Du courage pour faire gagner la gauche
Bonjour,
pour qui auraient raté sa parution dans le Monde, voici la tribune que j'ai rédigée avec Martine Aubry et Jack Lang, avec lesquels j'ai rejoint le secrétariat national au projet du Parti socialiste,
dsk
Il faudra effectivement du "courage" à la gauche, si elle veut - et j'espère qu'elle le veut vraiment ! - proposer un projet qui prenne le risque d'être audacieux et ambitieux - c'est-à-dire réformiste, selon moi. Depuis que je consulte ce blog et que j'ai l'occasion de consulter les avis de DSK, de ses proches ou de ses références - voir les liens de ce site -, je suis frappé de constater que de nombreuses solutions existent dans notre pays pour résoudre ou tenter de résoudre un certain nombre de problèmes (éducation, recherche, réforme de l'Etat et des impôts, régulation de la mondialisation, etc.). Elles n'ont pas été mises en oeuvre jusqu'à présent. Vont-elles être reprises dans le projet, puis le programme socialiste ? Je l'espère très sincèrement.
Au-delà de cette question de l'inclusion des idées de DSK dans ce projet, j'espère qu'il ne sera pas l'énième usine à gaz d'un Parti qui, incontestablement, est toujours à la recherche de nouvelles idées, mais peine - ou a peur, voilà le mot - à les formuler et les présenter aux Français : voir le médiocre programme de Jospin pour 2002, qui n'était ni clair, ni franc, ni lisible, même si l'orientation générale était louable et certaines mesures conseillées.
Le courage, donc, concerne non seulement l'élaboration des idées - ne pas avoir peur de poser un certain nombre de questions - mais aussi leur présentation : c'est le courage de dire clairement ce que l'on va faire. Je sais qu'électoralement il est souvent préférable de noyer un programme dans de grandes et belles déclarations d'intention générales afin de ne pas se mettre à dos chaque partie de son électorat éventuel ; mais je crois qu'aujourd'hui les Français ou, tout du moins, les 45% de gauche et les quelques % qu'il faudra grappiller au centre, sont mûrs pour un projet que DSK qualifie de "réformiste radical" et que j'appellerais volontiers "réformiste révolutionnaire", pour employer un oxymoron plus éloquent encore. Du courage, donc.
Je tiens enfin à souligner que je suis heureux de voir DSK et Martine Aubry travailler à nouveau ensemble. Je n'ai jamais véritablement cru que leur brouille était définitive et justifiable. Je trouve que, malgré leurs différences, ils se rejoignent sur de nombreux diagnostics et des solutions semblables. Leur travail sur les 35 heures a été remarquable, même si, bien entendu, de nombreux points resteront à améliorer à l'avenir. Je crois même pouvoir dire que, sur ce dossier, Martine a en partie infléchi la position de DSK qui, à l'origine, était sans doute un tout petit peu plus réticent qu'il ne l'est aujourd'hui.
Bonne chance pour la préparation de ce projet, et, surtout, n'oubliez pas de consulter les militants et les sympathisants, dans la rédaction, mais aussi la lecture et la révision...
Rédigé par: Jan | 07 décembre 2004 at 08:24
D'accord avec toi Jan sur la démarche ambitieuse que doit adopter le PS dans l'élaboration de son projet. Le fait d'avoir J. Lang, M. Aubry et DSK comme porteurs de celui-ci est une bonne nouvelle.
La question qui brûle les lèvres est bien celle-là : quel social-réformiste peut battre le libéral-paternaliste Sarkozy en 2007 ?
Le projet de la gauche est essentiel mais la personnalité de celui ou celle qui l'incarnera ne l'est pas moins quand on observe le déferlement médiatique la vague sarkozienne. Non pas qu'il faille l'imiter mais bien au contraire y résister en montrant que la gauche (et pas seulement le PS), collectivement, a d'abord un projet qui rassemble et des idées à défendre. Celui ou celle qui l'incarnera sera d'autant plus fort que le projet pourra susciter une forte adhésion face à la "Sarkommunication".
Ceci dit, il faut prendre au sérieux ce monsieur Sarkozy qui donne beaucoup dans l'image (et les leaders de la gauche ne sont pas ne reste de ce coté là, ne soyons pas dupes) : il y a un fond idéologique que l'on peut en effet qualifier de libéral-paternalisme. Ce monsieur Sarkozy a lui aussi un projet pour le France. C'est peut-être le seul à droite qui en ait un. C'est pourquoi il faudra en effet du courage !
Rédigé par: Guillaume, Strasbourg | 07 décembre 2004 at 17:44
Je suis absolument du même avis que Guillaume. Je trouve d'ailleurs, sur le plan idéologique - au noble sens du terme -, assez absurde que l'on prépare un projet dont on ne sait pas encore qui l'incarnera... Il est évident que, suivant qu'il s'agira de Hollande, de DSK, de Lang, d'Aubry ou de Fabius (non... je plaisante) qui portera ce projet, il lui donnera une tonalité et une teinte assez différente.
