Comment lutter contre les accidents du travail
Aussi étonnant que cela puisse paraître dans une économie tertiarisée, les accidents de travail et les maladies professionnelles augmentent rapidement en France depuis le début des années 1990 et il s’agit de maladies physiques plus que psychologiques. Globalement, leur coût est estimé à près de 3% du PIB !
On peut expliquer cette dégradation par les mutations du capitalisme, qui imposent des conditions de travail difficiles (une polyvalence sur plusieurs tâches et une réactivité maximale, un travail en équipes avec une responsabilisation croissante, etc.), mais aussi par la faiblesse de la politique de prévention. Abandonnée depuis l’époque fordiste, elle revient en force aux Etats-Unis depuis les années 1990, avec les « bureaux des méthodes », des formations et des concours internes à la sécurité, le recours à des professionnels extérieurs (ergonomes…), etc. Les résultats sont là : de 1995 à 2003, les accidents du travail ont diminué de 40% et le gain économique de cet effort sur les conditions de santé et de sécurité au travail est évalué à 1,2% du PIB pour les Etats-Unis.
En Europe, et surtout en France, nous sommes essentiellement dans la logique de réparation. C'est à dire qu’on ne s’occuppe des accidents du travail qu’après coup. On tente très peu d’en diminue le nombre. 3 pistes sont à creuser à mon sens pour résoudre ce problème :
-une prise de conscience politique et syndicale sur les conditions de travail des salariés,
-la mise en place de dispositifs incitatifs, par exemple, une tarification assurantielle modulable en fonction de l’historique des accidents du travail de l’entreprise, quelle que soit leur taille,
-un renforcement des sanctions ; les inspecteurs du travail pourraient être dotés de pouvoir de police (aujourd’hui, seul le juge a pouvoir de prononcer des sanctions) et ne plus être tenus au secret de leurs inspections, de manière à peser sur l’image d’une entreprise fautive.
Qu’en pensez-vous ?
dsk
Plus de 700 personnes sont mortes en accident de travail en 2003, je pense qu'effectivement c'est une très bonne idée de s'intéresser à ce sujet.
Déjà, s'il y avait plus d'inspecteurs du travail, ça permettrait d'éviter bon nombres d'accidents.
Quant aux mesures incitatives, n'y a-t-il pas déjà une taxe qui est mesurée par rapport au nombre d'accident du travail qui ont eu lieu dans l'entreprise ?
Rédigé par: Bix | 28 septembre 2004 at 17:26
Franchement si les autres du ps ne te mette pas en tête pour les présidentiel, on est grave dans la merde, tu peux pas les motiver un peut ? Ceci dit c'est un metier.
Rédigé par: laurent | 28 septembre 2004 at 19:46
je pense que dans une socièté de sur production, travailler en soit est déjà un accident.
Et que le communisme est une erreur.
Rédigé par: laurent | 28 septembre 2004 at 19:48
Qui dit prévention dit souvent formation et éducation. Est-ce qu'il ne s'agirait pas d'abord d'informer et d'instruire les responsables concernés afin de les sensibiliser à ce chiffre qui semble invraisemblable en France avant d'agir par voie de formation ? Ce type de formation devrait devenir une obligation. Les entreprises ont des budgets formation et bénéficient d'avantages significatifs à en user.
Il serait d'ailleurs pertinent de calculer seraient quelles dépenses de santé évitées par l'adjonction des services d'un orthoptiste et d'un ergonome dans une entreprise du tertiaire a priori "sans danger".
Rédigé par: Meursault | 28 septembre 2004 at 19:50
il ne faut pas voter pour Meursault, trop authoritaire
Rédigé par: malus | 29 septembre 2004 at 02:48
juste pour illustrer le theme:
http://fr.news.yahoo.com/040928/5/42l06.html
Rédigé par: fred | 29 septembre 2004 at 08:52
Ce blog étant là pour aussi amener des idées neuves, voir alternatives, en voici une pour lutter contre une forme d'accident du travail couteuse, meurtrière et que l'on considère comme inéluctable.
