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12 avril 2005

Du Japon aux Antilles...

Toyoda_machimura_strausskahn_2
Bonjour à toutes et à tous,

Pas de post ces derniers jours pour une raison simple : j’étais en déplacement en Martinique et à la Guadeloupe pour défendre le « oui » au traité constitutionnel. Je n’ai pas eu le temps, à mon grand regret, de profiter de mon séjour là-bas pour faire trempette… ! Le programme fut très chargé et les rencontres nombreuses.

Je vous livre aujourd’hui un post sur mon intervention la semaine dernière au Japon.

A l'invitation du 21st Century Public Policy Institute du Japon, et en tant que Président de la Délégation Européenne du « Trade and Poverty Forum », je me suis rendu du 1er au 4 avril à Nagoya pour participer à la réunion plénière des six délégations de cette mission internationale (Europe, USA, Japon, Afrique du Sud, Inde et Brésil).

Celle-ci a réuni pays en développement et pays industrialisés, dans l'objectif d'œuvrer à la réduction de la pauvreté et des inégalités dans le monde, et cela dans le cadre du Cycle de Développement de Doha. Son Excellence Nobutaka Machimura, Ministre des Affaires étrangères du Japon, a honoré cette réunion de sa présence.

Le « Trade and Poverty Forum » lancé par le German Marshall Fund des Etats-Unis, avec le soutien en Europe de la Fondation du Roi Baudoin, rassemble parlementaires, ONG, chefs d'entreprise et personnalités politiques d'Afrique du Sud, d'Inde, du Brésil ainsi que des Etats-Unis, du Japon et d'Europe. Créé en 2002, ce Forum a pour mission de permettre le bon accomplissement du Cycle de Développement de Doha et s'attache à effectuer des propositions concrètes pour que les échanges commerciaux soient mis au service de la réduction de la pauvreté dans le monde.

Différentes propositions ont déjà été présentées pour permettre, par exemple, la mise à disposition de vaccins pour les pays pauvres ou d'infrastructures permettant un meilleur accès à l'eau potable, notamment par la réduction des gaspillages dans les pays développés. La réunion plénière de Nagoya doit conduire au lancement d'un appel à la multiplication des actions car la lutte contre la pauvreté ne peut attendre. La corrélation entre la pauvreté, les échanges commerciaux et l'environnement a d’ailleurs été l'un des principaux sujets de travail de la rencontre de Nagoya, qui s'insère dans la thématique du "développement durable" de l'Exposition Universelle d'Aishi.

Pour changer du débat sur le traité constitutionnel ;-), j'ai pensé que vous pourriez m'apporter vos avis sur l'aide au développement et la lutte contre la pauvreté.

dsk

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Voici les sites qui parlent de Du Japon aux Antilles... :

Commentaires

Cher Dominique, c'est un peu du replâtrage d'image que tu nous fais. Pense à la pauvreté qui se développe chez nous et qui va aller grandissant avec le TCE et la BCE.

La réduction des gaspillages, idée à retenir. Alors écoute bien. Dans le programme du PS tu supprime la redevance télé et tu remets la vignette auto, histoire d'assommer de taxe les 4 4 et tous les véhicules voraces en pétrole.

Ah... C'est beau la vie, avec Fulcanelli ! Dommage qu'elle ne soit pas de ce monde !

Avoir une préoccupation sincère pour la pauvreté oblige à une vision économique différente de celle qu'on nous propose du côté du monde "libéral".

Parce qu'aider un pauvre,en réalité, c'est donner à fond perdu , et çà , c'est une chose inacceptable pour les fanatiques du rendement de l'argent.

Hors, que se passe t'il aujourd'hui?
les dettes, les aides, ne sont elles pas systématiquement mis à conditions, ne sont elles pas finalement que de simples reports ?

Ce qui fait que la pauvreté est bien installée , c'est que la dette perdure de génération en génération.C'est ainsi qu'un peu partout dans le monde, en obligeant les enfants à endosser les dettes des parents, la pauvreté est pérénisée.