Je crois donc qu'il faut atteindre trois objectifs dans cette phase de préparation :
- proposer un projet qui ne soit pas seulement un catalogue de bonnes intentions, ou un simple diagnostic, mais qui contienne des propositions concrètes ;
- faire en sorte que le programme issu de ce projet soit en parfaite conformité avec les idées du candidat socialiste en 2007 ;
- soigner sa mise en forme par une diffusion large et une communication qui, cette fois, ne sera pas sabrée au nom d'un désir de "gouverner autrement" - décidément, quel slogan ridicule. Dire que la communication sans contenu est absurde, c'est juste ; considérer qu'on peut s'en passer absolument et qu'il suffit de s'adresser à l'intelligence des Français, c'est ou utopique ou insuffisant. Pardonnez-moi, chers blogueurs, cette trivialité, mais une bonne idée, cela doit aussi se vendre...
Rédigé par: Jan | 08 décembre 2004 at 08:36
J'ajoute qu'il s'agit bien de faire gagner la gauche avec des idées de gauche et non pas des idées du centre droit. Il est hors de question de procéder à un recyclage du blairisme. Le réformisme radical ne peut pas être le "centre radical" ou le "nouveau centre".
Si je dis cela, c'est qu'il y a visiblement beaucoup d'admirateurs de Blair et des réformes néo-libérales de Schröder (tellement "nécessaires" que personne n'en veut plus) dans l'entourage de DSK et qui veulent une gauche "libérale"... A ceux là, je leur dis : allez voir Bayrou ! En ce qui me concerne, je n'ai pas envie d'une gauche réformiste qui fasse avec 10 ans de retard un recentrage libéral comme l'ont fait les travaillistes britanniques et les sociaux-démocrates allemands.
Rédigé par: Guillaume, Strasbourg | 08 décembre 2004 at 11:34
bonjour
franchement j'ai peur. Peur de Sarko en 2007. Et aussi peur du manque de moyen de la gauche pour lutter contre le phénomène.
Est-ce que l'on joue son jeu (com à tout prix...)ou pas? Est-ce que quelqu'un au PS est capable de jouer son jeu? (éviter Ségala!!) Est-ce qu'il est judicieix de jouer ce jeu? Dans une société nivellée par le bas avec le règne de l'apparence, du fric (et de TF1...)est-ce qu'il est possible de parler de fond...?
Sarko va passer les deux ans qui viennent à tendre des pièges (comme pour le 21/04 ou le but était de faire croire que jospin et la droite c'était pareil)insidieusement il va dire et faire n'importe quoi et il sera relayé par les médias en quête de bons mots, bonnes formules et de spectaculaire.
le projet c'est bien mais comment le faire connaître est autre chose
bon courage en tout cas
ps est-ce que sarko est scientologue?
Rédigé par: corinne | 08 décembre 2004 at 11:35
Guillaume, je ne sais pas à quels "centristes" tu fais exactement référence dans l'entourage de DSK. Tout ce que je sais, c'est que, tant par ses actions que par ses écrits, DSK n'a rien d'un tenant du centre-gauche français. Quand tu lis La Flamme et la cendre, tu constates que ses références ne sont pas seulement Keynes et Polanyi, mais surtout Jaurès et Blum sur les discours desquels il se fonde fréquemment. Je défi d'ailleurs quiconque de trouver, dans l'action ou la pensée politique de DSK la moindr inflexion centriste ou droitière - je rappelle, pour ceux qui ne le savent pas, que l'idée selon laquelle DSK serait à la droite de la gauche, voire au centre, est, en grande partie... une invention de la droite, apparue dans ses discours au début des années 90, afin de discréditer l'un de ceux qui, à gauche, pouvaient incarner une forme de renouvellement des idées politiques sociales. Ce qui est malheureux, c'est que la gauche de la gauche s'est ensuite emparée de cet argument, sans toujours savoir d'où il venait...
Evidemment, tu as raison, proclamer un "réformisme de gauche", ce n'est pas le faire ou le mettre en place, et il serait fallacieux de vouloir se protéger derrière ce type de formule : il faut leur donner du sens et du contenu, et c'est l'objet du projet qu'Aubry, DSK et Lang ont pour charge d'encadrer.
Cela dit, si l'on suit un peu les travaux et les réflexions qui ont lieu autour du PS et, notamment, du club A gauche en Europe (voir liens), on ne peut qu'être assez confiant sur l'avenir... à condition, toutefois, qu'on en tienne réellement compte.
Sur la question du "libéralisme", j'ai longtemps été, comme toi, ce qu'on pourrait appeler un "anti-libéral". Mais en lisant les travaux de la philosophe Monique Canto-Sperber - son livre, Les Règles de la liberté, et la tribune qu'elle a publiée il y a quelques mois dans Libé (voir le site A gauche en Europe), sont, sur cette question, particulièrement éclairants -, je me suis rendu compte que les choses étaient plus complexes, et qu'il existait bien, si l'on peut dire, un libéralisme de gauche, auquel on peut attacher des noms d'économistes plus ou moins célèbres, mais aussi des politiques et des philosophes. Ce libéralisme, à la fois politique, social et économique, est intrinsèquement lié à l'histoire du socialisme français et européen, et a constitué le principal point d'achoppement avec les communistes qui, eux, n'ont pas su admettre qu'on ne pouvait - qu'on ne devait - plus attendre le "Grand Soir" mais qu'il fallait transformer la société de l'intérieur.
