Haro sur le Peer to Peer !
Les producteurs de musique, réunis au sein du Syndicat National de l’Edition Phonographique, ont lancé il y a peu une campagne répressive contre l’échange gratuit de fichiers sur le net. Leur cible ? Les utilisateurs de Kazaa, Edonkey, Morpheus ou encore Gnutella…
Tous ces sites permettent en effet aujourd’hui à des millions d’internautes de télécharger musique (MP3), images ou films sur la Toile. Environ 800 millions de fichiers seraient échangés chaque mois dans le monde.
Les sociétés de gestion des droits des artistes-interprètes, ainsi que des associations de consommateurs et familiales ont condamné cette campagne. Qu’en penser ? Deux questions se posent : celle de l’éventuel manque à gagner pour les maisons de disques et celle du contrôle de ces sites d’échange.
Concernant la première des deux, d’un point de vue économique, le rapport de la société Sandvine, spécialisée dans l'analyse des réseaux internet affirme que l’impact en termes de vente est quasi nul, tout comme d’autres études menées notamment à la Harvard Business School. Quel crédit porter à ces études ?
Au sujet du contrôle, l’approche me paraît plus délicate. Autoriser les auteurs ou leurs ayant-droits à contrôler les correspondances privées entre internautes serait choquant. En outre, le tout répressif dans ce domaine relève plus du fantasme que du souci d’efficacité. Pour échapper à la répression voulue par les autorités américaines, des milliers d’internautes américains ont déjà migré de Kazaa vers Ed2k. La réactivité des utilisateurs des sites P2P est telle que la répression paraît vouée à l’échec.
Entre le tout répressif et la recherche de solutions innovantes, le gouvernement de Jean Pierre Raffarin, soutenu par Jacques Chirac, a choisi clairement la première option, faisant du matraquage judiciaire l’alpha et l’oméga de cette question !
Je considère pour ma part qu’il est indispensable de concilier la protection des droits d’auteur et la liberté qu’offre le web pour l’accès à la culture.
J’attends vos suggestions sur ce sujet sensible !
dsk
Voilà un sujet de la plus haute importance, qu'il était en effet essentiel de soulever.
Permettez moi de vous copier coller un extrait de texte que j'ai écrit il y a quelques mois (vous l'avez).
"Un plan pour la création musicale menacée
La diffusion d’Internet s’est accompagnée d’une grande crise du paysage musical. Premier responsable : le téléchargement illégal mais exercé à une si grande échelle qu’il est quasiment impossible de le contrer par des moyens légaux. Ceci a provoqué une réduction importante des ventes de disques et les majors de l’édition musicale exercent un lobbying intense pour que les gouvernants mettent en place les moyens de contrer cette pratique. Ce serait bien la première fois que l’on légiférerait pour empêcher une innovation technologique de propager ses effets positifs en terme de baisse de coûts sur la société. Le problème – ou la magie -- est en effet qu’avec les autoroutes de l’information, le coût de l’information égale zéro. Et tout ce qui s’apparente à de l’information maintient son utilité marginale intacte mais voit sa valeur marchande réduite à néant. Il existe donc un risque de voir les producteurs de cette marchandise informationnelle, la musique, sortir du marché.
Les arguments sont connus de part et d’autres. Les majors veulent poursuivre les « téléchargeurs » en justice, de simples jeunes gens qui découvrent une technologie assez incroyable au départ mais qui se révèle dangereuse si elle dépasse le cadre d’un groupe restreint d’initiés. Or, les fournisseurs d’accès Internet nourrissent sans hésitations cette logique en misant, dans leurs stratégies promotionnelles sur cette pratique, qui est une indéniable avancée de l’Internet.
La coercition doit donc, si elle s'exerce, se réaliser sur les peer-to-peer eux-mêmes, qui s'enrichissent, et qui devraient par exemple, verser des droits aux organismes comme la SACEM, et non sur les utilisateurs.
