
Je viens de remettre mon rapport sur le projet européen au président de la Commission, Romano Prodi. Il s'intitule : "Construire l'Europe politique - 50 propositions pour l'Europe de demain". Il est issu d'une année de travaux au sein d'une table ronde que j'ai eu l'honneur de présider, et dont la composition reflétait la diversité politique, géographique et sociale de l'Union, du prix Nobel de littérature portugais José Saramago à l'ancien président de la Bundesbank Hans Tietmeyer, en passant par Nicole Notat, Bronislaw Geremek, David Simon, Dora Bakoyannis, Isabel Aguilera, Magda Aelvoet, Karl-Henrik Robert, Tito Boeri, Alojz Peterle. Vous pouvez retrouver la version intégrale ainsi qu'un résumé sur mon site www.gauche-en-europe.org.
Ce rapport se veut une prise de position claire pour une Europe fédérale incarnant le modèle de société européen - une Europe de l'innovation, de la justice sociale, de l'environnement, du droit international. Il reprend aussi un concept qui m'est cher : la nécessité de compléter la logique de réparation, qui corrige les désordres a posteriori - logique sur laquelle repose la social-démocratie traditionnelle - par une logique de prévention pour lutter contre les désordres à la racine sans attendre qu'ils ne se créent.
Je serais très heureux de lire vos commentaires
dsk
PS, je serai ce soir sur France 3 à partir de 23h dans France Europe Express, notamment pour présenter ce rapport.
Retrouvez également le rapport en version doc.
C'est dommage mais j'ai bien peur qu'il y ait moins de battage médiatique autour de ce rapport qu'autour du mariage homo....
C'est d'autant plus dommage qu'on approche des élections européennes....
Rédigé par: Olivier | 18 mai 2004 at 13:38
Beaucoup ont critiqué de manière virulente la prise de position de DSK sur le mariage homosexuel, en lui reprochant notamment de ne s'exprimer que sur cette question de société, negligeable pour beaucoup par rapport à tant d'autres.
Je suis ravi de voir pour ma part qu'il ne s'en tient pas là qu'il nous prouve un fois de plus qu'il a plus d'une corde à son arc.
J'espère donc que le rententissement de ce rapport sera aussi grand que la sortie sur le mariage gay, et que les détracteurs de DSK auront le courage de lire ce rapport, preuve qu'il y en a quand même une réflexion intellectuelle à gauche.
Rédigé par: Michel | 18 mai 2004 at 15:30
Ce texte est important parce qu'il pose sous une forme agréable une question désagréable Comment faire rêver d'Europe ? A gauche comme à droite, dans notre pays, l'Europe reste un sujet général, vers lequel on marche à reculons. Je ne crois pas qu'il faille choisir entre la gauche et l'Europe ou entre la France et l'Europe... Mais cette idée n'est pas encore suffisamment partagée. Je crois que Dominique y contribue. Voilà un travail de souris à mener au sein même du Parti socialiste... Quitte à faire barrir les éléphanteaux.
Rédigé par: Pierre | 18 mai 2004 at 16:00
Je viens de lire le résumé; de très bonnes propositions mais je regrette que les propositions "politiques" ne figurent pas en tête car il me semble qu'aujourd'hui, c'est celà qui manque le plus à l'Europe....
Rédigé par: CORBIERE | 18 mai 2004 at 16:32
Très beau travail, bravo!
Une priorité : construire un espace public européen. A commencer par une presse européenne. Pourquoi pas, dès lors, non seulement créer un média public européen (proposition 34) mais aussi aider à la constitution d'une presse privée européenne (subventions, aides à la traduction, etc)?
Je travaille en ce moment là-dessus, pour peut-être créer un magazine européen, original par sa distribution et son contenu.
Si vous avez des infos ou des idées, faites-moi signe!
Rédigé par: Jean-Christophe | 18 mai 2004 at 17:23
Beaucoup de réflexions et de constatations plus ou moins justes dans ce rapport et dont on pourrait discuter de manière stérile jusqu'au prochain millénaire. Une seule proposition concrètement démocratique et une des rares à ne pas être développée (pourquoi?): la proposition 15 que je lis comme la volonté de proposer au parlement européen de s'instituer en assemblée constitutionnelle. L'actuelle discution sur la pseudo "constitution giscard" va prouver, si besoin était, que seule une assemblée européenne constitutionelle démocratiquement élure pourra surmonter l'obstacle du nationalisme.
