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26 février 2004

Commentaires

Xavier Boutin

Bonjour,

je reponds a Laurent (post juste au dessus).

Je suis toujours gêné par cette rhétorique des "riches", surtout lorsqu'on parle d'éducation.

D'abord parce que je ne suis pas sur que les gens sachent ce que "riche" veut dire. Lorsque les gens parlent de classe moyenne et de riches, ils pensent: "la classe moyenne, c'est moi, faites payer les gens plus riches que moi et aidez moi".
Or force est de constater que les gens ne connaissent pas très bien la répartition des richesses en France. Je me souviens d'un de mes professeurs qui nous racontait qu'il recevait souvent des journalistes avec qui il parlait de ces sujets et qui étaient atterres de découvrir qu'ils étaient largement dans le 1% des français les plus riches...
Donc personnellement, je me méfie de ces slogans: "faites payer les riches" qui ne veulent pas le plus souvent dire: "faites moi payer" mais plutôt "faites payer mon voisin qui est plus riche que moi".
Pour finir sur une note plus positive, une petite visite sur le site de Thomas Piketty permettra à ceux qui le veulent de se faire une petite idée de ce que je veux parler:
http://pythie.cepremap.ens.fr/~piketty/
Vous pouvez bien sur aller acheter son livre "Les hauts revenus en France..." ou vous contenter d'en télécharger les tableaux (pub gratuite).

Ensuite, en terme d'éducation (si c'est de ça dont on parle dans "élever des enfants"), il n'est pas sur que les inégalités à corriger soient uniquement financières. Elles sont aussi (et a mon avis avant tout car il ne s'agit que d'une corrélation avec les ressources financières) liées au capital culturel et au niveau d'éducation des parents.

Enfin, il faut savoir ce que l'on cherche dans une politique familiale. Quoi qu'on en dise, il est certain que même les riches "s'appauvrissent" en faisant des enfants (parce que ce coûte de l'argent d'élever un enfant, parce que ça induit des effets sur l'offre de travail de la mère, etc.). Dans l'absolu, ce n’est pas dramatique, il n'y a pas là de quoi faire pleurer les masses. Ca devient gênant lorsque la conséquence est que ça modifie le nombre d'enfants des familles (le taux de natalité de renouvellement en Europe est de 2.1, en France, c'est actuellement 1.8, ailleurs, c'est pire.). Donc si le but est que les gens fassent des enfants, il faut aussi aider ces gens la. Cela est aussi justifié par le fait que la société n'a pas grand chose à gagner à ce que les gens privilégiés fassent moins d'enfants que les autres (ce qui n'est pas trop le cas actuellement je crois).

Pour finir, et la j'aurais tendance à être d'accord avec Laurent, il y a un problème avec l'IR. Tout d'abord parce qu'il est trop faible et mal perçu (aux deux sens du terme), cela à cause d'un manque de courage politique assez général (on baisse l'IR et on récupère en montant la CSG). Mais aussi, et bien que n'étant pas du tout fiscaliste, parce que j'ai l'impression qu'il sert comme base à trop de chose. Le but de l'IR devrait être de faire rentrer de l'argent de la manière la plus équitable, pas de faire de la politique familiale, de la politique de l'emploi (déduction pour les travaux à domicile, les travaux, etc).

Sur la toute dernière partie, je suis naturellement très circonspect…

PierreAmoretti

Oui mais si les riches se reproduisent trop et plus les pauvres, il ne va rester que des riches et les impôts serviront plus à rien.
Mais alors que faire des fonctionnaires de l'IR ?
Ah oui, ils pourront garder les enfants des riches. . .

C'est bon , ca marche .

Xavier Boutin

Je réagissais au fait que Laurent avait l'air de trouver qu'il fallait arrêter de donner des aides (allocations et quotient) aux "riches". Ce que je trouvais non seulement un peu "court", mais aussi pas forcement bénéfique.

Je ne crois pas par ailleurs que les pauvres soient en "voie d'extinction", que ce soit parce que la redistribution est totalement efficace (ce serait une extinction heureuse) ou parce qu'ils ont une natalité plus faible (ce qui serait terriblement eugéniste). On n'en est pas la actuellement....