Quant aux opinions de Corinne, je serais moins pessimiste. Sarko est parti, c'est certain, et il a une longueur d'avance sur tous les autres. Mais il est parti tôt, très tôt, a déjà plus ou moins son programme - ce sera certainement un mélange de son premier livre, Libre, et du rapport Camdessus - et s'est donc déjà pratiquement découvert. Les enjeux et la situation seront différents dans deux ans, lorsque les autres candidats seront déclarés, que d'éventuels accords auront été pris entre certains partis de gauche (au moins, je l'espère, entre les Verts, le PS et les radicaux, pour éviter un énième 2002), quand les programmes seront public, voire publiés. A ce moment, comme c'est souvent le cas, la France sera 45% à gauche, 45% à droite, et toute la différence se fera sur de petits détails. Personnellement, je suis convaincu que :
- si le programme de la gauche est réellement novateur ;
- s'il est porté, dans les médias, un peu mieux, et plus tôt qu'il ne l'a été en 2002 ;
- si l'on ne néglige pas, comme cela a été en grande partie le cas en 2002, le conjoncturel et l'actualité ;
il est possible de battre Sarkozy, dont le programme pourrait jouer le rôle de repoussoir auprès de l'électorat centriste ou de la droite modérée. Sans compter les chamailleries entre les différents candidats de droite qui ont déjà commencé (voir l'interview d'Alliot-Marie, ce matin, dans Le Figaro). Bref : je crois que Sarkozy est aujourd'hui à un pic de popularité, et qu'il ne pourra guère espérer davantage, et ne peut être guetté que par la chute qu'il tentera d'enrayer le plus possible.
PS. Je ne pense pas que Sarkozy soit scientologue, mais il est certainement un grand adepte des médias...
Rédigé par: Jan | 08 décembre 2004 at 12:25
A lire certaines productions du "think tank" Entempsréel dont certains des membres sont au Conseil scientifique de "A Gauche, en Europe", on a la curieuse sensation de se trouver en terrain conquis par le néo-libéralisme dominant. Le "parti de la réforme" (i.e. hauts fonctionnaires et cadres sup du privé issus de la haute fonction publique) est semble-t-il suffisamment souple pour se rallier soit au centre droit, soit au centre gauche, pourvu qu'il ait les coudées franches.
Ainsi, dans l'un des textes en ligne, on affirme que le PS doit accepter la "société libérale" (cf. cahiers n0 4 sur le "parti de la réforme"), qu'il ne peut être question de vouloir une "autre société" et qu'accepter cette "société libérale" ne signifie pas, bien entendu, que l'on ait un projet libéral... Mais si le PS ne peut plus être un parti de transmformation sociale, je me demande quel autre projet que le libéralisme celui-ci peut bien porter... On ne peut pas être main dans la main avec le monde-comme-il-va et prétendre dans le même temps le réformer !
De plus, je m'interroge beaucoup sur la volonté de toujours vouloir aller dans le sens de l'individualisation des réponses aux questions sociales (voir l'analyse de Pierre Rosanvallon dans le Monde du 8.12 sur "l'Europe sociale"). N'ya-t-il pas le refus de voir s'exprimer des intérêts collectivement partagés dans le monde du travail (avec la fin supposée de "la conscience de classe"), de voir s'organiser des luttes collectives, ne laissant ainsi au salarié que le recours au juge pour voir ses droits reconnus ? N'est-ce pas là la trace de cette acceptation de l'ordre libéral qui règne dans le monde occidental depuis la fin des années 70 ?
Rédigé par: Guillaume, Strasbourg | 08 décembre 2004 at 15:20
Cher Guillaume, entendons-nous bien... Il est bien évident que le PS doit être et rester un "parti de transformation sociale", et cette transformation souhaitée ne peut effectivement se faire sans une vision critique de la société et de l'économie. Cela dit, il est deux possibilités de transformer la société : la transformer de l'extérieur - c'est la révolution violente, dont on sait qu'elle a fait beaucoup de morts ce siècle dernier, et qu'elle a accouché de souris - ou de l'intérieur - c'est la réforme, au sujet de laquelle le projet du PS tournera vraisemblablement et que ce Parti hésite précisément à définir.
La question n'est donc pas de nier l'évidence : le capitalisme et le libéralisme existent. Ils sont là, tout autour de nous. C'est le système de toutes les économies mondiales - à l'exception, peut-être, des pays les plus pauvres. La question est celle de son approche. A droite, on considère que le libéralisme doit conserver le maximum de "libertés" et le minimum d'entraves : c'est l'ultralibéralisme invoqué et incarné par Madelin et, aujourd'hui, par Sarkozy. A gauche, il est établi qu'il s'agit de réguler le libéralisme, de lui donner des limites qui, selon les socialistes, ne l'entravent pas, mais le rende le plus efficace en le rendant plus juste. Le "réformisme de gauche" est donc un réformisme de la production, au sens marxiste du terme : il doit pouvoir être redistributeur - mieux qu'il ne l'est aujourd'hui -, mais également agir en amont des difficultés, en instituant les règles permettant d'éviter les dangers du "laissez-faire" ultra-libéral. L'article de Rosanvallon que tu cites me semble parfaitement clair sur ce point.
Sur la question de l'individualisation des réponses aux questions, elle est d'abord motivée par le souci d'efficacité, que cela concerne l'école (Eric Maurin) ou les inégalités sociales (François Dubet). Par ailleurs, elle ne saurait exclure des solutions d'ordre plus général, notamment dans le domaine des aides sociales et de la fiscalité. D'ailleurs, je ne suis pas d'accord avec l'idée selon laquelle "la conscience de classe" serait derrière nous. Elle est toujours présente, et même omniprésente si l'on considère que les "classes" se sont multipliées, tant dans le champ proprement sociétal, avec l'apparition et l'avènement des classes moyennes et intermédiaires, principales ressources électorales de la gauche, que dans celui des cultures et des croyances (développement du communautarisme).
