Réformer
Bonjour,
Je voudrais tester auprès des bloggeurs une idée que dsk est en train de travailler.
Le mot "réforme" devient peu à peu un mot négatif dans l'opinion, synonyme de suppression d'acquis sociaux : réformer les retraites = travailler plus longtemps pour des pensions plus faibles ; réformer l'assurance maladie = dérembourser les médicaments, augmenter le ticket modérateur...
La réforme de l'Etat-providence est pourtant une nécessité. Le système de retraite est l'exemple parfait : jusqu'à la fin des années 90, il y avait trois actifs pour financer un retraité. A partir de 2020, il n'y en aura plus que un pour un - trois fois moins !
Mais ceux qui défendent les "avantages acquis" n'ont pas tort. Prenez l'exemple d'un fonctionnaire : lorsqu'il entre dans la fonction publique, il sait qu'il est moins bien payé que dans le privé, mais en échange il a la sécurité de l'emploi et il a une meilleure retraite. Si demain il peut être licencié et que sa retraite est alignée sur celle du privé, il y a rupture du contrat implicite qui le liait à l'Etat. Il est légitime qu'il se rebelle, d'autant plus que le contrat est un contrat de très long terme, qui impacte l'ensemble de sa vie professionnelle.
Solution : il faut permettre la réforme pour l'avenir tout en reconnaissant les "droits contractuels" créés dans le passé. Comment ? en indemnisant les citoyens de la perte de leurs droits dans le cadre de la réforme. Ainsi, pour reprendre l'exemple, le fonctionnaire en exercice n'est pas lésé : il aura reçu une indemnité correspondant à ces droits accumulés. Les nouveaux entrants qui auront choisi la fonction publique l'auront fait en toute connaissance de cause, dans le nouveau cadre né de la réforme.
Qu'en pensez-vous ?
Olivier Ferrand
Conseiller de DSK
Bonjour,
C'est presque crédible.
Rédigé par: Théo | 22 février 2004 at 19:03
Certes c'est bien de vouloir réformer...mais où trouver l'argent que cette réforme ne manquera pas de dépenser ?
C'est une petite question mais je pense qu'elle mérite d'être posée
Rédigé par: Kaoru | 22 février 2004 at 19:25
J'espère que le Parti Socialiste ne reprendra pas une telle idée. Et pour mémoire, 1/3 des employés de la fonction publique sont précaires. L'Etat est le premier employeur indélicat de France, et ce depuis longtemps. Un contractuel de l'Education Nationale peut déjà être remercié, par simple non reconduction de son contrat. Les vacataires sont dans une situation encore plus déplorable pluisqu'ils ne peuvent même pas prétendre à des indemnités. Ce que vous proposez est assez effrayant. Sûr que c'est une idée de gauche?
Joel.
Rédigé par: aqb | 22 février 2004 at 19:40
pas d'accord avec aqb. Si la gauche veut se rendre crédible, elle doit réorganiser efficacement l'administration, en redéployant les moyens humains et financiers de la puissance pubnlic des bureaux aux services pubnlics de terrain, car ce sont eux les plus visibles et les plus légitimes aux yeux des contribuables.
un fonctionnaire
Rédigé par: | 22 février 2004 at 20:08
La question même, telle qu'elle est posée, montre bien le glissement libéral du PS en général, et de DSK en particulier.
aqb a bien raison de souligner cet état de fait dans la fonction publique.
La gauche n'a pas besoin de se rendre crédible. Dans ses dernières expérience de pouvoir, la gauche a continuellement voulu donner des gages aux riches par peur de fuite des capitaux ("Le mur de l'argent"). Ca s'est le plus souvent traduit par une trahison de ses idéaux.
La droite au pouvoir fait une politique de droite. Ne nous en plaignons pas.
La réforme n'est pas une nécessité, et dire cela c'est accréditer les thèses du MEDEF. Avoir un idéal, ça c'est une nécessité.