Rédigé par: Henri Rouquier | 18 mai 2004 at 17:56
Si je suis farouchement pour la construction d'une Europe politique, je suis néanmoins contre l'extension de l'Europe aux pays du contour méditerranéen : Cela serait contre-productif pour l'intégration des peuples en Europe et sûrement pour une prise de conscience d'une identité européenne.
Comment vouloir créer l'Europe si celle-ci n'a pas de véritables frontières ? Je n'imagine pas par exemple le Maroc ou la Turquie faire partie de l'UE, car ces pays ne sont géographiquement pas situés en Europe. Les arguments présentés dans le paragraphe 3.3.1 ne convainquent pas : La Méditéranée ou le Bosphore me semblent largement suffisantes comme frontières naturelles. Je ne vois pas bien la logique historique qui en fait le berceau de notre civilisation et l'argument démographique reste asser léger.
Pour ce qui est de la cohérence économique, rien ne nous empêche de faire des traités avec ces pays, mais construire l'Europe politique est ambition d'une autre ampleur. Ce sera déjà assez difficile à 25, qu'il serait dommage de renoncer à toutes nos chances en ayant le souhait vain de vouloir intégrer des pays non européens.
Enfin, pour l'argument "faute d’être capable d’organiser ses marges et d’y assurer la paix et la prospérité, l’Union court le risque mortel d’être submergée par la détresse de masses immenses, susceptibles d’être embrasées par les idéologies les plus belliqueuses", je considère qu'il est possible d'aider cette zone sans pour autant la faire rentrer dans l'UE. Cet argument peut même être vu comme une certaine sorte de menace, peu propice à construire une joie d'être ensemble.
Si je suis favorable à la majorité des propositions avancées, je suis donc tout à fait contre cette partie, dont l'application tuerait malgré elle toute volonté de construire justement une Europe politique.
Rédigé par: Xerbias | 18 mai 2004 at 19:16
Je suis d'accord avec Henri Rouquier, la Convention n'aurait pas dû être suivie par la CIG... Il aurait fallu, à mon idée, consulter directement les citoyens européens!
Quant au rôle renforcé du Parlement européen, à la possibilité d'en faire une assemblée constituante, je crains qu'il soit, comme on l'entend d'ailleurs assez souvent, encore "trop éloigné des citoyens"... Mais pourquoi ne pas faire une assemblée constituante formée des parlementaires nationaux et des parlementaires européens, façon Congrès européen?
Rédigé par: Lucile | 18 mai 2004 at 20:38
Réaction à chaud: à la 1ere lecture de ce rapport
je rejoins la position de Pierre.
Rédigé par: rosalie | 18 mai 2004 at 20:56
Ce rapport est très important, deviendra t-il un projet, il le faudrait, une réalité ...
Je suis assez enthousiasmé par ces propositions concrètes, cela nous change. Ce qui est notable c'est qu'il ne soit pas question tout le temps de groupe ou des européens dans leur globalité , mais qu'il y ait également une dimension humaine, en tant qu'individu, dans ce rapport.
Néanmoins, je n'adhère toujours pas aux différents niveaux d'intégration à l'UE. les fameux cercles concentriques
Vous réalisez des fondations solides et audacieuses mais demandez ou laissez la possibilité à certains d'habiter les dépendances.
Ou le projet est bon et il l'est pour tous, et chaque pays doit se satisfaire des avantages et des inconvénients de l'Union mais on ne doit pas leur laisser la possibilité de ne prendre que ce qui les intéresse. En clair ce n'est pas l'auberge espagnole.
Ce sujet demande beaucoup de pédagogie, il faudra encore beaucoup d'explications de votre part.
Rédigé par: SLJ | 18 mai 2004 at 21:47
Je voudrais donner mon avis personnel sur ce rapport et plus précisément sur l'adhésion de la Turquie dans l'UE.Personellement je suis un fervent défenseur de cette adhésion.
