient tout leur pouvoir, isn’t it ?). Je ne suis pas économiste, mais cette méthode est séduisante, car elle apparaît équilibrée, et peut-être DSK aurait-il eu la possibilité de l’appliquer si il avait pu rester suffisamment longtemps au Ministère de l’Economie sous le gouvernement Jospin (Je ne crois pas que Fabius ai poursuivi dans cette voie). Si je me rappel bien (mais il faut me corriger si je me trompe), le corollaire est de revendre des entreprises publiques qui, étant « rentable pour le marché », permet d’engranger des sous par l’état. Et la balance s’équilibre. Au bout de la chaîne, l’emploi doit pouvoir être préservé. Et au bout du compte, si il y a une dérive « financière » (j’entends par là que ces transactions servent d’abord à entretenir des spéculations sur le marché), et bien, il y a la sanction des urnes. Sanction impossible dans un système uniquement libéral, ou le seul moyen de faire plier un patron, c’est de lui couper les fonds en faisant grêve.
Dans le cas des DOM-TOM, il est évident qu’il faut trouver des solutions alternatives aux systèmes « Flosse » qui pourrissent par leur corruption et qui sont hélas florissant dans toutes ces belles régions.

A propos de grève, concernant le 16 mai prochain, est-il possible de mettre la pression sur Raffarin en demandant fermement que, pour les fonctionnaires en grève, les retenus salariales des grévistes soient directement versées dans la caisse d’aide au personnes âgées et handicapées ? Cela ne coûterait rien à l’état qui a déjà dégagé ses lignes budgétaires, cela ne coûterais qu’au salarié avec du pouvoir d’achat en moins, mais au moins, ils maintiendrais un jour de repos (toujours ça de gagner !), et surtout, cela ferais acte de résistance active, en attendant d’entendre DSK nous dire à la télé en 2007 « Mes chers compatriotes (sic… ça me rappel quelqu’un), je déclare solennellement que le Lundi de pentecôte est de nouveau un jour férié »

Encore bravo pour le DVD, qui est très bien.

Un fidèle compatriote !

PS : Certains d’entre vous ont-ils surfé sur le site de Mr. N. Sarkozy de Naguy-Blocsa ? En terme de nombre de commentaires aux sujets proposés, même le blog de Marie-Noelle Lienemann fait mieux ….. warf warf, si on faisait des stats pour une campagne, ce serais rigolo…. Le « légitimisme » de droite en prendrait un sacré coup, non ? Alors, avis aux autres ténors du PS de faire leur blog ! juste pour voir ….

Guillaume (Strasbourg)

Loïc,

cette défense hayekienne très zélée du marché ne m'étonnerait pas de la part d'un madeliniste ou d'un sarkoïde, mais je trouve cela complètement dingue de mettre cette argumentation en avant si on se dit socialiste ! "Laissons faire, laissons aller", ce n'est pas ma tasse de thé. Dire que le marché est spontanément juste, équitable, rationnel, organisé est une vision idéologique, que la réalité condamne. Si la logique du marché est le garante, pour les libéraux de tous bords, de la justice sociale, pourquoi s'ingénier à vouloir faire l'Europe politique ? Le libre jeu du marché dans tous les domaines d'activité humaine est une catastrophe !

Loïc

Guillaume,

Le libéralisme économique n'a que faire des constitutions et autres règlements. Le libéralisme comme vecteur de la justice sociale, c'est une fumisterie totale. On est bien d'accord là-dessus.

J'aurai peut-être dû m'abstenir avec ce "rebond" mais là où je l'ai trouvé intéressant, c'est dans la présentation d'une certaine vision française du libéralisme ou plutôt d'un antilibéralisme français de fond. C'est brouillon, c'est flou, c'est incohérent... Bref, la "taxinomie", du type je dis que tu es libéral et je te disqualifie... a encore de beaux jours à vivre. Aujourd'hui, dire de quelqu'un qu'il est libéral, c'est le type insulte suprême.