1. D’une part on ne peut rester sourd aux arguments des créateurs de musiques qui risquent de disparaître si on ne leur offre pas les moyens de vendre au moins pour eux-mêmes leurs compositions.
D’autre part, on ne peut accréditer la thèse de la toute-puissance des majors de l’édition musicale et utiliser l’Internet comme passerelle de relation directe entre l’artiste et le consommateur culturel. Laisser le marché s’occuper seul de la production musicale, c’est laisser la musique s’enfermer dans quelques « tubes » ressassés sur les ondes audiovisuelles. Le marché musical est victime plus que tout autre du phénomène d’anticipation auto réalisatrice. Ce que Coluche appelait la « vente forcée » fonctionne au plus haut point sur le marché de la production musicale. Statistiquement, ce que la radio dit au consommateur d’acheter, il l’achète, à 90%.
C’est pourquoi il faut mettre en place une passerelle Internet publique sur laquelle les artistes français recensés pourraient télécharger à usage lucratif leurs productions, et ce, à leur seul bénéfice. Celle-ci pourrait être mise en place par la SACEM, l’autorité de protection des droits d’auteurs, ou en partenariat avec les groupes de diffusion musicale français. Cette passerelle sera dédiée à certains artistes français naturellement choisis pour leur compétence et leur contribution à la musique française, et n’entrera pas en concurrence avec les majors de l’édition musicale qui pourront mettre en place des téléchargements payants de MP3, pour la création commerciale. Et sur ce point, ne nous inquiétons pas, il y aura toujours des « boys bands » pour nourrir leurs nouveautés. Quant aux entreprises de téléchargement illégal, celles-ci doivent être combattues une à une, dans le cadre de partenariats policiers et judiciaires européens. Ce ne sont pas cependant les utilisateurs qui doivent être poursuivis.
Il s’agit donc de trouver un compromis entre le droit des artistes de créer à usage lucratif, et l’état des techniques qui ne laisse pas entrevoir la possibilité d’interdire le téléchargement.
Il faut par conséquent mettre en place un marché d’artistes « protégés » par leurs compétences reconnues, mais pas nécessairement par leur couverture médiatique. C’est tout l’enjeu de cette passerelle Internet publique, lucrative mais au bénéfice des seuls artistes recensés.
2. La réduction du marché musical s’opérant, le concert devient primordial à l’artiste pour se produire et l’Etat peut et doit offrir des subventions aux collectivités locales pour les concerts et la promotion de jeunes artistes, quel que soit le domaine musical. Une vrai politique des concerts doit être développée en France, car au delà du simple aspect économique que ceux-ci représentent, pour les artistes et pour des régions, le concert est un lieu irremplaçable de rencontre
et de sociabilité.
3. Enfin, pour produire plus de musiciens français, on peut s’inspirer de ce qui se fait en Suède, où l’Etat donne massivement à ses jeunes la possibilité d’obtenir des cours de musique à très bas prix."
A voir.
Rédigé par: Greg | 17 juin 2004 at 19:42
Creative Commons et en particulier cette excellente présentation de leurs services est pour moi une des solutions.
Rédigé par: Loïc | 17 juin 2004 at 21:22
Internet permet d’échanger toute sorte de contenus entre les internautes et c’est une réelle avancée dans nos libertés. Je pense que les musiciens des Majors vont être victimes de cette avancée et qu’il ne peut en être autrement. C’est peut-être pour eux l’occasion de redécouvrir leur métier de chanteur et de travailler la scène qui accompagne la musique. S’ils ont du talent, leurs « fans » se déplaceront pour les écouter et payeront pour le spectacle.
Avec l’invention du phonogramme et ensuite de toutes les techniques pour fixer la musique le métier de saltimbanque a changé. Il a permis à beaucoup de faire fortune et de couler des jours heureux ensuite en vivant d’une sorte de rente, c’est bien, mais ce temps est peut-être en train d’être révolu.