Les arguments géographiques pour s'opposer à cette adhésion ne tiennent pas.En effet,si géographiquement la Turquie n'est pas dans l'Europe,que dire de Chypre qui se trouve à une centaine de kilomètres des côtes syriennes et dont l'adhésion n'a posé aucun problème?
La seconde objection est,si on prend la Turquie,comment dire non au Maroc ou aux autres pays?A ce que je sache,le Maroc ou les autres pays du Maghreb ne sont pas,contrairement à la Turquie,membres fondateurs de l'OCDE,ni membres de l'Union douanière,ni membres de l'OTAN,ni membres d'aucune organisation culturelle ou sportive européenne(UEFA,Euro,Eurovision).(la finale de l'Eurovision s'est déroulée à Istanbul la semaine dernière et la finale de la Ligue des Champions se déroulera à Istanbul l'année prochaine).
La présence de la Turquie dans les instances européennes et dans d'autres instances ne datent donc pas d'hier.
De plus,en 1999,on a été très claire avec la Turquie:si la Turquie réunit les conditions nécessaires en 2004,les pourparlers pourront commencer.
Depuis cette date,la Turquie a fait de nombreuses réformes pour se conformer aux institutions européennes.La peine de mort a été abolie,les tribunaux militaires supprimés,la présence de l'armée dans les directions universitaires supprimée,l'égalité homme/femme déclarée dans la constitution,davantage de droits accordées aux minorités ethniques...
Economiquement,le pays connait une croissance annuelle de 8% et l'inflation qui était de 30% avant l'arrivée au pouvoir de l'AKP est passé au dessous des 9% (en 2 ans seulement).
Certes,il reste un bout de chemin à faire.Mais la dessus,tout le monde est d'accord pour dire que la décision de commencer les pourparlers n'est pas synonyme d'adhésion immédiate.Quant à moi,je pense qu'une durée raisonnable d'adhésion serait de 8 à 10 ans après le début des pourparlers.
Enfin,l'argument religieux pour refuser la Turquie me choque.Si l'on juge un pays par la confession de sa population,les millions de musulmans d'Europe et les trois millions de turcs en Allemagne se poseraient de sérieux problèmes.
Il faut savoir que la Turquie est le seul état au monde avec la France a avoir inscrite la laicité dans sa constitution.(d'ailleurs la volonté de certains pays européens à vouloir inscrire les racines chrétiennes de l'Europe dans la constitution me parait en totale contradiction avec ses principes d'ouverture et de paix).Ne faisons pas le jeu des fondamentalistes et ouvrons la porte à la Turquie
Cordialement
Rédigé par: Hizir | 18 mai 2004 at 22:31
Tout d'abord, bravo pour le rapport, c'est exactement ça que l'on attend des socialistes européens. A l'image de ce texte, les socialistes devront savoir prendre le cap des propositions concrètes. Espérons que M. Prodi saura accepter ce texte et les propositions qui y sont contenues, qui cheminent doucement depuis des semaines et qui parviennent maintenant aux bonnes personnes. Ce texte contient une vraie ambition socialiste pour l'Europe.
D'accord aussi avec M. Rouquier sur l'Assemblée Constituante, qui, au final, apparaît plus forte en symbolique "d'unité" que 25 choix nationaux divergents de modes de ratification (référendaire ou parlementaire).
Cette Assemblée serait élue comme telle et le débat sur la Constitution aurait lieu à travers cette élection. C'est peu imaginable pour les prochaines élections européennes cependant. Problème technique...
Xerbias, l'Europe que tu vois prend le risque de se figer. Comme si l’idée d’Europe, c’est à dire d’union par delà les différences serait cloisonnée dans des limites géographiques « relatives », conventionnelles. L’idée d’Europe est avant celle de pouvoir bâtir un projet politique commun autour de valeurs et de structures communes. La Turquie, parce qu'elle symbolise notre capacité à intégrer la différence, autour de valeurs et de politiques communes, devra un jour être admise en Europe.
Cependant, il est vrai qu’il faut garder un certain équilibre à chaque époque. On ne peut pas intégrer la Turquie aujourd'hui. Mais dans 40 ans, la Turquie, les pays du Maghreb, seront aussi ouvert sur la modernité, le progrès de la raison se sera complètement associé à l'islam. Ces pays seront seront alors aptes à participer à ce projet commun, s’ils le souhaitent.