Il ne faut pas en effet sous estimer dans les chiffres un facteur très important:
"" Est considéré comme accident du travail (A.T.), quelle qu'en soit la cause, l'accident survenu par le fait ou à l'occasion du travail ... ". Cette définition inclut les accidents de trajet, survenant " pendant le trajet d'aller ou de retour " entre son domicile et son lieu de travail."
"En France (1998), dans le régime général de la sécurité sociale (15,2 millions de salariés) : 679 000 A.T. avec arrêt de travail, dont 46 700 avec incapacité permanente et partielle (IPP). Ce qui représente 25 millions de journées de travail perdues et plus de 680 décès. A ces chiffres, il faut ajouter, 82 000 accidents de trajet avec arrêt, dont 9 800 avec IPP, responsables de 4,3 millions de journées de travail perdues et plus de 600 décès."
(source cri-cirs-wnts.univ-lyon1.fr/Polycopies/MedecineTravail/MedTravail-3.html )
on constate ainsi qu'on a une IPP tous les 14,53 accidents et un décès tous les 36764 accidents à l'entreprise.
pour les accidents de trajet, indemnisés de la même façon, on a
une IPP tous les 8,37 accidents !!!
un décès tous les 136 accidents !!!
comparez...
comparons les couts à long terme d'incapacité permanente, donnant droit à indemnisation à vie.
a noter que dans les accidents de travail à l'entreprise, on a 36,8 journées de travail perdue par accident, alors que pour ceux du trajet cela nous donne par accident 52,44.
les chiffres parlent d'eux mêmes, il est PLUS couteux et dangereux que le salarié aille à son travail.
Hors, tout est fait pour augmenter la distance.
Infrastructures routières sans cesse améliorées, transports en commun cher et inadaptés, logement devenu impossible en centre ville, et surtout crise de l'emploi font que le salarié n'a pas le choix.
Il serait assez normal de prevoir une diminution du taux payé par une entreprise au titre des accidents du travail, quand ses salariés utilisent des transports en commun, et de le répercuter par une hausse de salaire .
Infaisable?
mais non...
Pourquoi ne pas envisager une participation au trajet domicile-travail en transport collectif, sur le modèle du chèque déjeuner, déductible pour l'entreprise?
Pourquoi-pas?
pourquoipas@walla.com
Rédigé par: Pourquoi-pas? | 29 septembre 2004 at 09:26
La question du travail, dans toutes ses dimensions (sociales, économiques, juridiques, culturelles), doit être posée par la gauche. Les accidents du travail sont l'un des aspects sur lesquels il faut se pencher, dans le cadre des mutations du capitalisme contemporain.
J'insiste sur un point : on a raison de poser la question du nombre d'inspecteurs du travail car ceux-ci sont moins nombreux qu'au siècle dernier (d'après Gérard Filoche). Le meurtre de deux d'entre eux récemment a été un choc. A ma connaissance, le ministre des Affaires sociales ne s'est même pas exprimé à ce sujet.
Par ailleurs, mais ce n'est pas tout à fait sans lien, les attaques incessantes contre le droit du travail, par le Medef ou par le gouvernement doivent sérieusement inquiéter les élus de la République qui se réclament de la gauche !
Le fait que le PS soit pour une large part coupé du monde du travail (pas de lien avec les syndicats - vieille carence française ; peu de militants en dehors des salariés de la fonction publique), explique pour beaucoup le retard dans cette "prise de conscience" qu'appelle de ses voeux DSK.
Rédigé par: Guillaume, Strasbourg | 29 septembre 2004 at 11:31
Certes M. Strauss-Khan, une prise de conscience politique (car il me semble que les syndicats luttent depuis longtemps au quotidien pour améliorer les conditions de travail et de sécurité). Mais la première des prises de conscience n'aurait telle par été, par exemple, de réagir vivement, très vivement, à l'assassinat de deux inspecteurs du travail dans l'exercice de leurs fonctions... Vous avez été plus prompt à réagir sur la fausse agression du RER, sans d'ailleurs faire votre mea culpa après la découverte de la supercherie.