Personnellement, je peus juste affirmer que si sur le terrain ( distribution ) , il y a une réelle envie de vendre des produits "éthiques" comme max havellar , et bien des multinationales (qui ne paient pas le prix juste, qui ne font pas travailler mais exploitent le gisement des ressources humaines) , ces multinationales milliardaires m^me lorsqu'elles sont aussi importante que la société " chiquita "ne font pas le poids.

Voir comportement éthique de la MIGROS ( société suisse) qui raisonne non seulement en terme économique mais HUMAIN.


Avoir une préoccupation sincère pour la pauvreté oblige à une vision économique différente de celle qu'on nous propose du côté du monde "libéral".

Parce qu'aider un pauvre,en réalité, c'est donner à fond perdu , et çà , c'est une chose inacceptable pour les fanatiques du rendement de l'argent.

Hors, que se passe t'il aujourd'hui?
les dettes, les aides, ne sont elles pas systématiquement mis à conditions, ne sont elles pas finalement que de simples reports ?

Ce qui fait que la pauvreté est bien installée , c'est que la dette perdure de génération en génération.C'est ainsi qu'un peu partout dans le monde, en obligeant les enfants à endosser les dettes des parents, la pauvreté est pérénisée.

Personnellement, je peus juste affirmer que si sur le terrain ( distribution ) , il y a une réelle envie de vendre des produits "éthiques" comme max havellar , et bien des multinationales (qui ne paient pas le prix juste, qui ne font pas travailler mais exploitent le gisement des ressources humaines) , ces multinationales milliardaires m^me lorsqu'elles sont aussi importante que la société " chiquita "ne font pas le poids.

Voir comportement éthique de la MIGROS ( société suisse) qui raisonne non seulement en terme économique mais HUMAIN.

désolé pour le bégaiement....

Beber est un sacré économiste, il a découvert les avantages comparatifs dans l'aide humanitaire.

Pour 1000 euros, tu peux nourrir avec du riz 100 gosses en état de dénutrition au Burkina Faso mais en Europe, tu peux à peine éviter qu'un ménage surendetté ne se fasse explulser par un huissier parce que... (un gars de droite dira que ces pauvres achètent inutilement à crédit et son responsables de leurs conneries... un gars de gauche dira que le sieur en question était salarié d'une PME qui a licencié pour se délocaliser)

Sur le fond, ya pas photo. Si on veut se doter d'une auréole de bienfaiteur, l'efficience économique veut qu'on lutte contre la pauvreté dans les pays miséreux mais pas dans les pays de l'OCDE.

Je sais, c'est dur, façonné au mortier idéologique mais c'est parce que DSK le vaut bien et le mérite bien !!!

Fulcanelli,
je ne pensais jamais avoir à le dire, mais tu as raison :-) Si la solidarité n'avait pas une tendance fâcheuse à s'étioler avec la distance et les frontières, nous ferions beaucoup plus pour les pays pauvres et moins (en termes relatifs) au niveau national.

Pour relancer le discussion, que pensez-vous de la question des subventions agricoles des pays riches? C'est l'enjeu principal du cycle de Doha. Plusieurs options sont possibles : ouverture de toutes les frontières (probablement au bénéfice des grands pays agricoles à revenu intermédiaire), établissement d'asymétries dans les barrières tarifaires ou normatives (pour autoriser les pays les moins avancés à se protéger contre les exportations des pays riches ou à revenu intermédiaire), soutien aux cours des produits issus des PMA, politiques de quotas agricoles (dans la veine des accords mulitfibres sur le textile)... ou un mixage de toutes ces options!

oui, je conçois qu'au premier abord, s'occuper de la pauvreté qui nous entoure soit secondaire par rapport à la pauvreté des pays du tiers monde, par exemple.