Ce que je dis est sûrement choquant pour beaucoup, mais j’ai aussi en arrière pensée qu’il faut redonner de la valeur au travail et que le monde du spectacle est très divisé entre une majorité de crève-la-faim qui travaillent dur pour pas grand chose et quelques nantis qui font beaucoup de bruit pour défendre leurs intérêts et ceux de leur mouvance.
En plus, les arguments actuels sont pleins de contradictions, car aujourd’hui rien ne m’interdit d’enregistrer une chanson diffusée sur les ondes radio, de la même façon que je peux enregistrer un film diffusé à la télévision.
Qu’on arrête de dire qu’internet va tuer le métier de chanteur ou de musicien. Même avec internet, rien n’empêchera les vrais passionnés de musique de vivre leur art. Est-ce qu’internet menace les comédiens qui se produisent sur les planches d’un théâtre ? Non. Il en sera de même pour les vrais musiciens qui seront remplir les salles de concert.
Si la musique est en crise, c’est sûrement parce que les goûts changent et que nos enfants préfèrent les jeux vidéo et qu’ils n’ont plus l’intérêt de leurs aînés pour la musique. Internet n’y est sûrement pour rien est c’est un mauvais procès qui est fait.
Les projets de loi que les Majors poussent ne sont que les barreaux pour nos fenêtres, ne laissons pas faire et luttons pour la sauvegarde de nos libertés. Ceux qui veulent policer cet espace veulent protéger leur rente, du moins c’est ma conviction.
Rédigé par: GRILLON Jean | 17 juin 2004 at 21:22
Zut pas de html autorisé dans les commentaires:
http://creativecommons.org/
la présentation:
http://mirrors.creativecommons.org/getcreative/
Dans votre configuration du weblog, vous devriez autoriser l'html dans les commentaires, cela permet aux commentateurs de créer des liens.
Loic
Rédigé par: Loïc | 17 juin 2004 at 21:23
Je ne pense pas que les compositeurs, les interprètes aient commencé à être rémunérés à partir de la fondation de la SACEM.
Revenir à l'ancien système ne devrait faire disparaître que les maisons de disques.
Ca me fera moins mal que d'avoir déja vu disparaître les puits de mines, les usines sudérurgiques puis les usines tout court.
Ce n'est que mon avis, mais je pense qu'une fois le disque vendu l'acquéreur doit avoir le droit d'en faire ce qu'il veut , y compris des copies.
Je ne m'imagine pas aller surveiller les tableaux que j'ai vendus - et qui par conséquent ne m'appartiennent plus -, et empécher leurs propriétaires de les photographier et d'envoyer cette photo via internet. ;^)
D'autre part je grave des CR-ROM pour des Datas et paie la redevance/amende au gouvernement et à la SACEM bien que la totalité des données m'appartiennent. Le fait de graver des CD (même si les fichiers m'appartiennent) me rend coupable d'office.
N'est-ce pas là la vraie spoliation et abus de pouvoir ?
Rédigé par: Pierre Amoretti | 17 juin 2004 at 23:19
Pour mémoire ce Tag New-Yorkais:
"Downloading kills shoplifting"
ou
"Le téléchargement tue le vol à l'étalage"
Rédigé par: Pierre Amoretti | 17 juin 2004 at 23:22
Merci, merci de lancer enfin ce débat
Voici ma modeste contribution:
L'industrie de la musique accuse le P2P d'être responsable de la baisse des ventes des cd audio.
Le piratage contribue certainement à la baisse des ventes, mais il n'est pas seul :
- qualité de la production
- concurrence du dvd
- réduction du pouvoir d'achat
Mais plus fondamentalement la numérisation des données et le développement des réseaux de communication remettent totalement en cause le modèle économique actuel. Tout particulièrement les notions de droit d'auteur qui en raison des innovations devrait être totalement revues.