Rédigé par: Krysztoff | 29 septembre 2004 at 13:40
je trouve que ce blog est chouette et je suis baba que dominique ai le temps de répondre, je suis certains qu'il fera un bon président, je me souviens qu'un jours j'ai pensé a poutine et a bush et que je me suis dit : il faut un socialiste aussi fut fut que mittérand, solide, bon technicien et humain, j'ai cogité et évidement le nom mais venue, sans aucun doute, la dangeureuse certitude : dsk, c'est lui qu'il faut. 4 mois aprés on m'a dit qu'il se présentait, un vrais soulagement. Depuis à chaque fois que le mot politique apparait dans une conversation, je dis : dsk, il faut voter pour dsk, quelque soit le sujet de conversation, c'est les premiers mots qui me vienne.
SI seulement je pouvais avoir l'assurance qu'il gagne les elections.
Rédigé par: laurent | 29 septembre 2004 at 18:41
Krysztoff, je trouve dsk a bien agit en montrant son indignation pour cette affaire. Et ce n'est pas a lui de faire un mea culpa, c'était avant tout une précipitation médiatique.
Ophélie
I
Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchées en ses longs voiles...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.
Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir,
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.
Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.
Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or.
II
O pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
C'est que les vents tombant des grand monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;
C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits ;
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;
C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !
Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'Infini terrible effara ton oeil bleu !
- Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.
15 mai 1870. A. rimbaud
Rédigé par: laurent | 29 septembre 2004 at 18:50
A mon avis, la première tâche de ce noble combat qui devrait être gagné depuis très longtemps, c'est de faire disparaitre le côté inéluctable de l'accident du travail. Le zéro accident, ça peut - et ça doit - exister.
Commençons par la production: Sur les sites de production industrielles ou de services, tout est procédurisé et sous contrôle. Un accident résulte TOUJOURS d'un non respect des règles de sécurité, qui existent. Le principe "non respect des règles = licenciement immédiat" peut faire bondir certains. Il n'empêche qu'il marche. J'en veux pour preuve le premier équipementier français (Valeo), peu connu pour être particulièrement social. Toujours est-il qu'il peut se targuer d'enchaîner les années (oui, les douzaines de mois) sans accident du travail sur de nombreux sites. Et allez voir les syndicats, les ouvriers ne sont pas invités à se taire, bien au contraire. Il s'agit simplement d'un comportement aujourd'hui naturel: je respecte les règles de sécurité. Point barre.
Non, ce n'est pas une fatalité, c'est une honte, coûteuse et lamentable. Les solutions existent, elles nécessitent beaucoup de pédagogie, de temps, de ressources...
Bravo pour ce bon choix.
Rédigé par: Paul | 30 septembre 2004 at 12:34
Quel bonheur DSK de voir que vous intégrait dans votre blog cette thématique de recherche, relative aux conditions de travail, à travers la multiplication des accidents de travail. Plus généralement on est amené à réfléchir sur les mutations des manière de travailler, de produire, d'échanger, et de commuiquer, et ainsi redéfinir la place du travail dans notre société.
Ayant obtenu un DEA d'économie et de sociologie du travail et de l'emploi j'ai pu prendre conscience de l'absence ou du manque d'analyse de nos dirigeants politiques.
Aussi je tiens à féliciter DSK, en tant qu'économiste, et j'insiste bien sur cette profession, pour redonner toutes ces lettres de noblesse au Travail. En effet, nos chers économistes français et autres, se sont éloignés de l'étude des liens entre travail et économie qui ont été à l'origine des premiers travaux des économistes (Smith, Ricardo, Say, Walras, Keynes, Perroux, ...). Le travail a été à l'origine de la dimension économique. La pensée de François Perroux s'inscrit dans celle d'Alfred Marshall, où le travail est perçu comme créateur de richesse, et même"créateur d'humanitude". Travailler c'est faire, et ce faisant, se faire" (Jean Lacroix). Je ne voudrais pas trop développer car ce serait trop long, mais j'invite les internautes et surtout DSK à se reporter sur le livre de Renato di ruzza et Joseph Halevi "de l'économie politique à l'ergologie" l'harmattan, 130p, 12,2euros. J'aimerai savoir ce qu'en pense DSK. Des positionq un peu radicales sont développées mais la lecture est stimualante, et nous invite tous à redéfinir les domaines d'intervention dans le champ scientifique et professionnel.