Rédigé par: lcx | 22 février 2004 at 20:20
Lcx,
je te trouve beaucoup trop catégorique. Je trouve trop facile de dire que la gauche n'a fait que donner des gages aux riches :
compare les logiques du RMI et du RMA, si tu ne vois pas de différence, c'est que tu es vraiment de mauvaise foi. Créer la prime pour l'emploi, qui bénéficie aux salariés qui touchent des salaires proches du SMIC et baisser les tranches supérieures de l'impôt sur le revenu, ça n'est pas non plus la même chose.
Tu ne plains pas que la droite mène une politique de droite, moi si.
Tu penses que la réforme n'est pas une nécessité, alors comment entrevois-tu le financement de nos retraites (je te rappelle que nous devrons encore trouver 30 milliards d'euros par an d'ici à 2040 d'après les chiffres peu contestés du Conseil d'Orientation des Retraites)? Je ne prétends pas qu'il faille nécessairement augmenter de la durée de cotisation, mais nous devons réfléchir collectivement aux solutions que nous allons mettre en oeuvre. Dans tous les cas de figure, ce sera une sacré réforme, qu'on finance les besoins par la CSG, la baisse des pensions ou l'allongement de la durée de cotisation.
Que la France soit capable d'anticiper les difficultés qui l'attendent et d'y apporter des solutions réalistes et solidaires, pour moi c'est un idéal.
Rédigé par: Thomas (Equipe DSK) | 22 février 2004 at 20:44
Bon, je vois que DSK vise le fonds de commerce qui est celui de la France qui refuse de bouger, les fonctionnaires.
Moins bien payés que le privé ? c'est faut.
Trop nombreux ? c'est certain.
Trop de grèves ? aussi.
Je fais parti de ce qui veulent faire bouger les choses. J'avais dans l'idée que DSK faisait parti de cela aussi. Je me trompe.
Amuses toi bien avec tes fonctionnaires DSK. N'oublie pas la Aubry si tu es dans ce trip.
Bye.
Rédigé par: | 22 février 2004 at 21:02
Olivier,
je suis d'accord que nous devons défendre le concept de réforme.
Néanmoins, je suis en désaccord et sur l'exemple (le régime des retraites ne doit pas voir son financement forcément figé) et sur la proposition : en effet au nom de la compensation que tu proposes, on facilite forcément les régressions sociales à venir (même si ce n'est pas ton objectif premier, on en a déjà parlé).
Il suffira d'indemniser pour réduire les droits sociaux voire démanteler le droit du travail !
amitiés,
Vincent TISON
Rédigé par: Vincent TISON - 37 | 22 février 2004 at 21:08
dude, what are you saying? c'mon, speak english! over here in finland we know a lot of languages, but french ain't one of 'em!
Rédigé par: c. | 22 février 2004 at 21:34
Je trouve le débat bien posé. D'un côté,il y a les réacs qui exproprient les Français - surtout les plus modestes dont la protection est mutualisée par les assurances sociales : ils ne réforment pas, ils démantèlent. De l'autre, il y a ceux qui refusent de voir que la situation a changé : on ne fait pas la même chose quand on a 1% de croissance que quand on en a 5 ; on ne fait pas la même chose quand la population a vieilli que quand il y a le baby boom... Et au milieu, il y a les réformistes. Bon courage à eux !
Rédigé par: Aurélien | 22 février 2004 at 21:50
Regardons les choses concrêtement: comment espérer avoir une retraite décente venant du régime général alors que l'on sait très bien que celui-ci va exploser? comprendre que se constituer un retraite sois même est extrêmement difficile. Espérer se construire une vie confortable en payant tant d'impôts en versant autant de cotisations en regardant la différence entre les bas et les hauts salaires.
Quant à l'assurance maladie: il faudrait d'abord purger le systéme de ses abus :arrêt de travail en masse, consommation de médicamments, consultations pour un oui pour un non......
Rédigé par: Arkadia | 22 février 2004 at 22:16
Et donc, on indemnisera un fonctionnaire "licencié" (par exemple) après trois de boutique pour les 34 d'emploi qu'il n'aura pas eu ? Sur la base de quel salaire ? Le dernier, ou celui qu'il aurait pu avoir en fin de carrière ? Je trouve cela pour le moins impraticable.