John Perry Barlow co- fondateur de l'EFF et ex-membre des Grateful Dead avait déjà compris le problème il y a 10 ans:
http://www.eff.org/~barlow/EconomyOfIdeas.html
la traduction
http://freenet.project.free.fr/plus/barlow-economy-of-ideas.fr.html
L'économie de l'industrie culturelle d'aujourd'hui est basée sur la diffusion des biens culturels par l'intermédiaire d'un support physique qui matérialise le bien culturel. En tan que bien matériel la culture répond aux mêmes règles économiques qu'un pot de yaourt, on a donc besoin d'un intermédiaire (les maisons de disque pour assurer sa diffusion). La valeur d'un bien matériel augmente avec sa rareté et éventuellement avec le temps.
Une fois numérisé un film ou une musique n'est plus un bien matériel, mais une information. Il ne répond donc plus aux mêmes règles. Plus une information est partagée plus sa valeur augmente, par contre sa valeur diminue rapidement avec le temps. Tout le contraire d'un bien matériel. L'industrie du disque se raccroche à un modèle dépassé, car il leur convient et leur permet d'engranger un maximum de bénéfices au détriment des artistes et des consommateurs
Le modèle actuel est donc condamné à disparaître tôt ou tard, c’est une des conséquences du progrès. Tout comme l’imprimerie, le charbon ou l’électricité ont révolutionnés le monde, le numérique et les télécoms bouleversent en profondeur de nombreux domaines.
L’industrie des biens culturels doit donc se réinventer, tout est possible…
Comme indiqué plus haut http://creativecommons.org/ est une initiative des plus intéressantes.
Et il existe de nombreuses autres pistes elles sont abordées
ici http://www.ratiatum.com/p2p.php?id_dossier=1422
et là http://www.ratiatum.com/p2p.php?id_dossier=1524)
Pour conclure, une citation que feraient bien de méditer les majors du disque…
"Le livre, comme livre, appartient à l'auteur, mais comme pensée, il appartient - le mot n'est pas trop vaste - au genre humain. Toutes les intelligences y ont droit. Si l'un des deux droits, le droit de l'écrivain et le droit de l'esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l'écrivain, car l'intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous" (Victor Hugo)
Rédigé par: Aurélien | 18 juin 2004 at 00:21
Loïc, bien vu : l'html est désormais ouvert dans les commentaires.
Rédigé par: Thomas (Equipe DSK) | 18 juin 2004 at 00:39
Depuis de longs mois nous entendons que les téléchargements illégaux ont détruit le secteur de la vente des CD musicaux, que le P2P est la source même de la crise que traverse cette indutrie. Et bien selon cet article nous constaterions que le P2P aurait plutôt eu l’effet inverse sur cette industrie en dopant ses ventes ! Felix Oberholzer et Chapel Hill, deux universitaires américains de renom, ont étudié des « pirates » au quotidien ainsi que leur téléchargement. Leur étude a donc démontré que des titres de CD qui étaient téléchargés pour être écoutés, donnaient lieu plus souvent qu’on ne pouvait le penser à un achat. En résumé : le P2P pourrait être responable du non-achat de 2 millions de CD « à tout casser » sur les 139 millions de moins que cette indutrie a enregistré depuis 3 ans... A méditer !
Le rapport complet de 65 pages est à télécharger sur le site, un travail de qualité a été effectué.
http://news.com.com/2100-1027_3-5181562.html?tag=nefd_top
Rédigé par: | 18 juin 2004 at 11:49
Depuis de longs mois nous entendons que les téléchargements illégaux ont détruit le secteur de la vente des CD musicaux, que le P2P est la source même de la crise que traverse cette indutrie. Et bien selon cet article nous constaterions que le P2P aurait plutôt eu l’effet inverse sur cette industrie en dopant ses ventes ! Felix Oberholzer et Chapel Hill, deux universitaires américains de renom, ont étudié des « pirates » au quotidien ainsi que leur téléchargement. Leur étude a donc démontré que des titres de CD qui étaient téléchargés pour être écoutés, donnaient lieu plus souvent qu’on ne pouvait le penser à un achat. En résumé : le P2P pourrait être responable du non-achat de 2 millions de CD « à tout casser » sur les 139 millions de moins que cette indutrie a enregistré depuis 3 ans... A méditer !