Mais, la pauvreté, c'est comme un départ de feu, ne pas s'en occuper, s'est prendre le risque que tôt ou tard, le feu prenne de l'ampleur et nous rattrapent.

Le nerf de la guerre, c'est l'argent. La répartition des richesses est trop déséquilibrée. Certains sont si pauvres qu'un rien leur permettrait de se sentir riches (juste un toit, de quoi manger et boire) et d'autres sont si riches qu'ils ne se rendraient même pas compte s'ils perdaient la moitié de leur fortune. Alors comment faire accepter de bonne grace aux plus riches de donner aux plus désérités? Attention, je ne dis pas qu'il n'y a pas de généreux donateurs parmi ces gens là, on a des exemples. Mais si l'impot sur la fortune était affecté à la lutte contre la pauvreté, je suis sûr que tous les riches du monde seraient prêts à s'acquitter de cet impôt en sachant leur argent ainsi utilisé. Quitte à le baisser proportionnellement aux dons qu'ils seraient amenés à faire de leur plein gré. En somme, "si tu donnes tu donnes, et si tu donnes pas, tu donnes quand même". J'imagine déjà les discussions de salons: "t'as payé l'ISF cette année?" "Non mais tu m'as bien vu? J'ai fait un don, moi, monsieur!"
Je plaisante, mais en même temps je suis sérieux.
Il faudrait créer un observatoire mondial de la pauvreté. Ce pourrait être Le « Trade and Poverty Forum » en y adjoignant la Chine, encore que je n'ai pas bien compris sa mission de permettre le bon accomplissement du Cycle de Développement de Doha, qui ne me semble pas être une priorité (ou alors faut m'expliquer). Cet observatoire aurait pour mission la collecte de l'ISF mais aussi des dons de particuliers (pas tous les dons car chacun reste libre du choix de son ONG préférée), et surtout la définition des priorités. Cet argent serait redistribué aux organismes les mieux à même de répondre aux priorités définies par l'observatoire. Toutes ces ONG ainsi "mises en musique" n'en seraient que plus efficaces.
Bon d'accord, y'a un problème. Dans mon postulat, il s'agit d'un impôt mondial, pas facile à mettre en place. Peut-on essayer cela aux niveau européen? Car il n'y a pas de pays pauvres et de pays riches en europe, il y a des gens riches et des gens pauvres dans tous les pays.
Voilà pour ma modeste contribution.

Concernant les subventions européennes, existe t'il de riches exploitants agricoles ( çà existe) qui ose dire " non, merci, j'en ai pas besoin, je fais assez de bénéf comme çà ..." ?

Les subventions, çà devrait être accordé APRES examen des bénéfices réalisés par les subventionnés.Sinon, ceux qui sont en difficultés n'auront jamais assez, et ceux qui sont en pleine santé économique auront toujours trop.