Je voulais également signaler l'excellent ouvrage de philippe Askenazy sur les désordres du travail. L'auteur souligne l'augmentation continu des accidents de travail en France suite au nouveau productivisme. Il s'agit des mutations dans les organisations du travail qui n'ont pas été repensées, et ont accru les tensions (psychologiques, l'auteur dénonce à juste titre la tendance à l'excès des explications psychologisantes au détriment des réflexions sur l'organisation du travil, l'ergonomie des postes de travail). Prenant appui sur l'exemple USA (eh oui il existe la-bas quoiqu'on en pense des acteurs de terrain et des gens responsables et pragmatiques), il a constaté que les entreprises US avaient été confrontées durant le milieu des années 90 a eu augmentation très forte des accidents de travail, pénalisant l'économie américaine. Des efforts considérables ont été entrpris en associant les employeurs, les syndicats, les experts( sociologues, ergologues, médecin du travail,...)pour repense les organisations. Le résultat est significatif.
Pour conclure en 2 points:
-ce gouvernement a eu la "géniale" idée de réduire le pouvoir d'intervention des médecins du travail. En effet les practiciens devront désormais suivre chacun au maxi 3300 salariés au lieu de 2700 en moyenne actuellement, 450 établissements (contre de 200 à 300)et pratiquer au plus 3200 examens annuels. Pensez que dans les entreprises de plus de 50 salariés, la visite médicale se faisait chaque année, on est passé à une visite tous les deux ans. Et après on veut lutter efficacement contre les arrêts maladie ou arrêts de travail, alors qu'en amont le travail de prévention n'est pas fait!
- Pourquoi ne pas moduler le niveau de la taxe professionnelle au lieu de la supprimer, en prenant en compte les efforts financiers, humains des entreprises dans la formation professionnelle, la formation à la prévention des risques et accidents du travail, formation à la prévention des conflits,... des parts variables, qui auront l'ambition de contribuer à l'amélioration de la santé financière de l'entreprise. D'autant que l'on sait par expérience que la majeure partie des conflits de travail proviennent d'une dégradation des conditions de travail.
-le syndicalisme doit se doter d'instance localeou régionale (en plus de nationale)de recherche et d'expertise sur cette thématique du travail, des conditions de travil, de l'organisation de l'entreprise. Et ensuite mieux se coordonner avec les syndicats d'entreprises. Aujourd'hui règne le plus grand désordre dans les champs d'intervention.
Qu'en pensez-vous
jerome
Rédigé par: jerome | 30 septembre 2004 at 18:50
Tout à fait d'accord avec toi Jérome sur l'excell
ent ouvrage de Philipe Askenazy mais il a aussi
écrit avec Thierry Puech une tribune aussi percutante dans Libé du 30.9.2004 "Paresse de classe" où ils reviennent sur le titre dont tout
le monde parle. Donc dans "bonjour paresse" l'auteur fait l'éloge de l'oisiveté dans une entreprise qui n'est autre q'EDF.Je suis pour ma part heureuse de cette mise au point pour tous les chomeurs, et pour tous les autres salariés qui n'ont pas les revenus qui leur permettent de
s'offrir cette oisiveté (j'ai dit l'autre jour que je ne relisais pas Proust).
"Au contraire, préconiser la paresse comme forme
de résistance au monde comme il va, avec l'objectif explicite d'en précipiter la fin et d'accélérer l'avènement d'une société où chacun
cultiverait son jardin, n'est pas seulement une
réponse régréssive: c'est accréditer artificièle
ment l'image érronée d'une France"flemarde" et
ajouter encore au mépris dans lequel les nouvelles organisations ont tenu le travail ces
dix dernières années. Ne Peut-on, ne doit-on pas
plutot considerer que la véritable utopie serait
de faire du travail lui meme- et non de son contournement- un des instruments de la réalisation de soi?"
Rédigé par: rosalie | 01 octobre 2004 at 21:26
Rosalie, je ne peux que t'approuver, en effet l'article dans Libé est fort intéressant. Il ne faut toutefois pas passer au brulôt le tibre Bonjour paresse, qui pose pas mal de questions, fait une analyse tronquée ou trop spécifique sur une catégorie de travailleur et des relations de travail, et surtout apporte de mauvaises réponses à la question du rapport au travail.