Réguler le libéralisme, ce n'est donc pas l'accepter, s'y résigner, c'est précisément le contraire: tenter de le changer, de lui donner un visage plus juste, de l'équilibrer et de le conformer aux ambitions de promotion sociale que défend la gauche progressiste. Ce serait effectivement un grave contre-sens que de considérer qu'accepter le libéralisme ambiant, ce serait l'admettre...
Rédigé par: Jan | 08 décembre 2004 at 16:27
Je suis d'accord avec toi sur ta conception du réformisme de gauche : c'est à l'intérieur de la société telle qu'elle est qu'il faut envisager les réformes qui vont dans le sens de la justice.
Mais je ne crois pas que le contenu de ce réformes soient nécessairement inéluctables et aillent toutes dans le sens d'un affaiblissement des protections collectives, de la déréglementation du marché du travail, de la "responsabilisation" des individus (sans que l'on prenne justement en considération leur situation sociale), de la baisse des impôts, de la mise en concurrence généralisée des activités de production et de la privatisation systématique du secteur public. Je reconnais que sur ce dernier point, notamment, la gauche a fait amende honorable et tente de revoir sa copie... Mais à lire la littérature produite par les "experts", on s'aperçoit que la tonalité est toujours la même : réformes nécessaires, entravées par des rigidités, des conservatismes (les "acquis sociaux"), des corporatismes, des intérêts catégoriels. Ainsi Olivier Ferrand l'année dernière voulait tester auprès des internautes l'idée que l'on pourrait licencier les fonctionnaires (en s'asseyant sur leurs statuts si on me passe l'expression) comme si cette réforme était absolument nécessaire... Je préférerai qu'on parle d'augmentation des effectifs et des moyens à l'Ecole, l'Univeristé, à l'Hôpital public, etc. J'attends toujours. Mais on m'expliquera sans doute que c'est pour "améliorer le service public" qu'on licenciera, que cela "permettra une meilleure gestion", que cela "sauvera les services publics"... Sûrement... Cette convergence pratique entre les solutions réformistes de droite et de gauche m'inquiète.
Bien entendu, je lis les textes de DSK et d'autres et je me dis qu'il y a là une voie pour un réformisme de gauche. Mais il semble que les sociaux-démocrates, dans le reste de l'Europe, ne soient pas au diapason, si j'en juge par les politiques qu'ils mènent.
Rédigé par: Guillaume, Strasbourg | 08 décembre 2004 at 17:51
M. Fabius et M. Emmanuelli ne renoncent pas au "non"
L'ancien premier ministre organise, en janvier, une réunion "avec ceux qui ont mené la bataille".
LE MONDE | 08.12.04 | 14h01
J'espère que Dominique ne laissera pas passer cette attitude non démocratique du n°2. Virons le une fois pour toute...
Rédigé par: Laurent | 08 décembre 2004 at 18:24
Laurent Fabius n'est pas Zébulon du manége enchanté.
Rédigé par: Brigitte | 08 décembre 2004 at 20:39
Il faudrait nuancer mon propos pessimiste sur l'avenir de la gauche réformiste en Europe. C'est surtout le gouvernement Schröder qui met à mal l'idée de réformisme de gauche en adoptant un programme très voisin des conservateurs de la CDU (voir note éléectronique N° 10 de la Fondation Jean Jaurès). Je reconnais à Blair l'intention d'accroitre l'investissement public (dans les domaines de l'éducation et de la santé notamment), de croire à l'impôt et aux services publics, même si de nombreux aspects de sa politique (discours moralisateur, paternalisme, suivisme atlantiste, usage abusif des médias et de la com l'amenant à soutenir des gens comme Murdoch, etc.) me navrent, voire m'exaspèrent.
Ceci étant dit, je trouve, comme je l'ai déjà écrit, très enthousiasmantes (au moins intellectuellement) les propositions faites par DSK et certaines propositions de l'association A Gauche en Europe. Le réformisme de gauche, le réformisme à gauche, a déjà de solides bases pour faire émerger un projet politique. Le socialisme démocratique n'est pas enterré !
Pour en revenir à l'article de Pierre Rosanvallon, celui-ci a le mérite de clarifier le mot "social", lorsque l'on parle d'"Europe sociale". Chaque tradition nationale devrait maintenir sa propre conception de la solidarité nationale (social-redistriubtif : voir les travaux sociologiques issus du courant de l'institutionnalisme historique), même si, je crois, il faut aller dans le sens d'une harmonisation (par le haut)de tout ce qui relève du social-régulateur et du social-protecteur (domaine le plus avancé à ce jour).
Je reste réservé sur l'idée d'individualisation des réponses aux problèmes sociaux. Un projet politique de gauche, pour mobiliser, doit permettre à ceux à qui ils s'adressent, de prendre (à nouveau) conscience des intérêts qu'ils ont en commun, même si les parcours individuels sont singuliers. On ne peut avoir un projet de transformation sociale en ne prenant en considération que le postulat d'individus isolés qu'il faudrait "responsabiliser". C'est par la socialisation (familiale, professionnelle, syndicale, politique...) que les individus peuvent se construire. Cela va sans dire mais cela va mieux en le disant.