Le rapport complet de 65 pages est à télécharger sur le site, un travail de qualité a été effectué.
http://news.com.com/2100-1027_3-5181562.html?tag=nefd_top
Rédigé par: Girondin | 18 juin 2004 at 11:50
Le P2P bientôt légal ?[MàJ]
D’après Présence PC L’ADAMI, l’une des sociétés de gestion des droits de propriété intellectuelle des artistes-interprètes, organise le mercredi 16 juin à 18h00 un colloque sur le peer to peer.
Elle présentera une étude sur la création d’une licence légale pour le téléchargement. Celle-ci serait prélevée directement auprès des fournisseurs d’accès, et permettrait de rémunérer le plus justement possible les artistes.
Rédigé par: Girondin | 18 juin 2004 at 11:53
Chic, il y a unanimité dans les commentaires.
Il est vrai que je n'ai en 3 ans de haut-débit téléchargé que 4 ou 5 chansons.
Il est également vrai que je n'ai jamais trouvé ce que j'aurais aimé télécharger: symphonies classiques, opéras, ... le tout complet évidemment. pas l'extrait du spot Harpic WC...
Est-ce que le classique est "hors cible" P2P ?
Aurélien, suggère un rapprochement avec la rapide baisse de valeur et intérêt de l'actualité.
La musique "classique" échapperait-elle au P2P parcequ'elle est classique justement ?
Rédigé par: Pierre Amoretti | 18 juin 2004 at 12:34
Greg, à chaque fois qu'il y a une question ou un problème tu as la même solution:
". . . / . . . où l’Etat donne massivement à ses jeunes la possibilité d’obtenir . . . / . . ."
Problème = subvention du gouvernement.
Tu as fait Sciences-Po ou quoi . . . ?
Rédigé par: Pierre Amoretti | 18 juin 2004 at 12:37
Bon je te charries un peu mais si tu faisais un sondage dans une gare ou un supermarché avec pour question:
- Pouvez-vous me citer 3 citoyen(nes) suédois(es) ?
J'aimerais savoir les plus cités:
- musiciens
ou
- joueurs de tennis ?
Je dis ça parceque la filière tennis suédoise est totalement contrôlée par le secteur associatif et bénévole.
Est-ce qu'il y aurait d'autres formes de solutions que les taxes ou subventions ?
Bigre
Rédigé par: Pierre Amoretti | 18 juin 2004 at 12:43
lol Pierre, tu n'as pas tort sur ce point. C'est un réflexe à vaincre.
il y aura plus de tennismen connus que de musiciens suédois...
Et tu as peut-être raison, je vais probablement devoir revoir mes espérances à la baisse sur les cours de musique gratuits financés par l'Etat (surtout avec cette dette)..
Enfin bon il faut tout de même se pencher sur la question de la démocratisation de la culture, de la musique, et à part l'Etat, je vois mal des mécènes financer ce genre de choses (quoique)...Ou alors une sorte de AlphaB clichy pour la musique ;)
Par contre, j'ai du mal à croire que les peer to peer n'influent pas sur la ventes, voyant autour de moi nombre de gens qui n'achètent plus de cd...
Et même si à court terme, les artistes ne sont pas menacés, à moyen terme, le marché musical va se restreindre, car les majors vont adopter des politiques beaucoup plus restrictives avec les artistes. Nombre de ceux qui auparavant pouvaient contracter avec une major, même si leur ventes n'étaient pas excessivement élevées, ne le peuvent ou ne le pourront plus car celles-ci se recentrent sur quelques tubes, et délaissent totalement le reste. On ne peut pas être si "optimiste".