Et un Madellin cohérent vote non à un projet de constitution.

mickael

Message à ben frout mout,

Daccord avec toi sur l'initiative Sarkozy, la droite a en ces lieux beaucoup de leçons à prendre (sf Juppé par évidence)
Sur ton attaque sur lienemann, je suis en revanche loin d'être d'accord avec toi. Même si je ne suis pas toujours en parfaite conformité avec elle sur quelques questions, je trouve qu'elle a le mérite d'avoir un blog, très bien fait par ailleurs, et de disposer en plus d'un site internet très complet. Sur le nombre de commentaires, c'est loin d'être la moins bien placée.

Amitiés à tous

Myke

Jbenard

"C’est toujours du point de vue d’une utopie naissante qu’il est possible de parler d’une idéologie moribonde"

Paul Ricœur

Guillaume (Strasbourg)

Loïc,
Alors on est d'accord...
Il faudrait inventer un nouveau terme : le "marchéisme". Pour moi le libéralisme, s'il veut la liberté réelle, c'est-à-dire la liberté égale dans une société juste, ne peut accepter le libre jeu du marché, qui aboutit inévitablement à des catastrophes sociales et environnementales. Le socialisme, c'est, pour adapter ici le mot de Jaurès, la liberté jusqu'au bout.
Le rôle de la puissance publique n'est pas de simplement s'assurer de l'équilibre des forces sur le marché en favorisant la concurrence libre et non faussée (l'Europe, à cet égard ne peut pas être qu'un gigantesque Conseil de la Concurrence), mais aussi de prévenir en amont et de corriger en aval les excès et les injustices que crée inévitablement le marché, en menant des politiques de redistribution, c'est-à-dire de solidarité, et en intervenant dans la production de biens et de services répondant à des besoins collectifs.
En cela, je me définis comme socialiste.

Loïc

Guillaume,

Ben, oui on est d'accord... je n'en doutais pas... J'ai la même définition que toi. :-)

La justice passe par l'équité... ce qui est forcément contraire au libéralisme et ce qui dépasse l'égalité.

Jbenard

Guillaume,

La reconnaissance par le PS d'une xiéme voie qui permettra de concillier la libre entreprise à l'américaine et le droit à rechercher un travail inscrit dans le TC nous laisse à penser que dans peu il n'y aura plus guère qu'à la fondation Jean jaurès où on pourra voir des socialistes, ... en photo dans les livres.

Tonio

Le texte cité par Loïc va loin, sans doute trop, mais il met bien en relief une spécificité très française de fétichisation de l'Etat. Je ne suis vraiment pas un fana du libéralisme, mais le marché est le plus souvent très efficace, à condition de ne pas être "laissé à lui-même". Sans aller jusqu'à tout ouvrir aux marchés (à mon avis, le rail et l'electricité gagneraient plutôt à rester publics)une attitude de défiance systématique est dangereuse. Mais bon, elle nous permet aussi d'être un contrpoids en europe et c'est parfois utile.

Tonio

Au fait, merci pour l'entretien de Toni Negri, je ne l'avais pas vu!! Je vais le faire circuler, parcequ'il le mérite bien: lui, au moins, personne ne peut l'accuser d'être un social-traître (encore que la question est posée, sur la conversion au libéralisme).

Guillaume (Strasbourg)

Que dit le traité constitutionnel ?
1. Toute personne a le droit de travailler et d'exercer une profession librement choisie ou acceptée.
2. Tout citoyen de l'Union a la liberté de chercher un emploi, de travailler, de s'établir ou de fournir des services dans tout État membre.

Que dit le préambule de la consitution de 1946 auquel fait référence la constitution de la Vème République ?
Il institue "le devoir de travailler et le droit d'obtenir un emploi"... Y -a-t-il une différence fondamentale avec le point 1 évoqué ci-dessus quant au soi-disant "droit au travail" ?
Si le "Droit de travailler" est proclamé par la charte, le préambule de 46 évoque lui le "devoir de travailler ". Si le TCE institue le "droit d'exercer une profession librement choisie ou acceptée", la constitution française consacre elle le "droit d'obtenir un emploi". Très sincèrement, je ne vois pas en quoi il y aurait fondemtalement un "recul" dans le droit européen.