Par contre, elle soulève fort justement les nouvelles méthodes de management dans l'entreprise qui veulent donner le sentiment aux salariés qu'ils sont autonomes, doivent prendre des initiatives, être en quelque sorte son propre employeur. Faire avaliser par l'individu au travail qu'il doit adhérer totalement à la "culture d'entreprise", se livrer jusque dans sa propre intimité. Je souligne justement l'excellent livre de Jean-pierre Le goff, "la modernisation aveugle des entreprises et de l'école". il montre justement ce processus de déshumanisation qui est en partie l'héritage mal géré de mai 68.
D'autre part le livre de André Gorz, "l'immatériel. Connaissance, valeur, capital" vient compléter les analyses sur le nouveau rapport qu'entretient les salariés avec leur activité, et les moyens que les employeurs mettent en place pour faire croire aux individus qu'ils sont les propres agents de la richesse et du capital dans l'entreprise, alors que le partage du revenu global de l'entreprise se fait au détriment de ces salariés. Ton assez alerte.
JEROME
Rédigé par: jerome | 02 octobre 2004 at 12:12
Oui Jérome, mais le pb en France c'est qu'il y a
énormément de salariés qui travaillent dans des
petites et des moyennes entreprises; DSK propose
une piste: "une prise de conscience politique et
syndicale sur les conditions de travail des salariés",j'ajoute qu'ils sont très bien défendus
par la CGT par exemple à EDF. Nous parlons toujours de grosses structures, et les autres attendent.Tu peux me rétorquer que le taux de syndicalisation est faible, mais dans ces boites
c'est un rapport de force entre l'employeur et
l'employé pour une négociation salariale, pour des conditions de travail ect... Le livre "bonjour paresse" nie une grosse majorité
de gens qui travaillent avant tout pour vivre,qui
n'ont pas le choix, qui sont codamnés à la fermer
et c'est cela que je tiens à dénoncer.
Un renforcement des effectifs chez les inspecteurs du travail est souhaitable,je trouve
très interessante la proposition de DSK de les
doter de pouvoir de police.La tuerie de 2 inspecteurs a été unanimement condamnée par l'ensemble de la classe politique.
Rédigé par: rosalie | 02 octobre 2004 at 18:08
Oui rosalie, je te suis sur le renforcement du pouvoir et des effectifs des inspecteurs du travail. A ce titre, je suis en train de préparer ce concours, parmi d'autres. Mais l'augmentation des effectifs dépend de la couleur politique de nos gouvernants, et de sa volonté de lutter efficacement contre les patrons voyous ou tout simplement ceux qui ne respectent pas la législation. Mais avec ce gouvernement on assiste à un détricotage du code de travail. Il faut que la gauche se réveille à tout prix et propose à chaque nouvelle mesure de régression sociale des contre-projets.
Mon propos vient confirmer les risques éventuels d'un glissement à l'anglo-saxonne. Dans le numéro 389 de Marianne, l'économiste US jéremy rifkin qui va sortir un livre en france en 2005 son livre intitulé "le rêve européen" dit justement: "si l'europe pense que la seule façon de se débarasser du chomage est de suivre l'exemple us, elle se trompe. Nous avons fait tout ce qui est prôné en Europe: travail flexible, dérégulation, privatisation, et nous avons un chomage important, de la pauvreté, une criminalité peu enviable, des inégalités croissantes, des salaires stagnants, un système de santé médiocre. IL dit à la suite que ceux qui pronent en Europe "le démantèlement des prestations sociales, l'affaiblissement des syndicats ou l'appaubrissement de la force de travail" se gourent totalement.
A bon entendeur salut! tout est dit et même par un économiste us, c'est dire!
Les conditions de travail déterminent largemenet le climat dans les relations sociales. Alors pourquoi ne pas donner les moyens financiers aux syndicats de faire appel à des experts ou des instituts de recherche pour confronter les solutions apportées par des cabinets de consultants, souvent utilisés par les employeurs pour faire avaliser un projet.