Je suis peut-être un peu hobbesien, mais je crois que la première chose à faire, dans la lutte contre la pauvreté, est d'instaurer des rapports de force. Il faut encourage la présence des pays pauvres et en voie de développement dans les grandes institutions internationales, afin qu'elles pèsent davantage sur les décisions et que celles-ci ne puissent se prendre sans leur avis. C'est déjà en partie vrai. Il faut aller plus loin. Il faudrait également que l'Europe puisse peser davantage, ce que le TC permet davantage. Les Etats-Unis ont trop longtemps (mal) pesé sur les fléaux de la balance, en se débrouillant toujours pour que cela se fasse en leur faveur.
Comme c'est également le cas dans le domaine industriel, il faudra, si l'on souhaite un "rattrapage" du Nord par le Sud, admettre qu'on ne peut plus subventionner autant que nous le faisons l'agriculture et que nos marchés soient aussi ouverts que ceux des pays du Tiers-Monde. Si la suppression des subventions serait dangereux, un plafonnement bas et révisable rapidement est essentiel, même si ce peut être douloureux pour les paysans américains et européens.
Cela dit, ces mesures, dit justement Thomas, ne profiteront sans doute qu'aux pays exportateurs nets de produits agricoles, type groupe de Cairns (Afrique du Sud, Brésil, Argentine). Il faudrait sans doute être plus interventionniste pour les pays pauvres, en interdisant certains subventions qui font effondrer le marché (coton) et en mettant en pratique, dans le domaine du développement, les principes de l'égalité réelle : donnons davantage à ceux qui en ont besoin et ne soumettons pas les règles de l'OMC aux simples marchés, sans compensations.
Mais, pour tout cela, je l'ai dit au début de mon message, il faut faire en sorte que les rapports de force ne soient plus systématiquement en faveur des Etats-Unis. D'où la nécessaire organisation efficace de la Communauté européenne qui, avec l'Inde, la Chine et le Brésil, peut décider d'une stratégie globale de développement, en devenant la "championne" du Tiers-Monde. Mais ne risque-t-on pas le cercle vicieux ? Car pour réformer les institutions internationales comme l'OMC, il faut... l'aval des Etats-Unis. La négociation montre, sans doute, ses limites dans ce domaine, et il faudra sans doute, un jour, passer en force en s'organisant, au niveau européen, pour que les rapports de force soient désormais en notre faveur. Ajoutons à cela le problème de l'endettement - l'effacement par le système du debt/equity swap décrit par DSK (La Flamme et la cendre, 2002, p. 151-153) paraît intéressant -, celui de l'immigration - les quotas sont dans l'état actuel un pis-aller nécessaire, tant pour les pays riches que pour la main-d'oeuvre des pays pauvres... et il y a du pain sur la planche !

je vais poster sérieusement plus tard sur le sujet et les pistes de Thomas (équipe DSK) qui est vachement intéressant, mais pour l'instant juste une réflexion ultra-rapide.

Pour une fois, Le Monde a assez bien mis le doigt sur le problème immédiat. Le problème immédiat pour les pays vraiment pauvres, c'est la hausse du prix du pétrole qui va à court terme provoquer une crise majeure dans ces pays. Ils n'ont pas tord. La question qui va se poser très prochainement, au dela de la faillite récurrente des PMA, risque fort d'être l'appauvrissement rapide - s'il est possible (et c'est possible) d'être encore plus deshérité qu'ils ne le sont déja. On peut sans doute pronostiquer un nouveau cycle de violence dans ces pays, lorsque la contrainte sur les importations va jouer à plein. Un nouveau pas dans l'enfer de Dante en quelque sorte.

J'ajouterais à mon message l'excellent article publié dans le Libé de lundi et qui fait le point des vices des subventions et des aides dans le domaine agricole :

http://www.liberation.fr/page.php?Article=288663

Sans vouloir jeter de l'huile sur le feu, je soulignerais enfin que le TC offre de nombreuses avancées dans la perspective de nouvelles réformes institutionnelles des grandes organisations internationales, type OMC:
- les pays membres de la zone euro pourront en effet adopter à la majorité qualifiée des mesures visant à élaborer des orientations de politique économique (III-194);
- ils pourront désormais décider seuls des orientations de l’Eurogroupe, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent (III-197);
- ils pourront adopter des positions communes avant les réunions financières internationales (III-196), point essentiel d'une convergence des orientations vers une économie plus favorable aux pays pauvres ;
- ils pourront enfin et surtout décider d’une représentation unique au sein des institutions et des conférences financières internationales (III-196).

Le TC, donc, au service d'une lutte contre la pauvreté - un instrument de progrès !

Peu importe les outils économiques. N’ayant pas de compétence particulière en la matière, il me serait bien difficile de dire si une protection de l’agriculture par des subventions, des quotas, ou des barrières douanières est le plus efficace. Ce qui est sûr, c’est que je souhaite que la politique prenne sa responsabilité, et utilise les leviers dont elle dispose. Ouvrir simplement les marchés et se priver de tout moyen d’action, c’est très probablement développer des entreprises, mais seront-elles les entreprises qui nourriront les populations ?