Le deuxième point de l'article du TCE vise à reconnâitre comme un droit fondamental la liberté de circulation des travailleurs et des services.
Mais on va me dire : ça y est c'est Bolkestein !
Tous les droits, même dans notre constitution s'interprètent et s'équilibrent les uns les autres, en fonction du rapport de forces politique ou social. Ainsi, l'accès aux SIEG est aussi un droit fondamental au même titre que la liberté de fournir un service dans tout Etat membre. Reste à connaître les modalités de mise en oeuvre de ces droits. Là, c'est au législateur, c'est à dire au politique d'agir : le Conseil et le Parlement trancheront en votant la loi (lorsqu'il y a une base juridique pour une loi ou loi-cadre) proposée par la Commission.

Guillaume (Strasbourg)

Je précise que le "devoir de travailler" s'inscrit historiquement dans une Fran ce d' après-guerre où la production industrielle était au plus bas. Aujourd'hui, les données sont quelque peu différentes.

Guillaume (Strasbourg)

Par rapport à la conception de la puissance publique, j'ajoute (au risque de me répéter) que l'Europe, si elle pose comme règle que les Etats risquent de fausser la concurrence et restreint leur capacité d'action (/aides) vis-à-vis des entreprises (dans l'idée que cette concurrence faussée constituerait un acte de "guerre économique" entre les Etats), elle doit alors elle-même devenir la puissance publique capable d'intervenir pour mener les politiques publiques qui répondent aux intérêts stratétiques et aux besoins collectifs des Européens. Elle le fait déjà (fonds de cohésion ou fonds structurels) mais elle doit avoir des moyens largement supérieurs à ceux que les Etats lui confèrent aujourd'hui : l'UE doit se doter d'un impôt européen et elle doit être capable de financer ses actions redistributrices et régulatrices. Nous devons progresser dans la voie du "fédéralisme burdgétaire" et, avec le TCE, dans la voie par exemple d'une grande politique des réseaux transeuropéens, d'une grande politique européenne de recherche, d'une grande politique européenne dans le domaine des énergies nouvelles et renouvelables.

Loïc

Bon, j'avais laissé passer ce point de vue d'Edgar Morin...

Guillaume, j'essaie de me rattraper... :-)

Bon week-end à tous...


A quand une Europe visionnaire ?, par Edgar Morin
LE MONDE 10/05/05

La distribution à profusion du texte du projet de Constitution européenne ne va qu'accroître la confusion et la perplexité. De même que l'on tire les arguments les plus contradictoires de la Bible, du Coran et des Evangiles, de même, très légitimement, les partisans du non extraient les éléments négatifs du texte constitutionnel, tandis que les partisans du oui en extraient les éléments positifs. D'où, pour le citoyen incertain, un accroissement d'incertitudes et, dans l'incertitude, la disposition à un vote négatif.


Or c'est un vice de pensée que de se concentrer exclusivement sur un texte. Le sens de tout texte ne s'éclaire que dans la considération de son contexte, et ici seul le contexte permet de déterminer le choix.

Quel est le contexte ? Il est historique et il est actuel.

Le contexte historique nous ramène à l'idée première. Afin d'en finir avec les deux guerres suicidaires du XXe siècle, les "pères fondateurs" ont incité à une union politique et culturelle qui unirait les nations sinon dans une fédération, du moins dans une confédération.

La résistance des nationalismes, notamment français, a empêché dans les années 1950 toute institution supranationale et elle a rejeté notamment la Communauté européenne de défense.

Comme, au cours des années 1950 un formidable essor économique traversait l'Europe occidentale, alors, de même qu'un fleuve qui rencontre un obstacle granitique opère un méandre pour le contourner, de même, le flux politique européen opéra un méandre économique et il élabora un marché commun qui finalement s'est épanoui avec la monnaie commune.

C'est alors qu'il apparaît nettement aujourd'hui que l'Europe économique n'est qu'un nain, voire qu'un fœtus politique, et cela en un temps où de plus en plus le besoin pacificateur et novateur de l'Europe se fait sentir dans un contexte planétaire lui-même de plus en plus cahoté et chaotique et en un temps où la conscience d'une communauté de destin devrait s'imposer face aux puissances continentales comme les Etats-Unis, la Chine, l'Inde, l'Amérique latine : non tant pour s'opposer à eux, mais pour imposer sa propre existence d'entité européenne.

Ainsi, nous semble-t-il, le contexte historique et le contexte planétaire actuel nous posent la question : l'Europe doit-elle naître politiquement ou au contraire est-elle seulement vouée à demeurer un marché ?