Rédigé par: Daniel Glazman | 22 février 2004 at 23:02
L'idée part, a priori, d'une bonne intention.
Maintenant, il est des points à préciser, me semble-t-il. Par exemple, que tous les fonctionnaires ne sont pas concernés par une meilleure retraite et une sécurité de l'emploi. La fonction publique est, en effet, extrêmement diversifiée, tant les régimes collectifs sont divers. Que penser des fonctionnaires "de base", dans les mairies ou certaines "petites administrations", par exemple ? Pas sûr que leurs avantages soient si conséquents.
Dès lors, sur quelle base engager un remboursement de droits des fonctionnaires ? Puisque ces droits sont supposés être, qui plus est, implicites, quelle base contractuelle pour déterminer ces droits en question ?
L'idée part donc d'une bonne intention mais, sans être en capacité de rentrer dans les détails techniques, je me demande très honnêtement si les bases contractuelles, légales et juridiques sont disponibles pour ne pas se comporter, par une telle action, de façon... inégalitaire ! Dans un sens comme dans l'autre, d'ailleurs.
Note annexe : je ne parlerai pas des nombreux CDD employés dans les administrations publiques, qu'on nommait "vacataires" à une époque, et qui sont parfois traités assez durement. Car, s'ils sont employés par des entreprises publiques, ce ne sont pas des fonctionnaires. Ca ne m'empêche pas de m'interroger (sans accuser) sur la manière dont ils soient parfois gérés, à la limite de la légalité. Je suis employé sporadiquement par une grande administration publique en parallèle de mes études et je me pose quelques fois certaines questions à ce sujet.
PS : Tous mes encouragements à Dominique Strauss-Kahn pour aider à reconstruire le parti socialiste.
Rédigé par: Phil - 23a - Nice | 22 février 2004 at 23:13
C'est Jaurès qui écrivait que lorsque les hommes veulent changer les choses, ils changent les mots. Il ne faut pas intérioriser de trop le galvaudage par la droite du mot "réforme". L'UMP s'approprie le champ sémantique de la gauche pour la renvoyer dans le camp des conservateurs. Mais dans l'opinion, on sait que les réformes sociales justes viennent de la gauche. Notre problème c'est de contrer l'hégémonie culturelle de l'ultralibéralisme qui veut que tout soit rentable. Or, comme l'a expliqué Mendès-France très tôt, toute politique sociale est déficitaire par nature. La justice sociale ne se mesure pas en termes de rentabilité économique mais en termes plus vertueux de bien être et d'égalité réelle. L'apport de Dominique en la matière c'est d'attaquer les injustices à la racine. Il ne s'agit pas de faire de la correction, mais d'anticiper.
Pour anticiper, il faut s'approprier les bonnes armes. La gauche doit être crédible tant dans sa vision de la justice sociale que dans sa vision de l'économie. Or, à gauche, s'intéresser aux finances c'est une tâche ingrate. Parce que la gauche a un problème avec l'argent.
Rédigé par: Pierrot | 22 février 2004 at 23:23
J'oubliais un point...
Ce n'est pas directement lié à l'idée de DSK mais à propos d'une "réforme", si ce n'est de la fonction publique, en tout cas du système des retraites, dont le financement est (sera ?) en crise.
Qu'on le veuille ou pas, la mentalité du contrat de travail individualisé se développe dans le privé. De plus en plus, on détermine des contrats de travail non plus par branches ou par secteurs mais de façon individuelle. Dans la continuation de cette logique, une réponse de la droite a d'ailleurs été l'immonde "contrat de mission", visant à casser le CDI (tous les informaticiens à qui j'ai pu en parler étaient dans un état de désarroi face à cela, d'ailleurs - et je ne suis économiquement pas persuadé qu'un tel contrat permettra de sortir le secteur informatique de la crise ; enfin, passons).