Rédigé par: Guillaume, Strasbourg | 09 décembre 2004 at 15:14
Du courage, il faut d'abord et avant tout en avoir pour mettre ses propres idées en cause. Faute d'avoir eu ce courage, on sait ce que ça nous a coûté en avril 2002. Le labour de Blair a eu le courage de mettre en cause la protection sociale pour mettre en avant le plein emploi. Nous avons accepté le chomage massif et nous avons accepté le RMI comme le véritable smic. Aujourd'hui, tout individu qui n'a pas la possibilité de prétendre au smic est condamné à terme au rmi. Le rmi est une mesure que nous avons inventé, c'est aussi une honte nationale. Il n'est pas surprenant que ceux qui sont protégés par un statut privilégié défende leurs statuts. Mais faire de la défense d'un statut le coeur d'une politique nationale conduit au simple clientélisme. En exprimant que la remise en cause de tout statut est un acte de rupture, on exprime un programme politique qui conduira à terme à cette rupture.
Rédigé par: Henri Rouquier | 12 décembre 2004 at 11:25
Les socialistes et l’entrée de la Turquie dans l’UE.
Comme chacun sait, le Conseil européen (qui réunit les chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Europe des 25) va, le week-end du 18 décembre 2004, se prononcer sur l’ouverture des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Si une réponse positive est apportée, un processus, irréversible pour les uns, réversible pour les autres, se met en place. Au terme de celui-ci (lorsque l’acquis communautaire aura été intégré), les Etats membres vont, à l’unanimité, avoir la responsabilité d’avaliser ou non la demande d’adhésion de la Turquie à l’UE.
Pour le moment, si on en croit les instituts de sondage, les opinions publiques allemandes, autrichiennes et françaises sont contre alors que celles d’Italie, d’Espagne et d’Angleterre sont pour. Clivages que l’on retrouve en France. A droite, l’UMP est divisé (Chirac, Barnier, De Villepin sont pour, Sarkozy, Raffarin et les militants UMP sont contre) mais l’UDF est unanimement contre. A gauche, le PC et les Verts hésitent mais les chevènementistes sont favorables.
Et le PS ! Il s’interroge. Par exemple, Badinter est contre alors que Rocard est pour. Notre parti hésite car il ne sait pas comment sortir d’une vieille et pourtant toujours actuelle contradiction. D’un côté, son internationalisme et son tiers-mondisme le pousse, toujours et encore, à être au côté des Nations les plus pauvres. De l’autre, son progressisme et son quart-mondisme le conduit à se déterminer en prenant d’abord en compte la situation de nos compatriotes les plus fragilisés. Les socialistes ont été confrontés à cette contradiction lors des débats sur la mondialisation, sur le récent élargissement en Europe, sur le projet de Traité constitutionnel, mais aussi en débattant de la question des délocalisations, de l’agriculture et du respect des normes sociales ou environnementales.
A cette dimension classique du débat s’ajoute à l’occasion de la discussion sur la Turquie les considérations suivantes. Ceux qui ont d’ores et déjà une position claire, définitive et arrêtée (au moins en apparence) sur le sujet évoquent pour les partisans du oui la volonté commune d’une majorité de la population et du gouvernement turcs d’adhérer à l’UE. Ainsi que l’appartenance de la Turquie à l’Otan et le fait que l’UE est le partenaire commercial privilégié de la Turquie. Enfin, la nécessité d’amarrer le devenir de la Turquie à celui de l’Union européenne est constamment mise en avant. Ceux qui sont définitivement opposés insistent sur la question des droits de l’homme et de la condition de la femme (liée ou non à un certain islamisme). Ils ajoutent des incompatibilités culturelles et religieuses et interprètent à leur manière ce que ni la géographie ni l’histoire ne peuvent, au fond, démontrer. Ils mentionnent même le risque de déstabilisation lié à l’existence de frontières communes entre l’UE et l’Irak, la Syrie et l’Iran. Enfin, la présence actuelle de 3 millions de turcs au sein de l’UE est tantôt mise au service du non par ceux qui ont peur que ce chiffre ne s’accroisse tantôt au service du oui pour montrer qu’au-delà des fantasmes c’est la coexistence pacifique et l’entraide mutuelle qui prévalent. De même, la question kurde devrait, pour les uns, être réglée avant que la Turquie n’entre dans l’UE alors que pour les autres, elle ne trouvera de solutions viables et durables qu’au sein de l’espace communautaire.
C’est pourquoi, à ce jour, la position officielle de notre parti est d’exiger que le Conseil européen de ce WE maintienne « toutes les options ouvertes, qu’il s’agisse d’une adhésion ou d’un partenariat privilégié avec l’UE ».
Comment l’expliquer ? A notre sens, cette position énonce qu’il est encore trop tôt pour prendre une décision définitive. Et en aucun cas que nous ne penserions rien. En effet, tant que d’autres questions, plus urgentes, n’auront pas été réglées, il nous faudra attendre et faire attendre.
Premièrement, l’UE doit digérer l’entrée en vigueur du prochain traité de constitution européenne. Soit 2006 ou 2009 au minimum. Puis exiger de multiples améliorations.