Une fédération peut-être plus qu’un « pays ». L'Europe, c'est aussi un "modèle de mondialisation" qui a vocation à ouvrir plus que le marché.
L’Europe universaliste est un projet enthousiasmant, et il passera nécessairement par des cercles concentriques, qui devront être cependant suffisamment incitatifs pour qu’ils fassent place à terme, à l’Europe vraiment une.
Rédigé par: Greg | 18 mai 2004 at 23:40
Tu es trés bien ce soir sur FR3... même si c'est peut être un peu facile de n'avoir en face de toi "que" Roseline Bachelot (en jaune au lieu du rose habituelle ! était ce pour "visuellement" esquiver les questions que tu poses sur cette question d'égalité que constituent les droits de nos concitoyen(ne)s gays et lesbiennes?)...Pour ma part,je soulignerai surtout ton message fort et "sérieux" sur l'injustice des mesures Sécu et l'importance de ta contribution trés politique sur l'Europe; avec par rapport à ton texte un accord profond et une question cependant : ne devons nous pas traiter 2 questions comme liées mais distinctes , à savoir la construction de l'Europe politique et sociale dans ses frontières historiques (presque attteintes)ET la coopération à construire au sein d'un nouvel ensemble méditerranéen ??? Continuons à bâtir SD ... d'autres sujets d'égalité nous attendent, notamment sur les nouvelles responsabilités des Régions en matière de développement et de formation. A bientôt donc !
Rédigé par: Jacques 93 | 18 mai 2004 at 23:40
Tu es trés bien ce soir sur FR3... même si c'est peut être un peu facile de n'avoir en face de toi "que" Roseline Bachelot (en jaune au lieu du rose habituelle ! était ce pour "visuellement" esquiver les questions que tu poses sur cette question d'égalité que constituent les droits de nos concitoyen(ne)s gays et lesbiennes?)...Pour ma part,je soulignerai surtout ton message fort et "sérieux" sur l'injustice des mesures Sécu et l'importance de ta contribution trés politique sur l'Europe; avec par rapport à ton texte un accord profond et une question cependant : ne devons nous pas traiter 2 questions comme liées mais distinctes , à savoir la construction de l'Europe politique et sociale dans ses frontières historiques (presque attteintes)ET la coopération à construire au sein d'un nouvel ensemble méditerranéen ??? Continuons à bâtir SD ... d'autres sujets d'égalité nous attendent, notamment sur les nouvelles responsabilités des Régions en matière de développement et de formation. A bientôt donc !
Rédigé par: Jacques 93 | 18 mai 2004 at 23:41
L'art de se tirer une balle dans le pied ou comment DSK est en train de se vautrer à l'émission France Europe Express.
Vite ! Une oreillette !
Rédigé par: les pieds sur terre et la tete dans les nuages | 18 mai 2004 at 23:47
"1. L’Europe politique est légitime parce que les Européens ont un modèle de société en commun.
1.2 Ce modèle de société européen existe. Il s’enracine dans l’histoire du continent européen, qui a connu des périodes d’unité impériale (la civilisation grecque, l’empire romain, Charlemagne, Charles Quint, Napoléon) et culturelle (la chrétienté médiévale, la République des Lettres). "
On pourrait juste préciser sans que cela apparaisse comme un contre exemple que l'Afrique du nord à largement contribué à l'Europe telle que nous la connaissons aujourd'hui.
Elle a fournit St-Augustin le père de l'église, des papes et des empereurs pour Rome (Septime severe et Caracalla iront jusqu'à York), ainsi que de nombreux évangélisateurs, intellectuels, historiens et écrivains (Apulée pour n'en citer qu'un).
Elle a servi de grenier à blé dans l'antiquité et a continuellement contribué (notamment au travers de la sauvegarde et du transfert des sciences des penseurs Grecs en Andalousie) au développement de l'Europe jusqu'a aujourd'hui (fourniture d'énergie, très large contribution pour la libération du joug nazi, reconstruction des infrastructures de l'Europe après la guerre).
Enfin, la cerise sur le gateau, le championnat d'Europe et la coupe du monde de Football (inutile de citer des noms déjà très connus).
"2. Légitime, l’Europe politique est aussi nécessaire pour défendre le modèle européen, menacé de disparition.