Ce qui demeure, néanmoins, c'est une demande de l'individualisation du contrat (qui ne fait que correspondre à une tendance sociétale, me semble-t-il, de montée de l'individualisme). Qu'on en soit heureux ou pas, c'est un fait : c'est, en effet, à la fois un bienfait et un grave problème pour les régimes de solidarité.
Où est-ce que je veux en venir ? Simplement au fait que donner le choix à des individus, du privé ou du public - alignés dans le traitement de l'affaire des retraites - leur donner le choix, disais-je, entre augmenter leur durée de cotisation (en maintenant le même niveau de cotisation) et leur niveau de cotisation (tout en travaillant autant de temps), ça me semblerait répondre aux exigences de cet individualisme.
Puisque l'individualisme qui s'instaure dans la société implique une autonomie accrue de l'individu, pourquoi ne pas faire en sorte que l'individu, tout en étant impliqué dans le régime formidable de solidarité à la française, puisse déterminer la façon dont il gérera cet effort ? Cela me semblerait bon.
Ceci juste dit en passant...
Rédigé par: Phil - 23a - Nice | 22 février 2004 at 23:27
Ho lala mais comment peut-on appeler ça blog. C'est une lettre ouverte aux internautes, ou un tract éléctronique tout au plus. Quoique qu'il n'est même pas l'oeuvre de M. DSK mais d'un sous-fifre quelconque.
Cette présentation epistolaire est superflue, le manque de "complicité" entre le blogueur et les lecteurs rend le blog limite ennuyeux. Sans oublier l'absence de réactions vis-à-vis des commentaires à part bien sûr des "oh je vois qu'il y a beaucoup de commentaires..."
Bref, ce blog est à l'image du parti socialiste français. Quand je pense que nous, pauvres belges, nous allons être obligés de donner des voix à ces gens-là quand nous voterons pour notre parti socialiste belge à travers la liste du PSE... Décourageant.
Rédigé par: Kain | 22 février 2004 at 23:49
Pour Thomas (du staff) qui ne semble réagir qu'à certains commentaires... A propos du RMA: qui était dans la rue aux côtés de AC!, la CGT, ATTAC etc? Qui?
A Saint-Brieuc, où près d'un quart de la population vit dans des conditions difficiles (taux ce chômage moyen de 16%, dépassant 30% dans les quartiers populaires), on n’a guère vu de militants socialistes dans le cortège bien étriqué. Je précise que je n’appartiens à aucune mouvance extrême (évidemment pas de droite, et mais pas davantage de gauche) et que mon engagement était purement citoyen.
Le RMA est un scandale. Mais précariser la fonction publique (déjà sous pression), c’est une idée libérale. Ici s’achève ma participation à ce "blog", puisqu’il n’y a pas de débat. Au point qu'on pourrait en retirer les commentaires. Respectueusement. Joël.
Rédigé par: aqb | 22 février 2004 at 23:57
La solution est équitable. Mais le mécontentement des quelques "militants" parmi les commentateurs se comprend. On n'attend pas de DSK des propositions pour rendre un programme libéral plus attrayant aux socialistes, mais justement le contraire. Comment, aujourd'hui, est-ce qu'on peut definir des positions de gauche pour qu'elles soient plus convaincantes à nos adversaires?
(desolé pour la répétition!)
Rédigé par: alex | 23 février 2004 at 04:41
Bon, je vois que l'on n'a pas commencé par le sujet le plus consensuel ! La suggestion est très préliminaire - et c'est pour ça qu'on vous l'a soumise ! Certains la critiquent parce qu'elle est "gauchiste", d'autres parce qu'elle est un "accompagnement au libéralisme"... :-))
Je retiens à ce stade :
1/ que ce sont des sujets où nous, à gauche, sommes défensifs : c'est normal, le gouvernement est en train de remettre en cause ce que la social-démocratie a bâti depuis 1945, l'Etat-providence !
