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18 mars 2004

Débat avec Dominique Perben

Je suis ce soir au Grand Débat RTL - Le Monde face à Dominique Perben, ministre de la Justice, de 18h30 à 20h.

Je vous invite à me faire part de vos commentaires si vous m'avez écouté.

DSK

Retrouvez des extraits du débat sur le site du Monde.

L'enregistrement de l'émission sur le site de RTL.

Commentaires

Ouf, Dominique Perben dit que la croissance va revenir, nous voilà complètement rassurés...

J'arrive un peu tard et je ne peux écouter l'émission mais je trouve dommage, comme dans chaque émission 'politique' de n'inviter que des personnalités et non des gens 'du peuple' pour qu'ils fassent part de leurs réactions et de leurs interrogations face aux sujets abordés. Ce point de vue est quand même le plus important, non ?
J'écoutais encore ce matin sur France Inter une personnalité politique UMP (je ne sais plus qui d'ailleurs) qui, malgré une tentative médiocre de la radio pour apporter de l'interaction avec les auditeurs , ne répondait pas directement à la question de l'auditeur, faisait une pirouette et 'bottait en touche' alors que la question était d'une simplicité et d'une clarté enfantine...
Encore une fois, ce type de comportement n'aide pas à interesser les gens à la politique, on ne les écoute pas vraiment et on se 'pavane' pour ses 'exploits' où ceux de son parti. Ils ne faut pas oublier qui représente qui, dans l'histoire, non ?

Le passage à RMC a été utile, je trouve que Dominique S était achement plus à l'aise que l'autre. Sur le fond, je crois que Perben était très mal à l'aise !

Facile! Perben n'avait pas d'arguments avec un bilan aussi minable. Mais ça fait plaisir d'entendre une synthèse claire de tous les avatars du gouvernement actuel.
Le point difficile: qu'est ce qu'on propose pour les prochaines élections? La simple continuité de la politique Jospin n'est pas envisageable, il faut envisager des réformes ambitieuses . Ca ne sera évidemment possible que dans un cadre européen et social démocrate (a gauche en europe?)
Mais je crois que le projet ne devra aussi porter des réformes impopulaires du genre rééquilibrage économique au profit des pays pauvres, ou dans un autre ordre d'idée changement des modes de transport avec diminution des transports individuels (voirure camion)et bien d'autres sujets difficiles que n'abordent jamais les politiques parce qu'il faut flatter l'électeur dans le sens du poil.

C'est vrai, mais avant d'être en mesure de gouverner, il faut être en position de l'être. Or aujourd'hui, force est de constater que la gauche n'inspire ni "désir", ni "passion". Le gouvernement Raffarin va prendre une veste aux régionales, ce dont le PS va bénéficier par ricochet, mais probablement sans être en mesure de revendiquer une "victoire" à ces élections. Les grands vainqueurs, tout le laisse à penser, ce sera Bayrou et Le Pen, même si aucun des deux ne sera président de région (le Fn risque bien de n'en gouverner aucune malgré des résultats en légère hausse), ils auront tout deux planté des jalons en vue de l'élection d'un autre président...

Mais d'un autre côté, sans vouloir faire offense à personne, quelle est l'audience de ce genre de débat, mème si je le crois utile ? Aujourd'hui, qu'on soit élu à l'échelon national ou élu local, il existe une vraie défiance des français à l'égard du politique, accusé de tout et souvent de rien. les affaires d'un petit nombre (pas n'importe lesquels, je vous l'accorde) jettent le discrédit sur toute la classe politique. Je vous assure que parfois j'entends dire des choses incroyables et hallucinantes, mais dont les gens sont persuadés...
Le projet electoral devra d'abord faire envie aux français. C'est un lieu commun, une évidence, mais qui est parfois oubliée quand on entend parler un politique... il faut peut-être s'adresser aux gens avant de proposer un projet pour la France.

Enfin je sais bien que je parle dans le vide, du haut de mes pas tant d'années que ça et du fait que je ne connais pas forcément grand chose au problème, mais justement parce que je suis, comme les français (ou parce que français), un béotien, c'est comme ça que j'aimerais qu'un politique me parle...