Une recherche scientifique et une recherche syndicale pourraient être une idée à développer. Confronter les expériences entre une activité scientifique et une activité en situation de travail. Le problème c'est que les PME sont faiblement investies par les syndicats, et ces derniers devraient réflechir à des nouvelles formes d'action, des modes de fonctionnement différents, et les patrons faire une révolution culturelle (espoir!) comme ds les pays Nordiques.
A débattre!
Rédigé par: jerome | 03 octobre 2004 at 16:52
Dans son livre "la flamme et la cendre" DSK propose "le chèque syndical":"les entreprises
donneraient à leurs salariès un chèque que ceux-ci remettraient à l'organisation syndicale représentative de leur choix_ Qu'elle soit ou non présente dans l'entreprise.En incitant les
syndicats à rechercher sans cesse de nouveaux
adhérents,nul dout qu'un tel dispositif contribuerait à l'amélioration de leur représen ta tivité."
Rédigé par: rosalie | 07 octobre 2004 at 17:11
Je réagis un peu tardivement. Je suis chef d'entreprise dans le secteur des nouvelles technologies de l'information et de la communication. Une cinquantaine de collaborateurs. Sensibilisé à la question des accidents du travail. Membre du PS. Avant d'envisager de donner aux inspecteurs du travail des moyens de police complémentaires, c'est-à-dire d'ajouter à la lourdeur du dispositif, sans garantie, il faut être capable de poser globalement la question de l'investissement productif. Le paradoxe est que même les entreprises du tertiaire ont souvent des équipements désuets. Malheureusement tertiaire ne rime pas avec organisation avancée du travail. C'est une confusion assez commune. La question est "assurantielle" comme DSK le suggère, mais elle va au-delà. Elle est prudentielle et à cet égard les mécanismes financiers manquent. Philippe
Rédigé par: Philippe | 21 novembre 2004 at 16:57
Tout à fait d'accord avec vous Philippe.
Il est vrai que si l'ensemble ou la grande majorité des entreprises avait une approche globale du fonctionnement de l'entreprise, de son organisation du travail, de ses relations avec ses fournisseurs, de ses relations sociales, etc..., il y aurait peut être moins de frustration chez les salariés, moins de conflits interpersonnels, moins d'accidents de travail.
Or notre mode de régulation des rapports sociaux est très profondément ancré dans une logique conflictuelle. Ces derniers anneés le entreprises (essentiellement les grandes) ont eu tendance à psychologiser les rapports sociaux, en reconfigurant les thèmes de mai 68, sur l'autonomie individuelle, la responsabilité, le développement personnel. Foutaise managériale.
Etudiant, toute ma famille travaille dans le privé, ds des secteurs variés, j'ai une vision négative de l'entreprise et des rapports sociaux qui s'y nouent. Au non de la rentabilité, du toujours plus, on est prêt a presser le citron au maxi et à jeter le salariés sans tenir compte de leur destin.
Je ne suis pas révolutionnaire. J'ai tjs voté PS, sauf aux dernières élections européennes (Bayrou), mais j'ai par moment des pusions révolutionnaires qui sommeillent en moi.
Alors avis aux réformateurs, ayez ce mot dans vos actions et non dans les paroles.
JEROME
Rédigé par: jerome | 24 décembre 2004 at 12:49
Monsieur Jérome ..vous permettrez au médecin du travail que je suis de vous faire humblement remarquer que le parti pris ne fait guére avancer le débat...la suite du texte de la réforme que vous évoquez nous oblige (enfin) à disposer de 150 demi journées en Entreprise (n'est-ce pas là que nous serons le plus utile pour lutter contre les accidents?)et de rédiger une fiche d'entreprise pour TOUTES les entreprises y compris celle de moins de 10 salariés.
Une remarque au passage...l'EdF et la CGT, n'êtes vous pas étonné comme moi de constater que les Accidents du Travail dans cette entreprise concernent surtout les intérimaires et intervenants exterieurs...Y aurait-il un risque pour les personnels et un autre pour le vulgus péquin.
PS : Il y a des Inspecteurs du travail ( entreprises de + de 200)ET des contrôleurs pour tout le reste...
Rédigé par: Trichlo | 17 janvier 2005 at 07:08