Alors qu'un vote négatif stimulerait les oppositions entre souverainistes et européistes partisans d'un nouveau traité, entre trotskistes, communistes, fabiusiens, emmanuellistes, de villiéristes et lepénistes, l'adoption d'une Constitution dépasserait le caractère hétéroclite des partisans du oui.

Dans ce contexte, la Constitution, avec ses défauts et ses qualités, ses carences et ses oublis vaut mieux que pas de Constitution du tout, car elle apporterait un socle politique institutionnel à partir duquel une dynamique politique endormie pourrait se réanimer.

Or la vraie difficulté du oui se trouve dans son incapacité à se hisser au niveau politique et je dirais même au niveau anthropologique qui nous situe et nous donne un rôle au sein de l'humanité planétarisée.

Tout d'abord, la réduction massive du politique à l'économique aussi bien à droite qu'à gauche ne considère le problème européen qu'en termes de chômage, emploi, croissance, pouvoir d'achat.

Et, sur le plan économique, aussi bien détracteurs que partisans de la Constitution trouvent des arguments pertinents, car l'économie commune présente des avantages et des inconvénients, car la technocratie de Bruxelles a pris des décisions néfastes comme des décisions utiles ; de plus, l'insertion dans le marché mondial provoque divers avantages mais aussi divers inconvénients sur l'emploi.

Or c'est à un autre niveau, proprement politique, que se situe l'idée de Constitution, mais la triste incapacité de penser la politique et de dégager une voie d'avenir pèse négativement sur le référendum.

C'est dans ce vide que les considérations immédiates, particulières, corporatives, totalement privées d'horizon, poussent individus et groupes à considérer les problèmes globaux du point de vue des intérêts sectoriels et fragmentaires.

Ce qui manque pour peser positivement sur le vote, c'est la conscience d'une communauté de destin à échafauder. C'est la conscience d'un grand dessein que l'Europe devrait apporter à elle-même et au monde. C'est la conscience que, dans la menace de guerre de civilisation et/ou de religion, l'Europe pourrait se dresser comme force pacifiante parce que portant en elle une diversité multiculturelle et multireligieuse pacifique et parce que portant enfin en elle un véritable universalisme.

C'est la volonté de rompre définitivement avec une civilisation de la puissance pour s'engager dans une civilisation de la rencontre et du dialogue. C'est d'ouvrir une voie de salut pour l'humanité.

Comme le vaisseau spatial Terre est propulsé par quatre moteurs incontrôlés, science, technique, économie, profit, celui-ci va dans le sens des accroissements quantitatifs et que ces accroissements conduisent à la dégradation de la biosphère et finalement au désastre.

Or l'Europe pourrait être porteuse d'un modèle qualitatif fondé sur la qualité de vie et ce qu'Aristote appelait la vie bonne. Bien sûr, tout cela nécessiterait une pensée, une conscience de la nécessité et de la difficulté de changer de voie. Nous en sommes loin.

Nous sommes dans le "trou noir politique" ; nous sommes dans l'incapacité de concevoir nos contextes et le contexte même du référendum.

Un vote négatif aurait à mon sens des conséquences négatives. Il ne susciterait toutefois pas le chaos : nous y sommes ; il l'aggraverait sans doute, mais surtout il tuerait dans l'œuf l'Europe politique, seule condition pour que l'Europe devienne européenne. Alors apparaît clairement la question : l'Europe sera-t-elle européenne ou ne restera-t-elle qu'un souk commun ?

Vérifiez votre commentaire

Aperçu de votre commentaire

Ceci est un essai. Votre commentaire n'a pas encore été déposé.

En cours...
Votre commentaire n'a pas été déposé. Type d'erreur:
Votre commentaire a été enregistré. Poster un autre commentaire

Le code de confirmation que vous avez saisi ne correspond pas. Merci de recommencer.

Pour poster votre commentaire l'étape finale consiste à saisir exactement les lettres et chiffres que vous voyez sur l'image ci-dessous. Ceci permet de lutter contre les spams automatisés.

Difficile à lire? Voir un autre code.

En cours...

Poster un commentaire

Manifeste de Socialisme et Démocratie

août 2007

lun. mar. mer. jeu. ven. sam. dim.
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31