Une fois de plus j'ai trouvé DSK combattif et précis dans ses critiques. Je constate cependant que s'il suffit pas d'être juste dans le diagnostic pour convaincre ou intéresser, il faut aussi clairement indiquer le remède qui convient. Or le problème c'est qu'en restant dans la critique on ne se démarque pas de la droite.Il faut des PROPOSITIONS FORTES AUX PROBLEMES DES FRANCAIS.
Pour finir je tiens à dire que l'ère du chameau c'est très bien placé...

Je n'ai pas regardé l'émission parce que c'est sans intérêt. La plupart des candidats (de gauche ou de droite) que je vois dans les interviews aux infos roulent dans des belles voitures avec chauffeur et sans ceinture de sécurité.
Oui, oui, regardez bien. Regardez bien la virée de Chirac dans Paris lors de son élection par exemple.
Que me disent-ils ? Je suis parmi les puissants, et au-dessus des lois.
Je n'irai pas voter.

Débat correct mais convenu..
Perben, un type intelligent, courtois mais pas une grosse personnalité, dans une position difficile puisqu'il doit défendre un gouvernement dont la caractéristique principale est de n'avoir aucune politique.Et manifestement il a l'air de s'en être rendu compte. Il y a chez Perben un coté " mais que suis je allez faire dans cette galère" assez touchant.
DSK,très intelligent ( ne fachons personne), un peu plus agressif mais c'est normal.Dans une position également difficile puisque pour des raisons tactico perso partisanne il ne peut s'avancer dans le domaine des propositions concrétes.
Cette double difficulté a été d'ailleurs été l'objet de la toute première partie de l'échange et en a donné le ton général.
Sur le "chameau" ce qui est rigolo c'est qu'on s'imagine DSK et son équipe préparant l'émission:

Un conseiller: Bon ok, maintenant on passe à la petite phrase.
Après moult tergiversations.
Un conseiller (en examinant des courbes): Et si on disait qu'avec la droite on était entré dans l'ére du Chameau...
Un autre: Ouais, c'est bon ça. C'est visuel, les deux bosses tout ça...Le chameau...très bon
Un autre: En plus ça fait sérieux, économiste..Kondatrieff..
Une légére griserie semble s'être emparée des participants.
DSK: C'est vrai que c'est bon..(hésitation).. mais on n'est pas en train de se planter, c'est le chameau ou le dromadaire qui a deux bosses?
Les autres: Oh putain c'est vrai! on n'y avait pas pensé!!!
Un conseiller: Je crois me souvenir qu'il y a un moyen mnémotechnique : Chameau deux syllabes donc deux bosses... ou c'est le contraire deux syllabes donc une bosse..non, dromadaire trois syllabes..ça n'a pas trois bosses un dromadaire?
Un conseiller: Faut vérifier, on aurait l'air trop con, t'imagine la tête de Weber et Fabius..
Il va à son portable et tape une requête sur google.

Je voudrais répondre à Franck, qui regrette l'absence d'interaction dans ce genre de débat avec des gens 'du peuple', et la façon chronique dont les personnalités politiques 'bottent en touche'.

Je pense que c'est là que le genre de blog que l'on est en train de lire peut être intéressant, et cela pour deux raisons.

Tout d'abord l'écriture me semble plus propice à ce genre de débat. En effet, il permet de pourvoir réfléchir posément à ce que l'on veut faire passer comme message. Et ensuite, il permet au lecteur de se concentrer un peu plus sur le fond du discours que sur les qualités d'orateur de celui qui le récite.

Et ensuite, il est beaucoup plus difficile, à mon avis, de botter en touche. En effet, si l'on considère la facilité que n'importe qui a à publier du contenu sur Internet, censurer les commentaires d'un blog serait relativement inutile (voire contre-productif). Et ensuite, le fait de botter en touche est beaucoup plus visible par écrit, surtout si l'on considère que l'audience, au contraire d'un débat, ne lit pas en direct et une seule fois les propos.