2.1 La pérennité du modèle européen n’est pas assurée, car il traverse une crise profonde. Le moteur du modèle, la croissance, est en panne : l’Union est, avec la Russie, la zone du monde où la croissance est la plus faible. Les inégalités produites par le marché s’accroissent;"
Le modèle Europpéen, une notion très relative, n'est menacée de disparition que dans la mesure ou le seul système envisagé est la croissance. Qu'est-ce que la croissance? Quelles sont les limites de la croissance? Au détriment de qui cette fameuse croissance se fait-elle?
De plus, le vieillissement démographique, l’inadaptation aux mutations économiques, l’absence de réponse face aux attentes sociales nouvelles, la difficulté à prendre la pleine mesure des enjeux écologiques et la défiance démocratique sont inhérents au modèle Européen tel que nous le connaissons. Les pays Scandinaves apportent des réponses interessantes à certains de ces défis.
L'Europe politique n'est-elle que la transposition des antagonismes entre nations Européennes vers une confrontation entre l'Europe et le reste du monde, tout du moins les blocs économiques et politiques (cela va de pair) qui se dessinent comme la Chine, l'Inde et la sphère Américaine?
Et l'Afrique, et l'Amérique du sud, les pays en voie de développement, on les laisse choir? Le projet d'Europpe politique est encore trop fragile, on peut le voir à la lumière des évènements actuels.
A la lecture de la synthèse des 50 propositions pour contruire l'Europe politique, il m'a semblé (peut-être n'est-ce qu'une impression) que je lisais les propositions que l'on ferait pour le programme politique d'un état et non d'une communauté d'états.
Non pas que ces propositions ne soient judicieuses ou réalisables mais à la différence des trois autres blocs en concurrence qui sont de véritables états, avec une seule tête, il sera extrêmement complexe et laborieux de faire fonctionner un système Europpéen constitué d'autants de pays et de cultures différents, puis de prétendre être compétitifs puisque c'est de cela qu'il s'agit finalement.
Un chomeur de longue durée...
Rédigé par: omar | 19 mai 2004 at 00:34
Dans dix ans la chine aura le PIB de l'allemagne et aura dépassé les usa dans 50 ans. Voila pourquoi nous devons etre une fédération, c'est une question de survie !
Pour tous les fédéralistes :
www.parti-federaliste.fr
Rédigé par: Girondin | 19 mai 2004 at 00:37
La commission européenne vient d'adopter la brevetabilité du logiciel. Sans opposition : chirac a du oublier aussi cette promesse.
Il n'y a donc vraisemblablement plus que quelques années qui nous séparent de la situation u.s., ou tout ce qui produit logiciel doit payer sa dîme aux tiques judiciaires.
Je ne comprends pas cette rage de vouloir imiter le pire de ce qui se fait la bas. Aucun bénéfice discernable, cela se traduit au contraire par un affaiblissement de la position relative de l'europe par rapport aux us. Les spécialistes de ce genre de racket, c'est eux, pas l'europe.
Et pourtant aucune réaction -une manif ps a bruxelle, bofff. Le theme n'est pas assez porteur, et puis ces histoires d'ordi on y comprend rien. N'empeche que l' "europe de l'industrie" logicielle vient de se prendre, amha, un gros pain dans le museau.
Aromatisé faisan, le pain, vu la proximité entre la présidence irlandaise et (surprise) microsoft.
Mmhm.Un peu hors fil. Mais pas trop.
Rédigé par: yabonn | 19 mai 2004 at 01:17
Formidable, on ne peut que souhaiter voir ces proposition faire beaucoup de chemin.
Sur le plan economique, l'ouverture du debat et la creation d'un espace public europeen sont essentiels, car les grandes decisions europeennes sont aujourd'hui prises dans le huis-clos du Conseil et dans un tete-a-tete entre la Commission et les lobbies les plus puissants. Les citoyens n'ont a aucun moment la chance de se rendre compte de leurs convergences d'interets, ce qui conduit inevitablement a l'esprit de clocher qui caracterise malheureusement les moments forts de la (de)construction europeenne actuelle.