Les savoirs, comme les capitaux, sont bien plus mobiles que les hommes. Les techniques de production des pays développés, leur technologie, s’exporte vers les pays en développement et leur permet d’accroître leur productivité, d’aborder de nouveaux marchés. Dès lors, sans frontière ni subvention, n’est-il pas plus rentable d’exporter vers l’Europe 12 mois dans l’année des asperges, et de concurrencer des producteurs européens sur leurs marchés, que de produire du riz pour une population qui peut à peine se l’offrir ? Voir par exemple ce site d’un producteur péruvien : http://www.agrokasa.com

Je ne vois pas comment un marché libre de fonctionner permettrait de remplir un objectif politique.


Bien sûr, l’agriculture est aussi importante pour nous Européens, et particulièrement pour la France. Parce que c’est un secteur économique considérable, parce que nos produits sont notre patrimoine, parce que c’est un facteur d’indépendance, etc. Les raisons de développer l’agriculture européenne sont nombreuses, même si l’urgence n’est pas la même que dans les pays les plus pauvres. Pour autant, je ne crois pas que l’on puisse durablement jouer sur la concurrence entre les régions du globe. Là aussi, les différents leviers économiques doivent être utilisés au service du développement de notre agriculture (et SVP, débarrassons-nous du système européen actuel, inique et artificiel, qui ne satisfait que quelques grands exploitants).

Pour terminer, un petit gratte méninges. Une agriculture écologiquement responsable… c’est aussi une agriculture qui limite le transport de ses produits. Que penser donc de ce producteur péruvien, Agrokasa (http://www.agrokasa.com), écolo irréprochable et adepte du développement durable selon son site Internet, qui exporte toute l’année un produit saisonnier en Europe, et contribue ainsi à la pollution atmosphérique ?


Benjamin

Comment réduire la pauvreté dans le monde lorsque la planète est placée sous la dictature des marchés financiers?

Et c'est bien de cela qu'il s'agit:

- de l'impérialisme américain qui dépouille les pays pauvres de milliards de dollars (avec la complicité des classes aisées locales),

- du libéralisme européen qui soutient les rentiers au détriments des entrepreneurs et des ménages, et en général la montée de l'ultralibéralisme partout dans le monde: Chine, Inde, Russie, etc.

- de l'Afrique qui dispose de colossales ressources naturelles et qui ne profitent pas aux Africains.

- de l'Asie, manne pour l'Occident avec sa main d'oeuvre à la limite de l'esclavage (en attendant que les tigres et les dragons ne nous mangent tout crus).

- de l'Amérique latine, chasse gardée des Etats-Unis, où la classe dirigeante n'a qu'un seul leitmotiv: le TPMG (Tout Pour Ma Gueule).

* * *

Lutter contre la pauvreté c'est lutter pour la sociale-démocratie dans le monde. Un point c'est tout!

Quand je pense à tout le fric qui a été donné aux pays pauvres, aux africains, par exemple, pour atterrir sur les comptes suisses ou bahaméens de leurs dictateurs, avec la complicité de TOUS, Américains et Européens, et par la France, les gouvernements de droite comme de gauche.

Quand je pense que dans notre propre pays, jamais autant de gens (pour ceux qui ont la chance d'avoir un emploi) n'ont été rémunérés au SMIC ou en dessous du SMIC qu'aujourd'hui!

Quand je pense qu'un des plus minables dirigeants européens, je cite: Manuel Barroso, a été nommé président de la Commission. Pour rappel, son pays (le Portugal) est celui qui a les plus mauvais résultats de toute l'Union. Et en plus, cet ultralibéral a soutenu la guerre de Bush. Honte à lui!

Dominique, tu veux la réponse à ta question?

Eh bien, il faut commencer par changer la politique en profondeur et sortir de la spirale libérale qui nous mène droit le mur. Et cela commence par dénoncer les malversations de toutes sortes qui animent un trop grand nombre de financiers, de politiciens, de dirigeants de multinationales et d'entrepreneurs corrompus...