C'est en cela que je trouve que l'initiative des blogs politiques est intéressante (voir à ce sujet http://www.polytic.net/blog/2004/03/15/9-LeBlogPolitiqueSupportMarketingOuOutilDemocratique ), et c'est en cela qu'elle est novatrice.

jef : j'ai une solution si tu ne crois pas aux autres : fais de la politique toi-même...
Ah là, bien-sûr, c'est paresse. Ou c'est fatalisme. Mais à mon sens, c'est la meilleure manière, à long terme d'agir soi-même là où l'on pourrait penser (c'est ton cas apparemment), que les autres sont des "mauvais" ou des "méchants", ou je ne sais quoi. Qu'en penses-tu ?

Bah, la politique, de toute façon... ou tu y participe, ou tu te laisses mener... alors mieux vaut être acteur que passif, surtout quand on est concerné, non ?
Et puis pensons à celles et ceux qui se sont battu pour le droit de vote. Ils n'ont probablement pas fait tout ça pour quelque chose qui n'en vaut pas la peine...

Je me faisait la reflexion, en regardant la premiere réponse au post (sur le fait qu'on invite que des personnalité)qui disait que l'on invite que des personnalités pour parler politique que dans les médias, ceux qui parlent de convictions politiques sont les hommes politiques et que lorsqu'on montre un citoyen lambda c'est rarement pour qu'il parle de convictions mais plutot de sa défiance ou de ses plaintes.

Cela contribue à donner l'image d'une fracture entre des personnalités qui parleraient de convictions et de citoyens complétemnt indifférents.
Cela joue surement sur l'abstention...

Bonjour DSK !

J'ai toujours été très impressionné par l'intelligence de vos arguments, qui trouve peu d'équivalent dans le paysage politique. Je regrette aussi que celle-ci ne soit pas davantage vue et approuvée plus à gauche, car quel carton feriez-vous selon moi dans un positionnement plus résolument socio-humaniste et un peu moins sur le registre homo-economicus auquel on vous cantonne trop souvent.

D.Perben dispose lui d'une intelligence forte mais hypnotique limite inquiétante. J'ai raté cette émission, que j'écouterai cependant en archive sur le site de RTL, puisqu'elle y sera disponible dans quelques heures.

Je viens solliciter votre opinion sur le procès en correctionnelle de Dieudonné le 2 avril prochain.

Aucune association anti-raciste n'a porté plainte à ce jour pour cette prestation télévisée, c'est D.Perben qui a lancé la procédure. N.Sarkozy a même été jusqu'à jeter en pâture à la vindicte publique "l'antisémitisme mondain des Dieudonné et compagnie..." (AFP-LEMONDE.FR 03.02.04 09h19).

Je suis blanc de sensibilité de gauche et je n'appartiens à aucune communauté, mais la désinformation à laquelle j'assiste à tous les niveaux, et ici avec notre seul "citoyen bouffon noir et breton" me révolte. Or son utopisme revendicatif contre toutes les frontières raciales, religieuses et géographiques me plait beaucoup et démontre depuis longtemps son anti-racisme.

Vous qui vous basez sur des faits et non des fantasmes, donneriez-vous publiquement votre conviction ?

Merci et bonne campagne !

Kévin

Bonjour camarade DSK

Je n'ai pas eu l'occasion d'écouter le débat mais par contre j'ai lu votre livre "la flamme et la cendre" et j'ai bcq apprécié.
Votre idée de socialisme de production semble interessante mais j'aimerais en savoir plus (c'est d'ailleurs pourquoi j'ai entamé "l'utopie à l'épreuve" de Bergounioux).

Quand au terme "reformisme radicale", il ne me plait guère à cause du mot radical qui est trop extrême à mon goût.

En tout les cas, à mon sens pour l'instant, ce qui manque au débat à gauche pour combattre l'abstentionnisme et le dispersement des électeurs, c'est une confiance (pour les démunis et la classe moyenne principalement) dans la capacité de nos forces à transformer et changer la société.
Chirac et Sélière font rêver leur clientèle avec le néolibéralisme; LePen fait "rêver" avec la France de Pétain.
Les gens suivent les mythes.