L'esprit de mon message est que les riches ne me semblent pas incités à faire plus d'enfants, et qu'il faut garder un équilibre afin qu'ils ne soient pas au contraire incités à en faire moins. Et cet équilibre peut tout à fait être amélioré à la faveur d'un changement de l'IR.

Enfin, l'argument selon lequel il ne faut absolument pas réformer l'IR parce que ça occupe des fonctionnaires est totalement irrecevable. Si l'IR actuel est un mauvais système, il faut le réformer et reclasser les personnels.

Le but de l'Etat est de servir les citoyens et celui des fonctionnaires de servir cet Etat. C'est leur honneur et leur devoir. C'est ce qui justifie leur statut protégé. Je sais de quoi je parle, je suis fonctionnaire. Donc si l'Etat a besoin d'eux ailleurs, dans le respect de leurs statuts et de leurs droits salariaux, il doit pouvoir les reclasser dans ces postes. Je me permets de préciser qu'un salarié du privé dont l'entreprise perd son activité est licencié et doit trouver un travail, en passant parfois (souvent) par la case chômedu. Les fonctionnaires de l'IR qui seraient reclassés seraient eux assurés de retrouver un emploi sans même perdre une partie de leur salaire pendant cette recherche. Ca fait partie des règles du jeu claires depuis le départ me direz vous? Certes. Mais cela rend difficilement compréhensible (et acceptable) de bloquer tout changement (et de faire sauter un ministre) puisqu’ils seraient très protégés pendant ce changement. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre.

Xavier Boutin

Je viens de finir le cahier du Monde sur la recherche.
Quand on voit ce a côté de quoi on est en train de passer et les enjeux que ca représente, ca donne une idée de combien il est dérisoire de se polariser sur le sort des fonctionnaires qui percoivent l'IR et irresponsable de refuser de réformer l'Etat. Car pour réformer l'éducation supérieure et la recherche, il faut se doter de marges de manoeuvre budgétaires.....

Etienne

Bonjour,

Je souhaite tout d'abord saluer votre initiative que je trouve vraiment originale. Bon, bien sûr, les blogs, ça ne date pas d'hier et on peut voir dans la démarche de DSK un brin de démagogie. Je préfère lui laisser le bénéfice du doute et imaginer qu'il s'agit d'ouvrir réellement le débat et de rester à l'écoute de ce que le citoyen lambda a à dire.
Ceci étant dit, je me suis plongé dans "Qu'est-ce qu'une société juste?" et, outre le fait que je reste un peu sur ma faim (plus concrètement, quelles propositions faites-vous ?), une remarque m'a fait bondir. Quand vous parlez de "réformer en protégeant les droits acquis", vous évoquez les fonctionnaires qui ont embrassé une carrière publique moins rémunérante mais plus sûre, et qu'il faudra indemniser pour la perte des droits acquis. Je suis fonctionnaire et je me reconnais absolument pas dans ce portrait et je suis sûr que bon nombre de mes collègues non plus. Les fonctionnaires ne sont pas tous des pétochards qui ont peur de perdre leur emploi, mais des gens qui pensent que c'est dans le service publique que leurs capacités seront le mieux mis à profit (sans sous entendus). Du coup, ramener la réforme du service publique à une simple équation comptable est complètement réducteur et limite injuriant. Je suis tout à fait conscient qu'il faille réformer notre service publique et j'admet qu'aujourd'hui certains comportements syndicaux stérilisent toutes vélléités de faire, mais cette réforme doit se faire non pas en regardant ce que coûte la fonction publique mais en regardant ce qu'elle apporte...

Bon, c'était mon petit coup de sang, je m'en excuse et surtout, j'espère avoir été compris sans passer pour un extrémiste de la fonction publique !