Deuxièmement, nous devons au préalable répondre aux problèmes spécifiques posés par les éventuelles entrées de la Roumanie, de la Bulgarie, de la Croatie, de la Serbie-Monténégro. A quoi devrait s’ajouter celle de la Norvège, de l’Islande, voire de la Suisse. Et aussi élaborer une position commune face aux éventuelles demandes de l’Ukraine, de la Biélorussie, du Maroc ou de la Libye.
Troisièmement, ne répétons pas à nouveau l’erreur d’élargir avant d’approfondir. Non seulement le niveau d’intégration (qualitativement et quantitativement) que nous voulons n’est pas réglé mais, en plus, nous nous devons cette fois-ci de réussir le pari de l’Europe sociale (voire de l’Europe puissance) avant de procéder à un élargissement d’une telle ampleur.
Quatrièmement, ne surestimons pas notre capacité à anticiper les évolutions futures du monde. En effet, qui sait dans 15 ans quelle sera la situation militaro-politico-stratégico-économique de l’Irak, de l’Iran ou de la Russie ? Plus loin encore, quel sera le poids économico-démographique de l’UE face à la Chine au Brésil et aux EU ? Il suffit de regarder le Monde tel qu’il était en 1989 pour se convaincre qu’à moyen-terme les prévisions sont trop souvent de fumeuses prédictions et non de clairvoyantes anticipations.
N’oublions pas enfin que la Turquie se cherche encore et qu’elle a besoin de l’UE pour réussir le pari de son accession à la modernité. Mais surtout ayons le courage de dire que la situation interne de l’UE est plus qu’incertaine. Les questions démographiques (problème du vieillissement et quantité de main d’œuvre disponible) et économiques (rang économique mondial) sont devant nous.
Et si dans 15 ans, l’UE avait davantage besoin de la Turquie que le contraire !
Pascal Heisserer
Rédigé par: heisserer pascal | 13 décembre 2004 at 23:53
Réponse à Guillaume : D'accord avec la critique du modèle social-démocrate défendu par Schröder. Si tout n'a pas été mauvais (les accords avec les Verts sont un modèle dont il serait bon de s'inspirer en France), il est clair qu'il sera nécessaire, dans le cadre du projet 2007, d'élaborer les principes d'une social-démocratie à la française, avec son ancrage européen mais aussi ses spécificités. Je ne vois pas pourquoi l'on ne pourrait pas prendre le meilleur des autres pays, comme le disait à juste titre F. Hollande, tout en faisant prévaloir nos propres recherches, dans le domaine de l'organisation du travail, de l'éducation ou de la gestion du service public... Tu restes réservé "sur l'idée d'individualisation des réponses aux problèmes sociaux". Je serais d'accord avec toi s'il n'y avait que cela. L'enjeu est, me semble-t-il, de combiner une approche globale, ciblée sur des quartiers ou des zones géographiques difficiles, avec des politiques urbanistiques et économiques autrement plus ambitieuses, notamment en termes budgétaires, que celles proposées par le plan Borloo, et une approche plus individualisée, qui soit centrée sur les jeunes enfants et les jeunes adultes en difficulté, avec un suivi régulier du parcours.
J'ajouterais que, si l'on voulait rendre cette individualisation du suivi vraiment cohérente et plus aisément applicable, il serait nécessaire de revoir l'ensemble de l'organisation de l'Education nationale en France. J'ai entendu Fillon, ce dimanche, chez Moati, défendre l'idée que le but de l'école, c'est la réussite. Je pensais qu'éduquer, c'était transmettre des savoirs. Je trouve assez déprimant de constater qu'aujourd'hui l'école est à ce point contaminée par la mercantilisation du savoir, l'idée selon laquelle il faudrait "réussir" : réussir sa vie ou réussir dans la vie ? Je crois véritablement que l'éducation est là pour former des citoyens responsables et autonomes, et c'est en fournissant ce savoir, d'abord fondé sur l'apprentissage de la langue (Finkelkraut a raison sur ce point, même si sa formulation est maladroite), puis sur l'élargissement progressif des compétences, que l'on peut se donner les chances de réussir. Pour résumer, la structuration actuelle de l'éducation française est fondée sur une annualisation de la scolarité qui pose non seulement des problèmes de coordination des différents parcours (problème du redoublement) mais aussi des difficultés pour les élèves les plus doués, ralentis, et les plus en difficulté, largués. Je pense qu'il serait peut-être temps de repenser cette organisation en l'orientant vers l'acquisition des savoirs et des compétences. Autrement dit, la scolarité ne serait plus réduite à X années d'étude, sanctionnée par un ou plusieurs examens intermédiaires ou finaux, mais par un bagage intellectuel et technique, choisi par chaque élève en fonction de ses possibilités et de ses envies, et qu'il serait possible d'acquérir plus ou rapidement suivant ses capacités. Cette organisation faciliterait d'autant l'orientation, et permettrait dès lors un meilleur suivi, puisque chaque élève aurait, en quelque sorte, un programme "à la carte".
En d'autres termes, et pour en revenir aux analyses de Guillaume, il faut effectivement combiner les solutions globales et individuelles.
Rédigé par: Jan | 14 décembre 2004 at 10:23
Je suis d'accord avec toi, Jan.
Sur le thème de l'Ecole, je me suis toujours senti très proche du discours d' A. Finkelkraut (il n'y a guère que sur ce sujet où je sois d'accord avec lui) ou de Jacques Julliard. Ce dernier, reprenant les termes de Pascal, estime, et il a raison me semble-t-il, qu'il ne peut y avoir de démocratie dans l'ordre de l'esprit. L'idée de faire de l'école une communauté fondée sur l'égalité démocratique est absurde compte tenu de l'asymétrie entre le "maître" et "l'élève", inégalité qui est consubstancielle à l'école et qui doit demeurer.