Bon courage

VL

Pour répondre à Vincent sur le terme de "réformisme radical"

radical signifie, je pense ici, "à la racine". En d'autres termes, réformer radicalement pourrait s'entendre au sens de traiter les problèmes à la racine.
Exple : plutôt que de corriger les inégalités seulement a posteriori par la redistribution, on doit aussi lutter contre les inégalités a priori, dès qu'elles se forment (dans le processus de production, par exple) ou alors que l'on sait qu'elles sont en train de se former (à l'école par exple).

Pour le reste, c'est vrai que, en direction du plus grand nombre, c'est une expression qui peut se révéler tout à fait équivoque. Il n'empêche, dans certains cercles partisans, elle est souvent bien utile.

Ronan

pff... moi, franchement, j'ai trouvé que DSK était très bienà ce débat, j'ai écouté le début à la radio et j'ai lu la suite dans LE monde.
je précise également que , DSK étant mon prof' d'économie (à SciencesPO),je l'ai vu et/ou écouté pendant plus de 5 heures dans la meme journée :deux heures le matin, une heure le soir, et je l'ai vu au moins une heure et demi le soir, à créteil en soutien à JP Huchon....

cher DSK, vous etes bon, juste et vous défendez le bien. Et vous le défendez bien.
Faites attention, cependant, parce que Fab' vous dépasse largement sur tous (ou presque) les sujets sur lesquels je vous ai apprécié aujourd'hui :
-c'est pas très gentil de critiquer , sans le nommer certes, Fabius dans votre cours (remarques sur l'utilisation de fonds de la BCE qui serait totale "ineptie")
-le duel Fabius-Perben était bien plus alléchant et croustillant le soir du 21 avril 2002(tragique soir) sur le futur cas des affaires judiciaires de Chirac
-Fabius était carrément génial à ce meeting de Créteil .
-Fabius est en avance sur vous sur d'autres points (réseaux,équipe compétente :Beres,Bartolone,Bocquel, Weber,etc.., autopromotion, avec son bouquin, idées sur la configuration de la gauche : mise en avant des Verts et prise de cs de l'effondrement des communistes). Je pense que les primaires au PS vont etre difficiles. Continuez comme ça , et faites vous des réseaux, et rattrapez le, et , à mon avis, ça se sera plus facile ...
sinon, vous allez vous retrouver Premier Ministre de LOLo 1er.... (je préfère encore, et de loin Fabius à Juppé.... si c'est vers ça qu'on se dirige .)


antoine_

1) Pas mal, Tlon. mais ca ne s'est pas passé comme ca !
2) Sur Dieudonné, c'est compliqué. A priori, je suis contre toute censure, quelles que soient les conneries qu'on raconte. Mais Dieudonné va au dela de la bétise. Il se trouve qu'il s'est présenté contre moi aux législatives à Sarcelles. Bien sur, il a fait très peu de voix. Mais ce qui compte c'est qu'il disait carrément qu'il fallait se présenter contre un candidat d'origine juive. là, je ne suis plus sur que ce soit de l'humour.

Mon cher Antoine, je ne suis pas du tout d'accord.
Dsk n'est pas mon prof donc je n'ai rien a dire sur son cours. Mais moi aussi j'etais a Creteil et j'ai trouvé fabius assez mauvais. Il jouait un role en forcant sa voix et vraiment j'ai trouvé ca assez ridicule.
Pour ce qui est du bouquin de Fabius, grave. Pour moi, aucune chance. Dsk je sais pas. Mais Fabius jamais je voterai pour lui.

Bonjour,

j'ai lu avec attention les extraits publiés dans le monde du 20 mars dernier du "grand débat RTL- LE MONDE" qui a opposé DSK à DP.