On peut aussi imaginer de nouvelles barrières douanières pour taxer tous ces produits provenant des pays à faible coût de main d'oeuvre et sans protections sociales et reverser une grande partie de ces taxes aux pauvres de ces pays...

Le Mali? Il faudrait d'abord faire cesser le dumping américain sur le coton, et qui profite aux plus riches exploitants du Sud des Etats-Unis.

L'Equateur? Il faudrait d'abord chasser les compagnies pétrolières qui mettent à sac la forêt tropicale.

La Palestine? Il faudrait d'abord obliger Israël a retourner derrière les frontières de 1967.

Le Darfour? Il faudrait d'abord permettre à Kofi Annan de réorganiser l'ONU, mais les néocons ne le veulent pas.

Pour chaque cas, il y a une solution évidente.

En 2004, 80% des flux mondiaux de capitaux ont été absorbés par les Etats-Unis, qui dépensent depuis trop longtemps beaucoup plus qu'ils ne produisent. (en 2004, ce différentiel a été de 6%. Pour un PIB supérieur à 10.000 milliards de dollars, cela fait au bas mot 600 Mds de dollars, financés entre autre par les pauvres du monde entier. Et 2005 s'annonce pire!

Ceux qui trouvent que j'exagère devraient se tenir au courant des réalités. Et pour ceux qui ne lisent pas très bien l'anglais, vous trouverez des traductions d'un grand nombre d'articles (anglais et américains) sur ma page perso: http://questionscritiques.free.fr

* * *

Pour l'Europe (et je voterai OUI au référendum dans l'espoir de pouvoir mieux changer ce très mauvais Traité Constitutionnel) il faudrait commencer par changer la politique monétaire, qui ne s'intéresse qu'à la stabilité (l'inflation est réduite à sa plus simple expression, faisant le bonheur des rentiers) et à la limitation budgétaire qui va avec, pas à la croissance. Stabilité et croissance sont d'ailleurs antinomiques. Pour la relance il faut des fonds, beaucoup d'argent. Mais l'état n'en a pas, tout est dans la poche des profiteurs qui tiennent la planète et qui préférent les marchés spéculatifs aux investissements productifs.

Je propose qu'on abolisse les marchés à terme. Qu'on interdise les ventes à découvert. Bref, qu'on empêche la spéculation financière. Ou alors qu'on la taxe, et lourdement! Ainsi on disposera des fonds nécessaires pour venir au secours des pauvres, de tous les pauvres.


Pour tracer un peu un trait entre les propos de beber, Jan et Thomas, je crois qu'il ne faut pas oublier que les pauvres dans les pays du Sud ne bénéficient pas du développement économique issu des échanges internationaux ou alors vraiment en dernier lieu.

Je pense en effet que meme avec une croissance forte de la production, la Valeur ajoutée qui en découle sera totalement absorbée par l'enrichissement d'une caste, d'entreprises du nord ou d'intermediaires peu nombreux du fait des potentiels de gain de productivité (on vient parfois de loin), du chomage trop grand pour entrainer une hausse des salaires (et la pyramide des ages n'y contribue pas non plus), de la faiblesse du droit dans les états et des mentalités locales propices à la concentration des richesses (puis à une redistribution traditionnelle devastatrice pour l'economie classique et on ne construit pas d avenir dans l'economie informelle).

Les ilots de richesses ainsi créés ne doivent pas masquer les océans de pauvreté.

On peut favoriser les échanges sur une marchandise si on veut une tension sur le marché international de cette denrée et un pays plus solvable pour nos produits du Nord, mais de grace n'appellez pas cela "Aide au développement". Conservons le nom de plan Marshall.
Mais dans une version 2005 cad comme on a pas d’argent a distribuer, on vous donne des droits d’exploitation dont la durée dépend du temps ou vous parviendrez à rester compétitif sur ce secteur.