Dans le detail, je suis enthousiasme par la proposition d'Agence Mondiale de l'Eau et d'Agence Mondiale de la Sante (elle existe deja, mais il faut la renforcer, et personnellement, je lui attribuerais comme mission principale d'eradiquer le SIDA). J'y ajouterais une Agence Mondiale du Developpement Durable, qui devrait en priorite se voir dotee d'un fonds destine a la recherche sur les energies renouvelables (comme les piles a combustible, dont le monde ne peut pas se permettre qu'elle soit a l'avenir une vache a lait pour les seuls Japon et USA). On pourrait aller plus loin dans des propositions sur une aide massive au developpement du Sud par la demande, qui me parait etre le seul moyen de reduire les tensions commerciales, economiques et politiques mondiales.
Une petite remarque sur la citoyennete Europeenne: certaines des mesures proposees sentent un peu le gadget (il fallait arriver a 50 propositions ?), comme cette idee de Musee de l'Europe ou l'obligation d'effectuer une annee de cursus universitaire hors de son pays d'origine. La proposition 44 est etonnamment pusillanime: pourquoi ne pas proposer le droit de vote de tous les citoyens de l'union a toutes les elections dans leur lieu de residence ?
Sur l'enseignement de l'histoire europeenne, bon courage !! Quand a l'instruction civique, un petit exemple personnel: un excellent professeur d'histoire (Francis Petros, il merite d'etre nomme, surtout si par chance il est en train de me lire...), lorsque j'etais en 4eme, nous avait charges d'un projet de Constitution Europeenne. C'etait une facon extremement vivante et tres interessante de nous interesser aux institutions existantes et de reflechir a leurs qualites, a leurs defauts, et a notre propre ideal europeen. Je partage avec ce rapport la conviction que les jeunes sont par inclination naturelle tres europeophiles et qu'il faut cultiver cette bonne volonte avant que l'experience de la vie en milieu ultraliberal ne les en detourne !
Bonne chance, DSK, pour convaincre le PS et le PSE d'adopter ces propositions. Et mes amities a Jose Saramago, qui est un grand homme.
Rédigé par: Zatoichi | 19 mai 2004 at 07:30
Je viens de me rendre compte que le sujet d'une éventuelle adhésion de la Turquie à l'UE avait déjà largement été traité dans le sujet "L'Europe réunifiéé". J'interviens trop tard dans ce cadre, j'ai lu avec attention chacune des contributions et je pourrais y répondre de façon systématique.
Pour ce qui est de l'objection selon laquelle Chypre est proche de l'Asie, il me semble que l'adhésion de Chypre était exigée par les Grecs, cette île étant fortement dépendante d'eux. La Turquie est un pays d'une taille autrement plus grande pour ne pas se poser la question à deux fois. Le débat est bien celui de frontières européennes. Dire "si Chypre y est, pourquoi pas la Turquie", permettra aussi de dire "si la Turquie y est, pourquoi pas le Maroc ou l'Irak", "si l'Irak y est pourquoi pas l'Iran", et ainsi de suite, l'Union Européenne n'aura alors plus rien d'Européen.
L'argument selon lequel la Turquie fait déjà partie d'instances culturelles ne me touche guère : Je ne reconnais pas à l'UEFA le droit de décider des frontières. D'autre part, cela voudrait dire que la Georgie, l'Azerbaïdjan ou bien Israël pourrait rentrer dans l'UE, ce qui m'étonnerait profondément.
Pour ce qui est de dire que la Turquie fait des réformes pour rentrer dans l'UE, je trouve triste qu'il faille dans ce cas une carotte pour pousser un pays à se réformer. De plus, je ne vois pas en quoi une Turquie humaniste serait automatiquement européenne. Ce serait bien dommage si l'humanisme ne resterait uniquement l'apanage de l'UE, comme s'il ne pouvait s'étendre en dehors.
Je n'utilise pas l'argument religieux : je suis laïque et je pense qu'il importe peu. Après tout, la Bosnie aura à terme toute sa place dans l'UE.
Lorsque Hizir dit "Ne faisons pas le jeu des fondamentalistes et ouvrons la porte à la Turquie", je trouve cela effrayant de penser qu'on est dans un cadre de chantage, consistant à dire "si la Turquie n'est pas dans l'UE, elle deviendra un pays islamiste dangereux". Est-on donc vraiment condamné à n'avoir que des pays instables en dehors de l'UE ? Ne peut-on imaginer d'autres zones de stabilité et de prospérité à nos côtés ?