Popop

Plutôt que d'avoir des raisonnements stratosphériques sur la gauche, l'insécurité sociale et le reste ne faudrait-il pas que vous arpentiez la rue, les commerces les marchés comme un citoyen de base sans tout "modéliser" ?
Votre analyse dans "qu'est-ce qu'un société juste" est vraie pour des penseurs, consultants politologues mais surtout inintéressante car sans applications concrètes et actions de terrain pour la plupart des concitoyens que vous aspirez à conseiller ou à diriger.
Je pense que la cause de tout ceci est que vous n'avez jamais travaillez (comme la plupart des hommes politiques français) c'est à dire recevoir un salaire seulement et seulement si vous avez donné une valeur ajoutée ou créez quelque chose. ceci n'est pas de votre faute mais de la faute du système qui oblige à penser en terme de carrière politique car l' ex politique a de grands risques d'être un clochard ...
POur en revenir au contenu, je pense que l'erreur de base est de penser encore en termes de sociétés civiles et de pays. ceux-ci existent certes mais cohabitent avec une organisation par Sociétés commerciales. Le titre des Echos du jour n'annonce t il pas que 39% des entreprises françaises est aux mains des étrangers ?? Compter en "étranger" ou pas "étranger" est profondément "débile" et induit par exemple tous les raisonnements sur le départ du travail.
Actuellement, un employé d 'IBM se sent plus proche d'un autre employé d'IBM allemand ou américain que du français qui travaille dans une salaison et qui habite à 15 km. On peut aussi parler de fracture sociale ;-)) mais il y a aussi création de liens transversaux. Les emplois ne partent pas, ils se créent ailleurs et rien n'empêhce les gens d'aller ailleurs si ils veulent rester dans leur emploi (comme les gens des salles de marché qui ne font pas de différence entre travailler à Londres ou paris et ne considèrent pas les choses en tant que Pays mais en tant que société où ils travaillent).
Si vous consentez à raisonner un peu comme ceci, votre discours pourra être plus accessible à tous et surtout déboucher vers des propositions concrètes qui donneront votre avis sur la gestion de ces flux de toutes sortes qui sont transversaux et pas seulement verticaux de l'état vers les citoyens en passant par les sociétés et les patrons.
Essayer de fonder une société comme expérience. Prenez votre blog, écrivez le en anglais et transformez le en société de pensée sur la "gauche" dans le monde. Vous verrez très rapidement que les flus les plus importants d'échanges, d'argents, de création ne sont pas DANS l'entité appelée pays mais dans l'entité des "gens qui regardent internet" et dont un groupe important pour vous sera "ceux qui sont intéressés par les blogs". la notion de pays perdra de sa valeur au sens qu'un pays ne sera qu'une entité , un groupe de plus. Etes vous conscient que Microsoft, qu'IBM que Danone, que Renault sont aussi des sortes de "pays" ?

wam

well, rien de neuf depuis le 26-02.
et moi qui vient de critiquer jf coppé sur son blog (euh ...) parcequ'il n'y avait rien depuis le 27-02.

ce serait bien cool de penser à un update.

non ? je voudrais pas voter coppé, parcequ'il a mieux géré son blog.

Jamel Nafsi

JF COPPE gère sans doute mieux son blog que ses idées contrairement à DSK, qui fixe les lignes directrices du socialisme du 21 ième siècle,un socialisme de redistribution, un socialisme de production et enfin un socialisme d'émancipation!
Le parti socialiste a besoin d'idées novatrices, modernes et humaines. DSK montre le chemin à suivre pour réformer la france dans le sens de l'histoire qui veut que le progrès éconmique accompagne le progrès social! T

PierreAmoretti

C'est pas le sens exact de socialisme que redistribution ?
Ca va faire 150ans que le socialisme nous promet de redistribuer, je sais pas si ca viendra un jour .

Tlon

D'ou vient cette haine pour Tony Blair alors que la politique du New Labour est surement l'une des plus équitable.
En quoi consiste cette politique, tout simplement à ne pas seulement financer les services par l'impôt mais à faire supporter le poids de leur fonctionnement à ceux qui en profitent.
Ex: c'est la classe moyenne qui bénéficie de l'enseignement universitaire c'est elle qui doit le financer par une augmentation des droits d'entrée.En contrepartie une partie des ressources ainsi dégagées par les universités sera redistibuée sous formes de bourses aux plus démunis.