Le rapport Thélot est une catastrophe : faire de l'anglais de communication internationale et des nouvelles technologies l'alpha et l'oméga du socle commun est une ânerie qui révèle la décrépitude de l'enseignement, soumis à l'entreprise et à l'"employabilité".
Finkelkraut a raison de dire que la baisse des exigences accroit les inégalités : les familles dotées de capital économique, social et/ou culturel auront toujours la possiblité d'offrir à leur progéniture ce que l'école publique n'offre plus et feront appel pour cela au "marché" (c'est déjà le cas, le climat de compétititon scolaire étant à son comble), tandis que les familles dépourvues de telles ressources se verront offir quant à elles proposer un enseignement au rabais permettant tout juste à leurs enfants de trouver des emplois peu qualifiés...
Rédigé par: Guillaume, Strasbourg | 14 décembre 2004 at 10:51
Je dois avouer que, pendant Finkelkraut m'horripilait tant sur de nombreux sujets que, sur celui de l'école, j'avais un certain nombre de préjugés sur ses opinions. Depuis quelque temps, je revois ma position. Le problème de Finkelkraut, c'est qu'il aime tant la langue que, parfois, il en abuse, multipliant les nuances et, souvent, les provocations, si bien que le fond de son discours peut apparaître brouillé ou contradictoire.
La question du "socle", posée notamment par le rapport Thélot, est, il est vrai, effarante. Ce "socle", il existe depuis 2000 ans. Cela s'appelle les "humanités" : l'apprentissage de la langue vernaculaire, de son organisation (grammaire, syntaxe), de sa mise en oeuvre (discussions, dissertations, commentaires), de son histoire (latin, grec), de ses rapports aux autres langues ; et son application aux principales sciences humaines (histoire, géographie, lettres classiques et modernes, etc). On peut, bien sûr, moduler le niveau des exigences et nuancer la nature des différents enseignements en fonction de notre époque mais aussi des besoins de chacun. Je pense notamment que l'éducation du fait religieux (Debray) et l'éducation aux images (je prépare un livre sur ce point) constituent des priorités absolues. Mais je ne vois pas pourquoi ce modèle des humanités, notamment défendu par Fumaroli, avec lequel je suis souvent en désaccord, mais qui a raison sur ce point, devrait être considéré comme passéiste. La question la plus épineuse reste toutefois, me semble-t-il, l'organisation des études et l'établissement d'un programme scolaire cohérent qui évite et de faire 15 fois la Révolution ou la Première Guerre mondiale et d'omettre la mythologie grecque, l'histoire contemporaine ou l'instruction civique...
Rédigé par: Jan | 14 décembre 2004 at 11:55
L'organisation de l'Education Nationale sera un des plus grands chantiers pour 2007. Le problème sera de faire admettre aux profs quils auront à changer en sachant qu'ils representent le fond de commerce du PS. Dès que l'on invoque le moindre changement ils se cabrent!!
le problème est qu'il faut TOUT changer TOUT repenser !!
j'ai en cours des jeunes de 20 à 30 ans en formation. Ils sont passés à coté de l'école. Ils étaient au CP il y a au minimum 15 ans voir 20 alors qu'on ne me dise pas que c'est la faute de la starac ou des classes surchargées ce n'était pas vrai il y a 15 ans et pourtant ils n'ont pas appris à écrire. Les instituteurs vous donneront toujours 2000 excuses mais à aucun moment n'invoqueront leur part de responsabilité et si on leur demande de modifier leur comportement ils vous répondent que ce n'est pas possible que l'on ne comprendra jamais rien.
Allègre avait voulu secouer le mamouth mais il y a une telle force d'inertie que je crois que le PS n'est pas pret encore à toucher à l'Education.
Rédigé par: corinne | 14 décembre 2004 at 13:35
Chère Corinne, je suis absolument d'accord avec toi, sauf sur un point : je crois que le PS peut toucher à l'Education à condition que son projet soit systémique, cad repense l'organisation générale du système, et ne se contente pas seulement d'une réforme localisée, qui ne toucherait qu'aux programmes ou qu'à l'organisation des études. C'est effectivement un modèle qu'il faut reconstruire. Je te suis totalement sur ce point, et je pense que si le projet 2007 ne propose pas une réforme ambitieuse de ce sujet, il sera en grande partie caduc, quels que soient ses autres avantages...
Rédigé par: Jan | 14 décembre 2004 at 16:46
Tu es en train de me dire que depuis deux ans rien n'a été encore écrit sur le sujet, mais il s'agirait peut-être de se mettre au travail !!
Le projet doit être systémique je suis d'accord, l'ampleur de la tache est énorme (E.Morin a beaucoup écrit sur le sujet)l'enjeu est gigantesque. Les politiques useront toujours beaucoup d'énergie à collemater les brèches tant que l'on ne formera pas des enfants capables de choisir, s'adapter, agir et comprendre ce monde qui va si vite. C'est la clef du chomage et de beaucoup de problème de société.
A lire la thèse de Philosophie de Christine Peyron-Bonjan (professeur à l'université d'Aix-en-Provence)Peut-on apprendre à penser?