Outre le fait que M. DB ne peut défendre la politique brouillonne du gouvernement, qui d'ailleurs n'en porte que le nom, je suis scandalisé par les propos rapportés par M. DSK concernant le bilan de la gauche.
Jusqu'à présent je pensais que DSK était une peronne intelligente et raisonnable.
Malheureusement je vois qu'une fois encore les intérêts politiques et individuels passent avant l'objectivité des faits.
En effet, constater que sous le gouvernement de M. JOSPIN les excédents sociaux et le bilan économique était brillant est certe un fait mais est basé sur l'état général de l'économie, qui on le veuille ou non, est aujourd'hui globalisée et mondiale.
Maintenant, la rapprocher de la politique effectuée c'est faire preuve d'une mauvaise foi évidente venant de personnes intelligentes et surtout au faîte de l'information.
De plus, quid de de l'utilisation des excédents en période de croissance afin de pallier aux creux économiques qui ne peuvent que suivre.
En fait, M. DSK reprend les thémes de la compagne de M. JOSPIN qui reposait sur son bilan satisfaisant.
Mais devait-on lui imputer ce succès ou sur la croissance ?
Cela démontre une fois encore que les politiques considérent vraiment les Français comme des imbéciles et qu'au lieu de se battre sur des bilans maquillés ils feraient mieux de proposer des réformes claires à la nation au lieu de nous donner des raccourcis passés à la moulinette des cabinets de communication.
Une fois encore la gauche comme la droite cherche avant tout à obtenir des avantages pour certains privilégiés que de s'occuper de la nation. Mais cela reflète l'état général de la société actuelle : l'individualiste.
Dans ces conditions aller voter pour des hommes qui parlent la langue de bois c'est accepter cet état de fait et je considère cela comme un déni de l'opinion des Français.
M. DSK, je crois que vous seriez vous-même et que vous défendiez réellement vos idées au lieu de chercher à vous rapprocher d'un parti sclérosé, la France et les Français, auraient tout à y gagner et on verrait alors peut-être apparaître une autre vision de la politique.

En réponse au commentaire anonyme posté ci-dessus,

il me paraît irresponsable de parler "d'état général de l'économie" en essayant d'exonérer totalement le gouvernement de ses responsabilités. Tout d'abord, la croissance mondiale est bel et bien là : 4% environ en 2003.
Ensuite, le chiffre qui me paraît le plus intéressant et le plus significatif est celui du différentiel de croissance avec nos voisins. Sous le gouvernement de Lionel Jospin, nous avions une croissance supérieure de 0.5 point à celle de nos voisins de l'UE. Aujourd'hui, nous en sommes en dessous de la moyenne européenne (de 0.2 point selon les derniers chiffres que j'ai lus). Il ne s'agit donc pas de dire qu'avec un gouvernement socialiste nous aurions eu 4% de croissance en 2003, mais peut-être 1 point au lieu de 0.3.

Le déficit public, si on rajoute une partie conjoncurelle de 0.7point de PIB*0.5 (0.5 étant l'élasticité du solde public aux variations du PIB). Nous aurions eu un déficit public de 3.8 en 2003. Si tu enlèves de ce déficit les mesures discrétionnaires et structurelles, nous serions probablement autour de 3% de déficit et aurions évité de nous placer dans une situation délicate vis-à-vis de nos partenaires européens.

Je ne vois pas en quoi ce discours est langue de bois!

"Sous le gouvernement de Lionel Jospin, nous avions une croissance supérieure de 0.5 point à celle de nos voisins de l'UE. Aujourd'hui, nous en sommes en dessous de la moyenne européenne (de 0.2 point selon les derniers chiffres que j'ai lus)"

C'est en effet ce differentiel qui est pertinent. Cet indicateur serait encore plus intéressant s'il ne concernait que la zone euro...

En tout cas cet indicateur jette quand meme pas mal le discredit sur le discours gouvernement/MEDEF depuis 2 ans : "il faut remettre la France au travail" pour relancer la croissance. C'est ce discours completement borne et simpliste qui est langue de bois !

PB

Merci DSK pour votre réponse sur Dieudonné, je mène l'enquête sur le web, et le site de soutien est ouvert pour plus de détails.

Je reviens sur le débat que j'ai maintenant lu.

Troublant comme je retrouve ma remarque initiale: homo-economicus. Trop de théorie, trop de chiffres, y compris pour le seul court passage final socio-humaniste du débat:

"A Sarcelles en 2002 il y a eu 32 expulsions locatives, c’est à dire des personnes qui ont été mises dehors de chez elles à la fin de l’hivers parce qu’elles ne pouvaient plus payer. En 2003 il y en a eu 132, juste 100 de plus. Cette année on m’en annonce 350. Pourquoi ? Parce qu’il y a des milliers de français aujourd’hui qui ont été privés de ressources. Ce sont les 265 000 français qui ont été mis en dehors de l’UNEDIC, ce sont ceux qui touchaient l’allocation de solidarité, 130 000, et qui ne l’ont plus. C’est à ceux-là qu’il faut penser aussi". (...)