Xavier Boutin

Je suis assez d'accord.
Le système des universites me semble une bonne piste: non seulement ca donne des moyens supplémentaires aux universités anglaises, mais c'est beaucoup plus redistributif que les autres systèmes mis en place. En effet, les personnes ne payent pas leurs droits immédiatement, mais dès que leur salaire dépasse un certain seuil. S'il ne le dépasse jamais, ils ne remboursent pas. Ce qui fait que les gens qui ont bénéficié en terme de salaire de leur formation financent le système. C'est quoi le problème?

bonjour,

petit conseil de securite élementaire. La raison pour laquelle on ne voit à peu près plus de document .doc sur le net - mais des documents .pdf, c'est qu'un post word se manipule extraordinairement facilement et se re-poste ni vu ni connu. DSK, on sait que tu tiens très mal tes archives, ne donnes pas en plus les moyens techniques à tes adversaires !

bon vent.

Guillaume67

Cher DSK,
Vous êtes l'un des rares (peut-être même le seul) qui, à gauche, avanciez des idées et posiez des jalons pour que la gauche ne revienne pas aux affaires seulement par dépit des électeurs envers la droite.
Pensez-vous réellement qu'il puisse y avoir une alternative au modèle capitaliste anglo-saxon ? L'Europe peut-elle vraiment représenter un contre-modèle, celui d'un "capitalisme à visage humain" ?
Récemment Michel Rocard affirmait que l'Europe politique n'existerait probablement jamais et qu'il fallait se contenter, ce qui n'est déjà pas si mal, d'une Europe pacifiée, régie par de droit (droit économique et droits de l'Homme).

Guillaume Delmotte

Guillaume67

Cher DSK,

J'ai lu avec beaucoup d'attention le texte de votre intervention "Qu'est-ce qu'un société juste". Si je suis en accord avec le socle de votre réflexion, en revanche il y a au moins un point qui mériterait d'être explicité. Je vous cite : "Si, demain, les fonctionnaires peuvent être licenciés et que leur retraite est alignée sur celle du privé, le contrat est rompu."
Vous envisagez donc que les statuts de la fonction publique pourraient être abandonnés. Les fonctionnaires ne seraient plus dans une situation réglementaire mais contractuelle vis-à-vis de l'administration. Pensez vous qu'il soit souhaitable de renforcer l'individualisation des rapports sociaux en l'étendant à la fonction publique ?
On sait que l'administration fait déjà appel à la contractualisation dans son action : contrats et marchés publics, délégations de service public, recours à des agents contractuels pour l'exercice de missions ou d'activités exigeant des compétences spécifiques. Mais l'exercice des missions de service public ne peut-il plus se penser que dans le cadre contractuel ? La fonction publique, dans son acception actuelle, n'est-elle garante de la pérennité et de la qualité du service public ?

Guillaume Delmotte

Guillaume67

A la suite de mon précédent message, je tiens à ajouter que la contractualisation du recrutement remet en cause la procédure du concours, qui constitue la meilleure garantie du respect du principe d'égalité d'accès aux emplois publics.

Guillaume Delmotte

Guillaume67

Voici la réponse que j'ai faite à M. Ferrand qui, dans la rubrique "Réformer" reprend votre proposition :

Monsieur Ferrand,

les prémices de votre raisonnement me laisse perplexe :
" Si demain il [le fonctionnaire] peut être licencié et que sa retraite est alignée sur celle du privé, il y a rupture du contrat implicite qui le liait à l'Etat". Pourquoi voudrait-on que les fonctionnaires fassent l'objet de licenciements ? Est-ce pour introduire de la fléxibilité dans la gestion des "ressources humaines" à l'instar du privé, avec le succès que l'on sait ? Par ailleurs, vous semblez ignorer qu'un fonctionnaire est dans une situation réglementaire vis-à-vis de l'administration, et non pas contractuelle. C'est la définition même du statut de fonctionnaire. Il n'est donc pas question de "droits contractuels". Il existe bien sûr des procédures disciplinaires allant jusqu'à la révocation mais le licenciement est une toute autre procédure dont les motifs et le déroulement, tels qu'on peut les observer en droit privé, n'ont rien à voir.
Je me demande quelle logique sous-tend cette proposition. Cela semble entrer en résonnance avec les critiques de la droite libérale relatives aux "rigidités" des statuts de la fonction publique.
Le caractère réglementaire de la situation du fonctionnaire est à mettre en relation avec la pérennité des missions des services publics (Etat et collectivités territoriales, notamment). Si l'on veut introduire de la souplesse dans la gestion de ces derniers, il y a déjà bien des façons de faire appel à la contractualisation : marchés publics, délégation de service public, appel à des contractuels (de droit public ou privé) pour des missions ou des activités exigeant des compétences particulières.
On peut envisager de réformer les modes de gestion des services publics mais on aura toujours besoin de fonctionnaires statutaires. Le plus important est d'avoir des politiques de recrutement qui anticipent les besoins de la population. On le voit aujourd'hui aussi bien dans la recherche, l'éducation ou la santé publique, où l'absence d'anticipation est dramatique.
Enfin, je m'inquiète de la remise en cause par la contractualisation du recrutement, du concours, qui constitue la meilleure garantie du respect du principe d'égalité de l'accès aux emplois publics.