Le commerce équitable, d'un autre coté c'est justement une vision internationale enrichie des conditions du développement (action sur le long terme, projet collectif économique ou de santé, exigence qualitative objective du produit).
On ne peut pas développer un pays avec le commerce equitable, mais cela contribue a essaimer les valeurs de progrès maitrisé comme le micro crédit ou la formation des filles, l'accès à l'eau et l'anticipation des phénomènes migratoires autour des villes (bientôt des citadins de 3eme génération dans les villes africaines, sans liens avec leur village d'origine, quelles conséquences?) et surtout des milliers d'initiatives dont on a pas idée nous ici au Nord.

Voila, je vous ai donné ma vision. Le développement économique n'est pour moi pas une science économique mais une abbération historique qui depuis 200 ans se renouvelle sans cesse dans différents coins du monde. Des petits miracles fragiles interagissant en somme et encore faut il que nous parvenions a ne pas détruire notre écosystème.


ps : mes excuses au lecteur pour ce post quelque peu décousu.

Je propose que l'on désigne un compte en banque pour chaque personne sur terre et qu'on taxe toute transaction boursiére de toute sortes même les plus sordides, surtout les plus sordides et que pour 1 euro on glisse un centime d'euro dans la poche des comptes en banques unis des gens, voilà, jusqu'à ce que tout le monde soit rassasié, ensuite on crée un compte pour chaque être vivant sur terre et on fabrique de nouvelles lois qui intégreront ces valeurs dans tout échange qui soit

Nous avons besoin de vous sur les écrans de TV pour défendre ce Traité !
Je vous suis sur ce blog et sais que vous tenez meeting sur meeting et c'est très important. Mais vous n'êtes pas sans savoir non plus qu'une élection se gagne aussi dans les grands médias ! Pourquoi tant de discrétion ? Vous êtes perçu comme un des hommes politiques de gauche les plus pro-européens, comme un grand pédagogue, qu'attendez-vous pour faire le tour des plateaux !
Nous en avons assez des bourdes de Hollande posant avec son meilleur ennemi dans la presse à gros tirage, nous en avons assez des soubresauts médiocres de la campagne socialiste, les tractages sur les marchés ont rarement été aussi sportifs, même dans des circonscriptions insoupçonnées quant à leur soutien à la construction européenne.
Bref, il nous faut pédagogie et enthousiasme et vous êtes le seul à pouvoir sortir du lot. Ne nous laissez pas tomber.

Je suis assez d'accord avec le post d'Adam et je ne suis pas compétent pour juger des effets du développement économique et celui des échanges économiques sur le développement et sur la réduction de la pauvreté.

Maintenant, si on se place strictement du point de vue de l'aide au développement et de la mise en place de projets qui bénéficient concrêtement aux populations locales, je plaide, avant toute autre chose, pour une méthodologie réfléchie et une approche locale.

Pour la méthodologie, je poserai trois éléments comme indispensables :

a) Le projet de développement doit être concerté, discuté et amendé par les partenaires et les supposés bénéficiaires
b) Les bénéficiaires doivent s'approprier le projet
c) A la fin du projet, les bénéficiaires doivent avoir bénéficié de ressources (matérielles, humaines, formation) de nature à les avoir renforcer (empowerment) et la communauté locale doit pouvoir continuer à retirer des bénéfices du dit projet après sa réalisation (activités durables)

Pour l'approche locale, c'est assez simple, il s'agit de faire le lien entre le projet de développement et les communautés locales. Un macro projet doit s'accompagner d'un nombre suffisant de micro projets locaux pour accompagner le développement économique. En effet, la base de tout, ce n'est pas l'économie mais les communautés humaines sur lesquelles on souhaite agir (pour et avec elles).