2/ qu'il ne s'agit pas de "faire avaler la pilule libérale" mais d'avoir une politique juste adaptée à la réalité. Une politique idéale mais irréaliste termine sa course avec Raffarin. Exemple des retraites : il y a bien une réalité démographique incontournable ! Le système doit être réformé et cela passe soit par une augmentation du financement par les actifs (hausse des cotisations, allongement de la durée de cotisations, fiscalité additionnelle...) soit par une baisse des pensions, ou un mix de tout cela... Cette réforme, nécessaire, peut être juste ou injuste. Nous cherchons à ce qu'elle soit juste.
3/ qu'il y a des questions sur la faisabilité. Techniquement, il ne doit rien y avoir d'insurmontable. Exemple : les retraites toujours. x années de cotisations créent des droits qui peuvent être valorisés en termes actuariels. Ces calculs sont faits pour la retraite "sur-complémentaire" lorsqu'un salarié change d'entreprise. Financièrement, cela peut en effet s'avérer très cher. Nous n'avons pas fait d'évaluation.
4/qu'il y a de bonnes idées qui circulent. Par exemple, le choix individuel dans un cadre collectif garanti (Phil).
Merci à tous ceux qui font des commentaires critiques constructifs !
Rédigé par: Olivier (équipe DSK) | 23 février 2004 at 09:02
waou, dsk, je ne sais pas comment tu vas faire pour faire vivre tous ces dialogues ! Bon courage à toi et à tes équipes.
Rédigé par: No logo | 23 février 2004 at 09:06
Certes, toute réforme a un prix mais la suggestion faite par Olivier Ferrand sur l'idée d'une indemnisation pour rupture de droits dans la fonction publique me semble risquée. Si elle peut régler conjoncturellement les conditions d'acceptation d'une réforme, elle peut ouvrir aussi structurellement un bouleversement plus large. Elle relève effectivement d'une logique assimilant la notion de statut à celle de contrat (il y a bien des statuts contractuels mais existe-t-il des "contrats statutaires"). Ce qui relève d'une lecture pouvant entraîner d'autres conséquences juridiques quant à la conception même de la fonction publique.
Ensuite, elle reflète aussi l'idée que l'harmonie sociale est une question de coût. Elle rejoint en celà la proposition émise par certains d'instaurer une taxe sur les licenciements selon le principe pollueur-payeur alors même que la valeur travail ne se résume pas à l'évaluation d'un coût.
Dernière remarque. S'il s'agit de verser en fait un capital sur des droits accumulés, comment indemniser la perte des droits ultérieurs perdus par l'interruption du "contrat statutaire" ?
Voilà un avis en espérant qu'il relève d'une bonne compréhension de la suggestion.
Rédigé par: Joel Carreiras | 23 février 2004 at 09:51
C'est triste que l'une des premières discussions lancées sur le forum d'un homme politique qui affiche des ambitions présidentielles soient pour ou contre la réforme. Je crois que tout le monde peut adhérer à un projet de réforme pourvu qu'il soit bien expliqué et qu'il soit relié à du sens. Réduire le débat politique à cette dialectique est inquiétante: c'est encore une fois couper la France en 2, pour ou contre la réforme avec d'un côté les partisans de ne rien faire, forcément les fonctionnaires, les plus à gauche, les passéistes etc et les autres forcément les plus entreprenants, les plus dynamiques, les couches sociales supérieures. Hier soir j'ai entendu une émission sur F. MItterand qui disait quelque chose du genre "je crois aux forces de l'esprit, j'ai confiance en vous". Franchement cela fait longtemps que je n'ai pas entendu un homme politique dire avec une telle conviction "j'ai confiance en vous". DSK s'affiche comme un visionnaire sur son site, c'est aller un peu vite en besogne -permettez moi cette réflexion- car si la seule densité de sa vision, c'est le mot réforme, son rôle naturel alors est d'être premier ministre... et non l'homme qui entrainera dans son désir, sa volonté et son sillage un pays de 60 millions d'habitants.
Rédigé par: DUPONT | 23 février 2004 at 10:00
Lancer le blog sur le thème de la réforme est judicieux, car qu'est ce que faire de la politique si se n'est réformer la société soit vers le bas comme fait la droite actuellement ou vers le haut comme le propose DSK ou le PS!