Brice

Ouhlala! je ne suis pas socialiste, mais quand je lis ce qui précède, j'ai encore moins envie de le devenir... notre DSK national se veut porteur du flambeau de la gauche progressiste, innovante, distributrice, ouverte, responsable, forte, humaine, etc... bref, de vraies idées bien fraîches, bien concrètes, et pas du tout galvaudées, qui s'appuient sur un vrai programme novateur! j'en suis encore tout décoiffé!

c'est pas très crédible tout ça. voire incohérent. les Français ne se feront pas avoir, ils ne sont pas si cons que ça...

sans rire, vous voulez la solution pour remonter la pente désastreuse sur laquelle TOUS nos politiques glissent : changer les têtes!!! regardez bien la France, et vous verrez que c'est le pays dans lequel le turnover politique est le plus faible : des dinosaures ramènent depuis 30 ans leurs fraises sur les plateaux télé! certains bordelais, effleurés par le scandale politique poursuive envers et contre tout leurs mandats, d'autres jurent par tous les dieux "qu'ils quittent la vie publique définitivement" et on les voit réapparaître l'air de rien 2 ans plus tard sur un marché...

chez nos voisins européens, un homme politique désavoué disparaît pour ne pas revenir. bref, ça bouge, les personnages changent, et les idées nouvelles, le plus naturellement du monde, apparaissent!

voilà. alors dehors les vieux, laissez la place aux nouveaux!

Greg

Puisque vous abordez le thème de la réfomre des université britanniques et que je suis un étudiant expatrié en Grande-Bretagne, laissez-moi vous parler un peu de ces mesures. De ce que l'on a appellé les « top-up fees », l'accroissement des droits de scolarité.

Tout d'abord, ce débat est exemplaire des questions qui se posent dans une monde globalisé. "La compétition internationale des établissements publics d'enseignement supérieur et de recherche" est un aspect des tensions que les Etats-nations connaissent face à l'accroissement de la mobilité en général (du capital, du travail, des marchandises, et en l’occurrence, des étudiants).


Les Universités américaines sont réputées mondialement, attirent

a) étudiants -- qu'ils font payer cher, ce qui permet un très bon service universitaire pour ceux qui peuvent payer—

b) chercheurs -- qu'ils rémunèrent très bien et auxquels ils fournissent des moyens rêvés en France, grâce aux partenariats public/privés – et

c) disposent des meilleurs équipements.

Cette compétition avec les USA est toujours plus sensible en Grande-Bretagne qu’ailleurs en Europe. La tradition atlantiste et les liens culturels que ces deux pays entretiennent donne toujours à l’Angleterre une avance européenne sur le suivisme globalisé.


Que veut-il faire ?
Il affiche trois objectifs :

a) Il veut tout d’abord attirer à l’université beaucoup plus de bacheliers britanniques (grâce à des bourses systématisées), et d’étrangers (grâce à l'amélioration des services universitaires (informatique, recherche, rémunération des profs, etc...). En effet, contrairement à la France, la Grande-Bretagne n'a pas connu le même niveau de massiffication universitaire. Il y a par conséquent beaucoup à faire dans ce domaine, pour accroître le nombre de diplômés britanniques.

b) L’autre objectif est d’accroître drastiquement les moyens de l'Université, et donc la qualité des services (ce qui contribue à l’attractivité).

c) Le troisième étant de rivaliser avec les universités américaines tout en restant dans le cadre de la solidarité nationale.