Rédigé par: corinne | 14 décembre 2004 at 20:28
Plus que du courage, il faudra convaincre les Français que le PS propose pour demain autre chose que ce qu'il a fait dans le passé. Et je ne vois pas de changement du PS après l'échec de la présidentielle. Aucune remise en question du PS. Et je ne crois pas que le succès du PS aux dernières élections régionales et européennes soit dû à un vote d'adhésion des Français. Mais bonne chance à vous tout de même...
Rédigé par: Maxime | 18 décembre 2004 at 22:14
Les projets, les stratégies, c'est important, mais le porteur du flambeau c'est capital.
Il faut absolument que la Gauche trouve un homme ou une femme charismatique, dynamique et sécurisant(e). J'ai beau réfléchir, à part DSK, je ne vois personne qui ai suffisamment de carrure. Mais, qu'il veuille bien me pardonner, je ne crois pas que DSK fasse l'unanimité chez les militants ou ceux qui, fatigués par des années de droite brutale, pourraient basculer à gauche.
On se tient au courant !
Rédigé par: Filou12 | 08 janvier 2005 at 11:52
Les projets, les stratégies, c'est important, mais le porteur du flambeau c'est capital.
Il faut absolument que la Gauche trouve un homme ou une femme charismatique, dynamique et sécurisant(e). J'ai beau réfléchir, à part DSK, je ne vois personne qui ai suffisamment de carrure. Mais, qu'il veuille bien me pardonner, je ne crois pas que DSK fasse l'unanimité chez les militants ou ceux qui, fatigués par des années de droite brutale, pourraient basculer à gauche.
On se tient au courant !
Rédigé par: Filou12 | 08 janvier 2005 at 11:53
La gauche arrive! la gauche arrive!
C'est ce que j'attend avec impatience depuis 2001 et ce sombre soir ou les éléphants avait le trompe entre les jambes!
2004 était-elle vraiment l'année du renouveau ? Très franchement je ne le croit pas...et très franchement je cherche a savoir. Comme tout citoyen de gauche qui aimerait pourvoir resisté contre les poussés médiatico-patronnales de ce gouvernement, je m'étonne que le PS ne puisse présenté un nouvel homme providentiel comme Tonton il y a quelque année.( Même si en y rélféchissant la providence post-giscardienne semblait être une métamorphose d'un revenant de la quatrième!). Bref calmons nous, la droite n'a fait que prendre un camouflé. Mais elle ne plie pas l'effronté...Même si en ce moment la vague rose des régionales a disparu derrière une autre beaucoup plus catastrophique. Le combat pour le progrés social doit continuer. Tiens, le "Progrès"! Ah qu'il est beau ce mot, le "Pro-grès". Quand j'était adolescent je n'entendait ce mot que dans mes soporifiques cours d'histoire sur les années 30. Comme pour exorciser la politique "pan pan la matraque dégage le CéGéTiste, boumboum va-t-en l'étudiant, flash-flash fait coucou a la caméra Shummy", le PS le ressort aujourd'hui. Est-ce trop tard? Très franchement je pense pas. La politique est comme un très bon restaurant, si le garçon qui apporte votre assiette est habillé avec la dernière collection d'"éboueur magazine",votre apétit s'abandonnera. Au contraire le moindre sandwitch au thon mayonnaise servi par une miss va vous semblé beaucoup moins sec! En résumé Dominique vous êtes un homme d'idée, vous l'avez démontré dans les gouvernements en libéralisant a bon escient les idée trop gauchistes. Néanmoins je pense que votre homme providentiel est une femme qui malheureusement reste trop dans l'homme de son compagnon. La voie est Royal pour cette gauche qui possède maintenant une marche de manoeuvre acceptable mais la moindre erreur serait une occasion révé pour la bête qui sommeil encore depuis le second tour 2001!
Rédigé par: Romain | 12 janvier 2005 at 16:05
Salut à l'équipe DSK.
Pas mal le blog.
Bon,je suis un simple electeur,écolo au 1er tour ,socialiste au second .43ans, heureux papa de 4 enfants 2700euros net/mois avec ma moitié.On rame parfois mais globalement eureux.
Cependant de nombreuse inquiétudes pour l'avenir.
Je me sent èloigné du style politique type DSK.
J'ai été le voir a Rennes pour un petit meting pour les régional.Tres radical soc. soigant ses résaux mais évitant d'aller discuter avec le public (peu nombreux)Ok la politique c'est pas facile mais quelques idées et reflextions hors piste.
-Il est de plus en plus dificil de se loger corectement que proposé vous?.
-la circulation pour aller au boulot est de plus en plus difficile ,ou en est l'aménagement du térritoir.
-des enfants de 11/12 ans on été térorisé par les récentes opérations policieres dans les colleges et le chit se développe partout mème dans les petits club de foot.Le probeme a t il été pris à sa mesure?
-Que propose ton au banlieux en très grande dificulté et qui semble intérése par le commutarime à la sarko.
-est ton près a enfin abordé le sujet des echelons administratif de trop (comme le département)et une vrai régionalisation.
-L'impot direct semble ètre une avancé fical, est ton pres a lancer le débat.Plein d'autre questions mais je doit laissé la place a ma fille pour l'ordinateur .
Salut à tous (escusé les fautes mais je suis dislexique)
Rédigé par: Papounet | 16 janvier 2005 at 16:52