Les musiciens, eux, dans l'ensemble, ne le sont pas, sauf pour ceux d'entre eux qui envisagent une carrière commerciale éclair (type boys band). Pour les vrais "artistes", les perspectives sont peu enthousiasmantes. En tout cas, le marché se réduit.
Et là, peut-être qu'un mécénat privé peut entrer en partenariat avec l'Etat pour la promotion de concerts, etc... Mais si l'Etat ne lance pas une impulsion... je ne sais pas si qui que ce soit le fera.
Sans oublier la fête de la musique européenne.
Rédigé par: Greg | 18 juin 2004 at 13:24
Yes Greg et merci pour ta bonne humeur !
A mon avis , les compagnies de musique sont dans le même état qu'étaient il y a un siècle les fabricants de sabots.
Le produit disparaît, la compagnie qui le fabrique aussi.
Il en sera de même dans 50 ans, quand il n'ya aura plus une goutte de pétrole, Texaco, Exon, Shell et Total disparaîtront. - Point -
Quant aux artistes, ils étaient là bien avant les gouvernements et même Mecene ( Grotte Chauvet - Homère. . .) et ils seront là, bien après j'en suis sûr.
Rédigé par: Pierre Amoretti | 18 juin 2004 at 15:20
dernière note pour finir, ce qui est en train de disparaître: ce n'est pas la musique, ce sont les compagnies et les millionaires du disque.
Au fait si vous aimez la vraie musique - pas celle en boite de CD - celle avec de vrais morceaux de musique dedans et faite par de vrais gens :
RDV à CLICHY où les stagiaires et formateurs AlphaB participent à la Batucada brésilienne dans les rues de la ville !
Comme quoi la musique reste un langage international qui n'a qu'un seul rival (et allié) : le foot !
Rédigé par: Pierre Amoretti | 18 juin 2004 at 15:25
Cette note ne m'inspire pas,j'aime énormément la
musique;mais je suis aussi nulle en informatique
que Rocard.Envoyer un mail me prend 3h alors faire du téléchargement vous n'y pensez pas.
En plus ça ne m'intéresse pas,je garde jalousement mes vieux 33tours et je me ruine en
CD. Mes achats portent sur 98% de production
anglo-saxonne,bien sur j'écoute quelques pointures Françaises.Mais pour moi la musique c'est mieux ailleurs.
Si mon beau-frère Anglais et musicien a le temps
de réagir à vos commentaires il le fera avec plaisir.
J'ai oublié Gaétano véloso:à écouter absolument
avant de mourir.
Rédigé par: rosalie | 18 juin 2004 at 18:24
Italie contre Suède: Plus un chat sur ce blog!
Je m'en contrefiche je suis pour les Anglais. lol
Rédigé par: rosalie | 18 juin 2004 at 20:46
La Constitution vient d'être adoptée.
Elle le fut après de nombreuses négociations dûres de dernières heures. Tony Blair, affaibli sur le plan intérieur en matière européenne, n'a apparemment pas laissé quelque once de terrain au couple Franco-Allemand. Il faudra bien étudier les évolutions par rapport au texte de départ. IL y a dû avoir de beaux poings sur la table.
A mon avis nous aurons un "oui" de raison, mais pas de passion. C'est là l'éternelle rançon du compromis...
Rédigé par: Greg | 18 juin 2004 at 23:29
J'en étais sûr . . .
Girondin nous fait part plus haut d'un projet:
"Elle présentera une étude sur la création d’une licence légale pour le téléchargement. Celle-ci serait prélevée directement auprès des fournisseurs d’accès, et permettrait de rémunérer le plus justement possible les artistes. "
D'autre part j'avais fait remarquer que:
"D'autre part je grave des CR-ROM pour des Datas et paie la redevance/amende au gouvernement et à la SACEM bien que la totalité des données m'appartiennent. Le fait de graver des CD (même si les fichiers m'appartiennent) me rend coupable d'office.