Comment fait-il ?

a) Il fait un grand emprunt national. L'Etat prend donc en charge le risque de l'emprunt tout d'abord.

b) Il répercute cet emprunt, à 0%, à chaque étudiant de premier cycle (1, 2, 3èmes années)qui paira 3000£ (4500€), ce qui revient à prendre en charge l'intérêt.

c) L'étudiant ne commencera à rembourser cet emprunt qu'à partir du moment où son salaire atteindra 25000£/an (37500€/an),

d) et ce de manière progressive, c'est à dire à taux d'imposition s'accroissant avec le niveau de revenu.


Conséquences :

a) Cela accroît les moyens des universités,

b) Cela permet d'offrir une bourse à un grand nombre d'étudiants,

c) Cela permet de dégager rapidement des financements sans recourir à l'impôt mais par un emprunt sécurisé puisqu’il ya de fortes chances qu’un diplômé touche 25000$/an,

d) Cela permet de responsabiliser et d'autonomiser très fortement l'étudiant puisque ce ne sont plus ses parents qui payent.


Il y a eu quelques révoltes étudiantes. Cela ennuyait un certain nombre d’entre eux de porter cette responsabilité. Le vrai problème étant la baisse de popularité de Blair liée à la guerre en Irak, et aux histoires associées...affaire kelly, pas d'ADM, suivisme à l'égard de Bush, etc...).

J'ai commencé à entendre parler de cette idée sans a priori, et j'étais plutôt du côté des étudiants au début, mais quand j'ai véritablement saisi la portée progressiste et réaliste de cette réforme, j'ai trouvé l’articulation de ces mesures intéressantes.
Cordialement

Andre pierre jocelyn

Bonjour,
Je suis le webmaster du site "hypothese sur le temps" qui se trouve juste devant le site "notre temps"sur yahoo.fr. J'ai vu qu'un de mes colistiers vous avait fait la demande de participer au forum phi google. je vous serai reconnaissant de bien vouloir exercé cet exercice de démocratie direct.
Respectueusement et Cordialement Apj alias jorisa

Özgür ASIK

Cher DSK,

Je suis au PS depuis 13 ans et suis depuis quelques années avocat en Turquie. Ce pays est candidat à l'UE et attends une date définitive de candidature en décembre prochain. Les PS européens sont divisés, sur l'opportunité ou non de soutenir cette candidature, d'autres encore plus simplement d'ouvrir meme le débat.

Qu'en est-il de notre/votre prise de position sur cette question ?

Personnellement, je pense que :

- sur le plan idéologique et dans une vision Historique, la démocratie et l'histoire européenne ont tout à gagner dans une Turquie en Europe.

- sur un plan électoral, les PS ont tout a gagner puisque cette intégration est inéluctable et l'alternance à gauche en Turquie sera très forte (80 millions d'électeurs dont 30 millions sociaux-démocrates)


Donc au delà du/des débat/s de fond sur la Turquie (économie fragile, carence démocratique, droits de l'homme baffoués, minorités, alliance avec les Etats-unis, rempart à l'islamisme fondamentaliste, portes des pays d'asie centrale, etc...), il me semble important et urgent de prendre une position ferme sur la Turquie, sous peine de s'inscrire dans l'histoire de la gauche européenne en étant de ceux qui ont fermé la "porte sublime".

Özgür Asik
Avocat à la Cour de Paris
Avocat au Barreau d'Istanbul
asik@gide.com

Catherine

Bonjour,

A l'heure où le référendum sur l'Europe fait couler beaucoup d'encre et suscite bon nombre d'interrogations, je souhaiterai faire part de mon expérience de citoyenne française résidant à l'étranger, en Italie en l'occurence (le pays où les implants capillaires sont sensés faire des miracles sur la politique économique...).
Depuis mon arrivée, j'ai souvent eu l'occasion de louer des chambres chez des particuliers (il est très diffcile de trouver une maison ici, surtout pour une étrangère apparemment).
Ces braves citoyens italiens se font payer en liquide, ne déclarent absolument rien au fisc...et bien entendu compliquent la vie des personnes qu'ils hébergent.
Ce qui m'énerve particulièrement, c'est de voir les fonds que l'Italie perçoit de l'Union européenne (provenant des impôts sur le revenu des honnêtes contribuables des autres états-membres).
Il me semble urgent de contraindre l'Italie d' instaurer une vrai politique de contrôle fiscal interne.
Lorsque le gouvernement a besoin d'argent, que fait-il? Il augmente les impôts des contribuables qui déclarent normalement leur revenu (ce qui réduit leur pouvoir d'achat...) pendant que les mafieux continuent de vivre de mieux en mieux grâce à l'argent des autres.
La personne qui me loue actuellement ma chambre me fait penser au film "L'argent de la vieille" (c'est pratique, je n'ai besoin ni de télé ni de magnétoscope).
En tant qu'européenne convaincue, j'attends une Europe plus soucieuse de l'égalité des droits des citoyens; malheureusement, ce principe élémentaire n'est pas toujours respecté.
Donc si nos élus à Bruxelles pouvaient interpeler leurs homologues italiens à ce sujet, cela me ferait VRAIMENT plaisir!