Non il ne suffit pas de le penser publiquement. Les gens ne croient plus aux théories économiques alibis et technocratiques, c'est du brouillard et même la nuit sur les vrais demandes et besoins, qui sont désormais des impératifs pour éviter l'explosion.

Un discours incompréhensible ne peut faire oublier que le premier devoir des politiques c'est que PERSONNE NE SOIT:

- à la rue involontairement
- sans les ressources suffisantes pour vivre dignement matériellement et aussi moralement (allocation VITALE d'indépendance économique)
- soumis à un stress destructeur dans son emploi

Il n'y a clairement pas assez de travail pour tout le monde, ce phénomène est entretenu par idéologie économique et tue au moins mentalement tout le monde sauf ceux qui en profitent et qui l'organisent ou y collaborent.

Il y a assez d'argent pour empêcher tout ce que vous dénoncez. Il manque juste une démonstration politique convaincante (Jospin a failli commencer avec son 0 SDF qui a été malheureusement caricaturé), que le bien-être de tous dans la société, y compris ceux qui travaillent, y compris les bobos et les riches, passe par la garantie d'une subsistance digne pour chacun.

Mais ce ne sont pas des chiffres, des raisonnements mathématiques que personne ne peut vraiment démontrer valablement en termes de résultats humains, dont nous avons besoin.

Pourquoi fliquer des gens au RMI qui ne font que tenter de survivre. L'argent du flicage leur permettrait de vivre deux fois mieux ! Et de ne plus poser ces problèmes de rébellion qu'on peut comprendre. Presque idem pour l'argent de l'ANPE, un scandale.

Les citoyens veulent un minimum de respect et d'attention concrête pour la qualité de leur vie et de leur travail et celles de leurs parents et voisins, or ils ne reçoivent que des discours qui ne contiennent même pas ces éléments. Et ils mesurent en plus des collusions très malsaines entre nantis et décideurs.

Comment dans ces conditions avoir envie de voter ? Même si on aimerait bien...

http://partitions.levillage.org/article.php3?id_article=38

(si cette approche utopique mais concrète vous intéresse...)

Cordialement,

Kévin

Bonjour,
I. Tout d'abord, sur le débat, je trouve que DSK a été excellent sur les questions économiques. Bien trouvé l'ère du chameau...

Très bonne réplique sur les créations d'entreprises.

Excellent sur le lien entre mauvaise gestion budgétaire et affaiblissement du pacte de stabilité, et donc de la cohésion européenne...

Sur la recherche, le désir de taper sur les structures publique a fait "mentir" Perben, et DSK ne l'a pas relevé c'est dommage. Il a bien répondu sur ce point cependant.
En effet, Perben nous explique que la recherche publique est mal gérée, peu efficace, et (haha ça m'a fait rire) "rend malheureux les chercheurs eux-mêmes..."

Bien-sûr, tout le monde s'accorde sur le fait qu'il faille accroître l'effort en matière de recherche privée.
Mais la vérité, c'est que la recherche françaiseutilise 20 fois moins d'argent dans la recherche que les USA, et découvre 5 fois moins. En effet, les USA découvrent 30% des découvertes mondiales et la France 6%, avec donc, je le répete, un écart de 1 à 20 dans les dépenses (à titre d'exemple, un post doctirant US reçoit 250000$ de recherche immédiatement).
A dépense égale, la recherche française est donc quatre fois plus efficace.
Et ce, justement parce que les laboratoires ont été obligés d'apprendre à gérer leurs deniers avec parcimonie, et de mettre en place des projets bétons pour obtenir des crédits. Ce qui n'est pas le cas aux USA, où beaucoup plus d'argent est perdu.

Donc, aujourd'hui, en France, l'effort qualitatif, l'effort d'accroissement d'efficacité n'est pas à faire. C'est bien l'effort de quantité.