Je ne sais pas si c'était très clair... :)

ça fait plaisir de te lire Thomas... On croyait que tu nous avais oubliés. :)

Bilou,

la taxation des transactions financières, c'est assez compliqué car elles sont très largement virtuelles. Un exempel : deux investisseurs américains peuvent s'échanger des actions Renault sans passer par Paris en créant une mini-place de marché américaine dédiée aux actions françaises par exemple. Moralité, la taxation ne fonctionne que si elle concerne un très grand nombre de marchés. Berf, la base fiscale sur ce type d'opérations est très fuyante. C'est une des raisons pour lesquelles Thomas Piketty a récemment plaidé, lors d'un colloque au Minefi organisé par l'Agence française de développement, pour une taxation des échanges commerciaux, qui ne sont pas détournables tant que les taux d'imposition sont faibles. Autre soltuion, taxer les billets d'avion (1 euro par billet prélevé sur le lieu de destination), le kérosène, la production d'armes, le bénéfice des entreprises, les émissions de carbone ou autres gaz...

Pour améliorer la situation des pays pauvres, il faudrait dire aux commissaires européens socialistes, d'arrêter de proposer des lois et des réglementations qui enfoncent toujours un peu plus ces pays.

Pascal Lamy (PS) qui fut commissaire européen au commerce extérieur (au passage notez qu'une seule personne, non élue, représente 250 millions d'européens auprès de l'OMC, bonjour la démocratie) a largement participé au pillage social de ces pays en proposant de libéraliser toujours plus tous les secteurs de leur économie (et notamment la distribution d'eau potable).

Une question sur un cas concret: quand les commissaires européens proposent de remplacer 5% du cacao par des graisses animales quels intérêts servent-ils ?
a - les intérêts du consommateur
b - les intérêts des producteurs de cacao africains
c - les intérets de l'industrie agroalimentaire

Allez Dominique, je suis sûr que tu connais la réponse...

Etonnant l'absence de M SK sur le traité (n y croit-il déjà plus ? ou veut il être en réserve de la république du PS pour garder une place au cas où Mr Hollande parte le lendemain du vote ?)
AU sujet du développement, la seule solution est que les gens qui vivent dans ces pays puissent et prennent des initiatives individuelles. Nos pays peuvent les aider en fabricant et organisant le TERREAU nécessaire pour que ces initiatives fleurissent. Mais bien entendu il est hors de question de le faire réellement.. 2 exemples concrets:
- on exporte de la technologie et des services dans ces pays et on se gargarise de nos exports. quand ces pays exportent vers nous, on appelle ça des délocalisations et on crie au scandale (alors qu on reste largement bénéficiaires en balance) -ex concret EN europe avec l'affaire Bolky ;-) COmment les tchèques ou les polonais peuvent financer leurs énormes besoins sans exporter de services ?? et comment peuvent ils exporter des services dans NOS pays si ils ne sont pas meilleures en prix ??
- les jeux olympiques !! Toutes les bonnes âmes appellent aux JO à Paris.. Ne serait-ce pas mieux que de les financer et de les organiser dans des pays en voie de développement ? Cela créerait des envies, des initiatives, un afflux de journalistes sur place donc une amélioration de la démocratie .. une nécessaire implantation des entreprises qui financent ou qui retransmettent, de la formation, etc..
EN parle t on ? NON !! On garde le gateau pour nos pays ..
Continuons donc dans le confort de l'adsl ou du cable à théoriser sur des trucs innaplicables qui n'ont en pratique que la valeur d'un pet de fourmi dans un bocal ouvert c'est à dire celle de la politique ;-)

Lorsque michel gaillard nous parle de "volume d'échange" à la bourse c'est qu'il doit y avoir des milliards par jour qui fuient, rien ne nous empêche de créer cet impôt ou cette taxe en Europe ? Je pense même que beaucoup, pour avoir bonne conscience, accepterait volontier cette taxe ce que de plus alimenterait le "volume d'échange" !

Tous les trois jours tu dépassent 1 milliard d'euros, et tu construits des barrages, des acqueducs, de l'eau partout, des pompes, des solutions exemplaires

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