Autre information: lorsque l'on ne réside plus sur le territoire national, on cesse pratiquement d'etre un citoyen français. Le Consulat de Milan ne m'a JAMAIS envoyé ma carte d'électeur pour les européennes alors que je suis enregistré depuis juin 2003.
Là aussi, un petit effort...

RAÎSSA

cher ami avocat au barreau de Paris et d'Istambul. Je te rappelle tout de même que nous voulons réunir les pays d'europe dans un même état, il me semble, ou alors je ne suis pas bon en géographie que la TURQUIE ne fait pas partie de l'europe géographique, même si aujourd'hui elle a un partenariat privilégié avec elle. Non, personnellement je ne souhaite pas voir intégrer la TURQUIE au sein de l'Union Européenne, je la trouve très bien en tant que partenaire, elle nous sera moins nuisible à côté que dedans. Déjà vu le nombre d'habitants qu'elle représente elle aura la majorité au niveau des décision, cela risque de se retourner contre les véritables pays d'Europe géographiques. Je sais, vous allez me ressortir le vieil adage que si nous ne voulons pas de la TURQUIE c'est uniquement dû au fait que c'est un pays musulman. Cette excuse ne tient pas car beaucoup de nos compatriotes sont musulmans, et dans de nombreux pays qui vont prochainement intégrer l'euriope les musulmans sont majoritaires. je trouve déjà qu'on s'est beaucoup précipité en élargissant à 25, beaucoup de pays ne sont pas près.Quant à dire que le P.S. français à tout a y gagner lorsqu'il y aura l'alternance de la gauche en turquie, je ne voie pas en quoi, déjà que le P.S. Français se démarques des autres P.S. européens, je ne vois vraiement pas ce que ca nous amèneras de plus sinon une immigration importante vers la France qui confortera notre électorat socialiste, mais de ca nous n'en avons pas besoin.

Ozgur ASIK

Chers camarades,

La question de l'adhésion de la Turquie à l'UE pollue le débat OUI/NON à la Constitution européenne. Nous (le PS) ne sommes pas assez explicites sur notre communication concernant la "question turque".

La Turquie est déjà candidat. La Turquie a vocation à entrer dans l'UE. Les négociations avec la Turquie seront ouvertes cette année. Tout cela sont des acquis ... pas de retour en arrière possible. Pas de "plan B", comme un partenariat privilégié, etc...

Le débat aura lieu dans quinze. Nul besoin de polluer le débat européen aujourd'hui avec une question qui se posera dans si longtemps, espérons sous un Président de la République socialiste.

L'actuel président a été plus que prudent en offrant à nos consitoyens la possibilité de se prononcer sur l'adhésion, par voie de référendum (dans quinze ans). Donc laissons à demain ce qui appartient à demain.

En tant que témoin privilégié je puis vous dire, en des termes simples mais parlants que 15 années turques représentent grosso-modo une cinquantaine d'années françaises, en terme d'évolution politique, économique et culturel. Donc laissons la porte bien ouverte à la Turquie. Nous verrons demain ce qu'on leur dira.

Le positionnement du P.S. sur cette question ne me parait pas aussi claire et précise, sauf celle de Michel Rocard jouissant d'une légitimité incontestable sur cette question.

Amicalement,

Ozgür ASIK

Ozgur ASIK
Avocat à la Cour de Paris
Avocat au Barreau d'Istanbul
asik@istlaw.com

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Manifeste de Socialisme et Démocratie

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