Je souhaite dire à Greg que notre capacité à intégrer la différence est déjà souvent mise à l'épreuve à 25. La diplomatie tendue par laquelle on passe aujourd'hui pour faire avancer les choses en Europe sera autrement plus compliquée si bon nombre de Français s'interroge sur la légitimité d'un pays à faire partie de l'Europe. Pour la Grande-Bretagne, il me semble qu'on l'avait décidé par référendum. Je ne suis pas sûr que pour la Turquie, un Oui l'emporte, aujourd'hui comme dans dix ans. Dans quarante ans, peut-être...
Pour ce qui est du modèle de cercles concentriques, j'ai peur, en tant qu'Européen fédéraliste, qu'il ne favorise pas une intégration harmonieuse. Si le but est de donner à la Turquie une faible intégration, autant nouer avec elle un partenariat fort. C'est dans ce but d'intégration que se situe ma position. Michel Rocard semble ainsi soutenir l'adhésion de la Turquie car il a perdu l'espoir d'un ensemble européen intégré, et voit plus l'avénement d'une zone géopolitique de cironstance. C'est décevant.
C'est peut-être parce que mes professeurs m'ont appris à l'école la Turquie appartenait à l'Asie et le Maroc à l'Afrique que je considère l'entrée de ces pays dans l'Union Européenne comme absurde, et m'évoque la formule "Demain la Turquie, après demain la Chine". Je suis très inquiet sur cette adhésion dont la majorité semble ne pas vouloir (sondage IPSOS 12/2002), et peut être même une majorité de la classe politique.
Rédigé par: Xerbias | 19 mai 2004 at 12:28
Nous nous sommes souvent déchirés sur le projet de Traité. Est ce bien raisonnable de recommencer
tout à zéro et d'annuler les 2 ans de travaux de
la Convention.
J'ai apprécié que DSK voit dans l'adoption du
projet de Constitution "le point de départ et non
le point d'arrivée" de cette ambition.
Très intéressante proposition sur le fédéralisme
budgétaire avec la création d'un impot Européen.
Rédigé par: rosalie | 19 mai 2004 at 17:19
Monsieur Dsk,
Il y a un point sur lequel je me pose une question.
Concernant la Turquie, vous dîtes que celle-ci a la vocation Européenne mais elle n'est pas prête ni pour l'ouverture des négociations ni pour une adhésion. Sur ce point, je suis d'accord, la Turquie aujourd'hui n'est pas prête.Mais dans votre rapport vous citez qu'il y a encore des efforts à faire et vous ne citez pas les réformes positives du pays.
Donc pourriez-vous nous en dire plus sur votre position sur la question? Ne pensez-vous pas que dorénavant, il serait tant de dire oui à la Turquie?
Bien cordialement,
Dilek
Rédigé par: Dilek | 19 mai 2004 at 20:47
--
Pour ce qui est de dire que la Turquie fait des réformes pour rentrer dans l'UE, je trouve triste qu'il faille dans ce cas une carotte
--
Moi je n'y crois pas du tout.
Si j'étais mal luné, je me demanderais je m'interrogerais même sur le reste de suffisance qu'il nous faut pour accepter l'idée que la turquie, ses 70 M d'hab et son statut de puissance régionale n'ont passés ces dernieres années qu'a se demander anxieusement s'il pourront entrer dans la tres mirificque europe.
L'occidentalisation de la société turque ne date ni d'hier ni de la ceca, et leur plan média -"on a fait tout ça pour vous!"- devrait, ama, plus faire rigoler qu'autre chose.
Mais bon : comment résister à une flatterie si bien tournée?
(toujours pas de tags ?)
Rédigé par: | 19 mai 2004 at 21:10
... posté ci dessus sans signer.
Dont acte.
Rédigé par: yabonn | 19 mai 2004 at 21:11
Je ne sais qui a dit au Parti socialiste:
"il faut changer de logiciel", mais je tiens à le
féliciter au vu de ce que je lis içi.
Vive l'Europe politique!
Rédigé par: jules | 19 mai 2004 at 22:21