Par conséquent, Perben ment effrontément. Et cela procède du réflexe de cette majorité de taper sur tout ce qui s'apparente à un fonctionnaire...
On sent que Perben avait un peu de mal. Il s’accrochait sur les quelques arguments positifs de son gouvernement qui ne masquent pas un bilan général désastreux, face auquel il faudra assez vite publier des propositions concrètes, que le peuple attend impatiemment.


Maintenant sur certains posts :
II. D'abord, anonyme, tu dis : "constater que sous le gouvernement de M. JOSPIN les excédents sociaux et le bilan économique était brillant est certe un fait mais est basé sur l'état général de l'économie, qui on le veuille ou non, est aujourd'hui globalisée et mondiale."

Comment expliques-tu qu'avec une croissance de 8% aux USA, on ait 0,2% de croissance en France aujourd’hui ? Comment expliques-tu que sous JOSPIN, en 2000, il y ait eu 4,4% aux USA, et 4% en France ?
L'argument des retombées de la croissance mondiale (américaine) est complètement malhonnête, s’il est isolé des autres variables (nationales) qui influent sur la croissance, comme la politique économique.

La France a eu plus de croissance que ses partenaires européens sous JOSPIN. Si ce n'étaient que les retombées extérieures qui agissaient sur la croissance nationale, il devrait y avoir un taux de croissance équivalent. C’est bien l’effet des relances, et l’enrichissement de la croissance en emplois qui ont stimulé la croissance (signaux positifs du gouvernement + relance = consommation = croissance ; enrichissement de la croissance en emplois = plus de salariés qui CONSOMMENT = plus de croissance).

Tous les économistes te diront qu'il y a des paramètres purement nationaux, qui stimulent, ou ralentissent la croissance.
ex actuel : la baisse le la fiscalité progressive a fortement accrue l'épargne, et réduit la consommation (avec quelques pics transitoire, comme en novembre...) ce qui a ralenti la croissance et l’emploi....


III. Kevin, pas d'accord sur deux points (d'accord sur d'autres). D'abord "Il y a assez d'argent pour empêcher tout ce que vous dénoncez". As-tu entendu parler de la dette publique, qui réduit fortement les marges de manoeuvre des gouvernants ? Ce gouvernement l'a porté au niveau record de 63%, soit 960 milliards d'euros...Non, on ne peut pas tout faire à la fois, car avec ce niveau de dette, tout dérapage devient interdit...

L'autre point sur lequel je ne suis pas d'accord, c'est sur le contrôle qui accompagne les allocations. Les profiteurs, cela existe. Il ne faut pas être angéliste. Il m'est arrivé de tomber sur des profiteurs. Je peux te dire que la colère me monte au nez, car ce sont eux qui donnent des arguments aux ennemis de la solidarité. Il y a les vrais rmistes. il y a une part (non quantifiable) de faux rmistes (ex typique : le dealer rmiste.).
D'accord cependant que le contrôle ne remplace pas la confiance. Pour une théorisation exacte de ce phénomène, s'informer sur les asymétrie d'information, sur la théorie du principal agent, et les théories des trappes à inactivités.

Par ailleurs, sur ce point, il serait bon réfléchir aux moyens d'accroître l'écart entre les aides, et le smic. Si l'écart entre les aides et le salaire est trop faible,(ce qui est le cas aujourd'hui), le rmiste n'a pas l'incitation à revenir sur le marché du travail. Cela peut se faire par le bas, en réduisant les aides (ce qui n'est pas une très bonne idée pour nourrir la croissance), ou par le haut, en donnat une prime au retour à l'emploi. Jospin le disait, le socialisme, ce n'est pas l'assistanat, c'est la solidarité et le retour à l'emploi.
(post un peu long désolé)
Cordialement

j'ajoute cependant sur ce dernier point qu'il faudrait d'abord une étude pour connaître le niveau exact de la resquille, pour savoir si c'est un vrai problème. Finalement, 2% de profiteur, ce n'est pas si grave. Mais 20% ça l'est.
Les contôles permettent de réduire cette part, et ils ont avant tout un effet dissuasif. c'est une inefficacité certes, mais elle est consubstantielle à l'oportunisme d'une part de l'humanité...

Victoire !!

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Manifeste de Socialisme et Démocratie

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