N'est-ce pas là la vraie spoliation et abus de pouvoir ?
"
Rédigé par: Pierre Amoretti | 19 juin 2004 at 12:18
A propos de la Constitution,
le texte adopté par la Conseil de l'Europe diffère-t-il sensiblement du projet mis au point par la Convention?
De plus, où est-il possible de trouver ce texte, je ne l'ai même pas trouvé sur le site de la commission et du Parlement?
Que la Constitution se fasse par un oui de raison plutôt qu'un accord de passion n'est pas nécessairement une mauvaise chose, ce sera à la pratique de définir l'orientation de la Constitution. C'est ce qui est déjà arrivé par le passé avec la prise de pouvoir du Parlement qui n'étais pas du tout prévue par les Traités. Le compromis peut permettre de laisser une grande marge de manoeuvre aux institutions.
Cela commence dès aujourd'hui avec les commentaires officiels où chacun des signataires choisit ce qu'il veut voir dans la Constitution.
Rédigé par: Alcibiade | 19 juin 2004 at 12:21
Et voilà, une taxe de plus.
- Vous avez le haut débit ?
- Pan ! : Payez la taxe aux Majors !
- Vous ne téléchargez pas de musique ?
- On s'en fout !
En tout cas nouvel afflux de pognon à gérer veut dire commission.
Greg , tu as un CV prêt à partir ?
Rédigé par: Pierre Amoretti | 19 juin 2004 at 12:24
Pour en revenir au P2P - je suis sûr que DSK aura un autre post sur la constitution - je ne vois pas bien où est le problème. Apple montre qu'il suffit de proposer un service de meilleure qualité que ce qu'on peut obtenir gratuitement pour que les gens payent. L'industrie française de l'eau en bouteille montre également qu'on peut parfaitement faire payer ce qui est "gratuit" par ailleurs.
Lutter contre le téléchargement illégal, c'est simplement protéger les sociétés établies - qui visiblement ne sont pas vraiment dans le coup sur le sujet - contre les nouveaux entrants. Ce n'est pas en théorie le rôle de l'Etat, même si pour diverses raisons, dans les faits c'est souvent le cas.
Bref voici encore un cas où les gouvernements se mêlent de ce qui irait très bien sans eux, ce qui les empêchent de se concentrer sur quelques domaines où leur action serait vraiment utile. La "cohésion sociale", par exemple.
Rédigé par: lionel | 19 juin 2004 at 12:27
Pierre tu as raison, il est anormal de faire payer "tout le monde", pour des pratiques qui concernent une "minorité" dans le monde (pas plus de 10 000 000 de téléchargeurs dans le monde, ce qui est peu sur 6 milliards. peut-être 1 000 000 en France..).
C'est pour cela qu'il faut les P2P eux mêmes payent leur part aux musiciens, qui gagnent de l'argent par la pub qu'ils vous mettent avec le programme P2P (le scandale GAIN, et autres spywares). Il faut que eux payent aux organismes de la SACEM, et pas les usagers, qui profitent comme les marchands de tabac doivent payer les dégâts qu'ils créent avec le consentement limité des fumeurs...
Alors bien-sûr, allez trouver, on ne sait où dans le monde, chaque créateur de P2P. Naturellement c'est difficilement au niveau de l'Etat national que l'on peut agir dans ce domaine, à moins d'utiliser la méthode actuelle, arrêter les téléchargeurs...
C'est pour cela qu'il faut une coopération internationale serrée, dans ce domaine. A mon avis, le problème ne sera réglé que lorsque les Etats du monde décideront de taxer les créateurs de P2P pour redistribuer les fonds aux organismes de protection des droits d'auteurs.
Rédigé par: Greg | 19 juin 2004 at 12:50