Rédigé par: Jamel Nafsi | 23 février 2004 at 10:28
exact de dire que le terme de "réforme" a été galvaudé. il n'en reste rien ou presque.
en revanche, il conviendrai de se poser des questions porteuses de sens, et éviter les pièges des idéologues ultra-libéraux, tels Kessler et Sarkosy (le frère), dont le crédo est l'externalisation des charges dès que possible : sur l'état en cas de faillite d'une entreprise, sur les cadres et les employés, sur les sous-traitants.
ces logiques centrifuges sont néfastes en cela qu'elles mettent face à face des enjeux essentiels tels que la cohésion sociale : qui a dit que public et privé devaient s'affronter ? être antinomique ? la recherche en serait le premier exemple.
juste une idée : depuis 20 ans que j'essaie de comprendre ce qui se passe dans ce pays, les budgets nationaux sont montés sur une "prévision" de croissance, avec à la clef, des crédits repoussés, jamais votés ou des collectifs. bref, généralement ça foire.
serait-il possible de passer des budgets sur une base de croissance zéro, ce qui permettrait de se montrer raisonnable, de rembourser petit à petit la dette de l'état qui devient franchement obérante & inquiétante ?
Rédigé par: wam | 23 février 2004 at 10:49
Bonjour,
venu déjà il y a quelques jours, et quel succès déjà pour cette proposition !
Quelques remarques :
- bravo déjà de poser la nécessité de l’évolution et des réformes, tous n’ont pas ce courage. Il est évident que toute organisation doit évoluer, s’adapter à son environnement. L’Etat ne l’a pas fait, prisonnier d’une logique trop administrative, pas assez tournée vers le résultat de l’action public, mais trop sur les moyens.
- Il faudrait faire évoluer le statut Thorez de 1947, part exemple. J’entends déjà certains de mes amis hurler : « On ne touche pas à cette citadelle, cette haute conquête sociale ! ». Je pense que les notions de citadelles, de sanctuaires, de conquêtes définitives doivent être abandonnées, elles ne correspondent pas à la marche du monde. Entre 1947 et 2004, les problématiques ont changé, le monde a changé, les gens ont changé, mais pas la manière de gérer notre administration. Ce n’est pas être « ultra-libéral » que de dire ça. Bref : oui à la réforme. Il faut juste être au clair sur les objectifs, et empêcher les conservateurs de tuer par immobilisme, comme les idéologues de tout casser.
- Sur la méthode pour faire accepter la réforme, je ne suis pas totalement d’accord (et assez d’accord avec Philippe/23ans). C'est la méthode des riches, employée par les riches entreprises qui ont besoin de sang neuf et se débarassent de leurs anciens en disant : prends l'oseille et tire-toi. Ce n'est pas respecter l'agrent public que faire ça. Et puis, comment valoriser des conditions « implicites » ? Qui définit ce qui est implicite ? C’est ouvrir la porte trop grand lors de négociations : tout ce qui est « implicite » pourrait être valorisé. L’Etat a un objectif, servir la collectivité, et un cadre légal d’action (les différents accords, codes, arrêts, règlements… qui régissent les relations sociales). Ce qui correspond à des pratiques, mêmes anciennes, mais non validées par la loi ou l'expression populaire, n'a aucune légitimité à mon avis.
- Une autre solution pour faire accepter la réforme est de renforcer la légitimité de la réforme par la validation populaire : le referendum. Ce moyen a rarement été utilisé à bon escient. Un referendum peut très bien fonctionner pour valider une réforme, s’il pose la bonne question, s’adresse au bon public et œuvre en proposant un projet cohérent.
Il faudrait que le referendum valide certains principes (objectifs de la réforme) et pose les bases de celles-ci. Un referendum en début de mandat permet d'affirmer la légitimité du contenu du programme.
Les politiques l'utilisent peu, car ils croient que les électeurs votent pour leur programme, alors qu'ils votent - trop - souvent contre l'adversaire.
Rédigé par: Nicolas | 23 février 2004 at 11:07